‹ Chronique de la ligue dans la Basse-AuvergneChapitre 18 sur 24 · DANS UL BASSE AITE&GNS I · texte numérisé non relu

DANS UL BASSE AITE&GNS I

•Ella- se vautrait en Messaline dans des amours dégradantes. Après les cadets de Gascogne du château de Cari art, il lui avait saoulé tâter des muletiers dWuyergrxjB, D*Aubiac à Date et Pominv, en passant par CIiaxi.^v^alloD, Duras, Saint-Vincent et autres, la liste sera.it; longue des favoris qui se succédèrent dans ses tonnes grâces. C'était ce que Dupleix appelle <« de nau^v^ sises habitudes. >>

IL«es éloges d'Hilarion, le religieux Minime, etd^Ârnalt, le x'eligicux de Sainte-Croix, tiennent sans doute à ce qu^elle alliait au libertinage le plus éhonté une charité inépvaisable. Elle entretenait cent onzepauvres, faisait de i^iohes aumônes aux couvents et monastères, entendait^ chaque jour trois messes, communiait trois fois P^i* semaine, « ce qui couvre multitude de péchés. » ^^uoi qu'il en soit, son geôlier, le marquis de C^ï^xxllaCr devint bien vite amoureux de sa prisonnière. '^ l^cnsait avoir triomphé d'elle, et la seule vue de * ^y oire dé son bras triompha de lui, SLbien que, dès lor^^^ il fut captif à son tour. « Amour l'admonestait ^^it et jour et tellement lui représentait la beauté et ^^ firisque arroi d'elle qu'il ne s'en savait conseiller e t ^^*y faisait que penser toujours. » Sa jalousie était si Scande, qu'il fit. instruire le procès d'Aubiac et le fit l^endre et étrangler à Aigueperse, ne lui laissant, ^omme suprême cotisolation, que la faveur de baiser, ^n marchant au supplice, un manchon de velours raz bleu (^ui avait appartenu à sa maîtresse.

Cependant, bien que Margot aimât beaucoup à voir « approcher de son râtelier, ores l'un, ores l'autre », elle laissa Canillac faire les doux yeux et sut aiguillonner, par des refus calculés, Tappétit du gouverneur.

« Bien que sa prison ne craignit que le ciel, que le soleil n'y pût pénétrer par force et que sa triple enceinte méprisât les efforts des flots et des vagues, la nécessité toutefois y entra et l'obligea à engager ses pierreries, à fondre sa vaisselle, n'ayant de libre

que l'air » et le cœur. Le besoin d'argent la livra.

à Canillac.

Canillac la mist donc au montoir par la famine. Il succéda à Henri de Béarn comme Henri de Béarn devait succéder àPharamond. La fine mouche se conduisit avec une rouerie inimaginable. Elle le pipa et l'affola par toutes sortes d'artifices. Le lévrier rampant colleté d'or qui figurait dans ses armes, était bien l'image du pauvre gouverneur, filant aux pieds de cette nouvelle Omphale. Il en vint à chanter avec elle la mort d'Aubiac en plaintive élégie. Dans les bras l'un de l'autre, le pauvre Atys et sa souvenance leur mettaient la larme à l'œil. L'aveuglement de Canillac devint bientôt si confiant, qu'il consentit, sous une caresse, au retrait de la garnison et à son remplacement par des soldats à la solde et aux ordres de sa maîtresse.

« Après avoir séduit son Argus, raconte d'Aubigné, Margot s'en moqua. Elle lui fit croire qu'elle

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l*aimait, qa*elle TouUit loi fidre do bien, loi donna

son hôtel de Navarre à Paris et nne terre de deux

mille livres dans son dacké de Valois, près de Senlis*

Elle expédia une donation en bonne forme a M. Hen*

nequin, président en la conr de Parlement « mais avec

une contre-lettre lai disant de n'en rien faire. Et pen*

dant qae Canillac en poursuivait Tenregistroment»

elle feignit d*aimer sa femme, la para an jour de tous

ses bijoax, lui aidant à s'en enjoliver en disant : « Ah !

que cela voas sied bien ! que vous êtes belle ! M** la

marquise. » Et dès que son mari eût le dos tourné*

elle la dépouilla de ses jojaux, se moqua d*elle et la

x^envoja comme une petcuse avec tous ses gardes.

