‹ Chronique de la PucelleChapitre 17 sur 66 · septemb.] CHRONIQUE NORMANDE · texte numérisé non relu

septemb.] CHRONIQUE NORMANDE

tenir la ville en subjection. Les qiiicx ne le purent soufrir, et quant il virent qu'ilz ne povoient avoir nulles bonnes conclusionz à tenir la ville en subjection, se partirent de Paris et s'en alèrent à Melcum , où la roync estoit, avec grant quantité de grants seigneurs qui se disoient du costé du roy. Et là firent leur apointement comme il acompliroicnt leur fait des dcsfialles * dessus dictes. Et de là se partirent et s'en allèrent en Beauvoisin en leur fortereschcs, où leur genz estoient, qui estoient passez Saine comme devant est diz. Et quant il furent touz assemblés, se trouvèrent de 10 à 12,000 gens d'armes pour courre sus à M. de Bourgongne.

Si lairon à parler d'eulz et retourncron à parler du duc de Bourgongne propre ^.

Chap. 17. Mouvements du duc de Bourgogne.

Le duc de Bourgongne et compte de Flandres , est en sa compté dessus dicte et se voit dcffié et se pourvoit de gens d'armes à se deffendre de ses ancmis ; tant de nobles comme de communes. Si est de commun en Flandres que quant leur seigneur a besongnes contre un autre priuchc, il le doivent servir de certaine quantité de genz d'armes à leur despenz par l'espace de 40 jours, et depuis le jour qu'il partirent de leurs villes ilz n'y rentreront jusques à tant que les 40 jours seront accomplis , et que le dit duc de Bourgongne ne voulloit pas que ses anemis lui venissent essilicï ne gâter sa terre, il assembla tant de genz d'armes, de nobles et de communz, que c'estoit grant merveille. Et yssi de Flandres au moys de septembre 1411 et s'en vinst logier à une abbaïe nommée le Mont -Didier, et entour et environ par les chanz ; et là fu cinq jours pour attendre chex qu'il avoient

' Défiailles , défiances (défi).

^ Lui-même.

412 P. COCHON. [1411 octobre

defûé , car il estoit deffenseur et ne les devoit pas assaillir. Et quant il vit qu'ilz ne le venoient asaillir et que ses communz avoient seri^y et acompli leur quarantaie i, demandèrent congié et qui les eraenast en leur païs à sauveté. Et il si fist 2, et ses adversaires disoient qu'il s'en estoit fuy •^. Et cela fait, s'en retourna à Arras, et là refist garnison de genz d'armes grant quantité pour retourner en France quant temps et leu ^ seroit. Or retournon à parler de ses adversaires.

Ghap. 18. Les Orléanais sous les murs de Paris. Prise du pont de Saint-Cloud.

Or sont les enfanz d'Orléanz et leurs aliés en leurs terres et forteresches de Beauvoisin, et ourent congnoissance que leur adversaire de Bourgongne estoit si fort et qu'il refesoit aliauchcs contre, et que les passagez de la rivière d'Aise estoient gardez qu'ilz ne rapassassent , il firent faire carpenter un pont de bost 5, de cordes et de clayes et passèrent Aise jeudi premier jour d'octobre ensuivant 1411 , et s'en vindrent logier entre Sainct- Denis et Paris , à Montmartre et à la noble maison de Saiact-Ouain^, et venoient tous les jours escarmoucher à la porte de Paris en disant : a issiés truanz, bourgois, bouchiez, tripiers, tt et assés de villanieez" dont tout le peuple du royaume estoit bien esbahis comme ilz osoient ce faire.

' Quarantaine , ils.

^ Et ille sic fecit; et il fît ainsi.

•'' Voyez ci-dessus Geste des nobles, p. 36, et le chap. 114.

* Lieu.

5 Bois.

^ Cette maison , si je ne me trompe, est la même qui appartint à la reine Isabelle de Bavière , et qui fut léguée par cette princesse à l'abbaye de Saint-Denis. Voyez mon édition de Jean Chartier. t. I, p. 210.

' Vilenies, injures.

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