‹ Chronique de J. de LalainChapitre 125 sur 133 · I-e grand mechef oA me faat remanoir · texte numérisé non relu

I-e grand mechef oA me faat remanoir

Etpuisrevien

Aux ducs, comtes, et puissans lerrieiit.

Princes, marquis, am grands etaui moyeiiï,

G^Déralemenl ^ tous bons cbresliens,

Du Ci-ëateur [ qui est mslre espérante )

Qua tout chacun s'appareille , et aTaoce

Pour le secours: qui est ma de»iranca.

Or suis joyeuse,

Que puis faire ma complainte piteuse

Derant toy, duc, dont je suis désireuse.

Uets eu mes mots entente savoureuse:

Etjef«upric.

Aussi fay je i, cesie compaignie.

Pour inoy aider l'un !, l'autre fi'alie.

Car Dieu le veut: et nuls bien faicis n'oublie.

Ainsi me va, parle dinn vouloir,

Qu'à ce banquet je lue suis euibatue.

Venant de loiog par effrayé pouvoir.

Cberchant les lieux , ou tueurs sont à mouvoir

A seeours , nioy doulenlc et éperdue.

Loué soit Dieu, que je suis cy 'enue:

Car «vis m'est que j'ay fait le voyui^e.

OU>j, ô toy, noble duc de Bourgoujoa

Fils de l'ËgUse, et bire h ses eufan».

Enten n moj, el peosa à ma besongne.

Pein enloncueur la honte el lu rergoague.

Les giiefa remords , qu'en moy je porte et *sni ,

loAdclles, [larmillieri et par cens.

Sont triomphant eu leur terre damnée:

4 1 a APPENDICE.

Et vous, princes puissans, et honnorést PJorez mes maux , larmoyez ma douleur.

Ma joye n^est, sVmprendre ne Toulez, Kn moy vengeant, ce que faire devez, £d servant Dieu, et aquerant honneur* Par mes enfans je suis en ce mesheur.

Par eux seray ( si Dieu plaist ) secourue. ' &i requier Dieu, de conseil estre acreue. ;

Vous , chevaliers , qui portez la Toison 9 N ^oubliez pas le tresdivin service:

Et vous aussi; nés de bonne maison.

Gentilshommes, voicy belle ochoison ' Pour acquérir de los le bâiéfîce.

Mon secours est pour jeunes gens propice, j Les noms crois tront, etTame enrichira.

Du service , que chacun me fera.

Dont eu amour de Dieu premièrement^ £t en faveur de nom et de noblesse, Je te requier k certes fermement , Mon aimé fils, pour mon recouvrement:

Et vous , signeurs, pour toute gentillesse. Par tout m'en vois: car k Poeuvre me presse Mon faict piteux. Hélas/ qu'ion ne PoubRe. Sous tel espoir Dieu vous doint bonne vie.

(( La lamentation de nostre mère Sainete E^Iue fàicte; en la salle entrèrent grand nombre d'officien-d'annei: desquels le dernier estoit Toison d'or, roy-d^armes. Ce Toison d or portoit en ses mains un {aisaa, inS, et aomé d'un tresriche colier d'or, tresricliem^at garni de j^erreries et de perles: et^ après ledict Toison d'or, widrent deux damoiselles: cest-à-sçavoir madanioiselle Yoland» fille bastarde de mondict signeur le duc^ et Yaabeaadfi Neufehastelj fille de monsieur de Montagu, adexlrëes de deux chevaliers de l'ordi'ede la Toison â*or: e eetaaçavoir monsieur de Crequi^ et messire Symondè Lalain. En tslb

APPENDICE.. 4i3'

ordonnance vindrent lesdicts officiers d'armes, et ledict Toison d'or, aveques le iaisan, jusques devant monsieur le duc: auquel ils firent la révérence: puis luy dit lediot Toison d or, en ceste façon,

« Treshaut et trespuissant prince, et mon tresredouté a sig^neur, voicy les dames, qui treshumblement se rea commandent à vous: et^pource que c'est la coustnme c< et a esté anciennement, qu'aux gprandes festes, et nobles a assemblées, on présente aux princes^ aux signeurs, et a aux nobles hommes le paon, ou^quelque autre oiseau « noble^ pour faire vœus utiles et valables^ elles m^ont (( icy envoyé, avec ces deux damoiselles, pour vous préce senter ce noble faisan^ vous priant que les veuiléz avoir a en souvenance. » Ces paroles dictes, mondict sig[neurle duc ( qui sa voit à quelle intention il avoit fait ce banquet) regarda l'Eglise: et, ainsi comme ayant pitié d'elle, tira de son sein un brief, contenant qu'il vouoit qu'il secourroit la clirestienté, comme il sera dict çyaprès: dont TEglise fit manière de soy réjouir: et, voyant que mondict signeur avoit baillé à Toison d'or son vœu, et que ledict Toison d'cr le lisitj elle s'escriatout haut:etdit:^

Dieu soit loué, et servi hautement De toy, mon fils, doyen des pers de France, Ton treshaut vœu m'^est tel enrichiment, Qu il me semble que je suis clërement De tous mes maux k pleine délivrance.

Par tout m'^en vois, requérir aliance:

Et prie k Dieu quHl te donne la grâce Que ton désir k son plaisir se face.

O vous princes , chevaliers , nobles hommes , ^'oyez patron pout hauts fiiicts entreprendre. Rompez rostre aise,aconrsi68ec voz sommes, T.evez vos mains . tandis que nous y sommes. Offrez k Dieu ce que luy devez rendre. Je pren congé: car cy ne puis descendre: y. nis vois tirant la terre chrestienne, Pour Dieu servir et abréger ma peine.

4i4 APPENDICE.

