‹ Chronique de J. de LalainChapitre 57 sur 133 · CHAPITRE XUV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUV

XHOMMENT MESSIRB DiEGO DE GuSM^N EBtTRÀ PANS LES LICES^ POUR FAIRE ARMES A l'eKCONTRE PE MESSIRB

Jacques de Lalaiit.

Ainsi ces besognes faites et ordonnées, arrivèrent de quatre vingts à cent hommes armés de toutes pièces, la lance en la main^ lesquels, avec les autres paravant eux venus, furent ordonnés pour garder le champ de toutes oppressions. Puis avSsez tôt après ^n cette même heure, arrivèrent les gardes pour retenir les champions quand temps seroit. Si étoient dix gentils hommes sages etprudents,et qui en leur temps avoient beaucoup vu. Grande et longue espace messire Jacques de Lalain demeura en son pavillon en attendant son adverse partie, et fut bien trois heures après midi quand Diego de Gusman comparut au champ, lequel à cette heure qu'il y vint, jétoit accompagné de plusieurs chevaliers et écuyers,

et de son frère niessire Gonsalve de Gnsman, qui étoit à son côté dextre, et de messire Philippe de Sul au côté sénestre. Si venoient après lui quatre hérauts de Toflicc d'armes, c'est à sçavoir deux hérauts et deux poursuivants, montés sur quatre coursiers couverts jusques en terre ^ armoyés des armes des quatre lignes dont celui de Gusraan étoit issu; et avoient vêtu iceux officiers d'armeschacun une cotte d'armes pareille, dont étoient couverts les dits quatre chevaux. Et en ce point, armé de toutes armes, celui de Gusman entra dedans le champ: puis tantôt après qu'il fut descendu devant son pavillon, ne demeura guèrcs, qu'il vint faire la révérence au roijet après ce qu'il eut fait la révérence au roi, et à la reine, il s'en retourna vers son pavillon.

Lors le connétahle don Jean de Lune, fils de AU varo de Lune, et le maréchal Pedro de Heras, commis et ordonnés juges d'icelles armes, firent sçavoir aux champions, que nul d'eux ne saillit hors de son pavillon jusques à la tierce fois que les trompettes auroient sonné, et puis quand la tierce fois seroit finie, et non devant, chacun d'eux issît hors de son pavillon^ et ce fut publié à son de trompe, aux quatre cornes du champ. Lors après le cri et défenses faites, comme en tel cas appartient, les haches et épées des deux champions furent apportées par devers le juge; si fut trouvé que la hache de Diego étoit de mal engin , et qu'elle n'étoit pas telle comme es chapitres étoit contenu. Si lui en fut baillée une autre, nonosbtant que messire Philippe de Sul tfetf d'^battit assez.

MESSIRE JACQUES DE LÂLAIN. i Sg

Les liaches et épées visitées, on fit trois cris et défenses de par le roi es quatre coins des lices, et sonnèrent les trompettes, ainsi comme ordonné a voit été: mais à Diego de Gusman ne souvint de l'ordonnance faite par les juges; car au premier son de trompette, après ce qu'il fut fini, tout à l'étourdi, il saillit hors de son pavillon: mais ceux qui l'avoient à conseiller, moult hâtivement le prirent et le remenèrent en son pavillon: nonobstant ce au second son de trompette il en fit pareillement autant; et eu fut le roi deCastille très mal content, et de Féchafr faudoùil étoit, lui dit une laide parole et si haUt que de chacun fut ouï.

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