DOMINATION IMMÉDIATE DE LA MAISON DE SAVOIE
Jeanne, dame de Cossonay, mourut sans postérité, laissant (par son testament du 6 avril 1405) sa riche succession au sire Jean de Rougemont, son mari. On a vu, dans la première partie de cet ouvrage, qu’elle lui fut disputée par plusieurs prétendants et que le sire de Varembon (Guy de la Palud), auquel une prononciation amiable du conseil du comte de Savoie avait adjugé la moitié des seigneuries de Cossonay et de l'Isle, la vendit au comte Amédée VIII de Savoie (1412, 6 octobre). Ce prince, qui réclamait ces deux seigneuries à cause de l’extinction de la maison de Cossonay (à raison de la vacance du fief), n’avait pas attendu cette vente pour en prendre possession, ainsi que le prouve une supplication que des nobles et bourgeois de notre ville lui adressèrent, tendant à ce que le village de Gollion (proche de Cossonay), que le sire Louis (IT) de Cossonay avait annexé à la châtellenie de l'Isle, à raison de l’assignation de la dot
LA
de Louise de Montbéliard, sa mère Ÿ, fût de nouveau incorporé à celle de Cossonay, dont il faisait auparavant partie, motivant cette demande sur la proximité des deux endroits et la circonstance que plusieurs nobles et bourgeois de Cossonay, ayant à Gollion des hommes et des possessions, il leur était pénible que la justice de ce village fût rendue à l'Isle *?. Le comte Amédée, prenant cette supplication en considération, ordonna à son châtelain de Cossonay (soit au lieutenant de celui-ci), à la date du 28 nov. 1409 ”, que Gollion fit partie à l'avenir du gouvernement et de la jurisdiction de Cossonay, quoique pendant un certain temps ce village eût été sous le régime et le gouvernement de la châtellenie de l'Isle.
Déjà, en 1406, le comte Amédée s'était empressé d’accorder, par lettres patentes du 23 avril, à la ville et à la châtellenie de Cossonay, sur leur requête, sa sauve-garde et protection contre tous, moyennant la cense perpétuelle de trois florins, payables entre les mains de son châtelain de Moudon.
Les droits du sire Jean de Rougemont ne furent pas liquidés de son vivant. Il a été rapporté que Thiébaut de Rougemont, archevêque de Besançon, son frère et son héritier, disputa la seigneurie de Cossenay au due Amédée”, et que Guillaume de Challant, évêque de Lausanne, arbitre de leur
#8 Qui lavait possédé sa vie durant, ainsi que la seigneurie de l'Isle,
# On voit par là que la châtellenie de l'Isle était distincte de celle de Cossonay.
9 L'ordre du comte Amédée est daté de Thonon.
% Dans l'intervalle (1416, -19 février), Amédée de Savoie avait été revêlu de la dignité ducale par l’empereur Sigismond.
différend , l’'adjugea au duc (1421), moyennant une indemnité pécuniaire à l'archevêque ”.
Cossonay passa donc à la maison de Savoie. Si l’extinction de ses seigneurs naturels fut une perte pour notre ville, qui, peut-être, avait été fondée par eux, qu’ils avaient dotée de franchises étendues et dans laquelle ils résidaient *”, il lui fut avantageux, d’un autre côté, d'être réunie au domaine du souverain du pays. Par là, elle monta en dignité, si l’on peut employer cette expression, et de médiate devint immédiate, ce qui lui procura séance, dans le même siècle, aux Etats de la patrie de Vaud, avec les autres. bonnes villes du pays”.
Mais avec les princes de Savoie arriva aussi, pour notre ville, la charge des dons gratuits et nous en trouvons promptement un premier exemple. La communauté de Cossonay ayant accordé à son très-redouté seigneur, le comte Amédée,
% Guichenon, qui rapporte celte circonstance, n’indique pas quelle somme le duc paya à larchevêque.
% Nous pensons qu’en cessant d’être la résidence d’une famille puissante et presque princière de dynastes, Cossonay déchut sous le rapport matériel: de là, peut-être, cette diminution de population que plusieurs actes semblent révéler. « Cossonay, dit Jean de Muller (trad. Monnard, IV, p. 25) est resté jusqu’à ce jour au-dessous de l'antique gloire de son nom. »
% C'est-à-dire les villes dotées de franchises, qui appartenaient au domaine du prince. Selon l’auteur des Recherches historiques sur les anciennes assemblées des Etats du pays de Vaud, on appelait bonnes villes toutes celles qui étaient affranchies de subsides réguliers ou arbitraires. Ce n’est que depuis la conquête du pays par Berne, et principalement dès le XVII siècle, que Pusage s’est établi d'appeler exclusivement bonnes villes celles de Moudon, Yverdon, Morges et Nyon.
un don de cent et soixante florins d’or, en subvention de la guerre qu’il devait soutenir contre les Bernoïs, leva, à cette Occasion, une imposition dans la seigneurie, et les prud’hommes de Cottens furent taxés, pour la part de ce village, à quatre livres lausannoïses: mais ceux-ci, tout en reconnaissant l’obligation qu'ils avaient de contribuer à la fortification de la ville, nièrent celle de devoir payer leur part des dons qu’elle accordait. Ainsi que cela se pratiquait fréquemment au moyen-âge, les parties recoururent à un arbitrage. Le donzel Guyonnet de Daillens, choisi par elles pour compositeur amiable, ayant accepté le fardeau de ce compromis, prononça (1410, 8 sept.), après mûre délibération tenue avec leurs amis: 1° que les hommes de Cottens et leurs successeurs ne seraient dorénavant tenus de contribuer-aux dons de la communauté de Cossonay au seigneur du lieu, que si, appelés à l'octroi de ces dons, ils y avaient donné leur assentiment ; 20 que ces mêmes hommes étant des ressort, contribution et forüufication de Cossonay, étaient tenus, comme les autres habitants du ressort et de la châtellenie , de terrailler (faire les fossés), fortifier, veiller et payer Ÿ dans cette ville. Cette sentence fut ratifiée par les parties, par un certain nombre de nobles et de bourgeois de Cossonay ” qui avaient consenti à l’arbitrage du donzel de Daillens, ainsi que par le donzel Antoine de Châtillon (sousseigneur de Cottens), qui y avait autorisé les prud’hommes
% Avec pouvoir de prononcer sur le débat.
9% C'est-à-dire de payer leur part des ouvrages qui concernaient la fortification de la ville,
°T Par le prieur frère Pierre de Villars, les donzels Jean de Mollens, Jean de Sunarclens et Amédée de Lucinge et cinq bourgeois, vraisemblablement les conseillers des sindics. Plusieurs autres bourgeois
de Cottens. — Le premier point de la prononciation doit être remarqué en ce qu’il témoigne d’un vra: respect pour les formes constitutionnelles. Il établit le principe que les dons gratuits que faisait la communauté de Cossonay devaient être accordés aussi par les représentants des diverses localités de la seigneurie.
Ce premier don gratuit fut bientôt suivi d’un second , de cent florins (de petit poids), accordé par notre ville et sa chàtellenie, en 14153, au comte Amédée, à l’occasion du voyage qu'il se proposait de faire ( Dieu aidant) de l’autre côté des monts. La quittance de ce prince Ÿ est accompagnée d’un acte de non-préjudice, ce don étant fait de grâce spéciale.
Notre communauté avait alors l'habitude d’affermer annuellement l’ohmgeld et le froment des veilles *”, ses deux meilleurs revenus. Le donzel Jean de Mollens reconnaît, en 1407 (24 avril), lui devoir cent et quarante florins, de quatorze sols chacun, pour l’amodiation d’une année du lonouelt et des oboles ‘® de la ville et de la communauté, et promet, sous caution, de les payer en quatre termes (après la fête de Ste-Madelaine, à l’octave de la St-Michel, à Noël
(non nommés) approuvèrent également. Le sindic était alors Pierre Golli ou Gollie, d’une famille qui existe encore à Payerne sous le nom de Golliez.
%8 Datée de Chambéri, du 8 juin, et signée par le trésorier général de Savoie,
% Voir, au sujet de l’ohmgeld et de la guette ou du froment des veilles, la première partie de cet ouvrage , page 89, note 269. L’ohmgeld s’affermait pour une somme de deniers et la guette pour une certaine quantilé de froment.
100 4 Ex causa amodiationis seu emptionis lingelli el obolorum ville et communitatis de Cossonay.» C’est la seule fois qu’il soit question de ce tribut des oboles. On ignore en quoi il consistait.
à Pâques). Le bourgeois Nicolet Neir amodia ce même longuelt, en 1412, pour cent florins d’or (de 14 sols chacun “) ; il devait le recouvrer de la manière accoutumée, el le sindic de la ville obtenir du châtelain Jean de Senarelens qu'il fit incontinent proclamer “®, sur la place et dans les carrefours (angulis) de la ville où il était d'usage de faire semblable publication, que, sous le ban de soixante sols au seigneur “®, tout habitant de la ville ou de la châtellenie voulant vendre vin en taverne, füt tenu, avant tout, de faire marquer et étalonner, par Neir, les tonneaux du vin qu’il se proposait de débiter “”. — Quant au froment des veilles, notre communauté Pafferma, en 1408 (24 avril), pour quinze muids de froment (à la mesure de Cossonay) et, en 1424, pour quinze muids et deux coupes; ainsi pour une quantité moindre qu’en 1392.
Les sindies de notre ville restaient alors deux années en charge. Lorsqu'ils en sortaient, ils rendaient à leurs successeurs et au conseil les comptes de leur administration “®, Le
10 L’amodiation devait commencer le jour de la prochaine fête de St-Georges.
12% Par le crieur général de la ville.
10 La preuve légitime de ce ban élant faite auparavant de la manière accoutumée (per consuelos).
* « Sigillare et randare seu seyla et randa dolium vel dolia, » etc.
1% Les archives de notre communauté contiennent un document du 5 août 1410, par lequel le sindic Pierre Golli, frère Pierre de Villars, prieur de Cossonay, les donzels Aymon, bâtard de Cossonay, et Amédée de Lucinge, et dix bourgeois (formant, pensons-nous, le conseil), déclarent qu’au nom de la communauté ils ont reçu les comptes de ce que les sindics Nicolet Neir, clerc, et Nicolet Vuastel, ont percu et livré, depuis le dimanche des Bordes de l’année 1408 jusqu’au 28 mars 1410, tant des censes, rentes et autres revenus de
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premier sindic était le boursier de la communauté; le cercle de ses attributions et de son activité était bien plus étendu que celui de son collègue qui le suppléait dans l’occasion. On aurait pu appeler l’un le grand et l’autre le petit sindic.
Ï était de rigueur que le nouveau seignéur de Cossonay confirmât les franchises de la ville et de la châtellenie. Sur ’humble requête qu'ils lui en adressèrent, le comte Amédée, voulant suivre l’exemple louable de la feue dame de Cossonay, confirma et concéda de nouveau (1414, 11 sept.) aux nobles, bourgeois et habitants *Ÿ de la ville et de la châtellenie de Cossonay et de l’Isle les franchises, libertés et coutumes qui leur avaient été octroyées en 1398 “??, y apportant néanmoins quelques modifications‘; le tout selon le nou-
la communauté que d’une imposition levée dans la seigneurie de Cossonay au sujet de cent écus d’or concédés à leur très-cher et trèsredouté seigneur le comte de Savoie et de la forlification de la ville ; et que, selon ces comptes rendus par le prénommé Neir, celui-ci reste devoir 58 livres lausannoises et 2 muids et 8 coupes de froment. L’ex-sindic prend l’engagement, sous le cautionnement de son collègue, d’acquitter sa dette à la première réquisition de la communauté. Enfin les donzels Jean de Mollens et Georges Marchiand et le bourgeois Jean Macri, en plein certifiés des droits de la communauté, approuvent le fout et en reconnaissent la vérité, déclarant que cela a été fait de leur consentement. Nous pensons, à l'égard de ces derniers, qu’étant du nombre des conseillers des sindics ils avaient été particulièrement chargés de l’examen des comptes des ex-sindics. Avaient-ils peut-être, de la communauté, la mission de surveiller ses dépenses et revenus ?
106 « Incolis et habitaloribus. »
107 C'est-à-dire à ceux de la ville et de la châtellenie de Cossonay.
108 Ces modifications ont déjà été indiquées en note. La coutume de Moudon est introduite pour quelques-unes des dispositions du code; pour d’autres c'est celle de Lausanne, el pour lune d’elles (la
veau code qu'il leur en donna “®. — Remarquons le fait nouveau de l’extension de ces franchises aux habitants de l'Isle, dont il n’est point parlé dans la charte précédente. Cest que la maison de Savoie, à laquelle les deux châtellenies voisi- nes de Cossonay et de l'Isle étaient parvenues (après l’extinction de la maison de Cossonay), les réunissait volontiers lorsqu'il s'agissait de mesures émanant du gouvernement ; elles paraissent aussi n’avoir eu qu’un seul et même châtelain “°. Toutefois, plus tard, les habitants de l'Isle voulurent avoir des franchises particulières, que, sur leur requête, le même duc Amédée leur concéda (14314, 2 juin) *”.
Le passage de Sigismond, roi des Romains, dans les Etats du comte Amédée, fut l’occasion d’un nouveau don gratuit, de quatre cents florins (de bon poids), que ses justiciables des
provocation au combat judiciaire), la coutume de Morges est substituée à celle de Lausanne. Une disposition nouvelle est celle qui oblige toute personne des châtellenies de Cossonay et de lIsle de porter en premier lieu, au marché de la ville de Cossonay, tout ce qu’elle voudra vendre, et cela sous le ban de dix sols au seigneur.
109 Les intéressés payèrent au comte Amédée deux cents florins pour celte concession, dont la charte, datée de Genève, est signée par le marquis de Saluces, le chancelier (G. Marchand), le maréchal (G. de Montmayeur), le trésorier général (Guig. Maréchal) de Savoie , et par trois autres conseillers du comte, et scellée du grand sceau (équestre) de Savoie (en cire verte).
M0 Et parfois n’avoir formé qu’une seule châtellenie. Nous ne tarderons pas à voir l’établissement d’un même mestira! pour Cossonay et l’Isle.
1 Elles sont semblables, à quelques modifications près, à celles que Jeanne, dame de Cossonay, avait concédées à la ville et à la châtellenie de ce nom. Le duc reçut 40 florins pour cette concession (Arch. cant. tit. du baïll, de Morges, coté n° 47 ).
seigneuries de Cossonay et de PIsle ‘ lui accordèrent en 1414 (41 sept.) “. En conséquence, le comte ordonna à son châtelain *" de les contraindre, chacun pour sa part, au paiement de la somme gracieusement accordée.
Les nobles et les bourgeois de Morges et de Cossonay présentèrent au duc Amédée, en 1417, une réclamation qui nous montre combien ces villes avaient l’œil ouvert sur le maintien de leurs franchises. Elles exposèrent à l'excellence du prince que Jean douz Turrel, leur bourgeois , avait, en opposition aux coutumes du lieu et du pays, été incarcéré aux prisons d’Echallens, sans clame ni connaissance, et cela sur l'accusation d’un individu qui avait déjà inculpé plusieurs personnes à l’occasion d’une perte d'argent; que douz Turrel, homme de probité et de bonne réputation, n’aurait pas dû être emprisonné sur pure supposition ; que le baillif de Vaud, requis de le mettre en liberté, s’y était refusé,
1 « Diletti fideles burgenses et incole singularesque persone locorum nostrorum de Cossonay et de Insule et mandamenti eorumdem super quibus juriditionem habemus, » ainsi s'exprime le comte Amédée dans l’ordre qu’il adresse à son châtelain d’exiger le paiement de la somme concédée. Ici le terme de mandement signifie évidemment châtellenie, c’est là sa signification la plus générale. Dans d’autres circonstances , il veut dire ressort, selon que nous l’avons déjà remarqué ; et enfin, dans d’autres encore, il exprime tout à la fois la châtellenie et le ressort ou toute la seigneurie, dans laquelle le seigneur Mmantde ou ordonne.
5° À Ja même date que celle de la confirmation des franchises.
4° Castellano nostro dictorum locorum; » il n’y avait donc alors qu’un seul châtelain pour les deux châtellenies.
5 Notre communauté avait acquis du même douz Turrel, en 1414, une maison située au château de Cossonay, pour 27 livres lausannoises.
prétextant un ordre spécial du due, ce qu’on ne croyait point, révérence parlée, parce que, selon les coutumes et franchises de la patrie de Vaud, de telles choses ne devaient pas se faire ; et que le baillif, requis de produire cet ordre, l'avait refusé, disant qu’il n’y était pas tenu ; qu’en conséquence , ces villes, recourant à bon droit au duc, le suppliaient ° que douz Turrel fût Libéré, en sorte que les coutumes qu’on avait l'habitude d'observer ne fussent pas blessées, et que, si quelqu'un avait à se plaindre de douz Turrel, justice fût rendue par connaissance (jugement) après qu'il aurait été mis en liberté. — Le duc envoya cette supplication à son baïllif (4417, 24 août), lui ordonnant de lui expliquer ses démarches et leur but et de l’instruire de l’exacte vérité de cette affaire. La suite n’est pas connue.
Quelques comptes de l’époque reculée qui nous occupe ne doivent pas être passés sous silence, à raison de diverses notions qu’on chercherait inutilement dans les chartes.— Et d’abord c’est celui du prêtre Pierre de Lillaz, chargé par les sindics et les conseillers de la ville du paiement des dépenses faites pour la construction du clocher de léglise paroissiale de St-Paul de Cossonay “””. Il commence à Pâques de lPannée 1407 et nous montre le prix de la main d'œuvre, des matériaux employés, du fer ouvré, des cordes, ete. !#.
M6 En considérant que les choses rapportées et beaucoup d’autres encore redondaient à l’énervation de tout le pays et à son préjudice, et aussi que douz Turrel n’était détenu ni par clame, ni par jugement, ni à aucun juste titre.
