‹ Chronique de la ville de CossonayChapitre 4 sur 30 · DOMINATION DE BERNE · texte numérisé non relu

DOMINATION DE BERNE

Âu commencement de l’année 1536, le pays de Vaud passa sous la domination bernoise. La facilité de cette conquête est encore une énigme, car 1] était attaché à son prince. Ne faut-il pas en chercher la cause dans les souvenirs de profonde terreur que les Suisses avaient laissés dans la pairie de Vaud depuis la guerre de Bourgogne, terreur que le sac d’'Estavayé, la prise des Clées, les scènes d’Orbe et autres justifiaient pleinement? On se soumettait parce qu’on croyait impossible de résister. :

L’armée bernoise venait de s'emparer du fort des Cluses (de l'Ecluse) et campait encore auprès de ce château, lorsque, le mardi 15 février, sept députés de la ville de Cossonay, munis d’une lettre de créance et de pleins-pouvoirs, se présentèrent à ses chefs, firent leur soumission et prétèrent serment d’obéissance %%. On leur promit de ne pas les contraindre au sujet de la religion; cependant on réserva que

85 Collection de Mulinen, correspondance et journal de Jean- François Nægueli, chef de l’armée bernoise. — Les capitaine, lieutenant, conseil et banneret de l’armée, mandèrent de Genève, le 17 février, au conseil de Berne, la soumission de Cossonay (Ibidem).

ceux qui parleraient de la Parole de Dieu ne seraient ni molestés, ni punis. On leur accorda encore le maintien de leurs libertés et coutumes et la faculté de percevoir les redevances communales, comme précédemment %%, Enfin, en leur déclarant qu'ils paieraient une rançon, on leur donna l'assurance qu’on ne leur ferait pas de mal*”, exceptant, néanmoins, la punition méritée de ceux qui se comporteraient grossièrement *.

Le 23 mars suivant, les commissaires bernois assemblèrent, à Cossonay, l’ancien conseil, et s’informèrent de la conduite du prieur et des moines du prieuré. On leur en donna des renseignements peu favorables. Le lendemain, ils ordonnèrent au châtelain de mettre le séquestre sur les biens de Pierre de Gléresse, seigneur de Lusseri et co-seigneur de Bavoy (dit M. de Bavoy) et de François de Lutry, mayor de la ville de ce nom; deux gentilshommes possédant des biens considérables à Cossonay et dans les environs, mais qui w’avaient pas encore fait leur soumission". Ils nommèrent

336 « Mu die Emoluments ibnen berlangen au laen, wie bon After ber, »

557 Ef qu’on ne mettrait pas le feu chez eux : « Gie nidt zu berbrennen noch fhübigen » (Ibidem).

558 « Borbebalten fo cinige fonderbare Leute fvüren, die groblich gebanbelt, au ftrafen, nat ibrem Serbienen » (Ibidem).

55% Ils portaient que leurs mœurs étaient très-déréglées el grossières: nous n’osons citer le passage y relatif (Journal des commissaires bernois).

40 Pierre de Gléresse habitait Cossonay, où il faisait partie du conseil. Il se libéra du séquestre mis sur ses biens en payant 300 couronnes de rançon. Quarante de ses paysans (à Chavannes-le-Veyron, Eclépends, Lusseri, Pampigny, Cuarnens et Bérolles) qui ne ressortissaient nulle part (c’est-à-dire que de Gléresse possédait sous la mouvance immédiate du souverain, ou peut-être en franc-alleu) en

quatorze personnes qui devaient composer le conseil étroit et former la cour de justice *”. Ces quatorze ne pourraient fonctionner qu’en présence du lieutenant, qui, lui-même, ferait partie du conseil et le présiderait. Ce lieutenant prêta serment en présence de la communauté. On interdit au

payérent 10. En outre, on lui imposa l'obligation de prêter personnellement hommage, à Berne, huit jours après Pâques (Ibidem). Pierre de Gléresse possédait encore, dans la baronnie de Cossonay, la co-seigneurie de Disy et un membre considérable de fief à Senarclens. — François de Lutry fit seulement sa soumission le 3 mai suivant, aussi lui prit-on son office de la mayorie (Ibidem), qu’on parait cependant lui avoir rendu plus tard.

SM « Biergebn gefeat, die des fleinen Math8 und dabeh Geriht und Recbt, balten. » C’étaient : Nicolas Marchand, lieutenant*, François Marchand, François de Sivyry (Sévery), Pierre de Laydessoz, châtelain de Vuillerens, Jean Masson, Jaques Pittet, Pierre Favey, Vuillelme Barrillier, Claude Charrière, Claude Prenleloup, banneret, Pierre Solliard, Claude de Lucinge et Jean Favey (ainsi treize seulement. Ibidem). La plupart faisaient déjà partie du précédent conseil. — On ne doit pas considérer comme une innovation que les conseillers fussent aussi les jurés de la cour du châtelain. Quoique par les institutions du moyen-âge tout prud’homme fût appelé à siéger au plaid, il y avait cependant, dès longtemps , des jurés institués et fixes , et ceux-ci, dans les villes, étaient ordinairement les membres du conseil. Nous avons vu qu’à Cossonay c'était déjà le cas en 1468.

#2 « Gollen alfmegen im Sebfein be8 Lieutenant bandeln, etc. » {Ibidem). Le lieutenant, à Cossonay, élait celui du châtelain, mais il est évident qu'ici lieutenant veut dire châtelain. Il est même fort possible que, dans le journal des commissaires, l’expression der €tatt: balter signifie également le châtelain ou le lieutenant du seigneur.

* Le journal des commissaires bernois le nomme François Nicolas, mais nous savons que noble Nicolas Marchand était châtelain de Cossonay immédiatement avant la conquête. Par les expressions lieutenant et châtelain, le journal cité désigne probablement la même personne, c’est-à-dire le lieutenant du seigneur de la ville.

châtelain et au greffier de participer au jugement *. Le lieutenant (baillival? 5er Statthalter) de Cossonay serait subordonné à un baillif que Berne établirait à Moudon ou à Yverdon. Îl y aurait appellation pour Cossonay comme pour le reste du pays®". En temps opportun, le lieutenant (Dex Gtatthalter) apporterait à Berne, rédigées, les franchises et coutumes de la ville, pour qu’on les y corrigeät **. Jusqu'à décision ultérieure de Berne, le sceau de la châtellenie ne serait pas supprimé **. Les quatorze du petit conseil nommeraient un grand conseil de vingt-quatre membres 7. Tout cela fut communiqué à la communauté. On défendit au

F3 « Der Tidadtian und ber Gerictfhreiber follen nidt Urtheil fprehen » (Ibidem).

#4 « Troftung und riebbruc. Xppellab foie andere » (Ibidem). Troftung signifie le serment qu’on faisait prêter à des ennemis personnels de pe point se permettre d’offenses réciproques. Griebbrud veut dire la violation de ce serment ou toute violation de la paix ou sürelé publique, par des particuliers. Tant l’astriction à la Troftung que la punition du &riebbruc étaient du ressort du juge criminel et inhérents au ban du sang, parce que les lois pénales affectaient la peine de mort à l'infraction du serment de la Troftung (Note de M. L. Wurstemberger).

#5 « Sol ber Statthalter, gelegene Beit, die Grebbeiten, coutumes,

in Gorift nad Bern fragen, bie au berbeffern » (Journal des commissaires bernois).

386 à Daë Giegel ber Caftellanie ibnen gelaÿen — bi auf meitern SBefcheid Unferer Gerren » (Ibidem).

87 « Die 14 follen den Groÿen Ratb erivablen, und fle benn borgebabt, nebmlid 24 Mann » (Ibidem). Le sens de la phrase und fie benn borgebabt présente des difficultés. Y aurait-il déjà eu précédemment un grand conseil à Cossonay? Les documents n’en font aucune mention, mais il y est souvent question du conseil général des bourgeois.

mestral de tenir sa cour jusqu’à nouvelle résolution ***. Et comme les habitants de notre ville avaient enlevé les images de leur église, on leur enjoignit de ne pas les y replacer, sans ordre, LL. EE, voyant avec plaisir qu'ils se résignassent”. On ordonna au lieutenant (bem Lieutenant) de sequestrer les biens des deux chapelles que le duc (de Savoie) avait à Cossonay ®° et ceux de la commanderie de la Chaux. Les conseillers et justiciers prêtèrent serment devant la communauté. Le lieutenant (baillival?) se ferait remettre les ütres et documents des églises ”*. Le prieur et les moines reçurent l’injonction de mieux se conduire. On prit des arrangements relatifs au moulin de Cossonay. Enfin la rançon de noire ville fut fixée à deux cents couronnes *. Tout cela eut lieu le 24 mars, journée importante pour notre communauté. — Une partie seulement de la nou-

388 « Dem mettro fagen, mit feinem Gericht ftill fteben — big auf meiner $erren Befheid » (Ibidem). On ne voit pas que dès-lors il y ait eu une cour du mestral. Sans doule que Berne ne {arda pas à acquérir, des nobles Marchand, la mestralie de Cossonay.

509 « Denen bon Coffonap gefagt, bie iveil fie die Gdgen aus der Rire gethan; follen fie die nicht vieber barein tragen, bi auf Unjer $erren Befheid, und Meine Gerren haben ein Wobigefallen baran, dbaÿ fie fidh fo fwobl fhiden » (Ibidem).

50 L'une était la chapelle fondée dans l’église, par les sires de Cossonay, sous le vocable de la bienheurcuse Vierge Marie, et qu’ils avaient richement dotée. Quelle était Pautre ?

3% « Der Statthalter bon GCoffonaÿ alle Gemabrjame der Pfarrer au feinen Sanben nebmen » (Ibidem).