« Ac8 mot le géant reprit son dephant:et le remment, par-devant les tables^ en la manière qu'il estoit venu. Quand j'en veu cest entremets ( c'est-asçavoir rEglise)d un chasteau sur une si-diverse beste, j'arguay en dmj, si je pourroye comprendre que ce Tonloit dire: et nepca autrement entendre, fors que celle beste ( qui nous est c»trange^ et diverse pardeça ) elle avoit emmenée, en signe quelle travaille et labeure sur grandes et divcraca «dwrsites, en la partie de Constantinoble ( lesquelles adversitii nous congnoissons ) et le chasteau en quoy elle csloîti »• gnifioit Foy. En-outre ^ par ce que cestedame estoitciiiu duite et menée par ce grand géant, ayant la main année, j'enten quelle donnoit à congnoistre, qu'elle doutoit les 0mes des Turqs, qui Tavoyent chacée, et qui qnerojrart sa destruction.

n Quand donques elle se fut partied^lecple» mobles boa* mes> à tous costés, par pitié et compassioDy enooouMD* cérent à figiires vœus> et ensuyvir mondict signeor le dnc> chacun selon sa faculté: et mirent ces rcBom par escrit: ainsi comme il sera dict cy-après. Mais, ponr que Itiii de vœus se firent^ ou s'appareillèrent de faire, que la Am euste esté trop longue, mondict signeur fit crier par Toison d'or, que la chose cessât atant, et que tou eeox, qsi voudroyent voiler, baillassent le lendemain leunvceosaidict Toison d or, et il les tenoit valables, comme l'ilscinsent esté faicts en sa présence.

« Pour abréger mon escriptnre, tantost après lecry ihdict Toison dor, le banquet fut assouvi, les nappes fàreat levées, et chacun fut en pié par la sale: et, quant à mefi ce me sembla lors un songe: car^ de tous les entreaeli des tables, il n'y demoura sinon la fontaine de verre. Quid' je ne vey rien plus de nouveau, à quoi passer le teofi» lors commença mon entendement à mettre devant hb yeux plusieurs choses^ touchant ceste matière, nreaûénment je pensay en moymesme les outragcux esob et h

APPENDICE. 4i5

grande despense, que pour la cause de ces banquets ont eslë faicts puis peu de temps: car celle manière de chapelets avoit là treslonguement duré: dont chacun s'efforçoit . à son ordre, et mettoit peine de recevoir la compaignie plushautement: et principalement mondict signeur avoit fait si-grand appareil, coust, et assemblée^ que je nommoye cette chose, outrageuse, et déraisonnable despense, sans y Irouver entendement de vertu, sinon touchant rentremets de TEglise, et des vœus ensuyvans de ce: et encores me sembloit si-haute entreprise trop soudainement commencée.

« En celle pensée et imagination demouray longuement, et tant que je mç trouuay d'aventure auprès d'un signeur ^ conseiller et chambellan, et bien-privé de mondict signeur le duc: auquel j'avoye assez d'acointance. Lors je me pri à deviser aveques luy: et luy racomptay la fantasie, en qnoy jestoye: et^ quand je luy eu tout diet, il me fit ceste response. ,

(( Mon amy sache ( et je le t'afferme, eu foy de cheva* a lier ) que ces chapelets, I^anquets, et festoyemens, qui « se sont menés et maintenus de longue main, n'ont esté « sinon par la ferme entreprise et seorette desirance de (( monsieur le duc, pour parvenir à faire son banquet, u par la manière qu'on a cy veiie, désirant grandement > (( et de tout son cœur^ conduire à effect^ un ancien sainct a propos, quila eu de servir Dieu, nostre Créateur: lequel a propos a esté, et peut estre^ congnu par le vœu, dont (( maintenant il a fait publication: c'est asçavoir pour le a bien de la chrestienté, et pour résister aux entreprises « des ennemis de nostre foy: et des pieça à bien monstre « le grand désir qu'il en avoit: comme d'y envoyer navi- « res et gens-d'armes très-longuement. Mesmement il y a a trois ans, ou environ^ qu'en la vile de Mons en Haî- « naut mondict signeur tint la feste de l'ordre de la Toison « d'or: et là furent assemblés grand nombre de chevalea rie, porlans iceluy ordre: et, à la messe du jour, mon-

4ir> APPENDICE.

ti sieur Tevesque de Challon, chaneeUer d'icelle, piropm, c( en sermon gênerai, la grande dësolatiott et mine, en a quoy lEglise militante estoit^ en requérant les die?»- « liers dudict ordre, et antres, pour le confort d'iœlle nma tre mère, désolée: et sur ceste matière par icenx ehevt- « liers furent prises de moultbelles eondnsions, pour le w^ a vice de Dieu augmenter, et la foy maintenir: denjodlei « choses mondict signeur fut toujours principal éuioateur, « et le premier délibéré d'y empleyer corps et cbefanœ. a Depuis lors ( comme il est certain ) luy est snrmrae k H rébellion de Gand: à la quelle subjuguer a despendn (h a temps et de Tavoir: et, la grâce IHed, il en est Tenaà K si-bonne et honorable conclusion, que chacan sçaiL Or « est ainsi que, pendant ce temps, le Tarq a fiait de gm- (( des choses sur la chrestienté: comme d'avoir gûgné « Constantinoble ( qui jamais n'avoit en villeiiie si gna- (( de des mécceans ) l'Empereur mort, et l'Empire dd* a truict. Ces choses ont toujours entamé le eneor et le de « sir de mondict signeur, au service de Notre-Si|pieiir Je- « susXhrist: car au besoing est du secours* Dmit, poar (c conclusion*, saches qu'il mesme a ceste be8oii|[ne€0Bc( duite et démenée de longue main, pour avoir temps k a pouvoir voiler, et monstrer le bon vouloir et le dnir « qu'il a au bien-public, et général profit de bi direi- « tieiité. »

(( Ainsi que ce chevalier et moy parlions et devisisBt de la cause et principale occasion ponrqaoy^ à sdncnlesdement; celle feste et grande assemblée Cot fiuoiev en h salle entrèrent, par la grande porte, grand foison dsftR^ ches: après lesquelles venoyent plusieurs joueors di divers iustrumens, comme tabourins> Ints, et harpes: é après eux vint une dame, vestue d une robe èb sslii blanc, moult-simplement faicte, à guise de religieott: et par-dessus elle estoit affulée d'un large manteau décimas blanc: et avoit le chef atoumé monlt ~'~flemflOtd'ss