#7 Le prêtre Pierre de Lillaz y prend le litre de rector seu magister operis campanilis (chef de la fabrique du clocher).
18 Les pierres employées furent extraites en partie des carrières d’Aclens el de Valussard ct le bois de construction fut acheté dElien-
If
On y voit que le châtelain de Cossonay, le prieur et le donzel Jean de Mollens donnent des ordres pour cette construction et fournissent de l'argent”. Par son style gothique, le beau clocher de notre église rappelle bien l’époque où il a été bàti. Il en remplaça certainement un plus ancien. Le chœur de l’église, aussi gothique, date probablement du même temps. Quant au reste de l'édifice, nous le croyons beaucoup plus ancien, ce dont témoignent, selon nous, ses lourdes colonnes et ses arcades à plein cintre, en dépit des nombreuses réparations et des badigeons qu’il a subis. L'église de St-Paul était tout à la fois celle du prieuré et Péglise paroissiale de la ville. Son entretien était à la charge de Ha paroisse, qui levait, dans Poccasion, des gietes soit impositions pour y subvenir. Les concessions de sépulture dans l'église émanaient du prieuré.
Nous passons à deux comptes, de 4413 et 1414, des revenus et dépenses de la confrérie du St-Esprit de Cosso-
net de Chabie (probablement à l’Isle). Citons quelques articles de ce compte : 6 sols pour 2 pelles de fer ; 6 deniers pour une livre de cordes ; 4 sols et 6 deniers pour quatre crampons de fer pesant 6 Hivres ; 7 sols pour deux milliers de clavins ; 15 livres {4 sols et 6 deniers pour trente sept journées de trois tailleurs de pierre ; 10 livres et 16 sols pour vingt-quatre journées de charrois (d’un char) de sable et de pierres ; 105 sols pour septante journées pour extraire du sable, des pierres, etc. ; 3 sols pour une journée de deux personnes : 42 sols et 10 deniers pour onze journées dans la carriere d’Aclens ; 4 sols pour dix lans, etc. La livre de fer ouvré coûte 9 deniers. II y avait, à la date du 15 sept. 1407, une horloge au clocher. Un orféèvre (aurifaber) était alors établi à Cossonay.
#9 La plupart des paiements se font par ordre des deux derniers et du donzel Guyonnet de Daillens.
nay ‘. On sait que les confréries, très-nombreuses dans notre pays, étaient des associations moitié civiles et moitié religieuses, ayant pour but des œuvres de bienfaisance *”. Ces comptes témoignent que les revenus de celle de Cossonay, Consislant principalement en grains, étaient considérables. Trente confrères livraient alors annuellement cinq muids et cinq coupes de froment, dont un muid était livré - par le sire de Cossonay ‘**. Les autres censes et rentes s’élevaient approximativement à vingt-deux muids de froment'*, outre celles en deniers”. Le froment s’employait en ma-
12 Le premier compte est rendu par le receveur de la confrérie (Pierre de Lillaz, clerc et chapelain , sans doute celui dont il vient d’être parlé) aux sindics de la communauté, aussi recteurs de la confrérie. Le second l’est par ces mêmes recteurs aux sindics, leurs successeurs , devenus à leur tour recteurs de la confrérie. Celle-ci parait donc avoir été sous la protection et la surveillance particulière de la communauté, puisqu'elle avait les sindics pour recteurs.
1% Ces œuvres avaient principalement les confrères pour objet ; des services religieux étaient célébrés pour le salut des ames de ceux qui ne vivaient plus.
2 Des autres confrères, Nicolet d’Oulens, Elienne de Disy, Rollin de Villar, Mermet Alamant, Amédée de Lucinge et Nicod de Sunarclens livraient, chacun, deux coupes.
15 Au nombre de ceux qui payaient des censes et rentes, on remarque les hoirs du chevalier Jean de Disy pour un muid de froment, Jean de Bettens aussi pour un muid, Jean de Conay pour six coupes, le bâtard Aymon de Cossonay et sa femme pour trois coupes et Jean de Mont pour une coupe.
12% Dans le premier compte, les deniers reçus s'élèvent à 7 livres et 5 deniers, dont 100 sols provenant de la vente de demi-muid du vin de la confrérie. Dans le second, ils forment la somme de 8 livres et demie et une fraction. Un muid de froment (soit 24 quarterons) avait été vendu au prix de 16 sols, et deux setiers de vin l'avaient élé pour {#4 sols.
jeure partie à faire du pain pour les pauvres “*. La fête de la confrérie se célébrait le lendemain de la Pentecôte; il y avait messe “*, procession ‘*” et ensuite repas ‘*. Le fermier de l’ohmgeld lui livrait chaque année, d'obligation, six setiers de vin, et le boucher de la ville un mouton ‘*”. Elle possédait une vigne ; la messeillerie de Cossonay et les corvées du faubourg des Chavannes paraissent lui avoir appartenu “*, Cette confrérie était l’objet de nombreuses disposilions pour cause de mort.
Viennent ensuite deux comptes, pour les années 1418 et 1419, du recteur de Phôpital St-Antoine (Pierre de Lilla,
1% S'agit-il des pauvres confrères ou des pauvres en général? En 4415, vingt-trois muids de froment furent livrés « pro dando pauperibus et aliis necessariis faciendis ; » le meunier reçut huit coupes pour les émines, les fourniers reçurent un muid pour cuire le pain, et chacune des quatre femmes aidant à pétrir, deux coupes. En 1414, vingt-quatre muids ct quatre coupes de froment furent donnés à moudre pour la confrérie, etc.
#6 410 sols au chapelain chantant la messe le lundi après la Pentecôte.
#7 h sols pour vin bu en portant la procession.
#8 Des confrères? Nombre d’articles de victuailles figurent dans les comptes, entr’autres: le jour de Pentecôte, 8 sols et 5 deniers pour un mouton pesant 55 livres, et 19 sols pour un veau; 24 sols et 6 deniers pour un bœuf et un veau; 2 sols et 6 deniers pour un fromage et autant pour quatre salagnons de sel, etc.
1% Extentes des reconnaissances en faveur de la confrérie, stipulées en 1655.
0 En 1415, Girard Baddaz paya à la confrérie dix coupes de froment pour la messeillerie, ctun muid, l’année suivante, pour le même objet. — 10 sols « corvatis de Cabanis figurent dans les deniers reçus en 141%.
curé de Penthallaz), rendus aux sindics de la communauté ‘*. Cet hôpital, fondé par les ancêtres du sire Louis (1) de Cossonay, avait été donné par lui (13114, déc.) au prieuré de cet endroit, sous diverses conditions, mais nous croyons que la difficulté de les remplir avait engagé le prieuré à le céder à notre communauté ‘5. L'hôpital St-Antoine, rebâti dans le courant du XIVme siècle “”, avait reçu une augmentation sensible de revenu par le don testamentaire que lui avait fait (1360, penultième sept.) Jaques Besançon, bourgeois de Cossonay, des deux tiers de la portion de la dixme de Penthallaz , qu’il avait acquise du donzel Henry, fils du feu
- 1 Le premier finissant à la St-Michel 1419, quoique déjà rendu le 8 mars précédent aux sindics Ant°. Posioux et Jean d’Oulens, du laud et vouloir des donzels Aymon, bâtard de Cossonay, Amédée de Lucinge, Pierre de Mollens, Pierre de Mont et de plusieurs bourgeois (sans doute les conseillers des sindics). Le second, rendu. le. 2 décembre 1420 aux clercs Nicolet Neyr et Nicolet de Laydessoz, sindies, en présence de Pierre de Mont, de Pierre de Mollens et d’autres.
12 Voir Recherches sur les sires de Cossonay, etc., page 83.
435 Nous ne saurions expliquer d’une autre manière la dépendance où nous trouvons l’hôpital St-Antoine, dans la seconde moitié du XIV®siècle, de la communauté de Cossonay et l'intervention de celle-ci dans ses affaires. 11 a été précédemment remarqué qu’en 1392, les recteurs de cet hôpital avaient livré 40 florins d’or au sindic de la communauté.
15% Jaques Besançon (Bisuncius) léguant, en 1360, la dixme de. Penthallaz à l’hôpital St-Antoine, remarque que celui-ci est édifié à neuf (de novo edificato). Les conditions de la donation de 1514 portaient que le prieur devait construire une chapelle dans l’hôpital et une maison convenable pour exercer l'hospitalité accoutumée, ete. Il est possible que le prieuré eût cédé Phôpital à la communauté pour se soustraire aux obligations imposées.
155 À l'exception de huit coupes de froment léguées par lui à l’église
chevalier Girard de Disy, attachant à cette donation la condition qu'il se fit dans l'hôpital des œuvres de miséricorde, et la révoquant pour le cas contraire "®., En 1402 (6 mars), le prieur frère Pierre de Villars, à la prière du recteur de l’hôpital et des sindics de la ville (agissant au nom de la communauté), leur avait accordé de faire célébrer journellement, à l’autel de St-Antoine de cet hôpital, par un chapelain séculier, une messe, pour le salut des ames de ses bienfaiteurs. Les conseillers des sindics (au nombre de douze ?) et beaucoup de bourgeois et prud'hommes de Cossonay, assemblés au son de la cloche dans l’église paroissiale, avaient approuvé les conditions de cette concession à laquelle les moines du prieuré (au nombre de cinq) et le curé de Cossonay, assemblés en chapitre, selon l'usage, dans l’église du prieuré, avaient de leur côté consenti.— Selon le premier des comptes cités, le recteur a perçu environ vingt-quatre muids de froment“*; c’était là le principal revenu de l'hôpital, Il
de Penthallaz et à la confrérie de cet endroit. Ces deux tiers formaient environ la moitié de toute la dixme.
456 11 lègue alors cette dixme à l’hôpital de la bienheureuse Vierge Marie de Lausanne, auquel il donna, par le même testament, le tiers restant de la part de dixme acquise par lui du donzel H. de Disy. Pour le cas où l’héritier institué par Jaques Besançon décéderait sans héritiers procréés de son corps, il donne en aumône, au même hôpital nouveau de St-Antoine, plusieurs vignes au territoire d’Echichens. Jaques était fils de Girard Besançon, chapelain et notaire.
#7 Parmi eux les donzels Aymon, bâtard de Cossonay, Jean de Mollens, Nicolet et Jean de Senarclens.
158 Dans lesquels la ferme de la dixme de Penthallaz est portée pour 12 muids. Les hoirs du chevalier Jean de Disy avaient livré deux muids de froment, et ceux du donzel Nicod de Senarclens une coupe, pour leur mère Johannette (provenant probablement de donations
est difficile d'apprécier celui en deniers, puisque les 461 livres et 7 sols que le recteur porte dans sa recette comprennent ce qu'il redevait par son compte précédent ‘*”, ainsi que le produit du froment et de l’avoine vendus **°. Au nombre des dépenses (en deniers), qui s'élèvent à 143 livres et 45 sols, se trouvent 10 livres pour la célébration de trois messes hebdomadaires dans la chapelle de l'hôpital #*, 126 livres pour l'achat de 6 livres et 6 sols de cense annuelle, et 12 livres et 10 sols pour celui d’un demi-muid de froment, également de cense”"”. Le second compte nous offre un ré-
sultat à peu près semblable sous le rapport du revenu en
iestamentaires; ces articles sont répétés dans lPautre compte). L’hôpital avait aussi reçu 12 muids d’avoine pour la ferme de la dixme de Penthallaz. Quatre coupes de froment avaient été livrées aux recteurs de la confrérie, ainsi que l'hôpital y était tenu (article répété dans le second compte); et Jean Tarteretaz qui avait aidé à chanter dans l’hôpital (qui se jueyt ad cantandum in dicto hospilali, sans doute dans la chapelle) en avait reçu une coupe. | 15% C'est-à-dire 96 livres et 14 sols,
10 Un muid de froment avait été vendu 50 sols; seize coupes avaient élé remises au prix de 4 sols et 4 deniers la coupe; la vente d’un muid d’avoine avait produit 14 sols et celle de six coupes 6 sols. Le bâtard Aymon de Cossonay avait livré 42 sols pour le pré de Graverney, et le donzel Etienne de Mollens 5 sols pour cense.
M Ces messes avaient été célébrées par le recteur de l'hôpital , Pierre de Lilla.
12 Des autres dépenses, nous remarquerons seulement 3 sols et 6 deniers pour un pot d'huile pour le potage des pauvres, en carème ; et 20 sols à un potier pour l’échange d’un pot de métal pesant 20 livres, chaque livre vendue 2 sols.
15 C’est-à-dire 24 muids et 9 coupes de froment, et 19 muids el 8 coupes d’avoine ; la ferme de la dixme de Penthallaz avait produit cette année-là 14 muids de froment et autant d’avoine.
grains, mais celui en deniers ne s'élève qu'à 24 livres et une fraction ", Le chapitre des dépenses contient un article de 3 sols pour un chevalier de St-Jean de Jérusalem, malade , qui avait passé quatre jours à l’hôpital .
Nous arrivons enfin à ceux de nos anciens comptes qui nous offriront l'intérêt le plus direct, en ce que nous y trouverons des traces de la vie de l’époque. Nous voulons parler de deux comptes de notre communauté même, rendus par ses sindics. Dans le plus ancien, qui commence au 12 juin 4418 et finit au 14 septembre 4419 #5, le revenu du froment des veilles, pour une année, est porté à quinze muids. La totalité de la somme reçue, en deniers, s'élève à 98 livres et une fraction, dans laquelle les censes des prés de la communautlé figurent pour 9 livres et une fraction, et le longuelt du vin pour 102 florins"*. Il ya, à peu de chose près,
4% Y compris le reliquat du compte précédent ; il en est de même pour les grains.
15 Tant pour pain blanc, vin, viande, œufs qu’aromates. La facture du présent compte avait coûté # sols et 6 deniers. 7 sols et L deniers avaient été payés au clerc Barriodi pour avoir enregistré quarante-quatre litres dans les archives (in receptorio litterarum) de l'hôpital. La totalité des dépenses de ce compte, en deniers, s’élève a 25 livres et 8 sols, dont le recteur computant réclamait 20 livres pour les messes célébrées par lui, en 1419 et 1420, dans la chapelle de l'hôpital. Ce recteur redevait 21 muids et 10 coupes de froment, 414 muids et une coupe d’avoine, et 28 sols monnaie. Les dépenses de l'hôpital avaient été minimes cette année-là.
146 J1 embrasse le temps où les sindics Pierre de Mollens, donzel, et Jean d’Oulens, bourgeois, furent en charge. Ceux-ci le rendirent, le 9 décembre 1420, aux sindics, leurs successeurs, en présence des donzels Vuill. de Vuistarnens et Amédée de Lucinge et de plusieurs bourgeois (faisant vraisemblablement partie du conseil).
#7 Soit 61 livres et H# sols. Le reliquat du compte précédent,
balance entre la recette et la dépense (en deniers). Nous trouvons dans celle-ci :
4 sols et 6 deniers pour le diner du conseil, le ‘jour de l'élection des sindics.
36 sols (soit 3 florins) pour la sauve-garde (de Moudon)"*. 4 livres et 10 sols pour le salaire, de demi-année, des veilles “°.
30 sols pour le salaire, de demi-année, de dom Jean Bochardet, recteur des écoles de la ville.
16 sols à maître Nicolas, recteur des écoles, pour son salaire, de demi-année, de lhorloge (pro suis shipendüs orologu).
20 florins (soit 12 livres) livrés à Claude Bourgeois, chàtelain de Cossonay, par ordre de tous les conseillers.
compris dans la totalité de la somme reçue, est de 15 livres et fractions de livre. |
148 À Jean Jolivet. Nous avons fait observer que celte sauve-garde avait été accordée à la ville et à la châtellenie de Cossonay, en 1406, par le comte Amédée de Savoie. Elle est ordinairement désignée, dans les titres de notre communauté, sous le nom de sauve-garde de Moudon, parce que la redevance annuelle qui en était la conséquence se payait dans cette ville. Les sindics Jaques de Daillens et Pierre de Cossonay, donzels, reconnaissent, en 1461 (12 juin), que la ville, la communauté et la châtellenie de Cossonay, sont sous (in) la sauve— garde, la direction (guidagio*) et la protection du duc de Savoie, et qu’en vertu de certaines lettres dominicales, elles doivent payer annuellement, pour cela, trois florins aux mains du châtelain de Moudon, à la fête de St-André.
19 Ceux qui reçoivent ce salaire sont au nombre de deux ; ce sont probablement les guets de la ville.
* Guidagium, signifie proprement un péage acquitté en retour de la sécurité du passage. | ;
12 florins pour achat d’un bœuf destiné à être offert en cadeau au seigneur Henri de Menthon, baillif de Vaud.
2 sols et 6 deniers pour huit pots de vin donnés au seigneur évêque d’Aquila (squillacensis) lorsqu'il vint faire la visite de l’église de Cossonay.
36 sols pour le salaire, de trois quarts d'année, du mai-
tre de chant.
sols dépensés dans l'auberge de Jean de Genollier, à
l'occasion de la visite de la ville, que firent, à cause du feu, le prieur du prieuré, le bâtard Aymon, Pierre de Mont, Vuillelme de Vuistarnens, Amédée. de Lucinge, donzels, et autres.
19 sols et 6 deniers pour le salaire, dès la St-Jean à la nativité de la Vierge, de trois personnes veillant sur le clocher *”.
6 sols et 6 deniers pour la dépense d’Amédée de Lucinge, d'Aymon d’Oulens et de Nicod Perriard, envoyés à Moudon pour l’aide (pro adjutorio) demandée par le seigneur duc contre les Vallaisans; et 10 sols pour le salaire de ces envoyés "*.
7 sols pour le salaire et la dépense de Nicolet de Lay-
#0 Selon l’usage d’alors (qui a duré bien longtemps), on sonnait les cloches lors des orages. Le même compte nous présente un article de 22 deniers pour le vin de ceux qui sonnèrent deux fois les cloches pendant la tempête; et un second, de 3 deniers, pour les chandelles de ceux qui veillèrent en sonnant.