5% « Denen bon Goffonat aufgelegt Rançon , nebmlit 200 Rronen » (Ibidem). ù

%% [ndépendamment des détails précédents, les sources citées nous en donnent d’autres qui concernent les environs de notre ville, On

velle organisation qu'on lui imposait fut mise à exécution %*,

Après l'issue de la dispute de Lausanne, Berne ordonna aux baïllifs établis par elle dans le pays conquis de détruire les autels et les images. Celui de Moudon (Jean Frisching) vint à Cossonay, et, le 4 novembre, en sa présence, on abattit les autels et enleva les images” des églises et chapelles

imposa le même jour, à Cossonay, une rançon de 20 couronnes à Pierre Mestral, seigneur de Cottens, qui avait fait sa soumission le 20 février précédent. Le noble de Dullit, de Grancy, vint y faire la sienne ; il paya plus tard 50 couronnes de rançon. Celle d'Anne de Mont, dame de Sévery, fut fixée (2 avril) à la même somme, tandis qu’on taxa son mari, le chevalier Pierre de St-Saphorin, commandant d’Yverdon, à 300 couronnes, et le seigneur de Montfort, Vuillerens, Colombier et autres lieux, à 400 couronnes (2 mai). On proposa (8 avril) à l’amodieur de la commanderie de Croze (« Croussit»), près Cossonay, membre de celle de la Chaux, qui payait 220 florins par an, de continuer son amodiation pendant encore deux années, mais il refusa. Peu de jours après, cette commanderie fut donnée à ferme pour 200 florins (d’autres biens d'église le furent aussi le même jour). Le capitaine bernois Zum Bach avait indiqué, le 17 mars, qu’il avait traité avec la dame de Berchier et les ressortissants de la seigneurie de lisle, et que le seigneur de l'Isle avait demandé un sauf-conduit (qu’on lui accorda) pour se rendre dans dix jours auprès des Bernois. On avait ordonné à ceux de l'Isle de venir tous ensemble le dimanche suivant, apportant leurs armures, sans exception.

5% L'établissement du lieutenant baliival (@tatthalter), s’il eut effectivement lieu, fut sans durée. Le conseil de vingt-quatre membres fut seulement institué dans le siècle suivant; cependant nous ne tarderons pas à trouver un conseil des dix-huit.

55 Ruchat, Histoire de la réformation de la Suisse, et manuscrit de Pierrefleur. — On avait donc remis les images dans l’église (note 549). Sans doute qu’on les avait ôtées plutôt pour plaire aux com-

de la ville et de la baronnie. Le prieur du prieuré, selon Pierrefleur, était mort le 26 octobre précédent, encore assez Jeune, de regret de ce que les choses allaient « tout au contraire de ce que sa conscience lui jugeoit, » et « rempli de bonne fame et renommée. » D’après le même, il était « homme clerc et de bonne lettre, » se nommait de Bierre, et était originaire d’Aubonne **. Le réformateur Jean le Comte avait prêché à Cossonay 7 (et aussi à Penthallaz). On sait que Berne publia, le 24 décembre 1536, édit complet de réformation pour ses nouveaux sujets. On ne connait pas le nom du premier ministre de notre ville. Lorsque cette réformation fut bien établie dans le pays, Berne y envoya des commissaires pour liquider les nombreux biens d'église. L'Etat en garda une bonne partie pour son domaine ; il en céda une autre aux villes, sous diverses conditions ; et en remit enfin une4roisième partie à des particuliers, principalement à titre d’abergement perpétuel et à des conditions favorables. Par cette mesure habile, Berne attacha à sa fortune une partie notable du pays conquis, l’intéressant à la durée du nouvel ordre de choses. On trouve parmi ceux qui profitèrent des dépouilles de l’église bien des

missaires bernois que par penchant pour la nouvelle doctrine. — Cossonay n’avait qu’une église, celle de St-Paul, dans laquelle de nombreuses chapelles avaient été fondées ; mais on trouvait encore dans notre ville deux chapelles, celles de St-Antoine, dans lhôpital de ce nom, et de Ste-Marie ou de Notre-Dame. Cette dernière, appartenant à l’hôpital peu riche de Ste-Marie, était bâtie sur l’emplacement du cimetière actuel.

56 Ces renseignements diffèrent de ceux recueillis à Cossonay par les commissaires bernois.

®7 Ruchat, Histoire de la réformation de la Suisse.

personnes dont les sympathies étaient sans doute pour la maison de Savoie *, Notre ville reçut sa part de ces biens.

%8 Indiquons les principales aliénations de biens d’église dans lancienne baronnie de Cossonay. Des nombreuses chapelles de Péglise de St-Paul, dame Rose de Cossonay, veuve du donzel Guillaume de Bionnens, acquit (4545), pour 400 florins, les biens de celle de St-François; noble François de Lutry, pour 300 florins, ceux de la chapelle de St-Nicolas; et Jaques Gollie, bourgeois de Cossonay, pour 190 florins, les biens de celle des saints Sébastien et Etienne (arch. cant., tit. du bailliage de Morges, coté ad n° 684). Ces trois chapelles avaient été fondées par leurs prédécesseurs. Et l’on abergea à noble Jaques Cerjat, châtelain de Cossonay, sous l’entrage de 120 florins, et un sol de cense directe, une partie des biens de la chapelle de Ste-Madelaine (Ibidem). La vente et l’inféodation faites au profit de noble Robert DuGard de Fresneville, de la commanderie de la Chaux et des membres qui en dépendaient, ont été déjà indiquées (Recherches sur les sires de Cossonay, etc). Onremit (1542, 23 octobre) au même, sous hommage de la terre de la Chaux et pour 1200 florins, cinq poses de vigne à Lonay, trois à Perroy et deux à Echichens, provenant loutes du prieuré de Cossonay (Ibidem). Les terres de ce prieuré, au territoire de Cossonay, furent abergées (200 florins d’entrage et 4 gros de cense directe) à noble Jaques Cerjat, nommé ci-dessus (Ibidem). En échange de la dixme de Corcelles (au bailliage d’Yverdon) et de la mestralie de Chavornay, François d’Alinges, seigneur de Montfort, et Marguerite, dame de Colombier, sa femme, reçurent (1544, 24 janvier) la grande dixme d’Aclens et de Romanel, qui appartenait à notre prieuré (Ibidem, coté n° 642). Pour le moment, l'Etat conserva les autres biens du prieuré, qu’il aliéna néanmoins plus tard (à l'exception de la grande dixme de Cossonay, qu'il a conservée jusqu’à la révolution de 1798). A l'égard des cures, les biens de celie de Sullens furent abergés (1040 florins d’entrage et 12 sols de cense directe) à Jean Roux, de Grandvaux, notaire (Ibidem, coté ad n° 684). On céda (1553, 14 juillet) ceux de la cure de Penthaliaz, en bâtiments, terres, censes, corvées et une petite dixme, à noble François Charrière , châtelain de Cossonay, pour 400 florins de ca-

On lui céda ceux de la cure et de « la clerge » (c’est-à-dire

du clergé séculier de Cossonay ””), moyennant qu’elle payàt

pital et 2 sols de cense directe (Ibidem, coté n° 718). Les terres (prés et champs) de la cure de Penthaz furent abergées (520 florins d’entrage et 6 sols de cense) à Jean Bornoz, de ce village (Ibidem, coté ad n° 684); celles de la cure de Grancy à Michel Paindavoine et Claude Solliard (Ibidem , coté n° 680), et celles de la cure de Vufflens-laville à Pierre Henriod (Ibidem). Noble Jean Vuillermin, de Morges, obüint, moyennant 260 florins de capital et 26 florins de cense directe, les biens de la cure de Pampigny”, puis encore les {erres (et possessions) du prieuré de Bettens (800 florins d’entrage et 12 gros de cense directe. Ibidem, coté n° 684). LL. EE. avaient cédé (1539, 10 février), au seigneur de Vuillerens et Colombier (François d’Alinges, seigneur de Montfort, etc.), les cures de Colombier, d’Aclens, et de St-Christophe près d’Aclens (et aussi de Réveroles), avec leurs revenus, à condition d’entretenir « un prédicant » à Colombier et Vuillerens, auquel il donnerait annuellement 200 florins, outre une bonne maison, «un curtil et une petite oche. » Elles lui remirent encore (1542, 25 octobre), et à sa femme Marguerite de Colombier, en augmentation de fief noble et sans aucune charge : 1° les biens du chapitre soit collége de Vuillerens**; 2 ceux de la cure de cet endroit, annexés à ce chapitre, à charge de pourvoir le prédicant d’une habitation honnête et suffisante ; et 5° les biens des chapelles de St-Sulpice à Vuillerens, de la Ste-Vierge, de Sl-Jean-Baptiste et de St-Antoine à Colombier, et cela en échange de la mestralie d’Yverdon*** (Arch. cant., Quernet des terres de Colombier et Vuillerens, stipulé par Bulet, en 1627). Dans la seigneurie de l'Isle, on abergea (1543) les immeubles de la cure à noble Pierre Pontherose, de Morges (300 florins

* Le sire de Montricher avait la garde de l’église de Pampigny, ainsi que les droits de cette église, pendant qu’elle vaquait de recteur (Dénombrement des fiefs nobles du bailliage de Morges).

** Ce collége avait été fondé par Louis, Jean et François de Colombier, frère, père et oncle de dame Marguerite, et dame Pernette de Menthon, sa mère (Quernet de la terre de Vuillerens).

*#* Le seigneur et la dame de Vuillerens payèrent à LL. EE. 5600 florins de retour,

la pension du ministre °° et entretint la maison de cure. P

Lui abandonna-t-on aussi les ornements et vêtements de son église, ainsi qu’on les avait cédés à d’autres villes *? Enfin on lui donna encore les biens de la confrérie du St-Esprit. Elle demanda plus, et députa à Berne deux de ses conseil-

d’entrage et 12 sols de cense directe. Tit. du bailliage de Morges, colé ad n° 684). Et Berne remit (1557) à noble Pierre de Dortans, seigneur de l'Isle, les dixmes de cet endroit, de Villars-Boson et de la Coudre (provenant de l’abbaye du lac de Joux et de la cure de l'Isle), en échange de censes directes à Bournens et à Sullens, que Jaques de Savoie avait cédées (1472) à François de Glérens (Ibidem, coté n° 647), et qui rentrèrent ainsi dans le domaine du château de Cos- SOnaY.