ÀiPPElSDidE, ^1^

lilanc couvrechef 9 mis tout ainsi qu à une chose saiticte et dévote appartenoit: et sur son espaule senestre portoit un rollet: où estoit escrit en lettre d'or, grac/dieu, signifiant et iftnstrant le nom d'elle. Après vindrent douze chevaliers, chacun menant une damé par la main: et estoyent habillés de pourpoints cramoisis, et de palletots à manches, la moitié gris, et Fautre noir, de satin brodé de feuillage j et chargé d*orfaverie: et avoyent chapeaux de velours noir, orfaverisés comme lesdicts paletots: et lesdictes douze dames furent vestues de cottes simples, de satin cramoisi, bordées de letices: e\ par-dessus avoyent en manière d'une chemise, de si-fine toile, qu'on voyoit la cotte parmy : et avoyent un atour tout rond, à la façon de Portugal, dont les bourelets estoyent à manière de rauces, et passoyent par-derriére, ainsi que pattes de chaperons pour hommes, de déliés volets, chargés d'orfaverie d'or branlant: et furent leurs visages couverts du volet: et, pour déclarer des dames, dont j'ay parlé par-avant^ que Grâce Dieu menoit, il fait à sçavoir que tantost que ladicte Grà^" ce se trouva devant mondict signeur, elle parla, et dit^

Grâce Di eu suis , 1 a divine auinonière : Qui des bièDsfaits de P^i'^tlts pourroye. Ferme seureté , et espérance entière.

Miséricorde est dessous màbamiiére.

Dieu ne permet nuls dons , que je o^y 6ôye. Par son plaisir k toi droit cy m^énVoye, Pour toy bailler ce brief , ét^ an surplàs^ Te présenter ces dames de Tertus.

(( Pource que mon benoist dreateuf a ouy le voeu, f{a0 <( toy Philippe, duc de Bourgongne, as n'aguéres fait en « la présence de cesle noble compagnie, et mesmes pla^ « sieurs autres nobles hommes cy-presens, tous ensuyvjajas: <( lequel ton vœu, ensemble iceux^ procedans de bonne <( volonté, sont agréables à Dieu: à ceste cause il m'envoye <( par toute chrestienté vers empereurs , roys, ducs,

4i8 APPENDICE.

(( comtes, et autres bons chrestiens, leur préaeater de par (( luy douze dames ( que j*ay ici ) chascone portant k « nom de vertu: lesquelles si croire voulez, 0>u8viendm (( à bonne et victorieuse conclusion de yostre emprise, et (( aquerrez bonne renommée par tout le inonde, et enfio « Paradis. »

Le briefleu et et ouy, ladicte dame> Grâce Dieu > reprit sa raison: et dit à Monsieur^

Les damea'cy bailleront par escrit Leurs parfaicts noms: lesquels je tous Hrftj^ Qui bien les yoyt , moult plaist k Tesuft'-Ghtiat! Auquel je prie, et au Sainct-Esperit, Qu^eu TOUS soyent: simien rejouiray. \

\oicy la Foy , que vous presenteray Premiërement. Or je vous prie oyet De tous Icars briefs ce que lire m^ortev.

En ce language proposant , comme vou» avez ony, la dicte dame, Grâce Dieu j présenta une dé ses douze daines, et la première: qui avoit à nom, Foy^ Geste dame portoit unbrief en sa main. Tantots, donques» que Grâce Dien leut présentée, et mise avant, elle (c'est à entendre Fof) bailla son brief à Grâce Dieu, laguide^ maistressê» et oofr* duiseresse de ces douze dames: lesquels tonte». Fane aprs l'autre, pareillement que Foy, furent prétentées en ordre et baillèrent leur briefs: lesquels furent receus et km de ladicte Grâce Dieu: et ces briefs sig&ifioyent et demon»troyent ouvertement leurs noms, leurs vertus, leurs poi>sances, et trespleines et treshautes authoritëa et prerofttious: et^ pour entretenir propos> lebrief de Foy cootonoit les mistéres, qui s*ensuyvent, sans adjonctionj v

liiminution.

Couplet de Foi.

Je suis la Foy , et divine espérance , Que chacun doit cognoistre sans errear :

<Jui vien k vous , ducde Acble naissance , Et k tous ceux , qui sont cy en présence , Pour metcier l^emprise de valeur.

Touchant aux vœus de mérite d'honneuir, Et au secours que vous me* présentez:

H^ui moult vaudra, si vous ne m'oubliez»

Couplet de Charàé.

Charité, mère des l)ienfiiicts Suis au palais de Dieu nommée:

Qui par voz hauts vouloirs parfaict8> Signes d^amours non contrefaicts , J^espère la Foy confortée.

Si suis en ce lieu arrivée:

Afin que la guide je soytB, Qui vos œuvres vers Dieucodiroye»

{Jouplet de Justice.

Justice ay nom, k droictoriére,

Le refuge des moins- puissans.

Quoy que Ton me nomme aspre et fiére ,

Si ren je par bonne manière

Les humains corps obéissans.

Or vien j^ k vous , d'heure et de tempu,

Pour advertir que servirez

Foiblement Dieu, quand ne m^aurez.

Couplet de Raison.

Je suis Raison, fille de sapience , Amie de Dieu, son affine et prti<chaiae. Guerre amorti. Paix est ma nourrissance. Amour soustien , droict maintien en puissance* A vous servir je mettray toute peine* Je vien dooques en la yoStre demaiue:

Et Dieu le veut: pource qu'en son service Sm' toute riens suis valable et propice.

Couplet de Prudence.

Pour vous parer, prince de haut affaire» Prudence suis : que Dieu k vous enfoyes

En espérant qoe lieres , pour Inj Et entendrez, pour Je plus néeetsairey A secourir PÉglise, qui larmoyé.

Tant que m'^aurez , «t serez où je toye^ Adversité n^aura nulle puissance De V.OUS oster foy , ne bonne espérance.

