‹ Chronique de l'abbaye de Saint-AndréChapitre 29 sur 36 · CHAPELLE DU COUVENT ANGLAIS · texte numérisé non relu

CHAPELLE DU COUVENT ANGLAIS

Socs Elisabeth d’Angleterre, et ses successeurs, des persécutions ayant eu lieu contre les catholiques, beaucoup d’Anglais des deux sexes émigrèrent pour échapper à la mort. Plusieurs des nombreux ordres religieux qui vinrent chercher un asile sur le continent, se réfugièrent en Belgique (1).

L’autorité ecclésiastique et civile s’empressa de les accueillir et de les protéger, et leur montra la plus grande bienveillance.

Le couvent de Ste-Ursule, à Louvain, offrit un refuge à quelques demoiselles anglaises, qui plus tard s’établirent dans un couvent de Ste-Monique. Bientôt leur nombre devint si considérable qu’elles durent se diviser. Elles firent l’acquisition du couvent de Nazareth, sitné vers l’extrémité de la rue des Carmes, à Bruges. Une partie d’entre elles vint s’y établir le 11 septembre 1639. Telle est l’origine du couvent anglais des religieuses chanoinesscs de l’ordre de St-Augustin , à Bruges, plus connu sous le nom de couvent des dames anglaises.

Les opinions peu tolérantes de l’Angleterre envers le

(1) L’Angleterre expia, veri la fin da dernier liècle , ion ancienne intolérance. Elle accueillit généreuiement un nombre coniidérabhk de prétrea et autre* émigré* français , auxquel* le parlement et 1a bien* faiiance privée procurèrent d'honorables mofeni d'exiiteace.

oatfaoHcisrae , enlevèrent aux fami11e« catholiques les facilités nécessaires pour faire donner à leurs enfants une éducation et une instruction conformes à leurs principes réligicux. Elles furent obligées de les envoyer sur le continent, qui vit par là s’ériger un grand nombre de collèges et de pensionnats anglais. Les dames de cette nation, établies à Bruges, se vouèrent de leur côté à l’éducation de leurs compatriotes, et permirent que les places laissées vacantes par les demoiselles anglaises, fussent remplies par des jeunes personnes de la Belgique. Cette règle est encore suivie aujourd’hui (1). Comme nous l’avons dit, l’intolérance s’étant déplacée vers la fin du dernier siècle, les dames anglaises de Bruges se réfugièrent en Angleterre, au comme ucement des fureurs libérales de la république française. Sire Thomas Gage leur offrit son château de Hengrave-Hall dans le comté de Suffolk.

La convention nationale , qui ne respectait pas la vie , respectait moins encore la propriété. Elle fit vendre le souvent des dames de Bruges, durant leur absence. La paix momentanée que fit naître le traité d’Amiens , leur permit de racheter cet asile où elles vinrent de nouveau ■s’établir.

Nous donnerons ici la mention de quelques couvents anglais qui, à la révolution française, ont été refoulés en Angleterre, où ils sont restés. Il y a aussi des couvents d’hommes qui ont subi le meme sort. L’Espagne , le Por-

(1) La ville de Bruges renfermait jadis un autre couvent de Dames anglaises de l’ordre de saint François. Il était situé au Princenhof. -On n’en voit plus aujourd'hui aucune trace. Ces dames , qui tenaient aussi un pensionnat , ont actuellement un couvent dans le $omersitshira.

tugal , l'Italie , l’Autriche , tous les ëtats catholiques out accordé ccttc rnême hospitalité à plusieurs autres communautés religieuses des deux sexes ; mais ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans des détails à ce sujet.

1 OSSlGXATIOa N DRS ,

1 COrVESTS.

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OU ILS ÉTAIENT ÉTABLIS ■N BELOIQUl.

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EX ARGLETEREE.

d'Augustins, de Carmélitea, de Béiiédiclinct, de Dominicains, 1 de Bénédictines, 1 de Carmélites,

1 dePranciscaines, 1 du St-Sépulcre,

à Louvain, à Lierre, à Gand.

à Bruxelles, à Bruxelles, à Uoogstraete. à Bruges, à Liège.

Spitesbury Dorsetshire.

Cockenhall près de Durham.

Caverswall-Castle , StafTordshire.

Hartpury-Court, près Glocester.

'Winchester.

Conford, Dorsetshire.

Taunton Somersetshire.

Newhall, Essex.

Le couvent des Dames anglaises à Bruges renferme plusieurs beaux tableaux de bons maîtres, entr’autres un Reniement de saint Pierre, par Seghers; le Tu es ilia vir, du prophète Natan à David, par Velasquez de Sylva; la Bénédiction d’Isaac, par Jourdaens; une Vision de l’histoire ascétique , par le Parmesan ; la Nativité de notre Sauveur, par Van Baelen; le Christ descendu de la croùe et entouré des saintes femmes, par le Tintoret; une copie d’Ânnibal Carrache, par Ducq; un Teniers, un Sasso Ferato, un VanOost, etc. etc. Parmi les tableaux mordernes, on. distingue la Mort de saint Augustin, peint par Ch. Picqué, tableau qu’on a admiré à la dernière exposition publique des beaux-arts à Bruges.

En 1736, le couvent anglais fit jeter les fondements de sa belle église , dont la construction ne fut achevée qu’en 1739. L'ordre de l’architecture est corinthien. La

partiti sdparëe du sanctuaire forme un octogone qui ést sarmontc d’une coupole supportée par huit colonnes cannelées, et par quatre arcades à plein cintre, ornées de rosaces et autres ornements. La voûte du sanctuaire présente de jolies arabesques.

Cette église renferme un des plus remarquables monuments en sculpture moderne qu’on rencontre en Belgique. C’est l’autel, composé de vingt-deux morceaux de marbres rares d’Egypte et de Perse, dont quelques-uns ne se trouvent plus. Les quatre colonnes autour du sanctuaire ■ont en pierre d’agathe, travaillée en mosaïqüe. Cet autel fut construit à Rome. Les Romains virent partir ce bel ouvrage à regret, le considérant un objet d’art dont leur ville seule était digne.

Dès qu’il fut placé à Bruges, il excita tellement l’admiration, que, la foule des visiteurs augmentant chaque jour, on fut obligé de charger exclusivement une sœur * converse de leur réception. Il n’y a peut-être pas de cabinet en Belgique , où l’on rencontrerait autant d’espèces de marbres curieux. Les grillages qui séparent l’enceinte réservée pour les dames, sont d’un travail léger et gracieux.

M. Picqué, de Bruxelles, que nous avons cité toutà-l’heure , est chargé d’orner le dôme de l’église de cinq tableaux en grisailles , représentant autant de sujets tirés de la vie de saint Augustin. Les quatre losanges au-dessus de la colonnade de l’église , seront aussi décorées en grisailles par le même peintre , et représenteront les quatre évangélistes. Les reliefs du sanctuaire doivent être dorés.

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