8% De ces biens de « la clerge» , les suivants appartenaient spécialement à la cure: la maison de cure, avec le jardin ; douze poses environ de champ, franches de dixme ; « ung morcel de courtil, » Ja dixme de 20 ou 24 poses, au territoire d’Alens (au-dessus des bois de Penthallaz); le tiers des corvées de charrue de la paroisse, dites corvées de carême, à cause de l’époque où elles étaient dûes ; et le tiers de la dixme des novalles de la paroisse. Le clergé possédait la moitié de la dixme générale de Senarclens, que lui avait lêguée noble Jean de Cossonay, seigneur de Rurey, des vignes à Lonay et des censes dans les diverses localités de la baronnie.

360 Savoir : 150 florins, 24 sacs de froment et 6 sacs d’avoine. On l’augmenta avec le temps.

564 Aucun acte écrit ne fut donné à notre ville de cette concession ; mais, à la fin dusiècle, LL. EE. ordonnèrent, après des recherches dans les archives de l'Etat, qu'elle demeurerait dans son possessoire, et ralifièrent (1591, 47 novembre) la concession précédente (Dénombrement des fiefs nobles du bailliage de Morges).

3% Ruchat, Histoire de la réformation de la Suisse. Indépendamment des ornements de son église, Moudon reçut encore son argenterre.

lers *%, afin d'obtenir, pour son hôpital, les revenus de la chapelle Notre-Dame (des sires de Cossonay), et, pour ellemême, le forage du vin et la maison de la chapelle de St- Sébastien (pour y tenir l’école et loger le maître). On leur accorda celle-ci, mais on leur refusa les riches revenus de la chapelle, ainsi que le forage. Cependant, comme compensation, Berne alloua (1846, pénultième février) à l'hôpital un muid annuel de blé (à la mesure de Morges) pour aussi longtemps que LL. EE. le trouveraient bon, et jusqu’à ce qu’un des prêtres « de la clergie alle de vie en trespas **, » restriction qui nous montre que, sur les biens d'église qu’elle avait reeus, notre ville payait une pension aux membres du clergé de Cossonay qui avaient embrassé la réformation *® (les autres avaient dû quitter le pays). Enfin Berne accorda encore à l'hôpital trente florins annuels, en compensation du banquet de la concession que le prieuré faisait chaque année aux prêtres et aux bourgeois de la ville, ainsi qu'aux pauvres, le jour anniversaire de cette concession et le lendemain, en suite de l’obligation imposée par Jordane, dame de Cossonay, lors de l'abandon de la dixme de Chibie °°.

5% François Charrière, lieutenant du châtelain, et Michel Paindavoine.

504 Le curé de Cossonay avait deux prêtres séculiers pour l’assister dans ses fonctions.

565 En 1572, notre ville payait encore, sur le « bien de la clergie, » une pension annuelle de 6 florins, outre le blé, à Pierre de Migleris, ex-moine du prieuré.

366 Recherches sur les sires de Cossonay, ete. Aux termes de la concession de dame Jordane, huit prêtres et huit clercs devaient prendre part à ce repas. Il n°y est fait mention ni des bourgeois, ni des pauvres.

Une autre concession de Berne à notre communauté fut celle du bois de Vaud, appartenant au domaine du château. On le lui céda (1539, 11 septembre *°”) en abergement perpétuel , sous la cense annuelle de 36 sols (avec réserve de la directe seigneurie, de la jurisdiction et de la souveraineté), et 420 florins d’or d'entrée. Et comme cette forêt était« bois de bans à LL. EE., » c’est-à-dire non soumise aux droits de parcours et d'usage *Ÿ, on autorisa notre ville à établir un forestier pour la garde de ce bois, « en telle prééminence comment et au lieu de nos dicts seigneurs. »

Des étrangers inondaient alors le pays, s’établissant dans les villes au préjudice des bourgeois. Le dimanche avant la St-Michel de l’année 1541, les nobles et bourgeois de Cossonay, assemblés, selon l’ancienne coutume, pour élire les sindies, rendirent *” les ordonnances suivantes au sujet de ces « avenaires » quic foullaient et consumaient les pasquiers commungs, » portaient dommage à leurs « fruictaiges, » de jour et de nuit, et préféraient plutôt travailler pour les « villagiens » que pour la ville où ils résidaient: 1° Que ces avenaires dussent, dans un terme donné, « aller querre leur lettre de chastellayn ou de curé, » pour qu’on apprit quels étaient leurs noms, « fame et conversation, » et s'ils avaient été « délinquants en quelque chose » dans leur pays. 2° Que,

307 C’est par erreur que, dans les Recherches sur les sires de Cossonay, etc., la date de l’abergement du bois de Vaud est indiquée sous l’année 1550.

% L'existence des biens communaux et leur usage remontent aux temps les plus anciens des monuments germaniques. Chaque habitant pouvait faire paitre son bétail et couper le bois nécessaire à son usage dans les forêts du territoire qui n’étaient pas « de ban. »

3% En présence de noble Jaques Cerjat, châtelain de Cossonay.

s'ils étaient trouvés gens « capables » et de bien, et qu'ils voulussent demeurer à Cossonay, chacun d’eux payât dix florins pour une fois, applicables « au commode de la reipublicque » (au profit de la communauté), mais que, s'y refusant, ils quittassent la ville. 30 Que ceux d’entr'eux qui liendraient du bétail sur les possessions et pâturages des bourgeois, payassent annuellement trois sols par tête de bétail. 40 Enfin que ceux de ces avenaires reconnus « capables, idoines et non taillables, » qui voudraient plus tard « jurer et entrer la bourgeoisie » de la ville en remplissant les conditions requises, seraient exempts, depuis leur admission, de la redevance des trois sols. Berne approuva (19 décembre suivant) ces ordonnances, tout en spécifiant qu’elles n'auraient pas d'effet rétroactif. De semblables statuts avaient été rendus dans plusieurs des villes du pays « par la grâce de Dieu conquis par Leurs Excellences. »

Toutes les décisions importantes appartenaient encore au conseil général des bourgeois; toutefois ses assemblées n’étaient plus suivies avec le zèle précédent, et il enjoignit, en 1545 (31 décembre), à tous les bourgeois, sous le ban de trois sols, « sans merci, » d'assister à ses réunions.

Notre communauté avait l'habitude, après la conquête bernoise (et peut-être aussi auparavant), d'affermer ses divers revenus. L’on trouve des amodiations de ceux de l’hôpital St-Antoine, des terres de cet hôpital, de la dixme de Penthallaz, des revenus de la confrérie, des biens du clergé, de l’ohmgeld, etc. Elles avaient lieu en conseil général, et ordinairement pour trois ans. Ainsi, en 1541 (4 juillet), le donzel François de Siviriez afferma, pour ce terme-là et au prix de 450 florins (soit 150 par an) les revenus de l'hôpital. Ceux de la confrérie s’amodièrent, en 4548, sur le pied de cinq muids

et deux coupes de froment, par année, outre 31 florins en argent. Le conseil général décida, en 1553, qu’on établirait un receveur pour recouvrer les revenus de l’hôpital, de la clergie et de la confrérie. Cependant on afferma, la même année , la dixme de Penthallaz °°, et, deux ans plus tard, ces mêmes revenus de l'hôpital et de la confrérie ”". On céda, en 1555, à noble Pierre Masuyer, ministre de la Parole de Dieu à Cossonay””?, « le bien et le revenu de la clergie, » pour six années, en lieu et place de sa paie. La ferme de l’ohmgeld rendit 220 florins en 1551, et 240 en 1554.

370 Au prix de 560 florins pour trois années, outre 15 florins pour les vins, un banquet aux seigneurs conseillers, le paiement de la cense (dûüe sur cette dixme) au cause-ayant de la cure de Penthallaz, et 50 gerbes de paille à livrer chaque année à l’hôpital.

571 Toujours pour trois ans, à raison, chaque année, de huit muids de froment et de 54 florins, outre un banquet, le jour de la fête de St-Antoine, aux conseillers et auditeurs des comptes. Cette amodiation ne comprit ai la dixme de Penthallaz, ni la cense en froment que LL. EE. payaient à la confrérie et à l’hôpital, ni enfin les terres de celui-ci, alors affermées, particulièrement, pour six coupes de froment par an.

52 Pierre Masuyer, déjà ministre à Cossonay en 1545, serait-il le premier de nos pasteurs ? On le qualifie frère, dans une autre circonstance, d’où l’on peut inférer qu’il avait été moine. Il paraît avoir appartenu à une famille noble.

5% Noble François Marchand, fermier de l’ohmgeld, avait intenté, en 1549, un procès à notre ville pour qu’elle l’indemnisät de ce qu’il n’avait pu recouvrer celui de cinq chars de vin vendus, à 5 sols le pot, dans la maison de la cure de Sullens. Il avait perdu un procès contre Jean Ros (Roux), propriélaire de cette maison, celle-ci ayant été reconnue franche de l’ohmgeld. Le châtelain de Cossonay donna gain de cause à la ville. Mais Wolfgang d’Erlach, baillif de Moudon et du pays de Vaud, la condamna (5 novembre 1549). Enfin Marchand fut déclaré non fondé dans sa prétention par le trésorier Hans Steiguer,

Nous trouvons, en 1553, les fermiers de l’ohmgeld en procès avec Antoine Baucion, de Bournens, dont la maison dépendait de la jurisdiction de M. de Montfort (François d’Alinges) dans ce village, et qui prétendait, pour cette raison, la soustraire au paiement de cet ohmgeld. M. de Montfort s'était constitué son garant. La difficulté continuait encore deux années après (1555, 8 septembre), un arbitrage devait avoir lieu, et M. de Denisiez (François Cerjat) être l’un des

arbitres de la ville. Nous ne connaissons pas la sentence.