Cùaplei d jéttrempance,

Attrei^ance , qui Jes hauts fidts m^siiK» Me nomment ceux, qui cognoissent mon estre. Il n*est nul heur, qui sans moy gnàres dore. Mon faict est seur» nonpas k raTentore. De vous servir je me yeuii mtrem^ttx». Soudain vouloir ne peut estre moq ogtfistie. i Si vous m'^avez ( je le dy seorement ) Rien ne ferez, qu^k bon cntend^nent.

Couplet de Force»

Force, ou bien magnanimité.

M'appelle on: pource que je penae^ Par efi»rt de banne iéquité , Pour tons en géoédllité, A livrer vire résistance.

Je suis contre vices deffense.

Et puis moult en armes servir.

Pensez donc de moy retenir.

Couplet de FérHé.

A vous je viea en tell intention Qae ne ferez rien contre mon vouloir.

Vérité suis, de teii^ coudition^ Que je ne fais nnlle part mansioa, S^honoeur de bouche ne m^y fait remaQoir* Tenez voz mots, si me voulez avoir* Par voz vertus ^tes crier Montjoye:

Et je seray la vostre, où que ja^soye.

Couplet de Largesse.

Grand faict sans omj nul- ne penfc.«ohev«r Ost acquérir, a^aoqaérir ban nanoiB.

APPENDICE 4a i

Qui me reboute, il fait fort h. blasmer. Par mny peut on mcolt atoembler , Et avoir bruit : qui que le veut ou non. A vous je vien. Largesse m^appeUe on.

J« servira)' pour les povres aider, Qui serviront quand viendra le mestier.

Couplet de Diligence.

Diligence , la noble poursuîvande , Suis nommée: pource que tant travaille, Que maintes fois mes fortunes amande.

Dieu me transmet k voz yeux: et vous mande Qu^k le servir sans sommeiller on veille. Et que m'ayez: afin que je réveille Les lasches cueurs: qu^on ne peut émouvoir A travailler , pour tous les biens avoir.

Couplet dE'spérance.

Espérance, guidée de bon vouloir,

D'ardaut désir k vous je me présente.

Le grand honneur, la richesse, et Savoir

De ce monde , conqueslerez pour voir.

Nul n^osera devant vous faire attente ,

Requérez Dieu, et mettez ferme entente,

D^estre en brief temps fRnests pour le Turq combatret

Et vous verrez son grand orgueil abatre .

Couplet de P^aillance.

Prince, enflambé de désir pitoyable,

Et vous, nobles, où tout honneur s^avanee,

Cueurs, tous enflés de vouloir honnorable,

Aimaus renom « querans œuvre louable,

A vons j^acour en grande ejouissance.

Fille d^honneur suis, et m^appelle on vaillance.

Je vous requier qu^on ne me lêÎMe pnbit.

Car, saus m'avoir , grand &ict ne se £aât point.

Après les présentations de ces douze vertus, foictes par Grâce Dieu à niondiçt sîgneur, et nécessaires à la perfection de son emprise, quand les noms et leurs briefs fu-

rent leus, vues, et ouïs en pleine aalle, et en pommaneaadience, atant elle, comme ayant sa charge parfonnûcii et son œuvre parachevé, d'illeques se. voaiat retraire. Si prit congé, par la manière qui s'ensuit, cooaefllant, ^ saluant mondict signeur, ainsi,

Puis qu^ainsi est qne je vous ai baillées. Ces filles cy , pour vostre parement.

Je vous requier que soyent recueillie»

Par tel moyen, que mieux, apareiilëes Soyent d^entendre 2i Tottrc saurement.

A vous les laisse. A Dieu je vous commande A qui prie gue brief vous voie faire Chose de nom, et qui iny pubse plaire.

A tant s'en retourna Grâce Dieu: et laissa lesdamei» qu'elle avoit amenées: et, pource que leur mistére fut achevé, leur furent ostés les briefe, qu^elles portoyentsnr leurs espaules: et commencèrent à danser^ en guise de mommerie, et à faire bonne chére« pour la fie*te plai joyeusement parfournir: et cy ensuyvent lea noms dci chevaliers et des dames de celle mommerie: et premièrement les noms des chevaliers, monsiear de Qiarokii» monsieur de Cléves, monsieur d'^tampes, monsieur AUf de Cléves, monsieur Jehan de Coimbréa, monineor le Iwtard de Bourgong^e, monsieur de Bouchain, messire Aftthoine, Bastard de Brabant^ messire Philippe ^ bastaritb Brabaut, messire P hilippe Pot, messire Philippe dJieLalaii: et messire Chrestiende Digoine: et pour loi daniest rooiselle de Bourbon^ madsuiioiselle d'EslampeSj de Ravastin, madame d'Arcy^ madame d^ fammift madame de Santers, madame des ObeauK, iMdameii Chasteler, Marguerite: bastarde de Bourgongne» AalWnette, femme de Jehan Boiidaut, et Tsabean Csiliii Tandis qu ondansoiten telle manière, les roy a-d'armes d heraux, aveques les nobles hommes qui furent wlooBêi pour l'cnquestej alérent aux dames et anx damoyidhii

savoir à qui Von devoit donner et présenler le prix, pour avoir le mieux jouslé, el rompu bois pour ce jour: et fut trouvé que monsieur de Cliarolois la voit g^aigné ètdésservy.

(( Si prirent les ofEciers-d'armes deux damoyselles, princesses ( c'est asavoîr madamoyselle de Bourbon,^ et madamoyselle d'Estampes ) pour le prix présenter; et elles le baillèrent à mondict signeur de Gharolois; lequel les baisa, comme il a voit acoustumé, et qu'il est de ooustume: et fut crié Monijoye, moult-hautemçut. Tantots après fut aporlé le vin, el les espices; lesquelles espices estoyent en sept dragœuers, dont la plus-part'estoyent de pierreries: et furent à celle heure criées unes joustes, de-par monsieur de Charolois, pour lendemain: lequel s'acompaigna de monsieur le bastard, et de Benetru de Chassa: et se firent nommer, en la dicte criée, trois compaignons aventureux, porlans escu violet, et noir. Lesquelte joustes furent trèsbien: et gaigna messire Adolf le prix de dehors: et mondict signeur le bastapd le prix de dedans: et donna ce jour mondict signeur le duc le banquet à toutes les dames eu son hostel.