14 L'aide (subside en argent) demandée par le duc Amédée, à l’occasion de ses démêlés avec les Vallaisans, avait vraisemblablement
donné lieu à une réunion des députés des villes de la patrie de Vaud, à Moudon,
dessoz (soit Perriard), qui fut à Moudon, le dimanche après la fête de la décollation de St-Jean-Baptiste, pour le fait des Vallaisans.
40 sols pour le salaire et la dépense du donzel Pierre de Mont, qui fut à Genève, par ordre du conseil, avec le seigneur prieur, pour le fait de la bulle des moines *, (IL y fut sept jours.)
30 sols au clerc Nicolet de Laidessoz, tant pour faire le vidimus du traité de paix entre Louis de Savoie, sire de Vaud, et le sire Louis de Cossonay **, que pour sa dépense et celle de son cheval, à Morges, pendant deux jours.
7 sols pour la location de demi-année de la maison de Jean d’Oulens, pour tenir l’école (pro tenendo studrum) ?
9 livres, 8 sols et 8 deniers à dame Agnès de Syviriez ‘**, par les mains de son fils Jean. Elle avait déjà reçu cette année-là trois muids de froment ; la cause de ces paiements n’est pas indiquée.
10 florins pour achat de deux taureaux pour servir le commun.
9 livres pour le salaire des deux sindics. — Celui des
4% J] s’agit, sans doute, d’une bulle pour les moines du prieuré de
Cossonay.
455 On ne connaît pas de traité de paix entre Louis de Savoie, sire de Vaud, et un sire Louis de Cossonay. Ne serait-il pas question, dans
celle circonstance, de celui conclu, en 1297, entre Louis I de Savoie et le sire Jean (II) de Cossonay? Si l'indication de notre compte n’est pas erronée, ce traité aurait alors été fait entre Louis II de
Savoie et Louis (1), sire de Cossonay, qui étaient contemporains. 1% Agnès de Berchier, veuve du chevalier Pierre de Syviriez.
conseillers n'étant pas porlé en compte, on peut en conclure qu'ils n’en avaient point.
6 sols pour la facture du présent compte.
8 sols au clerc de Laidessoz, pour avoir fait l'acte des pleins-pouvoirs (lttera potestatis) des sindics, ete.”
On voit par ce même compte que le conseil tenait fréquemment ses séances dans les auberges; qu'il y avait des fontaines en pierres de taille dans la ville ** ; et que ceux de Cossonay tinrent alors une journée de droit (un plaid), auprès de l’orme, sur la frontière (du territoire), contre ceux de Vufflens-la-Ville (éenuerunt marchiam contra illos de Vufflens-villa apud lormo).
Le second des comptes de notre communauté comprend environ six mois de l’année 1423 ‘*”. Le fait le plus saillant qui en ressort est la venue à Cossonay, pour y prêcher, de maître Raphaël, missionnaire fameux qui, l’année précédente, avait prêché la croisade contre les Hussites *. Le prieur fut le chercher à Lausanne. On envoya annoncer dans les villages de la baronnie qu’il prêcherait à Cossonay. On lui fit una logit (une chaire?) et on le traita somptueusc-
85 Trois coupes de froment sont livrées à celui qui fait la garde de la tour (custodie turris, vraisemblablement du donjon du chàteau.) :
456 Vingt-huit journées de travaux pour ces fontaines coûtèrent 28 sols et 8 deniers. La livre de plomb valait alors 14 deniers. L’a-. voine se vendait un sol ia coupe (soit deux quarterons).
157 Depuis le 6 juin au 20 décembre; il est rendu par le donzel Pierre de Mont et Pierre Béguinat, élus sindics et recteurs à la première de ces dates.
%8 Berchtold, Hist. du canton de Fribourg.
ment, Maître Raphaël prêcha la même année (1423) à Fribourg (en Suisse contre les doctrines des Albigeoïs, qui
y avaient de nombreux adhérents “®. Une raison semblable
existait-elle aussi à Cossonay “*?
Les franchises concédées par Jeanne, dame de Cossonay, imposaient, nous l’avons vu, aux bourgeois et habitants de la ville, de la châtellenie et du ressort l'obligation de faire en commun les fossés, les tours et les murs de la ville {et de les entretenir) *?. La direction et l'ordonnance de ces travaux appartenaient à la ville, qui levait des impositions, soit gietes, pour en couvrir les frais. Ces gietes, assez fréquents, étaient considérés par les ressortissants comme une lourde charge, dont ils tâchaient par fois de s'affranchir. La ville, de son côté,
159 On achela pour sa réception du gingembre, du poivre, une livre de sucre, des confitures, du saffran, du girofle , du riz, des amandes et autres provisions, coûtant ensemble 49 sols et 8 deniers. Le poisson, pour le même objet (et dans le nombre deux anguilles), coûla 38 sols et # deniers ; et l’on paya in pensione hospicii magistri Raphael 25 sols pour sel, viande, vin, huile, fromage, etc.
160 Berchtlold, Hist. du canton de Fribourg.
164 Ce compte de la communauté nous apprend encore qu’un des sindics et un autre député de la ville furent à Moudon, par ordre du baillif de Vaud ; que le conseil s’assembla au sujet de la réparation de Péglise de St-Paul, et qu’une imposition fut levée dans la paroisse pour cette réparation ; que le maitre chantre de l’église reçut 24 sols pour sa pension de six mois; que le loyer de la maison, pour loger le recteur des écoles, coûta 15 deniers; que la ferme du froment des veilles produisit quinze muids, et celle du longuelt, pour trois quarts temps (c'est-à-dire pour le paiement de trois termes), 58 florins, etc.
1% Cette disposition des franchises n’élait pas nouvelle. Nous avons vu qu’en 1599 la communauté avait levé une imposition de 140 florins d’or pour la fortification de la ville.
pour la maintenance de son droit, leur faisait prêter reconnaissance de leurs obligations "®. Ainsi, en 1419 (29 juin), les habitants du village de Bettens “®* confessent, pour eux et leurs successeurs Ÿ, en présence des sindics de notre ville*®, qu'ils sont et doivent être des ressort, contribution et fortification de Cossonay, comme les hommes du donzel François de Moudon qui résident à Pampigny “*, ceux du donzel Antoine de Châtillon qui résident à Cottens ! et les autres du ressort seulement; et ils promettent de terrailler, forufier et veiller ‘ à Cossonay, comme ces hommes, et aussi de payer leur part des frais résultant de cette fortification. — Neuf ans plus tard, un homme de Bettens (nommé Rolet
168 Principalement à ceux qui appartenaient au ressort proprement dit.
16 Au nombre de sept, que la charte nomme, et parmi eux Anthoine, fils de Perrod, fils d'Henri, bâtard de Bettens.
165 Faisant leur résidence personnelle dans le village (in villa) de Bettens.
166 Pierre de Mollens, donzel, et Jean d’Oulens. Aussi en présence des donzels Vuillelme de Vuistarnens, Nicolet de Chabie, de Vufflens-la-ville, Vuillelme et Jaquet de Bettens (ces deux derniers comme autorisant peut-être les hommes de Bettens) et de deux bourgcois de Cossonay, Jaquet Barriodi, clerc , et Nicolet Vancy. |
167 François de Moudon possédait du chef de Jeannette de Pampigny, sa mère, la partie du village de ce nom qui mouvait du château de Cossonay.
18 Antoine de Châtillon tenait le village de Coltens, sous la mouvance du château de Cossonay.
169 Jigilare. La charte de 1598 impose seulement aux bourgeois et autres sujets du seigneur, de la châtellenie, demeurant hors de la ville, obligation de venir veiller en temps de guerre et de doute, dans le château et dans la ville. Mais en pratique, cette obligation s’étendait aussi aux habitants du ressort.
Magnin) fut l’occasion d’une difficulté entre les villes de Cosnay et des Clées, chacune d'elles prétendant qu’il était de ses ressort et contribution. Une ordonnance suprême du duc Amédée, de l’an 1428 (21 juillet, datée de Morges), donna raison à notre ville‘.
La grange de Boussens ‘’! avait aussi donné lieu à un différend entre notre communauté, d’une part, ét le donzel Jean Portier, d’'Yverdon, et Jaques de Châtel (son beau-fils), citoyen de Lausanne, son coadjuteur, de l’autre”, Le granger de Jean Portier avait été taxé à treize sols pour sa part d’une imposition levée pour la fortification, et, sur son refus de les payer, le sindic de la ville lui avait fait gager quelques pièces de bétail. Jean Portier réclamait contre cette levée de gages, attendu, disait-1l, que ce bétail lui appartenait, qu'il possédait la grange de Boussens en pur et franc-alleu "5, que celle-ci avait des fossés (quod sit terraillata)*"#, et que son
17 Décidant que Magnyn et ceux qui lui succèderaient dans son habitation étaient du ressort de Cossonay et devaient contribuer comme les autres hommes et habitants (incole) de Bettens. Il n’est pas remarqué sur quoi la ville des Clées fondait ses prétentions.
4 Nous avons indiqué (Recherches sur les sires de Cossonay, etc., note 25) le sens qu’il faut attacher, dans le moyen-âge, à l’expression grange.
172 Perrissonne de Boussens, héritière de la famille féodale de ce nom, avait épousé, en premières noces, Pierre de Châtel (de Castello), citoyen de Lausanne, et en secondes le donzel Jean Portier. La grange de Boussens était son héritage ; de là la participation de Jaques de Châtel au différend auquel elle donne lieu.
17% Les sires de Cossonay avaient-ils peut-être exempté la grange de Boussens de toute charge d'hommage, ainsi qu’ils en avaient libéré l’une des deux maisons-fortes de Senarclens ?
174 Cette grange, entourée de fossés, avait sans doute servi de
granger, qui y demeurait, n’était pas tenu de contribuer à Cossonay. À cela les procureurs de la communauté répondaient que ce granger et ceux qui l’avaient précédé avaient jadis contribué, avec le ressort, aux gietes pour la fortification de la ville. Les choses s'étaient envenimées”, et la cause se débattait devant le baillif de Vaud lorsque les partes s'étaient soumises à la prononciation de Rolet de Tavel, de Vevey, donzel, lieutenant du baillif de Vaud, et de noble Claude Bourgeois, châtelain de Cossonay, arbitres amiables. Ceux-ci avaient décidé (14292, lundi après la fête des saints apôtres Jaques et Philippe) que si Portier ou les siens remettaient la grange de Boussens à ferme ou à loyer (seu nomine locagü), ou à moitié fruit (ad semis lucrum, c’est-à-dire à grangeage) ‘", à perpétuité ou pour un temps limité, celui qui la üendrait à un de ces utres ressortirait et contribuerait a Cossonay, tout comme les autres grangers des nobles et bourgeois de cette ville, et cela lors-même que Portier ou les siens résideraient dans cette grange, mais que ceux-ci, hors ce cas, seraient exempts de ces ressort et contribution ‘7.
demeure aux donzels de Boussens, qui ne paraissent pas avoir eu de maison-forte au village de leur nom. Les fossés autour d’une habitation indiquaient une demeure noble.
175 Jean Portier, de son côlé, avait aussi fait gager du bétail aux procureurs de la communauté.
176 Le mode d'exploitation à moitié fruit (c’est-à-dire par granger) était fort en usage dans le pays de Vaud où on le rencontre encore. Ce que la prononciation rapporte des diverses manières dont la grange (le domaine) de Boussens pourrait être exploitée, nous prouve qu’à lPexception du fermage perpétuel (c’est-à-dire l’acensement ct l’abergement) elles étaient alors ce qu’elles sont aujourd’hui.
477 Cest-à-dire s’ils résidaient personnellement dans la grange, sans que celle-ci füt exploitée d’une des manières rapportées ci-des-
Citons encore deux confessions relatives à la fortification de notre ville. Jean De Venthey, du consentement du donzel Pierre de Dullit dont il est homme censier, reconnait (1431, 20 août) que, à cause de sa maison , à Graney, lui et ses successeurs sont et doivent être perpétueilement du ressort et de Ja contribution de Cossonay, et 1l promet de terrailler et de fortifier avec les autres hommes de ce ressort et comme eux. Et Girard Gavat, de Pampigny, dont les prédécesseurs avaient jusqu'alors ressorti, contribué et fortifié à Cossonay,; fait, à la requête des sindics de cette ville ‘ et attendu que l’on ne doit pas se refuser à de justes demandes, une confession semblable (1447, 26 juin)”. Gavat s'était précédemment montré récalcitrant, car l’official de la cour de Lausanne lui avait ordonné (1445, 95 juillet) ‘*, ainsi qu’à un certain Jean Cuvit (aussi de Pampigny), de remettre aux sindics de Cossonay, dans un terme donné, deux chevaux qui leur avaient été levés de gages à l'instance de ceux-ci, à
sus. Le valet à leurs gages, qui y demeurait, devait être aussi exempt du ressort et de la contribution. Voici les autres dispositions de la prononciation : Les passements obtenus par les sindics de Cossonay seront nuls ; les frais et missions réciproquement demandés par les parties ne seront pas exigés; Portier paiera aux messagers (nunciis) de Moudon leur peine et leurs frais. Ceux supportés par la communauté de Cossonay, tant à Cossonay que dans les environs, resteront à sa charge ; enfin, les treize sols demandés au granger de Boussens, pour la contribution , appartiendront aux arbitres pour leur peine. — Les parties ratifiérent cette prononciation, à laquelle, à leur prière, Henri de Menthon, baillif de Vaud, apposa le sceau du ballivat.
8 Requête souvent renouvelée de confesser cette contribution.
“EL encore plus explicite.
180 Par rescrit adressé au curé soit au vicaire de Pampigny.
«€ Quorum unus est pili rubei et alius blondet, »
cause de la fortification *?; que, ne le faisant pas, l'official les excommuniait, et le curé de Pampigny devait alors annoncer publiquement cette excommunication dans son église.
Notre ville ayant encouru des bans, en 1424, pour n’avoir pas employé la monnaie du duc Amédée selon l’ordonnance de ce prince, paya cent florins (de petit poids) par suite de composition avec lui*®. L'année suivante, elle lui accorda un don gratuit de deux cent cinquante florins d’or, pour faire valoir ses droits aux comtés de Dyois et de Valentinois.
Un autre subside, de deux cént vingt-huit francs, concédé, en 1428 , par notre ville au même duc, pour la dot de sa fille aînée, la duchesse de Milan **, donna lieu à une réclamation de ses habitants, fort susceptibles à l’endroit de leurs franchises, qu’ils estimaient « aussi bonnes que celles des autres villes de la patrie de Vaud. » Blessés de ce que, dans les lettres de non-préjudice ‘ qu’il leur avait données, le duc, tout en déclarant que le paiement de ce don serait sans conséquence pour l'avenir et n’apporterait aucun préjudice à leurs franchises, avait néanmoins ajouté « horsmis qu'ils n’y soyent tenus et trouvés astreints, » les nobles,
Et qu'ils avaient pris par serment l'engagement de leur remettre.
185 Le trésorier général de Savoie (Guigonnet Mareschal) lui en donna quittance , le 24 juin 1424.
14 A raison de douze deniers (et) obole, gros. La quittance de cette somme porte la date du 5 août 14925.
185 Marie de Savoie, mariée à Philippe Visconti, duc de Milan. Ce subside fut payé à raison d’un franc, valant seize deniers gros, monnaie de Savoie, par feu, par les sujets immédiats du duc.
186 E{ de quittance tout à la fois.
bourgeois et habitants de Cossonay lui exprimèrent leur étonnement de ce que, dans cette circonstance, il ne les avait pas traités comme les autres villes, auxquelles il avait donné l'attestation que ce subside avait été accordé de grâce spéciale, le suppliant de faire droit à leur réclamation. Le duc croyait, peut-être, qu'aux termes de la convention de 1323, les bourgeois et jurés de la ville et de la châtellenie devaient l’aide à leur seigneur pour doter ses filles. Et ceux-ci estimaient probablement que les franchises de 1398, dans lesquelles il n’est pas parlé des aides, les avaient libérés de cette obligation. — Ajoutons que lorsque le même duc Amédée maria la princesse Marguerite, une autre de ses filles, au roi de Sicile et de Jérusalem (Louis d'Anjou), notre ville lui accorda gracieusement un subside de trois cents francs pour sa dot "7.
Voici la mise en action d’un article des franchises. — Un certain Henri Bovinet possédait à Cossonay une maison qu'il n’habitait pas; la place au-devant d’icelle n’était pas pavée, et les bâtiments de la ville, situés derrière, se dégradaient par suite de son absence. Bovinet refusant tout à la fois de faire ce pavé ‘* et les réparations urgentes de sa maison, les sindics l’actionnèrent devant la cour du châte-
187 Ces trois cents francs furent payés en 1433 et 1454. En 14592, tous les sujets (immédiats) du duc Amédée, deçà les monts, lui ayant accordé un subside pour l’armée de Sigismond, roi des Romains, en Italie, à raison d’une livre, soit vingt deniers gros par focage, notre ville avait payé cent et soixante florins, de pelit poids, pour sa part de ce subside.
188 Les franchises de la ville, nous l’avons vu, imposaient à (out propriétaire de maison l'obligation de faire paver la rue au devant de celle-ci.
lain, où il ne comparut pas, et obtinrent contre lui un passement jusqu'à la valeur de cent livres pour le principal et de semblable somme pour les intérêts et missions. En exécution de ce passement, le donzel Guill. de Vuistarnens, lieutenant du châtelain de Cossonay, remit aux sindies la maison de Bovinet “, et ceux-ci demandèrent qu’un acte notarié fut dressé en témoignage du tout, ce qui fut exécuté (1425, 5 sept.) sur la place publique, devant Péglise de St-Paul.