Des réparations majeures aux tours + et murailles de la

ville, donnèrent lieu, en 4550, par ordre de Berne, à la levée d’un giete dans la châtellenie et le ressort °°, Il y avait alors trois cent-soixante focagers ou faisant feu dans la baronnie °®, dont deux cent-soixante et douze appartenaient à la châtellenie*’” et quatre viagt-huit au ressort”. Ceux de Pam-

juge des appellations du pays de Vaud, et cinq assistants de ces appellations, le 29 du mème mois.

57 La « fasson de la repiesson et fondement faicte en la tour vers jhospital qui tomboyent en ruine » coûla (compris les matériaux) 86 florins et 9 sols.

31% Le paiement s’en fit avec difficulté, à cause des procès que plusieurs des villages de la baronnie soutinrent contre la ville.

576 Suivant un rôle de l’année 1550 environ, probablement fait à Poccasion de la levée du giete.

377 90 feux à Cossonay; 8 aux Chavannes ; 13 à Alens; 1 au moulin de Cossonay ; 1 au petit Vallussard ; { à Crousa (Croze) ; 21 à Senarclens (dans le nombre les nobles Claude et Gauchier Farel pour un feu); 19 à la Chaux ; 8 à Itens ; 2 à Grancy; i au moulin du Veyron (à St-Denis); { à Lusseri; 5 à Cottens ; 29 à Penthallaz; 12 à Bournens ; À au moulin de Bettens ; # à Boussens ; 6 à Villars- Ste-Croix ; 1 à Crissier; 3 à Vufflens-la-ville ; 21 à Sullens el 26 à Penthaz.

38 38 feux à Vufflens-la-ville ; 1# à Beltens ; 5 feux des hommes

dl

pigny, Bussigny et Ecublens, n’y sont pas compris; on he Sail pourquoi.

379 rénova-

teurs des extentes de notre ville, faisaient alors auprès des villages de la baronnie, pour qu’ils confessassent l'obligation de contribuer à sa fortification, donnèrent lieu à plusieurs

Ce giete et les instances que les commissaires

procès. Déjà, avec Bettens, en 1550 (21 mai), pour le « rebâtissement des tours. » Cependant, le 23 juin suivant, les sindics de ce village prirent, devant le conscil étroit, l’engasement de prêter la reconnaissance demandée. Puis, l'année suivante (8 mars), avec Vufflens-la-ville et Disy. Ceux de Vufflens refusaient tout à la fois le paiement du giete et la prestation de la reconnaissance, prétendant être seulement tenus aux impôts levés par LL. EE., souverain de Cossonay et de tout le pays, et n'avoir d'autre obligation que de travailler, en personne, aux fortifications de la ville %°. Ils furent, par sentence souveraine, condamnés au paiement du giete, mais libérés de la prestation de la reconnaissance ( 1552, 12 déc.). Les villages de Penthaz, Penthallaz, Bournens et Senarclens, refusant de satisfaire à la sentence du baïlhif

de Hanns Frisching, seigneur de Daillens (est-ce à Daillens ou à Beltens ?); 9 à Disy; 8 à Grancy ; 10 à Cottens et 6 à Sévery. 59 Antoine Barrilliet et Dominique Humbert.

580 [ls ajoutaient que jadis ils appartenaient, pour la plupart, au seigneur prieur de Romainmotier, — L'accord du 14 juillet 1385, au sujet de Vufflens, entre le sire Louis (II) de Cossonay, et Jean de Seyssel, prieur de Romainmotier, est rappelé dans le procès, ainsi qu’une prononciation arbitrale, rendue, en 1526, par les baillif et procureur de Vaud (en présence du commissaire dueal), aux termes de laquelle Vufflens était et devait être des ressort el forlification de

Cossonay.

LS

de Moudon (du 44 avril 1555), qui les avait condamnés à forüfier à Cossonay, à terrailler, fossalier, payer giete pour cette fortification, ainsi que la guette, et à suivre l'enseigne, le conseil résolut (5 juin suivant) d'envoyer contr’eux deux députés à Berne. — Bettens, malgré son engagement, ne s’exécutait pas; on lui gagea donc quarante chêvres, chevreaux et « bouthets, » qu’on vendit publiquement, pour 40 florins, à la suite de trois criées*". Le baillif de Moudon condamna Bettens (1555, 2 janvier) à prêter la reconnaissance demandée, mais ce village en appela à Berne. Notre ville fut encore en difficulté, pour sa forufication, avec M. d'Aruffens (noble Jean Mestral *). Elle donna lieu (1554, avril) à « une journée d'amitié, » à Aubonne, avec ce gentilhomme, où Cossonay fut représenté par quatre députés. Bientôt après, le conseil d’Aubonne prononça amiablement sur le différend. Les sentences obtenues contre le s villages avaient rendu ceux-ci moins récaleitrans. Le conseil ayant décidé (1554, 24 mai) qu’on lèverait un giete de 17 sols par focage *, ils y consentirent et promirent de l’acquitter, Son produit était destiné à payer de nouvelles répa-

581 A l’occasion de ce procës, le conseil recourut aux bons avis de celui de Moudon, et demanda au commissaire-général Mandrot communicalion du quernet prêté par M. de Bettens.

5 Nous croyons qu'il était question des obligations des hommes de Pampigny, ressortissants de Cossonay, et que M. d’Aruffens agissait comme chargé de procuration des nobles François, Claude et Jaques de Menthon. C’est du premier de ceux-ci qu’il acquit Pampigny en 1560.

5 Ce giete pourrait bien être la continuation de celui de 1550.

Les comptes de ce dernier témoignent qu’il fut successivement payé jusqu’en 1556.

rations aux tours et aux murailles de la ville *. Cependant, sa rentrée éprouva des difficultés; à Sévery, à Graney, on leva des gages”. On se porta à de nouvelles mesures contre Bettens %°, qui ne remplissait pas sa promesse. Enfin, cependant, les gouverneurs de ce village, au nom des hommes sujets de noble Louis de Praroman et d’honorable Mayre Goudar (Gaudard), seigneurs de Bettens, prétèrent (1555, 2% janvier) la reconnaissance demandée 7. — Ces procès témoignent des efforts des villages pour se soustraire à leurs obligations envers le chef-lieu de la seigneurie, bien qu’elles fussent anciennes et constatées. Nous verrons ces efforts se renouveler.

584 Le 15 du même mois d'avril, on était con venu avec un maitre charpentier qu’au prix de 550 florins il couvrirait de tuiles la tour, appelée vers chez Gerabert, « de la part en allant aux Chavannes, » et celle « vers la grand porte, tendant de la ville au pré au moynoz,» et exécuterait d’autres réparalions.

585 La difficultéavecSévery durait encore en 1556. Alors noble Christin Chalon, au nom de ceux de ce village, vint pour « accorder » avec la ville. L’année suivante, on tint « une journée » (d'amitié?) avec le même Chalon ; on y convoqua M. de Denisiez et le mayor de Lutry.

586 On le gagea ; les gages levés (2 chevaux) devaient se vendre à Morges, lorsque le baillif de Moudon et du pays de Vaud ordonna (1555, 13 janvier) au châtelain de Cossonay de cesser les poursuites jusqu’à nouvel avis, et, en vertu d’ordres émanés de Berne, de se rendre incessamment auprés de lui pour informer en plein de la difficullé avec ceux de Bettens, apportant aussi les titres qui la concernaient. — Lorsque, le 17 décembre précédent, le conseil avait convoqué les gouverneurs des villages, « pour la réception de la tasche de la tour, » ceux de Bettens avaient paru avec les autres.

587 Sur les mains des commissaires rénovateurs, et dans la maison de noble François de Gruyère, seigneur d’Aigremont. On y rappelle celle de 1419, sur laquelle elle est basée.

Le mode d’élecuon des sindics où gouverneurs de notre ville diffère, en 1551, de ce qu'il était en 4510. Elle est toujours à deux degrés, mais ce sont les sindics, dont la charge expire, qui nomment, dans lassemblée du conseil général, dix personnes qui font cette élection et celle des autres fonctionnaires de la ville *.

Le conseil donna (même année, septembre) 20 florins à vingt « compaignons » (soldats) qui devaient se rendre à Moudon pour la bien-venue du baillif de cette ville Ÿ*”.

Lausanne, Cossonay, Orbe et Yverdon jouissaient d'une franchise réciproque de péage, c’est-à-dire que leurs bourgeois et habitants étaient exempts de le payer pour les marchandises qu’ils y achetaient pour leur usage. On ne connaît pas l’origine de ce privilége. LL. EE. ayant reçu de la part d'Orbe, Yverdon et Cossonay une requête relative au péage de la dernière de ces trois villes *”, chargèrent leur commissaire général (Nicolas Zurkinden) d'examiner les actes d’un procès auquel cette franchise de péage avait donné lieu en 1479. Après l’avoir entendu, ainsi que les députés des quatre viiles intéressées *’!, LL. EE. déclarèrent (1552, 2 décembre),

*% Dix électeurs, en 1584, nommèrent les gouverneurs de la ville, ais on ne voit pas s'ils avaient été élus par les gouverneurs qui sortaient de charge. ;

%# Cette circonstance est relatée dans les registres du conseil, qui commencent avec le 22 septembre 1550, quoiqu’ils présentent une lacune depuis 1555 (novembre) à 1578. Ils nous ont été d’un grand secours pour notre travail; il est maints faits dont, seuls, ils ont conservé les traces.

%% Vraisemblablement afin que Berne reconnüt la franchise du péage de Cossonay en faveur de ceux qui y avaient droit.