(( Entre deux et trois heures après minuict, mondict si* gneur et sa compaignie, se partirent de la place ou ce banquet fut faict: et se retraït chacun en sa chacune. Or, pour ce que je sçai bien que plusieurs ont escrit de celle feste, et que chacun ne peut avoir tout veu, et pourroiton dire que j'en parle bien largement, afin que Ton sache que la manière de mon récit et enregistrement est vray, je l'ay fait visiter par monsieur de Launoy, et par Jehan Boudant, principaux gouverneurs des choses dessus-escrîtes, et par les maistres-d'hostel de mondict signeur le duc: et, après leur Visitation faicte^ et seelée de mondict signeur de Lannoy, je Tay osé communiquer. Si supplie tres-humblement mondict tresredouté et souverain signeur, monsieur le duc dessusdict, et à tous ceux qui liront, ou oyrout ceste chose, qu'ils veuillent mon ignorance par^

4a4 APPENPICE.

donner, et paik presteut leurs oreilles à eacoater parties de vœus, qui furent foicls à cause de ceslay banquet.

Le vœu de monsieur le prince Phil^spe*

« Je voue tout premièrement à Dieo, nioii tareateor, et à la glorieuse Vierge Msirie sa mère, en-apres anxdamei» et au Eaisan, que , si le plaisir dutrescbrestieii et tretvieliK rienx prince^ monsieur le Roy, est de prendre croisée, et exposer son corps pour la deffénse de la iby chrestieiiDe, et résister à la damnable emprise du grand Tnrq et des bfidellesy et si lors je p's^y loysje ens^ngUie dç mon oorpsi je le servirçiy 9 en ma personne, et de ma puissance, sadiçt sainct voyage, le mieux que Dieu m*en donnera h ' grâce : et , si les afEsiires de mondict signear le Boy eilof al tels, qu'il n'y peust aler en sa personne, çt son pUiiiir eil d'y commettre aucun prince de son sang, ouaatreaigBeor, chef de sou armée, je à sondict commis ob^Eray, moEtk sainct voyage, le mieux que je pourriry, et ainsi qoe ■ luy mesme y estoiten personne. Et, si pour ses gramaï' (faires il u*estoit disposé d'y aller, ne d'y envoyer, et qu'astres princes chrestien^à puissance convenable empremuat )e sainct voyage, je les y acpmpaigneniy, et m'empkJ^ ray aveques eux à la defiense delà foy chn^ennei k pbi^ avant que je pourroy: pouvu que ce spit du bon fhîarfll congé de monsigneur le Roy, et que les paî^s , que Kfia n'a commis à gouverner, soyent en paix et Sjoareté. à qnof je travailleray : et me n\ettray en tel devoir diç m pvU que Dieu et le monde coi^oistront qu'à moy n'aura iHUii ue tieadra: et, si durant le sainct voyage je piûspar fod^ qne voye qu manière que ce soit, ou cognoiiÂre) qœ bU grsuid turq s^yt voulonté d'avoir a foire à moy, oorp a corps, je, pour la dicte foy clirestieiuiey le CfMnbattrafjà l'aide de Dieu tout puissant, et de sa treadgnçe Vierp mcre: lesquels j'appelle toujours en mon aide* Faictàndei le di^eptième jour de février. Tan de l'incarnation d^lta" tre Signeur, {453, signé de la main, PHixjfpy,.

£e vœu de mo^^ieur de Charolois.

n Je voile à Dieu mon creatçur^ et à sa glorieuse mél*e, aux daines, et au faisan, que, si mon tresredouté si* gneur et père va au sainct voyage, ainsi qu'il entreprend, et le désire d'accomplir, et ce soit son plaisir que j'y voise aveques luy, que j'y iray, et le serviray aU ipieiix que je pourray, et sauray faire. >?

Le vccu de monsieur de Clèves^

tt Je voile aux dam^ et au faisan > que je serviray monsieur mon oncle, sHl luy plaist, en cas que les affaires de mon païs le puissi^nt porter, »

£e vœu de monsieur d! Estampes^

a Je voiie à Dieu mon créateur, et à sa glorieuse mère premièrement^ et après aux dames et au faisan, que, si le plaisir de mon treshonnoré signeur et oncle, est que je. voise en sa compaig^ie au sainct voyage de la deffense de la damnable emprise du g^'andTurq, et des Infidelles, je Vacompaigneray et serviray de ma puissance: et durant le dict sainet voyage, si je puis savoir, ou congnoistre^ qu'il y ait aucuns grans princes ou grans signeurs de Is^ cpmpaignie dudicl grand Turq, et tenans sal^y, qui ayent voulonté d'avoir ^ faire à moy, corps contre corps, deux ^ deux, trois à trois, quatre à quatre^ ou cinq à cinq, je^ pour la dicte foy chrestienne soustenir, les oombatray, à laide de Dieu le toutrpuissant et de sa tresdouce mère: lesquels, j'appeUe tousjours çn ^lpn aide, par la ipaniére dessusdicte.

Le vœu de monsieur d^ Raçastain,

« Je voiie etc. si mon tresredouté signeur et oncle va en ce sainct voyage^ si c'est son plaisir, que je seray prest

d aler a vaques luy, tout par tout où son plaisir sera. Et si tant est que mondict signeur ne puisse aler audict voyage, et sou plaisir soit à moy Caire cest hoaneal^, de-moy y cînvoyer, je m'offre à le servir de mon corps et de ma chi^ vance^ taut et si-avant, qu'il me sera possible.

Le vœu de monsieur le Bastard.