En 1434, le duc Amédée avait créé lieutenant-général des états de Savoie son fils aîné Louis, prince de Piémont, et lui en avait remis le gouvernement lorsqu'il s'était retiré dans son hermitage de Ripaille. — Les villes de la patrie de Vaud accordèrent bientôt au prinee lieutenant-général, pour supplément de son premier armement, deux cents hommes de troupes légères (brigandos "”") comme elles ne s’exécutaient pas, le conseil de Chambéri les
, pour deux mois; mais,
actionna juridiquement, et elles se rachetèrent, par composition, moyennant deux mille florins"”?, dont notre communauté prit l'engagement (1435, 16 février) de payer deux cent huitante (de petit poids). En conséquence, le prince ordonna au châtelain de Cossonay et de l'Isle, de contrain-
189 Lorsque Ja cour du châätelain rendit cette sentence, quatre jurés seulement siégeaient avec le Heutenant en la cour.
150 IT est remarqué, dans la charte, que l’année commençait alors à lAnnonciation. |
"% Ces brigands étaient des soldats armés de brigandines (espèce d’auberjcon).
19% Grenus, Documents relatifs à l’histoire du pays de Vaud; et N.F.de Mulinen, Recherches historiques sur les anciennes assemblees des Etats du pays de F'aud.
#5 Par ordre daté de Thonon, le 16 février 1455.
dre tous les hommes de ces châtellenies et de leurs ressorts, tenus aux montres-d’armes par-devant lui (châtelain) et à suivre la bannière ‘”*, de payer promptement aux sindics de ces deux communautés la quote-part à laquelle chacun serait taxé par ces sindics ‘”.
L'année suivante (1436) notre ville accorda au prince un nouveau don gratuit de cent florins (de petit poids), à loccasion des affaires difficiles qui lui étaient alors survenues “*. Il écrivit (de Thonon, le penultième d'août) à « ses chers sindics, bourgeois et communauté de Cossonay, » pour les en remercier et les prier de remettre, sans faute, cette somme à l’exhibiteur de sa lettre“, s'ils voulaient lui complaire.
Si, jusqu'ici, nous n'avons guère parlé de la mestralie de Cossonay, c’est que nos documents la mentionnent peu. Le chevalier Jean de Senarclens était mestral (menistralis) de Cossonay en 1286" ; alors l'office de la mestralie était
19% « Omnes et singulos homines tam castellaniarum de Cossonay, et Insule quam suorum ressortorum qui coram castellano predielo mostras armorum facere et vexillum sequi soliti sunt et tenentur. » Cette imposition devait se lever dans toute l'étendue des deux seieneuries , sans distinction de châtellenie et de ressort. Les hommes du ressort, tout comme ceux de la châtellenie, faisaient les montresd'armes devant le châtelain de Cossonay et suivaient la bannicre du seigneur,
"Le prince donna quittance des 280 florins payés par les hommes des mandements de Cossonay et de l'Isle. Moudon paya seulement 200 florins pour sa quote-part des 2000.
1% Mermet Christine, châtelain de Morges et procureur de Vaud, avait instruit le prince du don qu’elle lui avait accordé. 1% Le commissaire Pierre Chapuisii.
“S Arch. eant., tit. du baill, de Morges, coté n° 21.
considérable, puisqu’avant l'institution des châtelains ‘*” les mestraux remplissaient aussi leurs fonctions, sauf celles qui regardaient le militaire”. Il a été observé que Jean Blanchet était mestral de Cossonay en 1396; et aussi que, selon les franchises de 1398, le seigneur devait seulement avoir à Cossonay deux mestraux soit messagers (seu nun-
19 L'institution des châtelains, dans tes domaines de la maison de Savoie, remonte au comte Amédée V, dit le Grand.
200 Dans le principe, les offices de mestral et de mayor étaient très-distincts, et les derniers se trouvaient subordonnés aux premiers. — Le mestral ou mistral (ministerialis, ministralis, mistralis) était un agent fiscal, chargé, dans un certain ressort (mistralia ), de percevoir les revenus du prince ou du seigneur et de juger en première instance les ças qui concernaient cette perception, sauf l'appel à la cour du comte ou du châtelain de la terre. C'estle mestral qui abergeait les fonds situés dans sa mestralie et qui contrôlait toutes les mesures. Les mayors (villici), les gardes champêtres (banwards), gardes chasses. (venatores), forestiers (forestarii), gardes des montagnes ou sautiers (saltarii), etc., lui étaient subordonnés. Le mayor (villicus ou villicus-major) était un économe chargé de régir l'exploitation rurale d’un domaine soit d’une ferme royale ou seigneuriale (prædium indominicatum). L'importance de cet officier dépendait de l’étendue de l'exploitation qui lui était confiée. Quand le pays de Glaris ne formait qu’une grande ferme, le mayor de Glaris (villicus Glarone) était presqu’un grand seigneur. D’autres fois le domaine ne comprenait qu’un manoir (mansus) et le mayor tombait au rang de simple régisseur. Il avait une certaine jurisdiction disciplinaire sur les serfs du domaine et sur les fonds qu’ils exploiaient. Vers la fin du XII siècle, les deux offices se confondirent dans les pays de la domination des comtes de Savoie. La majeure partie des attributions des mestraux furent incorporées à l'office des châtelains (castellani), nouvellement institué par ces comtes. A leur tour, les mestraux absorbèrent les fonctions des mayors, ou ce qui était resté aux premiers fut ajouté aux attributions des derniers dans
cos)", et, s'il le voulait, un mestral dans les autres lieux de la châtellenie *”. A l’époque où nous sommes parvenus l'office de la mestralie était vacant, et le donzel Rodolphe d'Illens pria Louis de Savoie de le rétablir dans les villes de Cossonay et de l'Isle (et leur châtellenie) et de le lui remettre en fief noble *®, et cela au mode des autres mestralies de la patrie de Vaud, d’après lequel les mestraux connaissaient seulement des causes pécuniaires soit des biens-meubles: ils percevaient cinq sols sur les bans de soixante sols par eux adjugés et vérifiés (reperta) ””*; ils payaient (à leurs frais) l'exécuteur de la justice en cas de condamnation à mort; ils avaient l’étalon des mesures (mensurarum) de la ville, tant pour le vin que pour le blé*”; ct enfin ils percevaient les langues des bœufs et des vaches tués à la boucherie de la
ville, ainsi qu’une charge de sel. En compensation de ces
leurs localités respeclives. Ainst on supprima {an{ôt le mestral et tan- {ôt le mayor. Dès lors on ne trouve que peu ou point de différence entre les fonctions du mestral et celles du mayor dans les localités où ces deux offices n’ont pas été conservés coneurremment (Note de M. de Gingins). |
204 Probablement un mestral et son lieutenant.
#2 Les chartes nous montrent effectivement parfois des mestraux dans quelques-uns des villages de la baronnie. À Boussens, les sires de Cossonay avaient inféodé la mestralie de ce village aux chevanciers (milites) de l'endroit, les donzels de Boussens. Ceux-ci n’avaient le mére et mixte empire que sur les terres qui formaient leur chevance.
5 Sous hommage noble et lige, et cela parce qu’appartenant aux nobles du pays il ne tenait du duc de Savoie aucun fief qui l'astreignit au lien de hommage.
0% Et rien sur ceux des autres bans de la châtellenie de semblable valeur.
*5 Le mestral élait l’étalonneur et le mesureur public.
langues que le prieur percevait à Cossonay *”, d’Illens demandait la concession du sceau de la châtellenie, de si petite valeur, disait-il, qu’il n’avait jamais été porté en compte, et, de plus, celle du poids pour les laines des marchands étrangers, aux foires, pour le dédommager de ce que, dans notre ville, chaque bourgeois avait un poids pour ce qu’il vendait dans sa maison *”. Le prince lieutenant-général consulta à ce sujet sa chambre des comptes de Chambéri, le baillif (Jean, sire de Blonay) et le procureur de Vaud (Mermet Christine), leur ordonnant en outre de lui faire connaître les droits et prééminences des mestraux de la patrie de Vaud **. Enfin,
206 Par donation du sire Louis III de Cossonay : nous l’avons vu.
#07 Rod. d’Illens ajoutait qu’il se proposait, en augmentation du fief de la mestralie, de placer son héritage , S’élevant à cent et vingt florins, dans la ville de Cossonay.
#8 La réponse de la chambre des comptes, datée du 9 mai 1436, met sous les yeux du prince que, dans les comptes de la châtellenie, on lit: qu’à Boussens, où la mestralie est tenue en fief noble par Perrissonne de Boussens, le vice-châtelain de Cossonay a reçu, en 1453, du vice-mestral (pour Perrissonne de Boussens), #1 sols et 3 deniers pour certain ban de 60 sols, après déduction de 5 sols perçus par ce mestral, et du quart-denier du châtelain (deducto etiam quarto denario dictli castellani que in eodem bampno percipit). Que le seigneur ne perçoit rien sur les bans de trois sols, et enfin que, des menues clames et obventions depuis 3 sols en sous, le mestral perçoit 2 deniers pour chaque clame dans le village de Boussens et 4 deniers hors du village, et que le vice-châtelain porte en recette 60 sols, qui comprennent les menues clames, omises dans son précédent compte. Par leur lettre du 24 février 1437 (datée de Moudon), les baillif et procureur de Vaud exposent au prince que, selon les informations qu’ils ont prises auprès de plusieurs nobles, bourgeois et habitants de Cossonay, il y aurait pour lui plutôt de l’avantage à inféoder la mes- {ralie de cette ville au donzel d’Ilens, qui serait ainsi astreint à
il accorda linféodation désirée (1437, 16 mars), sous les avantages, honneurs et charges des autres mestralies du baillivat de Vaud; toutefois le sceau de la châtellenie, les langues et la charge de sel en furent exceptés. D’Illens fut investi de la mestralie en vasselage par la remise d’une dague *”.— Mais lorsqu'il demanda aux sindics de le recevoir, au nom de la communauté, dans son office, ceux-ci **° objectèrent que cette institution dérogeait en quelque façon aux franchises de la ville, principalement à celle qui donnait à chaque
l'hommage, moyennant qu’il payât, selon l’usage, lexécuteur de la ‘justice lors des condamnations à mort, soit des mutilations de membres. Qu'il résulte de leurs informations auprès des autres mestraux que les avantages de leur office différent : que cependant les mestraux ont, pour la plupart, la connaissance des causes pécuniaires soit des biens-meubles, sauf Pappel au châtelain du lieu; que les clames faites en leurs mains leur valent 6 deniers; qu’ils perçoivent 5 sols de chacun des bans de 60 sols, à charge de remettre le surplus au chàtelain du lieu (qui doit le porter en compte); qu'ils ont les mesures des villes (villarum) où ils exercent leur office, tant pour le vin que le blé, et les scellent de leur sceau ; et enfin que quelques mestraux perçoivent une charge (sarcinam) de sel dur sur les leydes et vendes“ (Arch. cant. Grosse des fiefs nobles de Cossonay, par Quisard). 2% Cette inféodation coùûta 50 florins (de petit poids) au donzel d’Illens. Une de ses clauses porte que tout ce que lui et ses successeurs acquerront d’allodial dans les villes et châtellenies de Cossonay et de l'Isle, sera joint au fief de la mestralie, en augmentation d’icelui. Le prince lieutenant-général lui remit l'office de la mestralie en fief noble, lige, antique, paternel et d’ayeul (in feudum nobile, ligèum, antiquum, paternum et avilium) et sous hommage noble et - lige. II mouvait du château de Cossonay (Grosse Quisard). 210 Noble Antoine de Daïllens et Jean Cochet, clerc.
* Le mestral d’Yverdon, par exemple, percevait cette charge de sel chaque semaine Arch. cant., Grosse Bulet, quernet de la terre et seigneurie de Vullierens).
noble, bourgeois et habitant (de la ville et de la châtellenie) le droit d’avoir des poids et mesures justes, et ils demandèrent que lui et son lieutenant prêtassent auparavant, dans l’église paroissiale, en présence des sindics et des habitants de la ville, le serment solennel usité pour le châtelain, son lieutenant et ses messagers, et spécialement de bien (et légitimement) exercer son office, de n’opprimer personne sous prétexte d’icelui, d’administrer à chacun la justice de son mieux, et d'observer les franchises et les coutumes de la ville. D'Illens se soumit et reconnut (1436, 21 mars”) qu'il n'avait ni droit, ni émolument à percevoir sur les poids publics de la ville ou sur les poids de ses habitants, ni la prérogative d’avoir quelque poids général ou spécial où ceux-ci dussent peser d'office, réservant cependant la justification de ces poids et Les émoluments qu’il devait percevoir pour cela ***. Il prit en outre l’engagement de solenniser, lorsqu'il en serait requis par les sindics (dans l’église paroissiale et sur les saintes reliques), le serment qu’on lui demandait.
Peu de temps après, notre ville exposa au prince lieutenant-général qu’elle avait appris, par la réponse de sa chambre des comptes, que ses châtelains de Cossonay n'avaient pas l'habitude de porter en compte les clames de la châtellenie inférieures à soixante sols, ni le sceau pour lequel il était d'usage de percevoir deux deniers par livre de la valeur de tout contrat perpétuel, et un denier de celle de tout contrat à terme; que, désirant vivement maintenir intacts ses
21 Cependant l’inféodation de la mestralie à Rod. d’Illens porte la date du 16 mars 1437. Cette divergence résulte vraisemblablement de la manière de compter.
#2 D'Illens fit aussi la réserve de pouvoir tenir, en vertu des franchises, des poids, comme les autres habitants.
droits et lui en faire connaître la valeur, elle le suppliait de lui concéder, pour dix années, ou plus, les émoluments des clames et du sceau de la châtellenie, sous la pension annuelle de vingt florins (de petit poids), et que dans ce cas ses châtelain et messagers fussent tenus, sous serment, de relater aux sindics, dans trois fois vingt-quatre heures, chaque clame à faire en leurs mains; ou bien de concéder à ces sindics le pouvoir de gager toutes personnes à ce sujet. Il ne paraît pas que le prince ait fait droit à cette demande *". Afin d’épuiser la matière, disons encore, par anticipation, que Rod. d’Illens ou ses successeurs ne conservèrent pas longtemps l'office de la mestralie. Il appartenait, en 1454, à noble Antoine Champion *”*, qui le vendit alors (12 avril), pour quatre muids de bon et beau froment et un muid d’avoine, au donzel Georges Marchand, de Cossonay **. Ce fut du mestral d’Illens que notre communauté acquit le droit du poids de la laine, ainsi que la charge et la décharge du vin *".
#8 Le 27 mai 1457, Louis de Savoie demanda des renseignements à ce sujet à son procureur de Vaud, pour le 20 juin suivant, lui enjoignant d’assigner d’Illens à paraître ce jour-là devant le conseil du prince, pour entendre, avec les suppliants, son ordonnance sommaire.
2% « Fils nourri» (bâtard) du chevalier Amédée de Champion.
#45 Ce bas prix indique que la mestralie était de peu de rapport. Le duc Louis de Savoie investit (1457, 23 juin) Marchand de loffice qu’il avait acquis sous l’hommage qu’il lui devait déjà pour divers fiefs nobles dans la baronnie. De plus, le duc le tint quitte des laud et vendes, commission et échûte qui pouvaient lui ètre dûs à raison de cette investiture, se contentant de douze florins (de petit poids). La mestralie de Cossonay était tenue, en 1500, par ses fils (Elienne, Georges et Jean), et ils en prêtèrent alors (8 juin) hommage au duc de Savoie (Grosse Quisard).
#6 Le 20 mars 1426, d’après le dénombrement des fiefs nobles du
Une faveur fut bientôt accordée à notre ville par le prince lieutenant-général qui établit (1437, 24 août), pour un temps indéterminé, deux messagers (nuncios) dans la ville et le mandement de Cossonay, avec pouvoir de contraindre toutes personnes *"” au paiement, dans les mains des sindics, des subsides et autres impositions à égaliser entre les habitants pour les réparations et autres nécessités de la ville, et de les gager à cet effet. Il était permis à ces messagers d’assigner dûment chacun devant le conseil, lorsque cela serait nécessaire, et de lui imposer, à cette occasion, trois sols de ban *'*.
Immédiatement au-dessous du prieuré de Cossonay, du côté de la Venoge, se trouvait une côte qui appartenait au domaine du château. Louis de Savoie la remit (1438, 18 juillet) à la communauté, à titre d’abergement, sous la cense annuelle de huit sols, avec réserve qu’elle ne serait pas cultivée et qu’on n’en extirperait pas les arbres, et cela pour prévenir l’éboulement du terrain.
Si nous mentionnons l’acensement fait par notre communauté, en 1439 (9 août) *” d’une pièce de terre située aux
baill. de Morges, aux arch. cant.; mais nous croyons qu’il y a erreur, puisqu’elle aurait ainsi précédé l’inféodation de la mestralie au donzel d’'Illens. Ce poids est celui auquel les marchands étrangers pesaient leurs laines, aux foires de Cossonay. Nous ne savons ce qu'était la charge et la décharge du vin.
#47 De la ville et de la châtellenie.
#8 Ces bans seront censés encourus chaque fois que la personne assignée n’obéira pas à l’injonction du messager. Le châtelain con- {raindra les récalcitrants à les payer par les moyens dont on use envers les débiteurs du fisc.
29 Au bourgeois Pierre Ayglat et au clerc Girard de la Cuisine, son neveu.
Rochettes, sous la cense annuelle d’un quarteron de fromeni à raison de la directe seigneurie, e’est que cette expression nous révèle que la ville possédait le terrain acensé, en fiel poble ou bien en franc-alleu **°.