%1 Le conseil de Cossonay y avait envoyé (1551, décembre) Jean l'avey, avec les députés des autres villes.

que les bourgeois et habitants des dittes villes Lausanne, Cossonay, Orbaz et Yverdon, de tout ce qu’ils conduiront » sur les marchés et vendront ès dittes villes, lung l’autre, » et en leurs propres maisons employeront et en icelles vil- » les demeureraz, que de ce ils ne soyent tenus de payer » péage, » mais de cela seulement ***. Cette déclaration souveraine maintint ainsi notre ville au bénéfice de son privilége *, Et plus tard, lorsque Pierre de Dortans, seigneur de l'Isle, voulut établir un péage à Gollion, sur la route qui tendait de Cossonay à Morges, ces deux villes, ainsi qu'Orbe et Romainmotier, y mirent opposition. LL. EE, après avoir consulté quatre commissaires, décidèrent (4570, 49 juillet) en faveur du seigneur de l'Isle, moyennant que ses péagers à Gollion se conformassent en tous points à la table du péage de Cossonay; décision fondée sur ce que Jaques de Savoie s'était seulement réservé les hommages nobles et le droit de dernier supplice, lorsqu'il avait remis l'Isle et Gollion à François de Glérens.

Par ordonnance du conseil de notre ville, du 6 avril

#2 « Ains de toutes autres marchandises qu’ils conduiraient d’es- » tranger pays, comme de France, Bourgongnie, Flandre, Italie et » autres lieux, aussy des dittes villes, par nostre seigneurie de Cos- » sonay, lesquelles seront menées plus oultre et hors des dittes villes, » que d’icelles soient tenuz à nostre péageur de Cossonay payer le » péage accoustumé, comme les aultres marchands. »

#3 Elle ne fut pas une lettre morte. Le commis du péage de Donneloie ayant pris des gages à « aulcungs » de Cossonay, pour le péage de certains bestiaux achetés à Payerne, le baillif d’Yverdon lui ordonna (1585, 1° juin) de les leur restituer, attendu, etc. Cependant, quelques années après, le péager de Montagny exigea le péage du serviteur de M. de Mex (Lanneret de notre ville), ce qui porta le conseil à réclamer de nouveau (1594, février) du baillif d’Yverdon

1552, approuvée par le conseil général, on devait percevoir des vendeurs de vin un denier par pot. Cette disposition fut abrogée le 44 janvier suivant, et la vente du vin rendue libre. Sans doute que les procès contre les villages épuisaient alors les finances de la ville.

Lorsque, en 1553 (dernier de mai), les sindics de Genève et maître Jehan Calvin, venant de Berne, passèrent à Cossonay, le conseil leur fit présenter le vin d'honneur.

En vertu d'ordres souverains, le baillif de Morges avait enjoint au châtelain de Cossonay délire un certain nombre de soldats de la baronnie « pour Peffect de la guerre. » Hi lui manda, le 4 novembre 1557, qu’ils dussent se trouver à Morges, le dimanche suivant, « décentement armés et bien fournis de leurs bastons et armes desquelles ils prétendaient se servir, soubs poene d’estre reprins et griefvement punis en leurs corps et biens, sans grâce ny mercy. » On voyait alors avec inquiétude, à Berne, l’arrivée, dans le voisinage du pays de Vaud, d’un corps nombreux de lansquenets, sousles ordres de Nicolas de Bollweiler (ou Pollweiler), qui vint camper auprès .de Pontarlier et s’avança jusqu’à Bourg (en Bresse), dans l'intention de surprendre Lyon et de remettre cette ville au duc de Savoie. En octobre, Berne avait levé trois mille hommes dans le pays de Vaud et mis une garnison de mille hommes à Yverdon et Gex. Mais, bientôt après, l’arrivée de troupes françaises et la mauvaise saison engagèrent Bollweïler à se retirer ®”.

la franchise du péage. — Les registres du conseil font mention, en 1610, de titres de franchise du péage de Lausanne, dont la ville était en possession.

3% Chronique de Haller et Musslin; et de Tillier, Histoire de l'Elal confédéré de Berne.

Berne, redoutant quelqu’entreprise du duc de Savoie, que le traité de Cateau-Cambresis (1559, 3 avril) avait remis en possession de ses états, leva, en janvier 1560, un corps de dix mille hommes, prêts à marcher au premier ordre. Aussi voyons-nous, en février suivant, les députés de notre ville porter « le giete de la guerre » au seigneur baïllif de Morges *”*. Des « monstres » générales eurent lieu, la même année, à Cossonay et à Morges. L'arrivée d’un nouveau baillif (à Morges), auquel on fit une « bien-venue, » donna lieu, en 1562, à d’autres « monstres et revisions d’icelles ». Le châtelain fit venir à Cossonay tous les sujets de la seigneurie, pour « les élire et mettre en esquipage ”*. » Le baillif vint bientôt après prendre possession dans notre ville. On envoya encore, en 4565, des « haquebusiers » de Cossonay à Morges, pour la bien-venue du baillif de Thonon. Quelques années auparavant (en 1560), le conseil avait fait faire une grande tente; on l’employait lors des ürs, bien-venues et occasions

3% Et l’informer des titres de la ville contre les villages de la baronnie, — Le conseil demanda au baillif de Romainmotier un ordre pour contraindre Vufflens-la-ville à payer sa part du giete. Peu de jours avant (10 février), le seigneur châtelain (de Cossonay) avait prêté cent écus à la ville, « pour la soude (solde) de la guerre ».

5% C'est-à-dire choisir et équiper ceux qui devaient se rendre à Morges. Ces « monstres » coûtèrent 75 florins 11 sols et 6 deniers. On fit venir, pour la circonstance, « des taboriniers » de Romainmotier et la Sarraz, auxquels on fit des « robbes » neuves « pour rendre mieux le debvoir à nos souverains seigneurs, causant que les dits taboriniers élaient mal en ordre. » On y employa soixante aunes et demi de drap (coùlant 26 florins et 6 sols; la façon des robbes coûta 5 florins). La dépense de sept fifres et « taboriniers, » tant à Cossonay, pour la première monstre el la seconde révision, qu’à Morges, le jour de la monstre, fut de # florins et 6 sols.

semblables. Elle était décorée des armoiries de la ville : d’argent parti d'azur *7.

On leva, en 1564, dans la baronnie, un giete de 16 sols par focage, à l’occasion de réparations ordonnées par le baillif de Morges, aux tours et murailles de la ville 5%. Vufflens-la-ville refusa encore de l’acquitter; toutefois il y fut condamné, par sentence souveraine (du 21 juin 1565), pour cette fois-là, sans préjudice de la sentence supérieure de 1552, et moyennant que le baïllif (de Morges) trouvàt les réparations nécessaires *”. Lorsqu'il s'agissait de con-

397 C’est la première mention officielle des armoiries de la ville (différentes de celles de la châtellenie). Cette tente coûùta 122 florins, 8 sols et 6 deniers.

#8 On traita alors avec un charpentier « pour recouvrir de tieulle (tuilles) les quatre tours de Cossonay et y mettre des chevrons selon nécessité ; item, recouvrir le toit sur la muraille entre les deux tours vers l’hospital, y mettre des clods et remuer les courniers. » — Indiquons encore le résultat du rôle des focages de la baronnie, fait à l’occasion de ce giete, puisque les pièces de ce genre offrent de l’intérét sous le rapport statistique. Cossonay comptait 74 feux ; les Chavannes 6; Alens 14 ; Senarclens 20; la Chaux et Itens 29 ; le moulin du Veyron 2; Disy 10; Lusseri et Villars-Lusseri 6 ; Penthallaz 31 ; le moulin de Penthallaz 1 ; celui de Cossonay 1 ; Crousa 1 ; le petit Vallesard 1; Penthaz 52; Bournens 19; Bettens 15 (dans le nombre celui du granger de M. Jean Loys); Boussens 5 (l’un d’eux est celui du granger du seigneur Jean Gomoyens); Sullens 24; Villars-Ste- Croix 7. Le nombre des focages de Grancy, Cottens, Syviriez et Vufflens n’est pas indiqué (quoique ces villages soient inserits sur ce rôle), vraisemblablement parce qu’ils refusaient de contribuer. Pampigny, Bussigny et Ecublens n’y sont pas mentionnés.

5% Notre ville se plaignait, en 1574, à LL. EE., que dix ans auparavant Vufflens avait refusé de payer le giete et n’avait pas voulu contribuer dès-lors.

tribuer , les villages de la baronnie se montraïent difliciles. Notre ville avait fait gager huit d’entr’eux, en 1561, à deux reprises, pour le paiement de ses frais lors du grand ür qui avait eu lieu précédemment à Berne, et auquel LE. EE. avaient invité leurs sujets allemands et vaudois *®.

On ne trouve point de traces de létablissement du grand conseil de vingt-quatre membres, décidé, en 1536, par les commissaires bernois. Mais il est question, en 1565, pour la première fois, d’un conseil des dix-huit “”, composé de six membres"®. Il se joignait, lorsqu'il y était appelé, aux douze membres du conseil étroit ; de là son nom. Réunis, les deux conseils remplaçaient, dans mainte circonstance, le conseil général, dont les assemblées deviennent moins fréquentes; cependant une d'elles avait lieu régulièrement vers la St- Michel, pour faire l'élection des gouverneurs ou sindies. On traitait alors le conseil général avec du pain et du vin. Indépendamment du conseil étroit et des dix-huit, il comprenait tous les bourgeois de la ville. Le refus d'accepter la charge de gouverneur était puni d’une amende de 5 florins (de dix, en 1579). L'ancien nom de sindies n’est plus guère donné aux gouverneurs, et leur prépondérance passée paraît bien

+ Ce grand tir eut lieu au mois d'août 1559. L’Etat donna les prix et régala une fois les tireurs tous ensemble. Cinquante hommes d’Yverdon, tous habillés de vert, y parurent avec leur baillif (Chron. de Haller et Musslin). Les vaudois se distinguèrent plutôt par la magnificence de leurs vêtements que par leur habileté à tirer (de Tillier, Histoire de l’Elat confédéré de Berne).

