‹ Chronique de J. de LalainChapitre 89 sur 133 · CHAPITRE LXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXII

CoMME5T UN ÉCUYER DE SaVOYE NOMME JaCQUBS d'A- YÀKGHIER FIT ARMES A l'eNCOWTRE DU CHEYALIBR GAR- DANT LE DESSUSiDlT PAS.

Xje dixième jour ensuivant un notable écuyer de Savoye nommé Jacques d'Avanchier lit ses armes à l'encontre du chevalier gardant le pas de Notre- Dame des Pleurs j et en ce jour même, à Pbcure de onze heures, se partit le chevalier du ps^s de FégUse des Carmes, entra en son bateau pour aller aux lices, et lui là arrivé, fit sa présentation au juge, ainsi comme accoutumé ayoit, et puis entra en son paviL Ion pour soi armer, ainsi comme toujours avoit finit^ et tantôt après celui écuyer Savoyen entra dedans les lices, et comme accoutumé étoit, lui fut à Fentréc par Charrolois présentée et baillée une veiçe d^or

MESSIRE JACQUES DE LALAlN. ^63

cmaillée de la couleur de la targe à laquelle il avoit louché. Il étoit désarmé et vêtu d'une robe noire. Si alla en ce point devant le juge auquel il parla très humblement et honorablement, et autant, que plus n'ien eût sçu dire à un grand prince^ et sa pré sentation faite, entra dedans son pavillon pour soi armer. Si furent visitées les haches, les cris et ordonnances faites^ puis issirent de leurs pavillons. Et éloit le chevalierdu pas ainsi armé ethabilléque toujours avoit été auparavant, exceptéqu'il avoit la jambe dextie désarmée, et si ne portoit point de gantelet en sa droite main , et le dit d' Avanchier combattit en salade et gorgerin de forte maille, et avoit vêtu sa colted'armes jet ses armes étoient parties en pal d'argent et de gueulles, à une bande d'or. Et se vinrent assembler (attaquer) et combattre devant le juge. 11 avoit nombre et demandé vingt cinq coups de hache. Ils combattirent bien et vaillamment jusques au nombre die douze ou quatorze coups: et puis le dit d^Avanchier entra dedans le chevalier au pas, et lui prit sa hache d'une main. Lors le chevalier au pas, tôt et vivement prit celui d' Avanchier par le gorgerin, eu le tirant à lui trois ou quatre pas, et en ce faisant fit perdre au dit d'Avanchier sa hache de toutes les deux mains, et tant qu'elle chut à terre. Et lors le juge jeta le bâton. Si furent tous deux pris en cet état, et les fit venir devant lui; êi leur dit que bien et vaillamment avoient fait leurs armes, et leur pria qu'ils louchassent ensemble, et qu'ils fussent bons amis, laquelle chose ils firent; et s'en retourna chacun en son logis.

oC}\ CHRONIQUE DU BON CHEVALIER

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