Nous trouvons quelques détails de mœurs dans une convention des sindics de la communauté, avec un maitre fondeur de Genève *”, pour la refonte de la eloche de la ville. En voici les dispositions: Le maître fondra la cloche à ses frais, de la grosseur convenue et sans diminution du métal -de la cloche fendue ; il achètera le nécessaire pour cette opération, à l'exception du métal que les sindics lui fourniront, ainsi que les soufflets et les ouvriers; le maître rendra l’excédant du métal, en déduisant cependant une livre sur dix pour la décale; il sera tenu de fixer et ajuster (inovetare et #ingare) la cloche au lieu ordinaire , sur le beffroi (supra loz beffreai) ** et de la garantir pendant une année, et cela pour être sonnée à la corde, depuis l'endroit accoutumé. Si elle se déplace, se gâte, ou si la fonte ne réussit pas *, le maitre la refera entièrement pareille, à ses frais, et cela jusqu’à ce qu’elle soit bonne, bien placée et maintenue, sans contestation. Les sindics lui paieront, pour ses labeurs et dépenses, dix-huit sols pour chaque quintal du poids de la
22 Frère Etienne Aymonod, prieur de Cossonay, les donzels Aymon, bâtard de Cossonay, Pierre de Mont, Pierre de Mollens, Rod. d'Illens et Ant. de Daillens, ainsi que vingt-quatre bourgeois ratifièrent cette transaction. Les sindics étaient alors Georges Marchand, donzel, et Jean Challet, clerc. |
21 Claude, dit Bourgeois, de Lausanne, demeurant à Genève.
22? La cloche du beffroi convoquait d'office le plaid et la communauté.
25 « Ad respec{um operariorum magistrorum cimbalorum, »
cloche**, qui devra être finie et placée avant la prochaine fête de Pentecôte **. Les sept conseillers (consules) de la ville considérant que cette convention avait pour objets la louange de Dieu et l'utilité de la ville, de la communauté et de la paroisse, et que la refonte de la cloche avait été ordonnée par le conseil général**, l’approuvèrent (1441, 2 avril). Le prince lieutenant-général était devenu duc de Savoie, au commencement de l’année 1440, par l’abdication du duc Amédée, son père, élevé à la chaire de St-Pierre. La ville et la châtellenie de Cossonay lui firent un don gratuit de cent florins (de petit poids) lorsque, le lundi après la fête de St- Pierre in cathedra de lPannée 1442, il vint pour la première fois à Cossonay revêtu de sa nouvelle dignité. Se trouvant précédemment à Lausanne, 1l avait voulu visiter notre ville, mais celle-ci lui avait envoyé des députés pour l’en détourner , à cause de la peste qui y régnait *”. Indépendamment des cent florins donnés au duc, son maître d'hôtel en reçut cinq, et son échanson (magister boctelios)
24 Ils lui livreront 2 florins d’or (de petit poids) pour l’entrage, en déduction de la somme totale, et de plus, au commencement de l’ouvrage, un demi-muid de froment « de antipodio. »
25 Le maitre fondeur donna caution et prêta serment, aussi bien que les sindics. Le maître se soumit en ce fait à la cour de l'official de Lausanne,
26 Vraisemblablemeut celui de Ja paroisse, auquel assistaient, outre les nobles, bourgeois et habitants de la ville, les députés des villages de Senarclens, la Chaux et Ilens, Disy et Lusseri. — Remarquons cette intervention du conseil général.
27 Un florin fut dépensé par deux députés de la ville, « qui fuerunt Lausanna et extiterunt per unam diem integram pro notificando dicto domino nostro quod non veniret propter pestilentiam que erat tune tempus in villa de Cossenay. »
et d’autres officiers de sa maison en reçurent ensemble six. Un gicte fut levé dans la châtellenie pour subvenir à ces divers frais. |
Les bonnes villes formaient assez fréquemment des assemblées pour délibérer sur les intérêts du pays. C’est, sans doute, en vue d’une de ces réunions que les nobles et bourgeois de Moudon écrivirent (1442, 19 mai) à ceux de Cossonay, les invitant « pour aucunes affayres tochan tot le pais » d'envoyer pour le premier juin suivant, à Moudon, deux ou plusieurs des plus notables et sages de leur ville, avec ceux du pays, « pour dyre aviser et conseillier eis jour et luez surdit lours bons avis et conseil sur cez que adon lours syraz dy et expossé de part tot le pais **. »
On sait qu’au moyen-âge les foires avaient plus d’importance qu’elles n’en ont maintenant. Le duc Louis fit à notre
28 Les villages payérent le giete dans la proportion suivante : Senarclens, 6 florins ; la Chaux et Itens, 8 florins et 6 sols; Grancy, 24 sols ; Lusseri, 12 sols ; Gollion, 13 florins ; Penthallaz, 9 florins et 9 sols ; Penthaz, 11 florins et 6 sols; Sullens, 12 florins; Bournens, 7 florins et 7 sols ; Boussens, 26 sols; Bettens, 20 sols; Vufflens, 20 sols; Villars-Ste-Croix, 8 sols ; et Villars-Lusseri, 13 sols. Il ne s’agit ici que de la châtellenie. Dans plusieurs des villages du ressort, le seigneur avait des sujets immédiats relevant de la chàtellenie.
#% On lit dans le précieux recueil du baron Grenus (Documents relatifs à l'histoire du pays de Vaud) qu’il se tint à Genève, en 1441, une journée de la patrie (de Vaud) devant le conseil du due, pour le fait des inhibitions; qu’en 14453, toutes les bonnes villes du pays furent convoquées à Genève, par le due, pour la demande d’un subside de deux florins par focage , au sujet de Parrivée de l’empereur; et qu’enfin, la même année, elles furent de nouveau convoquées à Thonon, pour le même subside, qu'après bien des difficultés elles n’accordèrent qu’au mois de mars de l’année suivante,
ville la concession (1444, 48 janvier, à Thonon) d’une nouvelle foire annuelle qui devait avoir lieu les jeudi, vendredi et samedi après la fête de Ste-Agathe; la ville et la châtellenie payèrent cent florins cet octroi du prince. Chacune de nos foires durait alors trois jours.
Nos franchises voulaient que le châtelain et son lieutenant prêtassent, en présence des nobles et des bourgeois, le serment d'observer les libertés et coutumes de la ville et de la châtellenie. Or, le due Louis ayant nommé noble Aymon de Gallera, des Clées, à l'office de châtelain °, celui-ci et son lieutenant (Jean de Juriens), à la requête des sindics, prêtèrent (1447, 27 septembre) le serment voulu. À genoux et les mains jointes devant le saint-sacrement et les saintes reliques posés sur le grand autel de l'église de St-Paul, ils jurèrent, en levant leurs deux mains, de remplir leur office fidèlement et avec probité; de garder les droits du prince et ceux des prud'hommes ; d'observer les franchises, priviléges et coutumes, tant écrits que non écrits, de la ville, de la communauté, de la châtellenie et de tout le mandement de Cossonay; d’administrer à chacun, sans exception, au riche et au médiocre, comme au pauvre, la Justice et son complément; de n’opprimer personne sous le prétexte de leur office ; de faire droit à chacun, sans délai, et d’observer les autres choses nécessaires en l'office dont ils étaient revêtus, selon le devoir de bons châtelain et lieutenant".
#3 Il succéda à noble Louis de Pétigny, qui était châtelain en 1445 (21 mars). A cette date-ci, on trouve le donzel Jean de Gléresse au nombre des conseillers de la ville. C’est la première fois qu’un membre de cette famille, riche et considérée , apparaît à Cossonay.
#51 A Ja requête des sindics, une charte relatant la prestation de ce serment fut dressée, le même jour, dans le chancel de Péglise de
Ce fut dans l’année 1447 que le duc Louis vendit à son père, le pape Félix (Amédée VIT), les seigneuries de Cossonay et de l’Isle, pour le prix de seize mille florins (de petit poids) **. Il est assez difficile d’expliquer cette vente ; peutêtre le duc avait-il besoin d'argent. La mort de l’acquéreur fit rentrer, en 1451, ces seigneuries dans le domaine ducal.
La ville et la châtellenie de Cossonay ayant, avec les auires bonnes villes de la patrie de Vaud **, accordé au duc Louis, à la décharge de quelques-unes de ses dettes et spécialement de la dot de la princesse Charlotte, sa fille, mariée depuis peu au dauphin Louis de France, un don gratuit de deux florins d’or (à raison de treize deniers gros, bonne monnaie de Savoie), par focage *", le prince donna à ces villes (4451, 14 mai) des lettres reversales, par lesquelles il reconnaissait qu’elles lui avaient fait ce don, pour une fois, de leur bon gré et par pure grâce, étant entièrement exemptes de toutes exactions et aides pécuniaires. — Malgré cette déclaration, les subsides furent demandés et accordés comme précédemment **. |
St-Paul, devant le grand autel, en présence du prieur Etienne Aymonod, de deux moines du prieuré (Girard de Genex et Thomas Bellini) , du donzel Rod. d’Illens et d'autres témoins.
#? Arch. de Turin. On ne trouve dans celles de notre communauté aucun litre émané de ce pape, pendant les quelques années qu’il fut, pour la seconde fois, seigneur de Cossonay.
#5 C'est-à-dire Moudon, Yverdon, Romont, Payerne, Morat, Eslavayer , Rue, Morges, Nyon, les Clées, Ste-Croix, Corbières, Grandcour et Montagny.
#4 La dixième partie des focages, comptée pour les pauvres, était exempte de paiement.
*% En 1782, Cossonay s’appuya de la déclaration du duc Louis de
Mentionnons encore ici deux autres subsides ou dons gratuits, précédemment accordés par notre ville et sa châtellenie au duc Louis. L'un, en 1437, alors qu’il n’était encore que lieutenant-général de son père, de deux cents livres, monnaie de Savoie, en subvention, tant des indults apostoliques nouvellement obtenus par le duc Amédée contre l'apposition des interdits ecclésiastiques que pour la salutaire concession dernièrement faite par ce duc à ses sujets contre l’abus des commissaires-généraux et pour mitiger la rigueur de la coutume, par laquelle, fréquemment, sous prétexte des usures, les innocents étaient vexés pour les coupables. L'autre, en 1442, de cent florins, de petit poids, en subvention des charges du très-saint père le pape Félix V, le très-redouté père du duc Louis.
Le duc Louis ne tarda pas à détacher la seigneurie de Cossonay du domaine ducal en la donnant, à ütre d'apanage, avec celles de Treffort (en Bresse), de Rumilly (en Savoie), et de la Roche (en Genevois), à Amédée de Savoie, prince de Piémont, son fils aîné. Et le même jour (1459, 27 oct.), il assigna le douaire de Yolande de France (fille du roi Charles VI), femme de ce même prince de Piémont, sur les villes et châteaux de Nyon, Morges, Cossonay, Yverdon, Ste-Croix, Montagny, les Clées, Rue, Morat, Romont et Moudon. Ajoutons qu’à la recommandation du roi de France, le duc, augmentant l’apanage de son fils, lui céda plus tard le pays de Vaud et la Bresse **.
Savoie pour refuser de contribuer aux frais de Pétablissement de la grande route de Genève à Lausanne.
#6 Guichenon, Histoire généalogique de la maison de Savoie. —
Il y avait, en 1459, dissension dans le ménage de notre communauté. Un procès s’instruisait devant la cour de l’official de Lausanne (soit le conseil du seigneur évêque) entre les sindics de la communauté *” et les recteurs de l'hôpital St-Antoine et de la confrérie du St-Esprit, d’une part, et treize opposants soit rées **, de l’autre. Le motif du procès n’est pas clairement exprimé, mais les acteurs demandaient que certaine clef de Parche (de la ville *°), mentionnée au procès et révélée devant l’official par l’aumônier de Romainmotier, fût restituée, selon l’ancien usage, et les rées refusalent cette restitution, au notable préjudice de la ville et de la châtellenie. Quarante-six nobles, bourgeois et habitants de Cossonay*"° (formant la majeure partie de la communauté et agissant au nom de celle-ci) et les représentants des communautés de Senarclens, la Chaux ”* et Itens, Gollion, Pen-
Le prince de Piémont fut mis en possession du pays de Vaud, le & mars 1456 (Grenus).
#7 Nobles Jaques de Daillens et Pierre de Cossonay. Ce dernier, alors bien jeune, est connu par le triste sort que les Suisses lui firent subir, en 1475, après la prise du château des Clées.
%8 Dans le nombre les donzels Georges Marchand et Rod. de Cossonay, frère Pierre Cochet, aumônier de Romainmotier, el aussi deux veuves. |
29 L’arche de la ville renfermait les titres de la communauté. Depuis la réformalion (il n’est pas probable qu’il en fut ainsi avant), le revesliaire de l’église servit d'archives à la ville.
20 Aussi d’Alens et des Chavannes, deux localités qui faisaient partie de la communauté de Cossonay. Cette réunion doit être considérée comme formant le conseil général des bourgeois.
241 Quoiqu'appartenant à l’ordre de St-Jean de Jérusalem, le village de la Chaux faisait partie de la châtellenie de Cossonay. L'ordre n'y possédait pas la jurisdiction.
{haz ** et Bournens (intéressées au débat, à cause des libertés et franchises de la ville et de la châtellenie, gardées dans l'arche prémentionnée), assemblés dans la maison commune de Cossonay, au son de la cloche et à cri publie, ordonnèrent (en présence de quatre des opposants siégeant avec eux) que deux bonnes serrures, sans plus, seraient apposées au plus tôt à l'arche commune, et que, de ces clefs, l’une serait gardée par les sindics et Pautre par le recteur de l'hôpital, qui prêteraient serment, ainsi que cela avait eu lieu de tout temps. En outre, ils révoquèrent les autres sindics (de la communauté) et recteurs de l’hôpital et de la confrérie, qu'eux ou leurs prédécesseurs avaient jadis élus, et défendirent aux opposants et à leurs adhérents de se mêler à l’avenir de cette controverse **. Nous voyons ici notre communauté agir avec la plus complète indépendance, parce qu’elle est entièrement maitresse pour tout ce qui regarde l’administration commu nale. Nous présumons que le parti opposant était celui des précédents sindics et recteurs, remplacés peut-être par la
majorité de là communauté avant lexpiration de leur temps *".
%2 Les deux sindics de cette communauté. — Pourquoi les autres villages de la châtellenie ne sont-ils pas représentés dans cette réunion ?
#5 Le sindic (Jaques de Daillens) et les recteurs de l'hôpital et de la confrérie voulurent qu’un acte notarié constatät les décisions prises et qu’il fût muni du sceau de lofficialité. Cet acte porte la date du vendredi après la fête de la conversion de St-Paul, de l’année
244 On ne sait trop à quel titre le procès dont nous venons de parler s’instruisait devant l’official; peut-être parce qu’il y était aussi queslion des intérêts de l'hôpital et de la confrérie relevant du domaine ecclésiastique, ou bien comme tribunal neutre.
Le prince de Piémont (AMnédée de Savoie), seigneur du pays de Vaud, se trouvant à Morges, les sindics de notre communauté, accompagnés d’autres députés * devant lui, le suppliant de confirmer les franchises de la ville
*, parurent
et de la châtellenie, ce que le prince leur accorda (1461, 17 janvier) avec bienveillance. La charte de cette confirmalion en mentionne une précédente, émanée du duc Louis, mais dont les archives de notre communauté n’ont pas conservé de traces.
Qu'on nous permette, comme pendant de la conventuon pour la refonte de la cloche du beffroi, d’en rapporter une autre, de l’année 1467, sur la confection de la croix du clocher. — Le sindic et six conseillers de la ville avaient très-souvent remarqué que celte croix avait été abattue par les vents. Or, ne voulant pas (comme cela n’était pas non plus permis) que le clocher en demeurût privé, et désirant la rétablir à la louange, à la gloire et à l'honneur de Dieu tout-puissant et de toute la cour céleste, ainsi qu’à l’avantage des paroissiens, ils convinrent {au nom de toute la paroisse) avec un maître maréchal et serrurier, demeurant à Lausanne ***, qu'il ferait une croix de fer, de la longueur et de la largeur de la croix, qui était peinte au milieu du mur de l’église, du côté du vent; qu'il Pexécuterait conformément au dessin sur papier remis par lui au sindic, avec les
#5 Les sindics étaient encore les nobles Jaques de Daillens et Pierre de Cossonay, et les autres délégués nobles Henri de Daillens (père du sindic Jaques), Vuillelme Huguet, Girard Lambertzon et Jean Josept. Ils parurent devant le prince comme députés des ville, châtellenie et district de Cossonay.
#6 Claude Nuet (Nuelus), de Genève, qui était expert, comme il Passurait, en de tels ouvrages.
ornements (cum floraturis) qui s’y voyaient, à l’exception cependant des feuilles (folia) et des fleurs de lis (ki flores) du milieu de Ja croix; qu’il la finirait à la lime (lime picturis), la ficherait sur un pommeau de cuivre ou d’airain et la surmonterait d’un coq du même métal, qui tournerait au gré des vents *7. En outre, qu’il établirait, sous le pommeau, un conduit de fer soudé pour lécoulement des eaux pluviales. Quoique la dorure de la croix dût se faire aux frais de la paroisse **, le maître était tenu d'assister (autant qu’il le pourrait) à cette opération et de donner ses bons avis, puis de faire l'épreuve de la dorure. Et, lorsqu'on en viendrait à placer la croix, la paroisse paierait les dépenses de la personne du maître, le bois, les ponts et les autres choses nécessaires. Cette croix devait être terminée pour la prochaine fête de l’Annonciation, et le maitre recevoir, pour son travail, quarante florins (de petit poids), monnaie de Lausanne, payables en deux termes *°.
Le prince de Piémont devint duc de Savoie (sous le nom
247 « Idem gallus sic factus vertere debeat secundum ventorum agitationem supra dicta cruce. »
28 Cette dorure ne devait être appliquée que lorsque la croix, au dire du maître ouvrier et d’un expert, serait entiérement achevée.
2° La nouvelle croix avait quatorze pieds de hauteur et douze de largeur. Elle fut placée le 22 juin 1469, et auparavant le curé de Cossonay la bénit (dans la chapelle fondée dans l’église de St-Paul par le bourgeois feu Pierre Gollie, sous le vocable des saints Elienne ct Sébastien), en présence du prieur Pierre de Sauvernier, des moines du prieuré et des autres prêtres de la ville. Les sindics étaient alors Humbert Marchand, donzel, et Jean Blanchernard ; et le conseil se composait de douze membres, au nombre desquels nous remarquons les nobles Georges Marchand, Pierre de Cossonay et Nicod de Mont.