101 Appelé, en 1589, « le commung. »

02 Elus pour trois ans par le conseil général, les conseillers des dixhuit étaient rééligibles. Ils prèlaient serment d’assister au conseil chaque fois qu’ils en seraient requis, et d’être loyaux et secrets, « ainsy que tels seigneurs conseillers doivent estre. »

diminnée. Il y en a encore deux: le grand, pour le conseil, et le petit, pour « le commung. » Le premier est le boursier de la communauté; son salaire est de 40 florins. Tous les deux prêtaient le serment requis entre les mains du châtelain. La direction et la gestion des affaires de la communauté appartenaient, dans de certaines limites, au conseil étroit.

Une de ces maladies épidémiques, assez fréquentes alors et connues sous le nom général de peste, fit Invasion à Cossonay, en septembre 1565", et y causa de grands ravages jusque dans l’été suivant “°’. Le conseil établit deux « marrons, >» pour soigner les pestiférés. On transportait ceux-ci, hors de la ville, dans la chapelle Notre-Dame “”, convertie

“5 Celle dont il est ici question désolait l’Europe depuis l’année précédente.

10 Le 29 juillet 1566, la peste avait cessé, et, les marrons étant sortis de la chapelle Notre-Dame, le conseil leur donna, outre leur salaire, quatre quarterons de froment.

105 Cette chapelle se trouvait sur l'emplacement du cimetière actuel, où existait anciennement l'hôpital de Ste-Marie, dont on sait fort peu de chose. Louise de Montbéliard, veuve de Jean (III), sire de Cossonay, lui avait légué, en 1585, une livre de cire (tit. du baill. de Morges, coté n° 198). Plus anciennement encore, le donzel Mermod de Disy lui avait légué 5 sols lausannois, de cense, et sa sœur Johanneltte trois. L'administration et la direction de cet hôpital appartenaient, en 1387, au prieur de Cossonay (Ibidem, coté n° 208). Martin Verron, de Bournens, et Jean Meillan résidaient, en 1452, dans l’hôpital Notre-Dame. Les extentes de l'hôpital St-Antoine (stipulées, en 1559, par égr®. Barrilliet et Humbert) mentionnent une vente de cense de l’année 1479, à l’hôpital St-Antoine, soit à celui de Notre- Dame, hors la porte; d’où il faut conclure que les deux établissements étaient alors réunis, et que le premier avait absorbé Pautre. — Il y

en hôpital. Le gouverneur et trois conseillers allaient les visiter “S, Le conseil fit distribuer du pain et autres vivres aux pauvres, et chargea deux « aulmoniers » de ces distributions“”. Le châätelain donna du bois pour chauffer les pauvres et pestiférés. Lui-même fut atteint de la maladie. Le châtelain de Cossonay fit, en 1567, la « révision » de tous les hommes de la seigneurie et en dressa le rôle. Le baïllif de Morges vint assister aux « monstres » de Cossona y, et la ville lui fit cadeau de six écus sol. Elle envoya des vivres et du vin à des soldats de la baronnie en garnison au chàteau de Morges. Des bruits de guerre “* avaient donné lieu à

avait encore à Cossonay, outre la confrérie du St-Esprit, celle de la torche (« de la torchiz »), en faveur de laquelle une reconnaissance fut prêtée en 1481. L'hôpital St-Antoine avait droit et cause, en 1551, de cette confrérie. Alors cet hôpital possédait des censes dans la plupart des localités de la baronnie, outre des immeubles à Cossonay. Il avait acensé, quelques années auparavant, quatre poses de terre au territoire de Cossonay, sous la cense directe de dix quarterons de froment. |

#06 « Item a livré le 8 mai (1566) pour la souppe au vyn du seigneur Pierre Charrière, Claude de la Sarra, Christ. Goffon et le diet gouverneur avant qu’aller visiter les pestiférés, 6 sols » (Comptes du gouverneur Nicolas Prenleloup).

#7 Le conseil acheta, le 1% avril 1566, au prix de 15 écus au soleil (chacun valant 5 florins et 15 quarts), treize coupes de « mescloz, » un sac de pois, et de l'huile d’olive, pour donner aux pauvres. On remit, en avril et mai, aux « aulmoniers » 48 quarterons de froment pour du pain à distribuer aux pauvres (Ibidem).

#8 L'Espagne avait rassemblé une armée considérable en Lombardie, et Berne craignait quelqu’entreprise sur le pays de Vaud, dans l'intérêt du duc de Savoie. On élait fort inquiet à Genève. Ces craintes ne se réalisèrent pas. Celle année-là (1567, août), Berne rendit à la Savoie, en exécution du traité de Lausanne, que l'Espagne et la

ces mesures militaires et engagé plusieurs villes du pays à faire des offres de service à LL. EE "®. Fidèles à leur habitude d'opposition , les villages refusèrent de contribuer aux dépenses qu’elles avaient causées à notre ville, mais le baillif de Morges leur fit ordonner (1568, 15 septembre), par le châtelain de Cossonay, de « contribuer, comme ceux de la ville, aux frais et préparations des aydes de la monstre, et nommément pour l'enseigne, accoustrements et salaires des taboriniers et fifres, » sous peine d’être déclarés rebelles. Un giete de 8 sols par focage fut payé, en 1568, dans la chàtellenie, pour les frais « de la monstre de la guerre ""°.

Berne se proposant de lever une contribution générale dans le pays de Vaud « pour le deschargement des grandes censes et charges dont par les jadis seigneurs ducs de Savoye 1l seroit esté chargé et embrigué, » convoqua, à cet effet, les Etats du pays à Payerne", le 28 mai 1570, puis ensuite à Berne, le 13 août suivant. Ceux-ci, tout en protestant de leur bonne volonté, avaient demandé: 1° Que LL. EE, cussent égard, dans cette circonstance, à la grande

France avaient enfin ratifié, les bailliages de Gex, Ternier et Thonon (de Tillier, Histoire de Berne).

19 Grenus, pages 240 et suivante.

“10 Probablement qu'il y avait eu aussi des monstres en 1568. — Disy, que le rôle des focages de 1550 place dans le ressort, est mis, à l’occasion du paiement de ce giete, dans la châtellenie. Cependant, quoique mouvante du château de Cossonay, la jurisdiction de ce village n’appartenait pas au domaine de ce château. D’un autre côté, Disy, comme l’ancienne châtellenie , était astreint aux droitures de la guette et de ohmgeld.

“4 Chaque bailliage devait y envoyer quatre « commis, » soit députés, deux pour la noblesse et deux pour les communes (Grenus, pages 252 et suivantes).

pauvreté du pays, et que cet impôt (« ayde ») ne tirât pas à conséquence, ni n’apportât de préjudice à leurs immunités ; aussi qu'Elles uünssent leurs sujets du pays de Vaud « en mesme degré et qualité » comme leurs anciens sujets. 2° Que, vu la grande cherté du sel marin, débité par des étrangers, LL. EE, y remédiassent en prenant ce débit pour leur propre compte. 5° Qu’Elles apportassent un changement à leur ordonnance relative aux subhastations, en ce sens que l’échûte du bétail, fixée à vingt-quatre heures, füt portée à quatorze jours, comme pour les autres meubles". — Berne fixa la taille à trente mille écus, payables en trois ans consécutifs, à raison de six florins par focage, chaque année, chacun devant être taxé selon sa fortune“. — Quant à la demande des vassaux, villes et communautés, d’être tenus comme les anciens sujets de LL. EE., on leur répondit que, vu la diversité de leurs franchises, on ne pouvait v obtempérer sans avoir préalablement examiné les titres de celles-ci, et

on leur ordonna de les produire dans un terme donné".

2 Et cela en considération de la grande indigence du pays.

M5 Et les pauvres ne devant être ni foulés, ni surchargés. — Berne avait déjà perçu, de 1551 à 1556, une imposition sur ses possessions romandes, pour l’acquittement de la dette dont elles étaient chargées. Elle rendit, frais déduits, 56,193 livres de Berne (de Mulinen, Recherches historiques sur les anciennes assemblées des Etats du pays de Faud). Nos archives ne renferment rien de relatif à cette première imposition. La seconde, dont il est ici question, perçue de 1570 à 1578, produisit 34,079 des mêmes livres (Ibidem).

M1 Quelques années après (cirea 1577), Berne déclara que ses sujels du pays de Vaud, médiats et immédiats, demeureraient, quant aux failles, subsides, gabelles et impôts, au bénéfice de deux lettres de concession, exhibées par eux ; lune, de l’année 1328, particuhière à Moudon; l'autre, de 14514, en faveur des bonnes villes ; et

Berne promit de prendre en considération la requête relative au sel marin et fit droit à celle qui concernait les subhastations. Et comme les sujets de la ville et de la châtellenie de Cossonay, en particulier, avaient prié LL. EE. de les laisser, quant à ces subhastations, au bénéfice de leurs franchises *”, Elles y consentirent, limitant cependant l'usage de leur privilége aux seuls ressortissants de la châtellenie. Berne accorda (1570, 17 août) une charte à notre ville, où ces divers faits sont relatés.

L’impôt demandé par Berne et accordé par les Etats du pays donna sans doute lieu à la confirmation des libertés et coutumes, écrites et non écrites, de Moudon, Yverdon, Payerne, Morges, Nyon, Cossonay, les Clées, Ste-Croix et Grandcour “, que LL. EE. firent le 10 avril 1572. Après le traité de Lausanne (conclu le 30 octobre 1564, entre le due Emanuel-Philibert de Savoie et Berne), qui avait assuré à LL. EE. la possession du pays de Vaud, ces villes leur avaient demandé cette confirmation, et plus tard le bailliage de Morges avait réiléré cette demande "7. |

Il à été parlé d’une somme d'argent, livrée, en 1560,

que, sauf ce qui serait nécessaire pour acquitter le reste des dettes du pays, on n’exigerait d’eux aucune charge ou gabelle, à moins que d'imposer aussi les bourgeois de Berne et les anciens sujets (de Mulinen, ibidem, et Grenus, pages 287 et suivante).

#5 Concédées par Jeanne, dame de Cossonay, et confirmées dès lors par plusieurs princes de la maison de Savoie.