(( Je Anthoine, bastard de Bourgongne^ voue, aux dafflM et au faisan , que, si mon tresredouté signeur va en cesainct voyage, j'iray aveques luy, et le serviray de mon corps et chevance: et, au cas qu il n'y voise, el il lay plaise moy y envoyer, et commander aucune chose sur ee, en quelque manière que ce soit, je m*y empleyeray de tout mon pouvoir, comme tenu y suis: et, des le jour que je partiray, je prendray une emprise , laquelle je porteray font le voyage durant, pour combatre un Turq, en quelque manière qu'il voudra rcquerre: et ce feray sçavoir en llwstd du Turq. »

Le vœu- de monsieur de Pons,.

i( Je voiie premièrement à Dieu^ aux dames et an fiûsni que, s'ilplaistà mou tresredouté signeur et puissantprim:e> monsieur le duc de Bourgongne^ aler encontre le grand Tui*q, et autre part sur les Sarrasins, et il me bittdiMineur que j*ale en son serviee> je le serviray de mon oorp, tant que ma vie durera, ou qu'il luy plaira, Itent^ siMm bon plaisir n'est que je soye en son service^ je vofiefcDus comme dessus, en demy an prochain venant, qnejeoe sejourneray en vile quinze jours passés, jusqnes-à tuitqoe corps à corps j*a\ e combatu un Sarrasin d'icelay Ttarq, oSi d'autre lieu, selon que je le ppurray trouver premier i Vaide iNustr'-ï>^nie: pour Tamour de la quelle jamais dp eouchcray en lict le samedy jusques j^aye aoompli œ fM iliet est. Faiet le dixseplîeme de février, 1453. »

Le vœu de monsieur de Charny,

(( Je voiie aux daines et au faisan^ que, si mon tresredouté et souverain signeur, monsieur le duc, eutretient le voyage salnct sur les Infidelles, je le serviray de mon corps et de mes biens ^ au cas toutes-voyes que jen'auray maladie.» ou loyal ensongne de mon corps: et en ce cas, j'y envoyeray huict ou dix geutils-hommes, payés pour un an. ))

Le vœu dç monsieur de Crqjr.

« Je Anlhoine, signeur deCrouy, considéré le vœu qu'a fait mon tresredouté signeur, monsieur le duc de Bourgongne, en ensuyvant iceluy, voiie à Dieu mon créateur, aux damesetau faisan, qu'au casque mondict signeur le duc entretienne son voyage et armée,, que sous les conditions contenues en sondict vœu, qu'il a voiiéde faire sur les Sarrasins et mécreans, par ainsi que ce soit son plaisir, j'yray avequesluy et en sacompaignie, et le serviray, pour l'honneur de Dieu, en son dict voyage, de mon corp&, et à mcsdespens, un an entier, sans pource prendre nedeluy? ne d'autres Chrestiens, aucuns gages ou biensfaicts: et obeïray à luy, ou à celuy qu'il luy plairra ordonner son lieutenant en ceste partie, en tout ce qu'il luy plaira à moy enjoindre et commander ; en renonçant a toutes vai-^ nés gloires, orgueil, et autres choses mondaines, qui en aucunes manières pourroyent empescher ou retarder ce que dessus est dict» et généralement à toutes autres choses, qui me pourroyent survenir, excepté mort^ prison, ou mailadie, on austre empeschement rai$onii^ble, et tel qu'à mondit signeur, et autres princes, sembleroit estre digne, et suiTisant pour excusatiou; [et tellement que ce sera au plaisir de Nostre-Signeur, à là salvation de mon âme, et à mon honneur. Tesmoing ceste cedule, signée de ma luain, çtc. A. de Croy. »

Le vœu de monsieur dé Cytnay.

w Je Jehan de Crouy, signeur de Gymay, fieiy antel et emblable voeu à Dieu mon eréateur, et à sa glonease mère, aux dames > çt au feiisaii, qu'à Eait monsieur mon frère, et tel que cy dessus est contenu: et,jia cas que par maladie ou autre empcschement, qui fust ti-apparent que que chacun congnust queje n'y pourroye aler, j'yenvoyray huict gentils-hommes de nom> etdWmes> à mes despens, payés pour Un an entier^ pour servir à l'honneiir de Dieu, mondict sîgnçur et prince> sous et par la manière dessusdicte. Tesmoing monsigiie, cy mis. i, pu Crot. »

Le vœu de monsieur de Santés^

« Je voue à Dieu mou créateur et à la gloriecMia Vierp Marie, sa douce mère> en présence de treshaate et tm puissante princesse > des nobles di^moiselles^qui cy lonl, et à ce faisan, que, si le Boy^ ou niontresredanté «gfneiur, monsieur le duc de Bourgongqe, prendeqt la crrâee, pour résister à la puissaAce, et contre Femporsar ia Turqs, ennemis de la saincte foy chrestienne, je les y le^ viray en ma personne, l'espace i'\^K an: ety lûà l^looBiila de ma vieillesse et foiblesse de corps je a'y poavoye a)v, si y envoyeray je, pour gagner les pardoQs, et satn&irs aux péchés et deffiiutes que j'ay p^r cydevant CQjnmîwSi et moy aquiter de VoMigatiou quç je day k lH fiokj <le Jctoi- Christ à cause du sainctbaptesme^dçux iHVimefrd'aniici et deux archers, suffisamment montés et annes; leiqiidp je payeray et soudoyeray, par Tespaoe 4*m an» àM> despens. »

Le vœu c^e monsieur de Crequi^

(( J*ay ouy et entendu la pitoyable complainte de noilre mère Saincte-Eglisc : dont mon cuear a reçu aiaéit cl

APPENDICE. /i^g

douloureuse déplaisance: mais, quand i'ay sceule vœu de mon tresredoulé signeur, celle douledr s'est ainsi comme cessée ou adoucie, pour le grand espoir quej'ay, qu'aucun bon et sainct fruit s'en ensuyvra: et, combien que chose> que faire puisse, pourroit peu profiter et valoir à la ressourse et grande désolation d'icelle, nepntmoins pource qu'aveques les grands princes de la chrestienneté^ raison est qu'elle soit secourue et servie à sa nécessité, des moyens et des petis^ je voue aux dames e1 au.faisan, que, moyenant la grâce de nostre benoist créateur et de sa benoiste niére^ au cas que les besongncs et affaires de mondict très redouté signeur pourront souffrir qu'il entreprende le sainct voyage dont en son vœu est faicte mention, et il luy plaist moy recevoir en sa compagnie, je me mettray en son service, à mes despens^ en tel estai et compagnie de gentils-hommes, et autres, que bonnement faire porrray , selon les biens que Dieu m'a donnéset m'y empleyeray en telle façon, à mon pouvoir, que j 'espère que Dieu et le monde seront de moy contens: pourveu toutésvoyes que lors ne soye empesché de mon corps: et, s'il avenoit ( que Dieu ne veuille) j'y envoyéray,tant de gentils-hommes, comme autres^ en tel e1 si grand nombre, qu^ la feculté de ma chevanee pourra porter. »

Le vœu de monsieur de Haubourdin.