ST
d’Amédée IX) à la mort du duc Louis, son père, arrivée le 29 janvier 1465, et le pays de Vaud passa, également à titre d’apanage, à Jaques de Savoie, comte de Romont, l’un de ses frères (le quatrième des fils du duc Louis), Ce prince, à la supplication des nobles, bourgeois et habitants de la ville et de la châtellenie de Cossonay, leur confirma (1468, 10 janvier), dans l’église du prieuré (ou celle de St-Paul), devant le maître-autel, leurs franchises et libertés !: et deux jours après (12 janvier, à Lausanne), 1l concéda à notre communauté le droit d’élire un officier de ville pour contraindre les récalcitrants au paiement de ses impositions (gietes) et de ce qui lui serait dû à d’autres titres ** En leur accor-
250 Guichenon rapporte que le duc Louis donna le comté de Romont el la baronnie de Vaud en apanage à son fils Jaques le 26 février 1460 (à Quiers). Cependant, postérieurement à celte date, on voit le prince de Piémont, frère aîné de Jaques, agir encore comme seigneur de Vaud. Il parait donc probable que le comte de Romont entra seulement en jouissance du pays de Vaud lorsque son frère devint duc de Savoie. Quant à la seigneurie de Cossonay, en particulier, elle appartenait, en 1461, au prince Amédée, qui en confirma les franchises (le 27 janvier), comme nous l’avons rapporté. Passa-t-elle au comte de Romont avant le reste du pays? Nous l’avions cru et même indiqué, sur la foi d’un document, dans notre précédent travail; néanmoins nous concevons des doutes à cet égard.
#1 En présence d'Antoine d’Avenches, lieutenant-général du pays de Vaud, de Girard de Bruel, maïtre-d’hôtel du prince, et de Mermet Christine , procureur de Vaud. La charte de cette confirmation esl revêtue de la signature de Jaques de Savoie (et de celle de son secrétaire de Quarzo). 11 y ordonne à ses gouverneur, baillif et procureur de Vaud et châtelain de Cossonay, d'observer intactes les franchises, libertés, bons us, capitulaires (capitula) et privilèges de sa ville et châtellenie de Cossonay. ;
#? En présence des témoins précédemment nommés, — La conces-
dant cette faveur, qu’ils avaient demandée, le prince prit en considération les louables services que ses chers fidèles les nobles, bourgeois et habitants de sa ville de Cossonay et de tout son mandement lui avaient rendus, ainsi que les charges qu'ils avaient supportées, tant à l’occasion de son armemeut fait naguères au dela des monts que de sa prise de possession (du pays de Vaud). La charte de cette concession nous prouve qu’alors les conseillers de la ville étaient en même temps les jurés de la justice.
Nous approchons de l'époque, néfaste pour notre pays, de la guerre de Bourgogne, qui amena, par suite de l’intime alliance de Jaques de Savoie avec le duc Charles de Bourgogne, l'invasion de la patrie de Vaud par les Suisses et sa perte pour le comte de Romont **. Dans la prévision des graves événements qui se préparaient, celui-ci ordonna, en 1474, aux nobles, bourgeois et habitants de Cossonay, de réparer les murailles, les tours et les fortifications (bastimenta) de leur ville. Quatre tours et une tourelle ** furent restaurées (et couvertes). L'ouvrage, travaillé à forfait (ad
sion faite par Louis de Savoie, à notre ville, de deux messagers (nuncios) pour contraindre toute personne au paiement de ses impositions, n’aurait-elle plus été en vigueur? À la vérité, ces messagers avaient été établis par le prince, mais seulement pour autant de temps qu’il le voudrait.
#%% L'alliance des deux princes est antérieure à la guerre de Bourgogne. Déjà au printemps de l’année 1471 un giete avait élé levé dans la ville et la châtellenie de Cossonay « ad causam armate prelibati illustrissimi domini nostri (comitis Rotundimontis) face et fiende pro eondo ad servicium illustrissimi domini ducis Burgundie. » Le châtelain Boniface de la Grange l'avait recouvré.
%4 Tornella; celle-ci se trouvait dans la maison de Vuillelme Paccot.
taschium), coûta quatre cents florins d’or (de petits poids, valant chacun douze sols de Lausanne), et, à cette occasion, notre ville leva une imposition dans toute la seigneurie (y compris le ressort) de vingt deux sols, bonne monnaie, par focage ”. Les réclamations au sujet de cette imposition ne firent pas défaut. Le prieur, le curé de Cossonay et les onze
conseillers et sindies de la ville (ceux-ci à raison de leurs
#% Les sindics Jean Gervais, clerc, et Jean Rosset, furent les exacteurs de ce giete qui produisit deux cent-soixante et seize livres lausannoises et cinq sols. Leur compte montre que, dans sa perception, on observa (du moins à Cossonay) la maxime que le riche devait aider au pauyre, car on trouve une grande inégalité dans les paiements, et chaque focage paraît avoir été taxé selon ses facultés. Ainsi, par exemple, le prieur de Cossonay paya 4 livres; les donzels Pierre de Cossonay, Nicod de Mont et Georges Marchand payérent chacun 35 sols ; le chapelain dom Pierre de Crousaz en paya 25, ainsi qu’un autre ecclésiastique, et le curé de Cossonay seulement 12; enfin il y a des paiements de 22, 16, 15, 14, 10, 6 et 4 sols. La somme totale produisit probablement celle qui fût résullée si chacun des focages de la ville eût livré 22 sols. Sans doute que, dans les villages de la chàtellenie et du ressort, l'imposition fut levée de la même manière. La communauté de Cossonay comptait alors 91 focages, (74 à Cossonay, 6 aux Chavannes et 11 à Alens). Les villages de Lusseri et Villars, ensemble, payérent pour 4 focages ; la Chaux et Itens pour 14; Senarclens pour 11; Grancy pour 7; Penthallaz pour 17; Bournens pour 8 ; Boussens pour 4; Sullens pour 16 ; Penthaz pour 20 ; Villars-Ste-Croix pour 4; Crissier pour 1; Cottens pour 6; Siviriez pour 5; Pampigny pour 9; Colombier pour 6 ; Bettens pour 7 ; Disy pour 6; Vufflens-la-ville pour 21 et Gollion pour 22; somme, 276 focages. — Trente « chesaux » et maisons vacantes (c’est-à-dire non habitées, à Cossonay même, probablement) payèrent 32 livres et 15 sols; et dans le nombre celles des nobles Jaques Grux, Humbert de Cossonay, Pierre de Daillens et Nicod du Clos, furent taxées, chacune, à 355 sols. D’autres le furent à 30, 24, 18, 16, et celles de
places) en demandèrent l'exemption. Le village de Colombier fit de même **, et ceux de Bettens (à la demande de noble Louis de Bettens) et de Sévery (à celle de noble Pierre de Sévery) sollicitèrent une diminution #7. On ne voit pas qu'il ait été fait droit à ces demandes.
Ce giete donna lieu à un différend entre notre ville et le. seigneur de lIsle. Lorsque Jaques de Savoie avait remis (1472, 2 juillet) sa seigneurie de l'Isle à François de Glérens, sire de Berchier, en échange de celle de Surpierre, il y avait ajouté le village de Gollion, ainsi distrait de la seigneurie de Cossonay. Or, l’exacteur du giete ayant pris des gages à deux habitants de Gollion, le seigneur de l'Isle obünt du baillif de Vaud des lettres de recréance (recredencie) à ce sujet. Les nobles et bourgeois de notre ville s’en plaignirent au prince, tout en déclarant qu'ils se soumettraient à la décision de son conseil. Jaques de Savoie donna l’ordre d’assigner jour aux parties pour paraître à Morges devant ce conseil”. Selon sa sentence, rendue (1475, 3 mars) de
Rolette de Mollens et de frère Guy de Estanchia, moine du prieuré, à 10 sols. Les allaristes de St-Etienne, de St-Jean et de St-Claude avaient chacun une maison qu’ils n’habitaient pas.
#6 Quoique le duc Amédée VIII de Savoie eût distrait la seigneurie de Colombier de la mouvance du château de Cossonay, une partie du village de ce nom y ressortissait encore ; elle comprenait les hommes des nobles de Vuippens qui avaient appartenu jadis au chevalier Jean de Disy.
#7 Les grangers de noble Jean de Cossonay, à Senarclens, de noble Jaques de Daillens, à Boussens, et de noble Jean de Dullit, à Grancy, prétendirent aussi à une diminution (ce dernier du tiers, attendu qu’il était du ressort et non de la châtellenie).
#8 Ordre daté de Cossonay, le 7 mai 1474.
leur consentement mutuel *”*, les hommes de Gollion devaient, pour cette fois, contribuer à la fortification de Cossonay, sous réserve que, S'il était jugé plus tard qu’ils n'étaient pas du ressort de cette ville, ce paiement serait sans conséquence pour eux *°. François de Glérens estimait que, depuis l'échange de 1472, Gollion ne ressortissait plus à Cossonay *”.
Mais si, d’un côté, on contestait à notre ville que Gollion fit partie de son ressort, ceux des hommes des villages de Bussigny et d’Ecublens, qui y appartenaient, en faisaient, d’un autre côté, la confession, Le lieutenant du châtelain siégeant ** pour recevoir les montres d’armes *® de la ville,
259 Le sindic Jean Gervais, assisté du vice-procureur fiscal de Vaud (Jean Chapuisii), parut devant le conseil au nom de notre ville, et noble Guillaume de Gallera, châtelain de lIsle, au nom du seigneur de cet endroit.
260 Depuis 1474, Gollion ne contribua plus à Cossonay.
261 Cependant la seigneurie de l’Isle (y compris Gollion) avait été remise à François de Glérens sous la mouvance du château de Cossonay, puisque Jaques de Savoie y avait réservé à celui-ci le droit de dernier supplice. Toutefois on ne voit pas que l’Isle ait jamais contribué à la fortification de Cossonay. C’est que cet endroit était lui-même un bourg fermé de murailles et ayant sa charte de franchises. D'ailleurs les ressortissants de l’isle devaient la guette à raison de la four de PIsle (située près de la source principale de la Venoge). Les restes de celte tour (ronde) se voient encore ; leur solidité cst même si grande qu’ils résistent aux efforts tentés pour en prendre les matériaux. Dans notre opinion, la seigneurie de lisle {y compris Villars-Boson) était, alors que la maison de Cossonay la possédait, une sirie, c’està-dire une seigneurie de la nature de celle de Cossonay.
#2 « Sedente pro tribunali provido viro Anthonio Prenleloup clerico et burgensi de Cossonay locumtenente providi viri Bonifacii de Grangia castellani de Cossonay. »
#5 Les « monstres » (revues, inspections d’armes) n'avaient rien
de la châtellenie et du ressort de Cossonay, « à cause du temps duvieux (critique) qui était au pays, » et par ordre du conseil du prince, ces hommes ** se présentèrent devant lui (1474, 11 décembre), à Cossonay, avec les autres de la seigneurie, au lieu et à l'heure accoutumés ; 1ls s’acquittèrent des montres et promirent (lant pour eux que pour leurs successeurs), par serment, d’appartenir désormais au ressort et à la fortification de Cossonay, d’être fidèles au comte de Romont, à ses successeurs et à notre ville, et aussi de servir, obéir et ressortir, fossalier, veiller, bâuir, contribuer et faire tout ce qui concernait la fortification de la ville, comme les autres ressortissants, en cas de nécessité 5,
Dans le très-petit nombre de comptes de notre communauté, antérieurs au milieu du XVI" siècle, qui nous restent encore **, on remarque celui des sindics Jean Gervais
de commun avec le devoir féodal de la chevauchée, mais étaient une conséquence de l’host, qui imposait à chacun l’obligation de s’armer pour l'intérêt commun et la défense de la patrie.
264 Dix hommes, tant de Bussigny que d’Ecublens, parurent, le 24 septembre 1475, aux « monstres » qui eurent lieu à Cossonay.
265 Le donzel Louis de Bettens et les frères Augier (Augerius) et Gabriel de Gruffy approuvèrent (1477, 5 mai) l'engagement de leurs hommes et sujets de Bussigny et d’Ecublens. Nicolas de Gruffy (oncle d’Augier et de Gabriel), abbé du lac de Joux, et le même Louis de Bettens avaient acquis ces hommes et les hommages qu’ils devaient de Jaques de Russins, seigneur d’Allaman. Ils provenaient du chevalier Iblet de Challant et avaient été jadis reconnus aux sires de Cossonay (Grosse Quisard). Nous pensons que leur obligation de ressortir à Cossonay élait tombée en désuétude et qu’elle fut remise en vigueur par la reconnaissance rapportée.
266 Nos archives n’en possèdent que trois; il a déjà été parlé des
on
et Jean Rosset, du 26 juin 1474 à pareil jour de l’année suivante. Les circonstances où se trouvait alors la patrie de Vaud lui donnent de l'intérêt, et 1l témoigne de l'inquiétude et de l’agitation qui y régnaient. Nous en citerons quelques articles :
Le conseil fit acheter 24 livres de poudre à canon, à raison d’une coupe (2 quarterons) de froment la livre 7.
Il fut payé 6 sols et 6 deniers pour le diner du conseil, lorsque celui-ci ordonna que les sindics laissassent tout pour s'occuper des forufications.
53 sols furent payés pour la dépense, à Cossonay, dés seigneurs gouverneur, président et procureur de Vaud et du seigneur de Glérens, le mardi avant la St-Barthélemi, lorsque tous les membres du conseil furent appelés, ainsi que les députés de la baronnie (\h de terra) et que le gouverneur leur ordonna de faire, bon gré malgré, le pont (sur la Ve- . noge?) ajoutant qu’il serait établi un capitaine, qu'ils paieraient.
14 sols sont portés en compte par le sindie (Gervais) pour ses journées , lorsqu'il fut envoyé à Romont, auprès du seigneur gouverneur, parce qu’on disait alors que les Allemands étaient vers le pont de la Thièle, ainsi qu’en fait foi la copie d’une lettre écrite par Nicod de Lavigny, châtelain de Morat*.
8 sols pour les journées de deux membres du conseil envoyés à Morges sur l’ordre du gouverneur de Vaud.
deux plus anciens. Depuis l’année 1551, la série en est, à peu d’exceptions près, complète.
#7 Prix exorbitant, équivalant à environ 40 de nos batz actuels.
#8 En août, septembre ou octobre, de l’année 1474.
22 sols pour la dépense de noble Georges Marchand et du sindie Gervais, envoyés à Lausanne, aux trois Etats (ad tres status), où ils vaquèrent deux jours*”.
28 sols pour la dépense des deux sindics envoyés à Moudon le 10 décembre (1474), jour où, après le coucher du soleil, furent élus (à Moudon) le seigneur baillif de Vaud et deux autres députés pour se rendre à Fribourg, au nom du pays.
S sols pour la journée de deux députés envoyés aux trois Etats, à Lausanne, le 20 décembre.
12 sols le jeudi avant la St-Antoine (1475, n. s.), pour le diner du conseil *”, lorsqu'on fit l'élection des soldats (servientes) qui devaient être envoyés à Romont.
G sols et 6 deniers pour le diner du sindic Gervais et de six autres personnes qui attendirent les soldats de la chàtellenie allant à Romont. Ce jour-là quarante soldats sortirent de la ville et le conseil leur fit donuer à diner.
70 sols pour la dépense du sindic Gervais et de Pierre Buchillon , nommés pour aller présenter les soldats au seigneur gouverneur de Vaud, à Romont. Arrivés à Lucens, ces soldats furent renvoyés chez eux jusqu’à nouvel ordre ?*.
22 sols pour la dépense de noble Georges Marchand et Jean Blanchernard envoyés aux trois Etats à Lausanne , où ils vaquèrent deux jours.
269 C’est la première indication positive des trois Etats que l’on trouve dans nos archives. C’est aussi, croyons-nous, le plus ancien document connu jusqu'ici, où l’expression les trois Etats soit employée pour Ja partie du pays de Vaud soumise à la maison de la Savoie.
270 Et le vin envoyé à Jean Rosset, l’autre sindic, qui était malade.
271 Gervais suivit « les seigneurs » (sans doute le baïllif et autres
8 sols pour la journée du sindic Gervais et de Vuillelme Huguet, conseiller, envoyés à Morges auprès du gouverneur de Vaud qui les avait fait mander; mais ils ne l'y trouvèrent pas, parce qu’il était à Genève, auprès du seigneur évêque, el nihil fecerunt.
14 sols pour la dépense du sindic Gervais, envoyé à Moudon par le conseil, le mercredi après la fête de St-Pierre in cathedra.
42 deniers, le lundi après le dimanche de Remimiscere pour le diner de celui qui ordonna, de la part du seigneur de Glérens, que tous les compagnons (les soldats) de Cossonay se trouvassent vers la fontaine de Disy lorsque l’Ave- Maria sonnerait ?”?.
28 sols pour deux journées des sindics Gervais et Mermet de la Sarra (successeur de Rosset), envoyés à Moudon.
6 sols pour le diner du conseil le jour où ces sindics rendirent compte de ce qu’on avait fait à Moudon, rapportant que les Fribourgeois avaient conseillé à la patrie (de Vaud) d'envoyer en ambassade, auprès des alliés (les Suisses), l’évêque de Genève et le sire de Miolans.
12 sols dépensés le lundi après le dimanche de Judica me, lorsque le conseil s’assembla et fit marché avec Guillaume Vaney et Pierre Curtet pour pratiquer des meurtrières (foramina scopando) aux murailles de la ville, à raison de deux sols et demi par ouverture.
personnes marquantes) à Lausanne, où il apprit la mort de Jean Rosset (le second sindic).
7% Le seigneur de Glérens était-il peut-être le capitaine de la baronnie? I est probablement ici question de François de Glérens, seigneur de l'Isle et de Berchier.