“6 Ressort et communautés de ces villes.

"7 Berne inséra la réserve, dans cette confirmation, de pouvoir, comme souverain du pays, rendre, lorsque le bien des sujets l’exigerait, des lois, statuts et ordonnances générales et particulières au sujet de la religion (« et chreslienne reformation ») et des choses

oliliques et civiles (Grenus, pages 269 et suivante).

par notre ville, au baillif de Morges, pour le giete ou la « soude » de la guerre. Un autre seigneur baiïllif avait encore reçu d’autres sommes, pour le même objet, et le tout s'élevait à 1716 florins. La baronnie constitua, en 1572 (22 février), deux procureurs, un pour la ville et l’autre pour les villages, afin de comparaître à Berne et d’y solliciter de LL. EE. la restitution de l’argent remis, par leurs ordres, à ces deux anciens bailhfs et qui était resté dans leurs mains sans que les pauvres sujets sussent à quoi il avait été employé ". On ignore s'ils réussirent dans leur mission. Notre communauté voulant récompenser les bons services de François Charrière, châtelain de Cossonay, lui concéda (1572, 22 fév.) la faculté d'établir un pigeonnier, sur son territoire, pour y entretenir « tels et tant de colombes et pigeons »(fuyards, probablement) qu’il le voudrait*”®. Le droit de pigeonnier découlait généralement de la possession du fief; néanmoins quelques-unes des bonnes villes estimaient pouvoir loctroyer à ceux de leurs bourgeois qui étaient

« idoines"?. »

8 La procuralion est munie du sceau de la ville. Dans celte circonstance, Cossonay, la Chaux, Senarclens, Disy, Penthaz, Bournens, Sullens et Penthallaz furent représentés par leurs gouverneurs, et Grancy, Villars-Lusseri, Bettens, Boussens, Villars-Ste-Croix et Vufflens-la-ville par des députés. Les uns et les autres agirent du consentement des prud'hommes de la baronnie et de son ressort.

M9 Archives de famille. — Ce châtelain , originaire de Cossonay, avait, depuis 1550, succédé dans cet office à Jaques Cerjat, seigneur de Denisiez.

12 En vertu de leurs franchises qui comprenaient cette faculté implicitement, sinon directement. Cependant, le coutumier de 1616 ne leur reconnait pas ce pouvoir. Aussi Yverdon, Morges et Nyon demandèrent, entr’autres, à LL. EE., peu après son impression, qu'il fût loisible aux conseils des villes de permettre à ceux de leurs

Les différends de la ville avec la plupart des villages de la baronnie recommencèrent bientôt. Comme l’impétuosité des eaux avait, depuis deux années, fort endommagé la tour voisine de l'hôpital, le châtelain convoqua les gouverneurs des villages, et, après leur avoir exposé l’urgente nécessité de la réparer, il les exhorta à couvrir, au moyen d’un giete, les frais qui en résulteraient, ajoutant que LL. EE. en étaient informées et le lui avaient ordonné. Sept villages s’y refusèrent ‘*". Condamnés (1574, 31 mars) à Morges, ils le furent aussi (23 juillet suivant) à Berne, où l’on mit les dépens à leur charge. Alors, convoqués de nouveau, les gouverneurs chargèrent le châtelain du soin de réparer la tour. Les frais de la restauration s’élevèrent à 1361 florins et 6 sols. On y pourvut, du consentement des gouverneurs, en levant un giete de 6 florins par focage **?.

Indépendamment du procès contre les sept villages, notre ville soutint, pour le même objet, une difficulté contre

bourgeois, qu'ils connaïitraient « idoines et de moyen, » d’avoir des « colombières » (dans la ville) et de tenir des pigeons. Pillichodi observe, dans son essai sur le coutumier (imprimé en 1756), que la défense de tenir des pigeons ne regardait que les pigeons fuyards, se nourrissant aux champs. Mais Boive, d’un autre côté, dans ses remarques (imprimées en 1776), dit que, là où la loi ne distingue pas, il ne faat pas distinguer (Grenus, page 382). Le conseil de notre ville avait, en 1561, formé une demande contre l’un de ses bourgeois, nommé Paindavoine, pour procurer la cancellation de son pigeonnier.

4 La Chaux, Senarclens, Penthaz, Penthallaz, Bournens, Sullens et Bettens. — Il n’est pas question de Sévery, Pampigny, Bussigny et Ecublens ; ces localités paraissent perdues pour la contribution de notre ville, qui va en s’amoindrissant. Grancy est seulement mentionné pour trois focages.

#2 Le châtelain avait avancé 1244 florins.

Vufflens-la-ville, toujours opposant. Sur un rapport des deux commissaires-généraux et du trésorier Jérôme Manuel "”, LL. EE. prononcèrent, en 1575, que les anciens traités entre Cossonay et Vufflens seraient observés, ainsi que la sentence de 1552; que ceux de Cossonay n'auraient pas la faculté d'entreprendre arbitrairement des réparations aux fortifications de leur ville, mais que le bailhif de Morges, se transportant sur les lieux, les ordonnerait, s’il les jugeait nécessaires, et que, dans ce cas, ceux de Vufflens contribueraient, selon l’ancien usage et les traités, comme les autres communes du ressort; qu'il y aurait recours à LL. EE. si les communes trouvaient superflues les réparations ordonnées par le baillif; enfin, que dans eette décision ne se trouvaient pas comprises les réparations au château de Cossonay, ruiné,

et ne valant pas la peine d’être restauré "**.

Moudon, Yverdon, Morges, Nyon, Cossonay, les Clées,

#% Ce procès contre Vufflens, « à cause du giete pour la refaction de la tour vers l’hospital, » avait commencé devant le baillif de Romainmolier, qui renvoya les parties devant LL. EE. Cossonay leur présenta une supplication, où, rappelant la prononciation (de 1526) d’Aimé de Genève, seigneur de Laullin, gouverneur, et Michel Quisard, procureur de Vaud, elle demandait que Vufflens fût « compulsé » à la restauration de ses tours, murailles et fossés. Ceux de ce village alléguaient qu’ils étaient sujets de LL. EE. à cause du couvent de Romainmotier. Berne ordonna (1574, 1% septembre) à ses deux commissaires-généraux et au trésorier d'amener les parties à composition et de décider entr’elles (lit. du baill. de Morges, coté n° 675). Ils ne paraissent pas avoir atteint ce but, puisqu’une sentence de LL. EE. devint nécessaire.

#24 [bidem. — Cette dernière disposition de la sentence prouve que les villages devaient contribuer à la fortification du château de Cossonay, comme à celle de la ville.

Ste-Croix, Cudrefin et Grandcour, au nom du pays, avaient demandé à LL. EE. l'autorisation de choisir quelques hommes connaissant bien leurs usages et coutumes « au fait de justice et de leur police, » afin de les rédiger sous forme de lois, qui serviraient de règle de conduite. LL. EE. y avaient consenti, moyennant que ce code, revu par quelques conseillers bernois, fût soumis à leur approbation. A la prière de ces villes “#, Elles sanctionnèrent ce recueil, le 12 mai 1577, sous réserve cependant que, lorsqu'il y aurait difficulté, au sujet de l'interprétation de quelques-uns de ses statuts, entre leurs baïllifs et officiers et les sujets, on recourrait à leur conseil *, C’est ainsi que l’ancien coutumier du pays de Vaud a pris naissance “7.

L’impôt accordé par les Etats du pays à la journée de Payerne n’était pas encore acquitté en 1577. Morges pria alors LL. EE. d’en remettre le paiement à un temps plus propice, mais Elles n’y consentirent pas (26 octobre). En sollicitant ce délai, Morges voulait aussi se donner le temps de se procurer le dénombrement exact des focages, afin que la somme fixée pour la taille ne fût pas excédée au recouvrement. Mais comme, d’un autre côté, les bailhfs et leurs officiers en poursuivaient l’exaction, cette ville, estimant que cette circonstance avait de l'importance et concernait les franchises du pays, en conféra, le 24 décembre (1577) avec ses

#5 Elles envoyérent des députés à Berne pour solliciter de LL, EE. la ratification du coutumier. Ceux de Morges et de Cossonay furent le châtelain Jean d’Aubonne et Jean Risset.

#26 Grenus, pages 280 et suivante.

WT Pierre Quisard, notaire et commissaire, écrivit, en 1562, un coutumier vaudois qu’il ne faut pas confondre avee celui dont il est ici question.

voisins de Cossonay, et l’on convint de se réunir à Lausanne, le 4 janvier suivant, avee Nyon, Moudon et Yverdon, pour aviser à ce qu'il y aurait à faire“.

Genève, qui se croyait menacée et faisait une garde exacte, demandait avec instance une garnison bernoise “*. Par ordre exprès de LE . EE. le châtelain de Cossonay “* fit, le pénultième mars 1578, des « monstres » générales, pour l'élection des soldats de la baronnie qui devaient s’y rendre en garnison. Vingt-six hommes, tant arquebusiers que « corsellets, » y

compris le banneret et disainier (Nicolas Prenleloup) qui

devait les conduire, furent élus" dans cette circonstance **?.

#8 Grenus, pages 295 et suivantes.

#% Chronique de Haller et Musslin. — Genève redoutait une attaque des troupes de la ligue, rassemblées, en mars et avril 1578, en nombre considérable dans ses environs, Berne fit couvrir sa frontière par un corps de deux mille hommes, et dix mille se tinrent prêts à marcher au premier signal. Ces démonstrations en imposèrent aux Guises, qui se retirérent (de Tillier, Histoire de l’Elal confédéré de Berne).

50 Noble Jean Crinsoz, qui avait succédé, en 1575, à noble Francois Charrière.

#4 L’éleclion des hommes de guerre appartenait, selon l’ancienne coutume, au châtelain du prince et à six bourgeois, qu’il choisissait. Berne, en admeltant ce mode d’élection dans l’ancien coutumier du paÿs, avait ajouté la réserve que si les baillifs ne trouvaient pas les élus capables, ils pourraient les remplacer (Ancien coutumier aux arch. de Morges; et Grenus, pages 286 et suivante).