« Je voue à Dieu mon créateur, et à sa glorieuse mére^ aux dames, et au faisan^ que, si mon tresredouté signeur prend la croisée et va en ce sainct voyage, je le scrviray de mon corps et de ma pui; sance, tout le mieux que je pourray: et, si mondict signeur avoit ensongne, parquoy il n'y peust aler en sa personne, et il y envoyé aucun de son sang en son nom, je Lui servir^y et pbeïray, comme je feroye à mmidict sign^mr: et nelaisseray que je ne

43o APPENDICE.

vo'ise audict sainc^ voyage^ en la manière dicte, ai m^ haing^9 ou prison, ne m'en détournent: et ne m en retourneray, que je ne m'y soye empleyé un an da moiiu» si ce n'est pour aucuns g^rans biens, ou profita, ponr h clirestienté> et par Texprès commandement ou ordimnanee des princes^ avec qui je seray: et, s'il avient qae pendant le temps que je seray audict sainçt voyage il y Ait jonmée de bataille, je feray tant, au plaisir de Dieu, que Chratiens et Tarqs auront congnoissance de mon nom: et ne mettray en mou loyal devoir, sans passer, toûtesfois, n'aller hors Fordonnauce, faicte et commandée par les princes, si je suis à la bataille ou eschelle, à Fendroit oàte Turq soit, qne j'aborderay le jour à sa personnes et, â Dieu par sa grâce donne victoire aux ebrestiena, et que je puisse veoir que le Turq parte de la bataille poor Mj sauver ( quelque chose qu'il m'en puisse aycnir) je ne hk^ seray la chace de luy (si je ne suis mort, on si fort nàvréj que je ne le puisse parfournir, on qne mon cheral ne faille en chemin] jusques je Taye mort, ou priaonnier:ii, dcvaut que je Tattaigue, il ne se sauve en foitteseej m par si-fort passage, qu'on ne le puisse passer. »

Le ïtœu de monsieur le chancelier de BàurgpHffm

(( Pource que je j Nicolas Raoulin, obstant mon ancienneté et foiblesse, ne pouroye bonnement aller en penonne, an sainct voyage que mon tresredonté sigiienr^ monsieur le due de Bourgdngne, entend faire, pour ladefGeM de la foy chrestienne, et ainsi et par la manière qui dédairée est en son vœu sur ce faict, je voue à Dieu premiersment, et après aux dames, et au faisan, qu'en nu» fisa j'envoyeray, avec mondict tresredouté sijpienrt ^ ^^ service., audict sainct voyage, un de mes ei^na, aconpaigné de vingt-quatre gentils-hommes, armés étmoalji suffisamment: et les entretiendray à mca dioqpeiis, taatet si-longuement que mondict signeur le duc y «era. a

Le vœu de monsieur de Bergnes.

(( Je voiic aux daines et au faisan qu'au cas que mon tresredoutë signeur le duc voise en ce sainct voyage, el qu'il luy plaise que je le serve, je le serviray de ma personne 9 en telle façon que mondict signeur le m'ordonnera: et, si par maladie > ou autre empeschement, je n*y puis aler, j'y enyoyeray et entreliendray douze gentils^ eompaignons crannequiniers, un an^ à mes despens. )>

Le vœu de monsieur de Commines.

« Je Jehan ^ signeur de Commines, voile à Dieu et à là Vierge Marie, aux dames et au faisan, que, si mon tresredoulé signeur, monsieur le duc, va en ce sainct voyage, qu'il a intention de faire pour résister aux emprises du grand Turq et des mécreans, je le sei-viray par tout où bon luy semblera ( soit par mer, ou par terre ) de mon corps, et à mes despens: et, en cas de maladie, ou d'autre empeschement, si-apparent que chacun congDoisse que je n'y puisse aler, j'y envoyeray quatre gentils-hommes de nom, et à mes despens: lesquels je payeray tant et silonguement, que l'armée de mondici signeur s entretiendra par-de-là: pourveu que ce soit le bon plaisir de mondici signeur. »

Le vœu de monsieur de RocheforU

((je Charles, signeur de Rochefort, fay vœu à Dieu mon créateur, et à la glorieuse Vierge Marie, aux dames, et au faisan^ que, si mon tresredouté signeur, monsieur le duc, va au sainct voyage, sur les Infidelles, ennemis de noslre foy, si son bon plaisir est, j yray aveqnes luy, et Tacompaigneray et serviray de mon corps, et de ma puissance: et^ au cas que mondict signeur n'yra en cedict sainct

voyage^ et mondict irésredouté signeur et maistre, mon^ sieur le comte d'Estainpcs> y va, si c'est son plaisir, j'yny seinblablement aveques luy , et le serviray de mtm corps et de ma clievance: pourveu qu'aucun accident de maladif ou autre, ne mesurvienne, parqûoy je ne puisse alerta sainct voyage: auquel cas j'y envoyeray six gentils-hon»mes, armés et habillés: et les payeray pour un -an entier Et si ainsi est que mondict signeur d'Estampes troavelcadidt Infidelles, qui le fournissent pour son vœu ( c'estassavoir de combattre deux contre detix, trois ^contre trtiis» quatre contre quatre, ou cinq contre cinq ) et le plaisir dé inondict signeur et maistre est que je l'acompaigne» en ce css» je seray youlonticrs de ceux 9 quicômbatrontavequeBlay lesdicts Iniidelles, par la manière dicte, et ainsi qoe mondict signeur l'entente >)