Le même jour, le seigneur prieur donna (à la ville) deux serpentines, et le clergé séculier de la ville cinq couleuvrines (colouvrinas de passa) "5.
15 deniers pour le repas du sindic et de Guillaume Vanay, qui visitèrent les meurtrières (foramina).
20 sols pour les journées de noble Humbert Marchand et du sindic, envoyés par le conseil aux trois Etats à Lausanne, le mercredi après Pâques (1475).
6 sols pour la dépense de celui que le châtelain et le conseil envoyèrent, à Pontarlier, le dimanche de J'ubilate, pour apprendre ce qui était arrivé et ce que les Allemands (les Suisses) faisaient alors 7".
5 sols pour le diner des nobles Pierre de Yens, Humbert Marchand et Jean de Villars, le jour où l’on essaya les courtauds *”; et 12 deniers à ceux qui les portèrent et les rapportèrent à la maison de ville.
4 sols pour le diner et le souper de trois personnes qui s’occupèrent des couleuvrines °°.
Le 1% mai, on acheta « la fonde » d’un gros chêne pour faire la châsse (laz chassa) de la bombarde *7.
2 sols livrés, le dimanche avant la St-Georges, à ceux qui
2 Le compte observe que le même jour Reynaud Baley (banneret soit porte-bannière) eut une querelle avec frère Guy de Estanchia (moine du prieuré).
27 « Quo modo factum fuit et quo modo sequebatur qua Alamagni tunc fecerunt et destusserunt (?). »
275 « Qua die tractum fuit les curtos. »
276 « Qui vacaverunt et alocaverunt colouvrinas. »
277 La bombarde était une machine de guerre dont on se servail pour lancer de grosses pierres.
apportèrent et rapportèrent la bombarde (laz bonbardallaz), alors qu’on l’essaya.
4 sols pour la dépense du gouverneur (soit sindic) envoyé à Morges, le mercredi avant la St-Georges, sur l'ordre qu’on devait y aller chercher de l'artillerie (artilleriam) **; mais il ven reçut point ; ceux de Moudon l’emportèrent.
16 deniers pour deux quarterons de vin, portés (chez l’aubergiste Buchillon) au seigneur de Viry et à sa société : la même quantité de vin fut donnée au maitre d'hôtel du comte de Bresse qui se rendait à Yverdon, auprès du gouvernerneur de Vaud, pour savoir de quelle manière 1l fallait agir contre les Bernois ?”.
Deux quarterons de vin furent donnés au gouverneur de Vaud et au sire de Menthon, celui-ci disant au premier que ie comte de Genève donnerait quatre mille hommes en quatre jours, s’il était nécessaire.
21 sols pour les dépenses du sindie envoyé par le conseil aux trois Etats, à Romont, sur l'ordre du seigneur baïllif de Vaud. I y vaqua trois Jours, parce qu’on attendit les Bernois ?°,
5 sols pour le souper du neveu (nepohs) du seigneur baillif de Vaud, nommé Boudon, qui vint à Cossonay, le iercredi après la St-Georges, ordonner qu'on fût chercher toute la terre et le ressort pour faire les « monstres »**. Aux
278 Par cetle expression, il faut entendre non-seulement des canons, mais aussi de la poudre, des munitions et des engins de guerre. #7 « Pro sciendo quo modo erat agendum contra bernenses. »
#0 « Quia spectatum fuit bernenses. »
#1 Le sindic et deux autres personnes parcoururent la baronnie pour exécuter cet ordre.
environs de l’Ascension , le président (du conseil du prince) et le châtelain (de Cossonay) pressaient ces montres.
Le vendredi après la St-Claude, le conseil envoya à Morges noble Nicod de Mont et le sindic Gervais, auprès du gouverneur de Vaud, qui avait ordonné d'envoyer douze soldats (servientes) à Ste-Croix, qu'ils firent réduire à cinq.
Jean de Pompaploz promit au conseil de faire venir Borjoud « pro faciendo arülleriam. »
On répara les portes de la ville et on fit la postella(?). Noble Nicod de Mont donna certain chêne pour faire les rivels et la croix de St-André de la porte de la postelle **.
20 sols furent livrés au tailleur de pierre qui avait fait les meurtrières derrière le bourg **.
On maçonna les meurtrières autour de la ville et on restaura la tour de la postelle; cette dernière opération coûta 7 florins.
Enfin, celui qui avait veillé sur la tour du château reçut 50 coupes de froment pour son salaire d’une année **.
2 4 Pro facieno les rivet et crucem sancti Andree porte postelle. »
288 « Qui scuparvit foramina retro burgum. »
284 Quatre muids d'avoine furent donnés au baillif de Vaud, à occasion de l’arrivée du comte de Genève et de son épouse à Lausanne. Du reste, les revenus de notre communauté, tant en deniers que grains, se ressentirent du temps critique dans lequel on vivait : les premiers furent de 87 florins, 10 sols et 2 deniers (dans lesquels le produit de l’ohmgeld n’est porté que pour 62 florins et 9 sols), et les seconds de 10 muids, 3 coupes et un quarteron de froment, seulement. Les dépenses (en deniers), s’élevèrent à 195 florins et fractions, dans lesquels 15 florins pour le salaire du sindic ou gouverneur (du premier, s’entend), {4 florins pour celui du recteur des écoles, et 4 florins et demi pour celui du directeur (pro gubernatione) de l'horloge. On voit par ce compte que, sur la supplication adressée
Le 24 septembre 1475, le châtelain Boniface de la Grange et son lieutenant firent l'inspection des hommes de la seigneurie qui devaient suivre la bannière du seigneur. Le rôle en
porte le nombre à 253. Peu après, le 11 octobre, cinquantedeux hommes de la baronnie furent élus pour se rendre aux Clées, et on leur ordonna ** de se préparer pour se présenter, le 16 du même mois, à Lausanne, au comte de Romont, leur seigneur. La prise du château des Clées, qui eut lieu le 23 de ce même mois, et les scènes sanglantes dont elle fut suivie ont été rapportées ailleurs. Il a été également remarqué que, des cinquante-deux hommes de la seigneurie de Cossonay, vingt-trois périrent dans celte expédition. D’Orbe, où elle était revenue après la prise des Clées, l’armée suisse envoya un détachement pour s'emparer du château de la Sarraz. Le sire Guillaume de la Sarraz s'était attiré l’inimitié des Suisses, tant par les sentiments hostiles qu'on l’accusait de nourrir contre Berne et ses alliés que par
au conseil du prince, la foire qui se tenait à Cossonay, à la St-Barthélemi, fut transférée à la St-Jean, et qu’on proclama ce changement à Lausanne, Morges, Aubonne et Orbe. Alors le sceau de la châtellenie se payait 12 deniers. On doit regretter la perte du compte suivant ; nous y aurions puisé des notions intéressantes sur les événements désastreux dont la patrie de Vaud fut le théâtre dans la seconde moitié de l’année 1475.
#85 Voir pour leur répartition la première partie de cet ouvrage, page 110, note 338. En tête de ce rôle se trouve Renaud Baley, alors banneret ou porte-bannière de la baronnie. L'approche des Suisses fut la cause de ces nouvelles montres. Nous avons vu qu’il y en avait déjà eu le 11 décembre de l’année précédente, et qu'aux environs de la dernière fête de l’Ascension, le président du conseil et le châtelain de Cossonay pressaient les montres.
286 En présence de noble Nicod de Mont et d’autres.
la conduite de son fils Nicod qui, sans y être astreint par le lien du vasselage, avait combattu à Héricourt et se trouvait encore au service du due de Bourgogne ”. La ville de la Sarraz se rendit sans résistance et fut épargnée**. Mais le château, pris d'assaut après une vigoureuse défense dans laquelle vingt-trois nobles vassaux et autres ressortissants de la seigneurie périrent, fut pillé de fond en comble et les vainqueurs y mirent le feu *°. Le baron s'était éloigné à l'approche des Suisses *°,
De la Sarraz, le détachement se rendit à Cossonay**”. La défense de notre ville parait avoir été confiée à ses seuls habitants et aux ressortissants de la seigneurie, et l’ancien château-fort des sires de Cossonay, peut-être négligé depuis l'extinction de leur race, n’était guère en état de soutenir un siége. Voyant l’impossibilité de résister à l'ennemi et n’attendant aucun secours, elle se soumit et traita de sa rançon, fixée à trois cents florins de Savoie, que ses sindics payèrent promptement. Ainsi, elle fut épargnée*”*. Cet événement est rapporté de la manière suivante dans un document de
nos archives ** :
#7 DeRodt, Hist. de la guerre de Bourgogne.
“8 Jbidem.
5% [bidem.
20 Jbidem.
2% Jbidem. Ceci doit avoir eu lieu le 25 octobre.
#% Notre ville dut peut-être ce traitement peu rigoureux aux recommandations des Fribourgeois, parce que la seigneurie de Cossonay faisait partie de l’assignation du douaire de la duchesse Yolande de Savoie. Cette considération avait préservé le château de Belmont, près Yverdon (de Rodt).
2% Procès de Cossonay contre Vufflens-la-ville, au sujet de la fortificalion . ;
VW
NS
« L'an de nostre Seigneur courant mille quatre cens septante et quatre (cinq) environ la feste de la tous sainets au moys d'octobre entrant au pays de Vuaud les communes ou soyt gens d'armes des villes de Berne, de Fribourg avecque leurs adhérens battaillant robustement et puyssantement avecque grands et terribles glaives à l’encontre de illustre seigneur Jacques de Savoye conte de Romont eys villes de Morat, Avenche, Payerne, Estavayer, Romont, Mouldon, Rue et Yverdon, Et estans les dictes villes et chasteau du diet pays de Vuaud rendues ey dictes communes de Berne et Fribourg les prenoyent à rançon pour cerlaine quantité et somme d'argent Et que per ce moyen les dictes bonnes villes feussent en seurté de n’estre bruslées et deffusion de sang Et que aussi per les dictes villes et communes ne fussent buttenées et pillées.
» Or est que les nobles bourgeoys et habitans de la ville, chastellanye et ressort du dict Cossonay craignyant que semblable accident ne leurs advinse Et voyant qu'ils ne pouvoyent avoyr aulcune ayde ny secours pour soy deffendre des dictes communes Berne et Fribourg vekuz qu'ils n’estoyent pas aussy puyssans que les sus dictes villes que s’estoyent rendues Et finalement qu'ils ne pouvoyent avoyr nul ayde ny secours s’ils se debvoyent rendre ou deffendre par le diet seigneur compte (comte) Parquoy n’ont trouver meilleur moyen de prévenir à tel accident que de composer avecque les capitaines advocats et conseilliers des dietes communes à la somme de troys cens florins de Savoye à payer promptement per Henrys de Leydessoz et Pierre Buchillion gouverneurs du dict Cossonay au nom de la dicte ville, chastellanye et ressort moyennant le-
» quel payement fussent saulfs de estre bruslés, pillagés et » viés, etc. **. »
Combien fut profonde l'impression de terreur produite par les Suisses, puisqu'elle était encore aussi vivante septante six ans après l’événement, ce récit datant de l’année 1551!
De Cossonay, où il ne paraît pas s'être arrêté, le détachement de l’armée victorieuse se rendit à Aubonne qui appartenait au comte de Gruyère, ami des Suisses, et y passa la nuit *”. Quant au gros de l’armée, 1l quitta Orbe le 25 octobre. Traité hospitalièrement à la Sarraz, il y trouva encore le chàteau en flammes*®; puis 1l vint coucher à Cossonay et y reçut en suffisance du pain et du vin *”. Là il apprit l’approche de la bannière de Lucerne et 1l fut décidé que, réunis, on avancerait sur Morges, où le comte de Romont se trouvait avec trois mille hommes de cavalerie, et dont le château avait une garnison. Mais, à l'approche de l'ennemi, frappés d’une terreur panique, cavaliers et garnison s’enfuirent, et le prince dut abandonner la ville. Celle-ci fit sa soumission, et l’armée alliée y entra sans résistance (27 octobre) **.
Les autres événements de la guerre de Bourgogne n’appartiennent pas ici. On sait qu'après la bataille de Morat un congrès se réunit à Fribourg (1476, 25 juillet) *”, et
#% Pour payer celte somme, un giete fut levé dans la baronnie, à raison de 22 sols par feu, le riche aidant au pauvre.
25, 2%, 297, 28 De Rodt, Hist. de la guerre de Bourgogne.
%% Le bâtard de Bourbon, amiral de France, y vint de la part du roi ; l’évêque de Genève, le duc de Lorraine, le comte de Gruyère y parurent en personne , avec des députés de Sigismond d’Autriche, de l'électeur palatin, des évêques de Strasbourg et de Bâle, des Etats
qu'on ÿ convint de nommer des arbitres avec pouvoir d’examiner les griefs de Berne et de Fribourg contre la maison de Savoie, et de prononcer définitivement ; et que, par leur sentence, le pays de Vaud fut rendu à cette dernière, mais à des conditions fort dures ®. Quant au comte de Romont, il perdit sans retour son bel apanage de la patrie de Vaud; ainsi la seigneurie de Cossonay retourna au duc de Savoie qui était alors Philibert Ier, dit le chasseur, sous la tutelle de la duchesse Yolande, sa mère.
Lorsque , quelques années après, ce jeune prince accorda (1480, 18 mars, à Chambéri) à la patrie de Vaud la confrmation de ses franchises ‘”, elle lui fit ** un don gratuit de quinze cents florins, à raison de 10 sols par feu. A l’occasion de ce subside et aussi des frais supportés pour le redressement de certains abus au sujet desquels le pays avait envoyé des députés au prince et les sindics de notre ville s'étaient rendus
de Savoie, du pays de Vaud, du Vallais, de la ville de Genève, des huit cantons, des villes de Soleure et de Bienne, et de Alsace (Muller, Hist. de la Confédération suisse).
500 La maison de Savoie devait payer aux cantons un dédommagement de cinquante mille florins, sous l’hypothèque du pays de Vaud, outre vingt-cinq mille et six cents florins qu’elle devait aux Fribourgeois, en particulier. Morat et Grandson resteraient en propriété aux Bernois et aux Fribourgeois, et les premiers garderaient les seigneuries de Cerlier, d’Aigle, des Ormonds et de Bex (Muller, Hist., etc).
54 Amédée de Gingins, sire de Belmont, autorisé par la noblesse et les villes, avait demandé au due cette confirmation (de Mulinen, Recherches sur les anciennes assemblées des Elats du pays de Vaud). Ce même sire de Belmont fut le receveur du don gratuit que le pays fit alors au duc,
392 A l’occasion de sa bonne arrivée.
aux trois Etats*®, une imposition fut levée dans la ville et la
châtellenie de Cossonay ; elle produisit 58 livres et 18 sols *.
Quoique l’église de St-Paul, ainsi que nous l'avons vu déjà, fût tout à la fois celle du prieuré et l’église paroissiale de la ville, son entretien était à la charge de la paroisse. Les comptes du recteur de la fabrique de cette église nous montrent cinq gietes *” levés pour y subvenir de 1479 à 1484.
Il est vrai qu’outre des réparations majeures à l'église même, deux cloches nouvelles avaient été faites et le beffroi réparé. Aussi, la ville, Phôpital et la confrérie avaient-ils fait des dons tant en argent qu’en grains ‘”, ainsi que les
505 « Pro reparatione cerlorum gravaminum actenus factorum in dicta patria, maxime pro detemptione Johannis Mailliardo de Rota et expensis inde factis tam per ambasciatores patrie quam sindicorum dicte ville de Cossonay eondo et redeondo pluribus vicibus tam versus dictum dominum nostrum quam ad tres status patrie » (1480 8 Mai).
30% Le clerc Jean Gervais en fut l’exacteur. Le messager (nuncius) de Moudon le gagea à diverses reprises, jusqu’à la conclusion du paiement; c’est que, par suite des malheurs du temps, il éprouvait de la difficulté à le recouvrer. Le 23 décembre 1480, Gervais livra au sire de Belmont 80 florins en déduction de ce que les ville, communauté et mandement de Cossonay devaient pour leur part du don gratuit (Quittatio spectabilis et potentis viri Amedei de Gingins domini Bellimontis velut receptoris gieti facti in patria Vuaudi, etc.).
3% Deux de ces gietes, à raison de deux sols par tête, produisirent 104 florins ; les trois autres furent perçus sur le pied de 12 deniers (par tête). Déjà, en 1470, il y avait eu un conseil général pour le fait de l’église, auquel trente-six personnes seulement avaient assisté.
30% Huit muids de froment donnés par la ville et l’hôpital furent vendus 28 florins. La confrérie donna 40 florins provenant de grain vendu, et ses recteurs livrèrent 13 florins, 8 sols et demi, qu’ils redevaient, etc.
villages de la paroisse ‘”. Le seigneur évêque de Lau-
sanne (Benoît de Montferrand) vint bénir les nouvelles cloches et visita en même temps l’église Ÿ. Sa suite se composait de dix-huit chevaux; il fut traité aux frais de la fabrique *®. On avait orné les églises de feuillage et sonné les cloches pour son arrivée *”. Les réparations de l’église
07 Lusseri donna trois coupes de froment ; la Chaux, Disy, Senarclens et Alens livrèrent ensemble 18 sols. Daillens (quoique non paroissien) donna aussi trois coupes de froment. — On paya à dom Girard Odet, chanoine de Lausanne, 105 florins pour sept quintaux de matière (métal) pour les cloches. On acheta à Genève de l’étain pour 58 florins et 10 sols, et on en acheta encore plus tard, ainsi que d'autre métal, pour 10 florins. Deux livres de cire coùtèrent 8 sols et 9 deniers. Ceux qui firent le creux pour fondre les cloches recurent 3 sols (en pain, vin et fromage). Il fut payé au maitre fondeur, pour la facture des cloches, 93 florins à raison de 24 sols le quintal (elles pesaient douze quintaux). Soixante livres de fer neuf, pour les ferrer, coûtèrent 26 sols; les deux baltants, qui pesaient septantedeux livres, furent payés sur le pied de 4 deniers la livre.
