‹ Chronique de J. de LalainChapitre 87 sur 133 · CHAPITRE LXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXX

Comme Jea.n de Villeneuve dit Pasquoy fit AiuiBS A l'encomtre du chevalier gardant le pas.

Le cinquième jour ensuivant, un notable écujer nommé Jean de Villeneuve, dit Pasquoy, fit ses armes à rencontre du chevalier gardant le pas de la Fontaine des pleurs, et demanda Paccoinplissement du nombre de soixante et quinze coups dé hache; et à celui jour se partit le chevalier gardant le pas, comme il avoit, accoutumé, de Téglise des Carmes environ onze heures du jour, et entra en son ba-

MESSiRE JACQUES DE LALAIN. aSg

teàu tout désarmé ^ yêtti d'ttne longue robe de drap d'or; et ainsi vêtu /entra dedans les lices, et si alla faire sa représéùtation devant le juge, ainsi et par la manière qu'accoutumé âvoit> et puis s'eïi retourna en son pavillon pour soi armer. Tantôt après arriva le dit Pasquoy vêtu d'une longue robe de drap noir, tout desatmé. Si lui fut baillée à l'entrée es lices par Gharrolois le héraut la Verge dW émaiUéé de la couleur de la targe oii il avoit touché: puis entra dedans les lices bien et grandement accompagné, et alla tout droit devant le juge soi présenter en disant telles, ou semblables paroles, qui par le]i autres avoiènt été dites. Et èe fait entira eu sobj^r villon pour soi armer. Lors après les haèhés 'i^u% avoient à dagues, |>ar dessous et paV^ deisçuéVvisî ' tées devant le juge, les cris et cérémonies des IréÉ faites, issirent (sortirent) d« leurs pavillons j et toiabattit le clievaliers du pas en tel hài^hâs qu^il aVoit accoutuitlé, sauf qu'il n'avoit point de harhas de jàrobé en sa dexire jambe; et celui Pasqrioy combattoit salade en tête, à haute bavière, et avoit vêtu sa cotte d'armes , lesquelles sont, de sable, à cinq besants d^argent en sautoir.

Quand ainsi furent armés et appréiés, ei issus de leurs pavillons, leurs haches en leurs ms^ns, marchèrent mollit fièrement l'un contre l'autre',et assemblèrent (attaquèrent) et combattirent devant le jnga La bataille d'eux deux fut grande et fîère,et s'entre^ donnèrent de moult grands Coups de hache, si drus et tant âprement, que Ceux qui étcnent présens prenoient plaisir à les voir: car k les vjoir combattre, né

l(3ur coutoit rien, mais que à ceux à qui il touchoit. rinablemeut tant s€ combattirent les deux champions que jusques à l'accomplissement de cinquante cinq coups ou environ, le juge voyant le grand devoir et les belles armes qu'ils avoient faites, jeta le bâton, et ainsi les fit prendre à l'honneur de tous deux. Si les fit venir devant lui, et leur dit qa^il te^ noit leurs armes pour accomplies, et que tous deux avoient bien et vaillamment fait, en leur priant qu'ils voulsissent (voulussent) toucher ensemble^et qa'ik fussent dorénavant bons amis; et ainsi le firent Si s'en allèrent chacun désarmer en leurs pavillons; puis s'en retournèrent dedans les lices où ils s^entraccoUèrent et mercièrent du grand honneur qu'ils avoient lait l'un à l'autre; et ce fait, s'en r'allèrent cliacun en son logis; et toujours s'en retournoit le chevalier du pas par son batean en l'église des Carmes dont il se parloit

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