Le Vœu de Jehan du Bôisi

a Je voiîe à Dieu, à Nostre^Dame, aux dadues^ et an isan^ que^ s'il est ainsi que mon tresredojaté ligneufi sieur le duc de Bourgongne^ entreprenne, et voiso a sainct voyage ordonné, pour la defifense de la foy chnitienne, et que son plaisir soit que je voise en sa cvmuignie> je le serviray de mon corps et chevaniSe* et nt IV baudonncray tant qu il y sera, où que la vie me dmert: et que, des le jour que partiray, ne mangémy, par veiH dredy, chose, qui ait receti mort, Jusqaes à ee qne me lei*ay trouvé embesongné, combattant main à main à m, ou plusieurs ennemis, de ladicte foy./tom, et si rnsofid tresre douté signeur a bataille an grand Tnrq, et qoeh bannière de mondit tresrcdouté signeur, et celle de n adversaires y soient dépleyées, et je soye en ma tcâmiSm et liberté, sans estre méhaigné, je m'aborderay à la bnniérc du grand Turq, si je la puis nullement cengnottlrK et la trebucheray par terre, ou je mourray ^nlapeioBi

Et, au cas que les affaires de mondict Iresredouté signeur ne puissent porter d'y aler en sa personne^ ou il y commelte monsieur son fils^ monsieur d'Estampes, ou aulre, je le serviray en toute obéissance, comme la personne de mondict signeur. Et, s'il avient que monsieur d'Estampes emprende bataille à aucunprince^acompa igné de certain nombre de nobles bommes^ et il luy plaise, de sa grâce, moy faire cest honneur, que j'en soye Tun, je m'y empleyeray tellement, qu'au plaisir deDieu,deNostre-Dame, et de monsieur Saint George ( ausquels je priequ'ils m'en donnent la grâce ) je luy feray honneur. »

Les vœus de monsieur de Boussu, et de messire Phi*

lippe de Lalain.

« Monsieur de Boussu et messire Philippe de Lalain vouent à Dieu, à Nostre-Dame, aux dames, et au faisan, que, si mon tresredouté signeur ^ monsieur le duc de Bourgongne, va en Turquie, à lenconlre des Infidelles, les deasusdicts le serviront bien et loyaument, si le plaisir de mondict signeur est qu'ils y voisent:et du jour qu'ils partiront, ils porteront une emprise, pour en combattre deux: et, si les tiers y venoient, ils en prendront telle aventure, que Dieu et Nostre-Dame leur voudront envoyer. »

Le vœu de messire Claude de Toulongeon,

« Je voiie à Dieu , à Nostre-Dame, et à madame saincte Anne, aux dames, et au faisan, que je serviray mon tresredouté et souverain signeur, monsieur le duc et comte de Bourgongne, au sainct voyage qu'il a intention faire à rencontre du Turq, ennemy de noslre foy: et le serviray du corps, tout le temps qu'il y sera: et des biens, que Dieum'a donnés, j'y empleyeray tout ce qu'il me sera possible: et, au cas que mondict signeur ait quelque empeschement, parquoy il n'y peust aler, s'il y envoyé aucun de son

sang;, je le scrviray, et obeïray> durant le dict voyage» comme je feroye la [lersonne de mondict sig^near: et.oatre-plus, encontînent que je seray hors des marchet de pardeca,je porteray une emprise, pour faire annes,à pié ou à elieval> à Tencontre d'un des gens dudict Tarq: laquelle emprise je feray signifier ( si je puis ) ea aon ori: et tout par le bon gré et licence de mondîet signear:le^ j'en suppliray et requerray : et, si celuy^ qui voudra lenr madicte emprise, ne me Touloit venir combatre devrai mondîct signeur, ou son commis, je Tiray combatre devant le Turq, moyennant que je puisse avobrbonnesearté.

Les vœus de messire Chrestien et de monsieui* Evrard

de Digoine.

<< Nous Chrestien et Evrard de Digoine> frères, cbevalien, vouons à Dieu, à la benoiste Vierge Marie» aux dames, et au faisan 9 que, si nostre tresredouté sigpnear» moniieiir le duc de Bourgongne, va au sainct voyage contre lesb* fidelles^ nous irons aveques, et le servirons de corps et avoir: et, s il avient que nous nous trouvions en bataOk avequesles Infidelles, nous ferons nostre pouvoir jin h première enseigne, qui apperra des ennemisr et de ee ferons si-grand devoir, qu il ne sera point dit, que noni n^en ayons faict nostre possible. Et, s'il plaisoit à nostre trentdouté signeur, monsieur d'Estampes, de nous &ire eot honneur, et grAce, que nous fussions deux de ceux dent il s'aconipaignera pour fournir aux armes de son viea, nous le servirons tellement, qu au plaisir de Dieu, ioj et tous autres devront estre coutens. Et, eutre, je ChrertÎBB de Digoine, voiie comme dessus, que, s'il plait à moncft^ teur et à sa glorieuse mère, moy faire tant de grAee qoe je retourne, je repasseray par trois royanmes cbreilieiK dedans lesquels je porteray emprise, pour faire annei i pié et à cheval. «

« Sur quoy liuit Icdict banquet, et lesdicts vonis.

La destruction finale de l'empire grec par'' les Turcs excita alors une profonde douleur dans toutes les âmes généreuses, mais on se contenta de plaindre les Grecs sans rien faire d* efficace pour les venger. Auj ourd'hui qu'après un pénible sommeil la Grèce se réveille enfin , et recouvrant le sentiment de ses forces a couru aux armes pour venger son ancien opprobre et reconquérir ses droits, les peuples sympathisent avec elle, mais les gouvernements chrétiens trahissent sa cause, et elle aura seule l'honneur entier de son affranchissement. Tout ce qui peint le sentiment produit en Europe par la conquête de Constan-» tinople on i453, reçoit un nouveau prix des événement présents, Je me contenterai de rapporter une des pièces de circonstâinces composées alors par un homme célèbre à la fois comme chroniqueur et comme poète, maître Jean Molinet, dont j'ai cité l'épitaphe page IX et X de ma notice snr G. Chastellain son maître en style historique comme en stylepoétique. Voici le morcaeu:

«Cy commence la complaincle de Grèce.

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