« Une fois maîtresse, la châtelaine envoya son facile marquis à Saint-Cirgues, cueillir ses pommes ; lequel, bien esbahi d*une telle surprise et ruse minutaire, se trouva bête et servit d^ risée. »

Quelques jours avant la bataille de Cros-Rolland,

JMarguerite avait établi au commandement du château ,

a la place de Canillac, François Villot de Boisluisant,

gentilhomme bourguignon, qui l'avait accompagnée*

Xieu sait et toute la France le bon temps et les scènes

de TArétin qui se passèrent depuis lors sur ce rocher

d*Usson, où elle établit Tempire de ses délices.

Canillac était donc dans une fausse situation au moment où il fut proclamé chef de la Ligue. Mais lo

ridicule dont il s*était couvert, ne Tempéchait d*avoir une grande autorité dans la province et cl^^^^ le représentant d'une famille illustre sur laquelle ■ Ligue, c*est-à dire TEglise, avait d'autant plu^ ^ propension à s'appuyer, qu'elle comptait dans sa lig*!;^^ depuis le XIV^ siècle, un évéque, un éardinal et d^nx papes : Grégoire XI et Clément VI.

Le nouveau gouverneur prit, dès son avènement, mm i^^ contenance impérieuse et affecta avec l'élément ci ^î^ une rudesse de dictateur. Cela plaisait aux troupes <^^ les officiers augurèrent favorablement de cette supei^^^ ^ attitude. Mais peu s'en fallut que son entrée en fo lions ne fût marquée par une catastrophe. Elle le du moins par une tragédie.

D'Allègre qui, seul, après la journée de Rolland, avait conservé son sang-froid, s'était que le premier moment dQ confusion devait être plus favorable pour tenter une entreprise contre Rio Il avait dépêché dans ce but un de ses bas officie le sieur de Laforce, qui, depuis la disparition de fille Colette, avait voué aux Ligueurs une hai féroce.

Laforce était un vétéran de l'aventure, à l'œil d' seau de proie, à la face jaune de bile, au masq cupide et rusé, avec un nez rubissé comme un pa pre en automne et de longues moustaches fauves, t dues en vrilles de sarment. A la faveur du désor et du relâchement de surveillance, occasionnés par

funérailles de Randan, il parvint à s'introduire dans la ville avec quelques agents royalistes déguisés. Malheureusement pour lui et pour eux, de trop copieuses libations, qui lui étaient d'ailleurs habituelles, firent avorter, dans leur germe, les tentatives d'embauchage et les dispositions du complot.

Une escouade du guet, attirée par le bruit d'une rixe engagée dans une taverne, mit la main sur le principal instigateur du tapage et l'emmena au corps de garde. Laforce, car c'était lui, se plaignit en termes équivoques de la violence qui lui était faite. Sa langue, brouillée par les fumées de l'ivresse, s'égara en paroles si étranges , en révélations si compromett;antes, qu'on le conduisit devant le gouverneur.

CanillaCx simulant la plus entière liberté d'esprit «t la gaieté la plus cordiale, n'eut pas de peine à avoir raison d'un cerveau déjà échauffé. Il écouta avec intérêt les plaintes que renouvelait l'imprudent émissaire, feignit de partager son indignation contre le guet, qu'il promit de consigner après l'avoir taxé d'une forte amende, en réparation de l'offense faite à un brave soldat.

Cet accueil bienveillant, cette générQsité inattendue, produisirent une sensation si vive sur Laforce, qu'il se jeta en chancelant aux pieds du marquis ejb lui raconta que des Riomois de l'Union avaient retiré chez eux quatre soldats royalistes qui devaient, aidés de plusieurs conjurés, forcer la garde des portes et

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s*em parer de la cité. Il ajouta même qu'il s*était chargé, moyennant la promesse de cinq cents écus que lui avait faite d*Allègre, de poignarder, de complicité avec ses quatre archers, le prévôt et un suisse, révéque de La Rochefoucauld et le gouverneur luimême tout le premier.

Cette déclaration épouvanta Canillac, qui man aussitôt les officiers municipaux devant lesquels Laforce consentit à réitérer ses aveux. Des perqui tiens furent immédiatement opérées. Les qua archers et le suisse, saisis et reconnus coupabl furent sur Theure étranglés dans une salle basse rhôtel. Ensuite on porta leurs cadavres sur la plw^^-......^ ^

où l'exécuteur des hautes œuvres les pendit par

pied, comme on faisait anx traîtres. ^

Laforce obtint sa grâce pour prix de ses rév^^ ^ tions.

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