5% Le dimanche après la St-Jean de l’année 1479 (ou peut-être de l’année suivante) ; l’évêque resta le lendemain à Cossonay.
5® Le recteur de la fabrique livra au seigneur prieur (de Cossonay) 24 sols pour les dépenses du diner de l’évêque, le jour de son arrivée ; 24 sols au boucher pour les viandes achetées pour le prélat; 8 sols pour quatre coupes d’avoine pour ses chevaux ; 30 sols et 8 deniers pour foin, avoine et certains pots de vin, ceux-ci achetés du sindic Jean de Sauvernier et portés à l’évêque ; 6 sols et 9 deniers pour la dépense de ceux qui l'avaient accompagné ; 6 sols et demi pour une certaine quantité de petites bêtes (pullorum) pour le même seigneur, etc.
510 3 sols ct demi à cinq personnes « qui ramavyerunt ecclesias et pulsaverunt adventum domini. » L’évêque visita sans doute aussi les diverses chapelles de la paroisse (à Cossonay, Senarclens et la Chaux) et les églises de la baronnie. —- Au nombre des articles de dépense
de St.-Paul n'étaient pas encore terminées en 1484 °"!.
Les sires de Vufflens-le-château avaient d'ancienneté, à Penthaz et Bournens, dans la châtellenie de Cossonay, quelques hommes sur lesquels, ainsi que sur les biens qui appartenaient aux hommages (ruraux) qu'ils leur devaient, ils avaient le mère et mixte empire et l’omnimode jurisdiction. Ils estimaient les posséder en franc-alleu, et que ces hommes n'étaient pas tenus aux obligations des ressortissants de la seigneurie de Cossonay. Notre ville, nous le verrons, s’opposait de son mieux à ces prétentions. Elle avait été, en 4473, en différend avec Pierre de Duyn, co-seigneur de Vufflensle-château, et les hoirs d'Humbert de Colombier, seigneur de
de ce compte de la fabrique se trouve le suivant: 28 sols et 9 deniers à dom Etienne Fabri, vicaire de Sullens, « pro religendo graduale (le graduel) et pro vino quem solvit dictus rector foris eondo cum eodem et etiam dum posuit fermalia ; » la reliüre coûtait cher alors. On y voit encore un article de 26 sols pour certaines dépenses faites par noble et égrège homme Pierre de Bionnens (docteur ès lois) « in tenendo jornatam contra dominum priorem pro facto perrochie et Anthonii Gottroux. » Le même de Bionnens avait reçu deux chappons pour avoir écrit les articles contre le seigneur prieur sur le fait du même Gottroux. Claude Mignot « qui allocavit crucem dominicalem et cathedram » reçut 12 deniers. Enfin douze gros cloux coûtèrent 21 deniers; dix-huit coupes de chaux, 11 sols, et cent tuiles, 3 sols.
S4 Lorsque, le 5 septembre, le recteur rendit son dernier comple
aux sindics (noble Humbert Marchand et Henri Delaydessoz). Il était aussi question de réparer la cure, et le conseil général de la ville avait convoqué le conseil de la paroisse au sujet de cette réparation pour laquelle le curé réclamait l’assislance de la paroisse. Les fonctions de recteur de la fabrique étaient rétribuées (il porte en compte 10 florins pour son salaire de deux années et demi).
Vullierens”?, parce qu’elle forçait Humbert douz Boz, de Penthaz, que ces seigneurs assuraient être de leur omnimode jurisdiction (et mère et mixte empire), de contribuer à sa fortification, comme les autres hommes de Penthaz. Ils avaient obtenu du prince l’ordre au châtelain de Cossonay
de procéder à une information juridique. Il ressort des dépositions de plusieurs témoins de Penthaz et de Cossonay qu'ils n'avaient pas vu douz Boz fortifier à Cossonay, ni payer les impositions de cette ville, n1 y faire les montres, quoiqu'il fût toujours proclamé pour s'acquitter de ce devoir", Ainsi, de sa personne, douz Boz n’était probablement pas ressortissant de la châtellenie, mais il avait succédé aux biens de son beau-père qui, lui, l'était. La suite n’est pas connue.
52 Une partie de la seigneurie de Vufflens-le-château avait passé, par mariage, aux nobles de Colombier, seigneurs de Vullierens.
518 Les mardi et mercredi après la Ste-Luce de l’année 1475.
54 Un des témoins rapporta qu’à l’époque où l’éminent seigneur Barthélemi Chabod (trésorier de Savoie?) était détenu à Morges et où noble Anthoine Bolomier l'était à Cossonay, certain giete avait élé levé pour la fortification de cette dernière ville, et que Bornoz, beaupère de douz Boz, l'avait payé comme les autres hommes de Penthaz. Un second témoin rapporta la même circonstance du giete levé à l’époque de la détention de Bolomier, alors que lillustre seigneur dauphin, maintenant roi des Français (rex francorum), était en Allemagne (in partibus alamagnie). Un troisième témoin dit que, du temps où noble Pierre de Mont était châtelain de Cossonay, il (le témoin) avait, en qualité de messager (nuncius), gagé souvent des biens-meubles dans la maison des Bornoz, {ant pour des passements obtenus contr’eux que pour l’ohmgeld dù à la communauté de Cossonay et certaines impositions faites dans cette ville pour sa fortificalion et le seigneur de la patrie de Vaud. Enfin, selon un autre témoin, les hommes de Penthaz, et dans le nombre douz Boz, avaient
La charte de 1398 réservait au seigneur le forage du vin qui se vendait en détail, en taverne, dans la ville de Cossonay. Déjà, alors, le forage n’appartenait plus au seigneur, puisque le sire Louis (HP) l'avait abandonné, en 1387, à son prieuré de Cossonay. Or, en 1495, le révérend frère Pierre de Dullit, prieur, et ses religieux, étaient en différend avec les nobles et bourgeois de Cossonay au sujet de ce forage, les premiers prétendant l'avoir perçu, de temps immémorial, à raison de quatre pots pour tout tonneau contenant jusqu'à dix-huit setiers inclusivement, et les seconds constait point que le prieur et ses prédécesseurs l’eussent toujours perçu sur ce pied, mais que parfois, selon la con-
répliquant qu'il ne
tenance des tonneaux et la volonté des vendeurs, ils n’avalent levé qu’un, deux, ou trois pots; que si, par hasard (ce qu'ils ne croyaient pas), il constait qu’il en fût comme les religieux le disaient, cela était en contradiction aux franchises concédées à la ville (vide supra), et qu’en conséquence le prieur ne devait percevoir aucun forage pour des tonneaux d’une contenance moindre de dix-huit setiers. Enfin, en évitation de procès et pour arriver à une bonne paix, les partes transigèrent (18 juillet) de la manière suivante : le prieur et ses successeurs légitimes percevraient deux pots de chaque tonneau contenant jusqu’à neuf setiers inclusivement,
payé leur part d’un giete levé dans la ville et la châtellenie pour l'illustre seigneur Philippe de Savoie, à l’occasion de sa bonne arrivée à Cossonay (Arch. cant., tit. du baill, de Morges, coté n° 501).
55 C'est-à-dire Hugues Vigoureux, sindic, nobles Jean de Cossonay, seigneur de Rurey, et Jean de Sauvernier, discrets Henri de Laydess0z, Pierre Gollit, Pierre de Venoge, et Jean Blanchernard, bourgeois et conseillers de Cossonay, en leur nom et celui des autres bourgeois de la communauté.
quatre pots pour chaque tonneau contenant au-delà de neuf et jusqu’à dix-huit setiers (inclusivement), et huit pots, selon ce qui était dit aux franchises, pour tout tonneau d’une plus grande contenance *”.
On connaît les intrigues ou plutôt les fourberies du secrétaire ducal du Four (de Furno), et les suites amères qu’elles eurent pour le duc Charles IT de Savoie, trop faible pour résister aux exigences des villes de Berne et de Fribourg *?. Les bonnes villes et la noblesse de la patrie de Vaud lui accordèrent un don gratuit de douze sols par feu, pour l'aider dans le paiement des cent et vingt-cinq mille florins du Rhin qui lui étaient extorqués **; un giete fut donc levé dans la châtellenie de Cossonay ‘”. Pierre de Vuaulx, de Cottens, un des ressortissants de cette châtellenie, refusa d'en payer sa quote-part, se fondant sur une exemption du paiement de tout giete jadis accordée par un sire de Cossonay aux hommes de Cottens ”, et sur ce que lui, de Vuaulx,
516 Les frais seraient compensés. Pierre de Bonvillars, président de Savoie, Louis de Menthon, seigneur de Couete et de Samoëns, François de Gumoëns, seigneur de Bioley, et Charles de Champagne furent les {émoins de cette transaction.
#47 De Tillier, Hist. de l'Etat de Berne.
518 Par composition du 9 juin 1508 (de Tillier, ibidem).
519 F1 nous paraît très-probable que le don gratuit accordé au due, en 1508, par la noblesse et les bonnes villes, est celui qui donna lieu, la même année, au différend dont on va parler, entre notre ville et Pierre de Vuaulx, « pro facto de de furno. » Les pauvres (du moins à Cossonay), furent exemptés d’en payer leur part. On distinguait alors, à Cossonay, la ville, soit le quartier appelé le château, et le bourg, plus considérable que la ville proprement dite.
#20 Il n’est pas remarqué lequel des sires de Cossonay avait fait cette concession: le titre de celle-ci ne se retrouve plus.
n'avait pas contribué aux gietes précédents. La difficulté amenée par ce refus ayant été soumise à la décision absolue du conseil étroit de la ville de Moudon, celui-ei prononca (1508, 12 février) que, quoiqu'il fût dit dans le titre allégué par de Vuaulx que le sire de Cossonay d’alors exemptait les hommes de Cottens de tout giete, ce sire cependant n'avait pu agir que pour lui-même ; que Cossonay étant parvenu à la maison de Savoie, ceux des hommes de Cottens qui appartenaient à la mère châtellenie de cette ville étaient tenus de payer leur part du don gratuit accordé au seigneur duc actuel, étant sur le même pied que les habitants de la ville, parce qu’ils avaient passé au duc comme les autres bonnes villes du pays dont Cossonay faisait partie, et qu’ainsi de Vuaulx devait payer sa part du présent giete et de tout autre; enfin, que son allégation de n'avoir pas contribué jusqu'alors était sans valeur, parce qu'un particulier ne pouvait pas alléguer la prescripuon ou la possession contre la généralité. Les parties acceptèrent la prononciation **,
Sur l’ordre du duc de Savoie, le vice-châtelain de Cossopay (noble Jean Marchand) fit, en 1510 (12 février), les « monstres d'armes » de la baronnie. Deux cent cinquantesix hommes s'y présentèrent **. Il est remarqué que les
4 C'est-à-dire qui étaient sujets immédiats du seigneur.
#2 Le baillif de Vaud (Jean d’Estavayé, seigneur de Bussy et coseigneur de Mézières) en scella la charte. Benoît de Glannaz, seigneur de Villardin, Rodolphe Demierre, Jean Crespy, Jaques Cerjat, Humbert de Serrandans, Jean Gaule, Rodolphe Jolivet, François de Bulo, Boniface Bridel et Michel Frossard, « burgenses Melduni consules consilii stricti dicte ville, » prononcèrent la sentence.
#3 De ces 256 hommes, 71 appartenaient à Cossonay (dans le
armes de plusieurs consistaient en halebardes, arbalêtes et pertuisanes; l’un d’eux avait une couleuvrine et quelques-uns des plastrons.
L'élection des sindics de notre communauté se faisait encore, en 1510, à deux degrés , comme en 13992 %*, Alors six électeurs les nommaient; maintenant il y en a dix, que le conseil général, assemblé (le 26 septembre) à la maison de ville, choisit dans son sein. Outre les deux sindics ®*, ils élisent encore le recteur de l'hôpital St-Antoine et les deux inspecteurs de la confrérie du St-Espril. Les sindics ne sont plus qu’une année en charge * au lieu de deux. L'élection des conseillers se faisait sans doute aussi par le conseil général, On ne voit pas si leur charge était à vie.
Il a été parlé des plaintes qu’Antoine Favey porta, en 1512 environ, au duc de Savoie, contre notre communauté, à l’occasion des dégats qui, selon lui, se commettaient au château *7. Favey accusait aussi le lieutenant du châtelain de n’avoir pas maintenu l’autorité du due lors d’une
nombre le banneret, non nommé), 5 aux Chavannes, 10 à Alens, 10 à Senarclens, 16 à la Chaux et Itens, 5 à Villars et Lusseri, 18 à Penthallaz, 19 à Penthaz, 8 à Bournens, 16 à Sullens, 1 à Boussens (pourquoi si peu ?), 4 à Villars-Ste-Croix, 1 à Crissier, 16 à Vufflensla-ville, 9 à Bettens, 5 à Bussigny, # à Ecublens, 8 à Grancy, 8 à Cottens, 9 à Pampigny, 7 à Disy et 5 à Sévery. Il n’y en a point de Gollion, ni de Colombier.
2 Dès 1399 à 1510, nos archives ne nous apprennent rien au sujet de l’élection des sindics.
%% N, Jean de Mont et Claude Charrière furent alors élus.
#6 A la St-Michel de l’année suivante (1511), le conseil général se réunit de nouveau el nomma d’autres sindics, le temps des précédents élant fini.
327 Recherches sur les sires de Cossonay, etc., page 191.
arrestation faite dans la châtellenie par des officiers étrangers **. Un conseil général fut tenu en présence de l’écuyer Barth. Duzsillion , que le duc avait envové à Cossonay pour prendre des informations. Favey, assigné, ne parut pas, et le conseil répondit à ses divers articles de plainte.
Le duc Charles de Savoie étant venu, en 4517, dans la patrie de Vaud, les bonnes villes lui accordèrent un don gratuit à l’occasion de son heureuse arrivée. Cossonay y contribua de 86 florins, 25 sols et 6 deniers, bonne monnaie de Lausanne °°.
Les communautés avaient, dès les temps les plusanciens, e droit général de parcours sur leur territoire; ainsile propriétaire - d’un pré n’en récoltait que la première herbe. On soustrayait un fond à cette servitude en obtenant de la communauté, à prix d'argent, une passation à record qui permettait de le clore. Deux bourgeois de Cossonay, frères (Mermet et Jean Favey), avaient obtenu, moyennant l’entrage de cent sols et la cense de deux coupes de froment, la passation à record d’un pré, situé vers le bois de Vaud. Un de leurs descendants (Antoine Favey) convint avec notre communauté, en 1526, qu’il ne paierait désormais que la moitié de la cense, mais ne tiendrait plus à record que la moitié de ce pré °”°.
#8 « Et secundement Joh. Marchand, lequeux estoit lieutenant si
devant, que n’a pas maintenu l'autorité de mon dict très redoubté seigneur, c’est asavoyer d’une fillie que fuct prinse à Sinarclens près de Cossonay et de la chastellanie et prise par les serviteurs de ma Dame de la Sarra de queue ung ne fit personne de poursuyte. »
32% Livrés, le 12 novembre 1517, par noble Louis de Gruyère, coseigneur d’Aigremont (Acrimonlis), à Jaques Cerjat, donzel de Moudon, exacteur de ce giete.
‘3% Cette convention fut approuvée par les nobles, bourgeois, con-
Le moulin banal de Cossonay (communément appelé les grands moulins), situé sur la Venoge‘*”", était parfois alors d’un abord difficile. Le duc Charles de Savoie accorda à notre communauté (1532, 20 décembre, à Chambéri) lautorisation de construire un nouveau moulin dans les fossés de la ville, pour y moudre en temps de pluie et de nécessité. On le nomma, par dérision sans doute, de Courta-ploge.
Ïl ne subsiste plus depuis longtemps *. En même temps,
le duc abergea à la communauté le four banal de la ville, situé devant le château. Cette double concession lui imposa une cense annuelle de 6 florins d’or pour le moulin et de 41 florins (coursables au pays) pour le four *, outre 20 écus d’or pour l’entrage®". Le duc se réserva la jurisdiction et la directe seigneurie des choses remises ; et, au lieu de sufferte, les lauds et vendes de reprise en cas de mutation de sei-
seillers et prud'hommes de Cossonay (seize sont nommés). II est clairement exprimé dans l’acte que tenir un pré à record c’est y recueillir aussi la seconde herbe.
% À droite de la route qui tend à Lausanne. Jadis affermé pour environ 3/4 florins par an, il ne rapportait plus au duc que 18 florins annuels, depuis qu’il avait été abergé.
38 [] était déjà ruiné en 1592. Le moulin de Courta-ploge, situé au nord de la ville, du côté des Rochettes, à droite de la porte par laquelle on tendait à la Sarraz, ne pouvait guère être mis en mouvement que lorsque d’abondantes pluies grossissaient le faible ruisseau auquel le fossé de la ville servait de lit.
5% Selon la Grosse Panissod, ce four avait été abergé à la communauté pour 20 florins annuels. Le notaire Panissod, commissaire, renouvela les extentes de la ville et de la châtellenie de Cossonay en 1531 et années suivantes. Sur la fin du siècle précédent ces mêmes reconnaissances avaient été renouvelées par le commissaire Michel Quisard.
584 Berne réduisit à 4 florins la cense à payer pour le moulin.
gneur. Déjà, en 1414 (A1 octobre), le comte Amédée VIT avait accordé aux habitants des Chavannes, près de Cossonay, sous la cense annuelle de 26 sols, la faculté d’avoir un four.
Nulle partie du domaine de la communauté ne pouvait s’aliéner sans le consentement du conseil général des bourgeois. Celui-ci, assemblé dans la maison de ville, au son de la cloche, selon l’usage, autorisa la vente que firent, en 1532 (5 janvier), les sindics (François Marchand et Claude Charrière) à l’écuyer Antoine Darcet, de Moudon, de la moitié du pré de Marchet, pour 21 écus d’or au soleil.