2 Deux autres rôles « d'élus pour la guerre, » mais sans date, se trouvent également dans nos archives. Si l’on en juge par les noms qu’ils présentent, ils doivent appartenir à une époque peu éloignée de la précédente. L’un indique quatre argoulets (espèce de cavaliers; ce sont nobles Jean-François de Gruyère, Pierre Charrière, Antoine Cerjat et Pierre Thomasset), vingt-cinq arquebusiers, six hommes

Une ordonnance du conseil, du 8 janvier 1579, exempta les conseillers des dix-huit du paiement de la guette“.

Des réparations à l’église paroissiale et à son clocher nécessitèrent un giete, dans la paroisse, d’un florin par tête **. Il y avait alors mille quatre-vingts paroissiens , grands et petits“. La croix du clocher fut descendue (1579, 3 juillet), et l’on trouva dans sa pomme deux écrits sur parchemin, renfermés dans une boîte de plomb. Ils indiquaient l’époque où la croix avait été placée et ce qui s'était passé dans cette circonstance, sa longueur, sa hauteur et qu’elle avait été faite aux frais de la paroisse; aussi les noms des sindics et des conseillers d’alors“®. On la replaça le 22 juillet suivant ; la vieille boîte fut mise dans le « pollet » (le coq) et une nou-

avec des « armets complets, » deux qui ont des « picques et morrions » et un pionnier. L'autre rôle porte douze arquebusiers, avec « mallies et morrions, » vingt-cinq « arquebusiers avec morrions, » six hommes ayant des armets complets, quatre avec des piques el morrions, deux pionniers et les mêmes quatre argoulets.

5 Lors des amodiations de la guette, le conseil réservait volontiers un certain nombre de quarterons pour en gralifier les pauvres de la ville. On en réserva huit en 1579.

#4 Déjà, en 1571, on avait levé, dans la paroisse, un impôt de 5 sols neufs par tête, pour des réparations à l’église.

#55 Selon le dénombrement qu’on en fit alors. Outre la ville, le faubourg des Chavannes et le village d’Alens, formant la communauté de Cossonay, la paroisse comprenait Lusseri, Disy, Itens et la Chaux, et Senarclens, puis les grands moulins (de Cossonay), le moulin de Penthallaz, Croze, Vallesard (maison isolée dans la proximité de Croze) et Prévondavaulx (autre maison isolée, près de la Chaux). — Senarclens avait une chapelle déjà mentionnée en 1228, dédiée à S{-Nicolas. Il y en avait une à la Chaux sous le vocable de St-Michel.

56 Voir plus haut, année 1469.

velle, renfermant les noms des gouverneurs soit sindics en fonction, dans la pomme “?.

Comme point de comparaison , nous ferons observer que la dixme de Penthallaz (appartenant à l'hôpital St-Antoine) fut amodiée, en 4579, pour 30 muids moitié froment et moitié avoine"®, ce qui indique une année abondante.

La peste qui, en 1577, avait cruellement sévi à Berne, et l’année suivante à Fribourg, Payerne et ailleurs, pénétra dans notre ville, en décembre 1579, et dura près d’une année. Elle s’y déclara dans la tour près de l'hôpital, habitée par de pauvres gens *”, et fit de grands progrès l’été suivant. On enjoignit (1580, 4 août) aux pestiférés de vider la ville et d’habiter, avec le marron, la chapelle Notre-Dame. Le gouverneur, le banneret et l'officier de ville reçurent l’ordre de les assister de leur mieux. On acheta un cheval pour transporter les décédés "*, qu’on enterrait dans le cime-

#7 Les registres du conseil remarquent, à l’occasion des réparations faites au clocher en 1579, que sa hauteur totale est de centquarante-six pieds, « chaque pied chaussant à quatorze points; » que la tour seule mesure quatre-vingts pieds, et le reste, jusqu’au coq, y comprenant « l’onglette, » soixante-six pieds.

458 Outre la « supportlation » de la cense dùe et la paille pour l’hôpital. —Cette dixme rapporta, en 1588, sept cent-trente-sept gerbes de froment, indépendamment de l’avoine et du « mesclez. » La part de celle de Senarclens, qui appartenait à la ville, rapporta alors trois cent-soixante-six gerbes de froment, cent-quatre-vingt-neuf d’avoine, deux chars et une eschellée de mesclez.

139 Qui y étaient en loyer de la ville. En janvier 1580 moururent dans cette tour, de la peste, Pierre et Jeanne de Syviriez, frère et sœur, les derniers rejetons d’une des plus anciennes familles féodales äe la baronnie. Leur père, noble François de Syviriez, tombé dans l’indigence, y était également mort quelques années auparavant.

10° J1 était donc resté des malades dans la ville.

üère Notre-Dame. On lit aussi (7 août) une convention avec noble Nicolas Marchand pour le service des pestiférés. Moyennant 30 florins et une coupe de froment, de salaire, il devait les assister de médecines, « faire brevages meurataires (pour mürir) et emplâtres, le tout à forme de l’art de médecine. » Un second marron fut « affermé » (24 septembre). Enfin, le 45 décembre suivant, on les congédia années plus tard, 11 y avait de nouveau des pestiférés à Cossonay; quelques cas de peste s’y étaient déjà montrés en 1572; mais ces deux épidémies furent sans gravité. L’ordonnance suivante, rendue par le conseil, le 23 mars 1581, nous montre qu'il s’opposait à l'établissement de banes particuliers dans l’église; « Ordonné de racler tous les bamps

. Deux

et cages que sont esté faictes au temple, fors celluy de Madame la Chastellayne, où luy plaira le faire construire“"?.

Des soldats de la baronnie se trouvaient, au printemps de l’année 1582, en garnison au château de Morges. Le conseil de notre ville les réclama du baiïllif pour la garde de Cossonay, lui représentant que nos soldats n'étaient pas tenus de garder Morges. Il résolut encore d’ordonner, sous le ban de 9 florins, à tous les sujets de la baronnie pourvus d'armes, de venir garder la ville et « veiller, » ainsi qu’ils y étaient astreints par les franchises. Ces précautions avaient pour

“4 Lun des deux marrons reçut, pour trois mois, 40 florins et huit quarterons de froment, de salaire.

#2 Cependant, peu d'années après (1584, 28 septembre), le conseil, considérant les services rendus par le banneret à la « république » et à la paroisse (« ne le pouvant assez récompenser» ) ordonna qu’on replacerait dans le temple, sans empêchement et là où il se trouvait auparavant, le banc de sa femme. On en avertit les gouverneurs de la paroisse, pour avoir leur consentement.

cause des bruits de guerre et les armements du duc de Savoie“. Peu après (21 mai), le conseil ordonna qu’il se ferait chaque jour, matin et soir, à six heures, des prières, avec les prêches ordinaires, où chacun serait tenu d’assister sous peine de trois sols ; et que les portes de la ville seraient fermées et gardées pendant ce temps. On interdit encore, sous le même ban (en faveur des gardes), à ceux qui avaient des armes, de porter des épées à l’église et ailleurs dans la ville. On était tout à la fois sous l'empire de la crainte et dans la ferveur de la réformation.

LL. EE. ayant augmenté le traitement des ministres de la Parole de Dieu payés par l'Etat, ceux dont la pension était à la charge des villes réclamèrent aussi une augmentation. Berne témoigna à notre ville l'espoir qu’elle aurait égard à cette réclamation, lui ordonnant (1583, 21 mars) d'envoyer des députés pour traiter cette affaire “**. Ceux-ci devaient se trouver à Berne le 22 avril suivant.

La refonte de la grosse cloche de l’église causa, en 1583, des frais notables à la paroisse. On paya au maître fondeur 271 écus “”. Deux florins par tête, de giete, pour les bour-

#5 Dont on redoutait une attaque contre Genève ou le pays de Vaud. Berne mit des garnisons à Morges, Rolle et Nyon. On leva des troupes dans le pays, et un corps de deux mille hommes fut placé, pour sa défense, sous les ordres de Louis d’Erlach (de Tillier, Histoire, etc.)

WII n’y avait alors qu’un ministre à Cossonay, quoique LL. EE., dans leur missive à notre ville, parlent des ministres qui sont à sa charge.

W$ Et le vin de sa femme et de son serviteur. — Le banneret (n. Georges Charrière) fit don à la paroisse de 100 florins pour monter la cloche, outre des avances d’argent.

geois, et trois florins pour les habitants, furent perçus dans la paroisse, pour couvrir cette dépense ‘*. La cloche pesait 9725 livres.

Les documents de nos archives nous présentent, la même année, pour la premiére fois, la relation de l’élection d’un banneret de la ville et de la baronnie, dans la personne de noble Georges Charrière. Le nouveau banneret, élu (le 21 juillet) pour trois ans", par le conseil général et les gouverneurs des villages de la baronnie", en présence du chàtelain, promit « estre bon et loyal suject de nos seigneurs (de Berne), pourchasser leur proufiet et honneur, leur dommage éviter, maintenir les libertés de la ville et ressort d’icelle, et en tout procéder ainsi qu’est d’ancienne coutume en tant que Dieu en soit honnoré et la républicque consolée et contente. » Les ressortissants de la baronnie, de leur côté, seraient « tenus lui hobéir en faisant raison et rendant debvoir comme le dit seigneur banderet est (était) tenu. » Il prêta le serment requis sur les mains du châtelain; « le tout

#46 Selon un nouveau récensement des paroissiens, on en comptait alors 671, dont 379 à Cossonay, Alens et les moulins; 79 à Senarclens ; 163 à la Chaux et Itens; 55 à Lusseri, et 45 à Disy. Sans doute que les enfants n’y sont pas compris ; de là la différence entre son résultat et celui du récensement de 1579. — Une nouvelle imposition, de 14 sols par tête, fut levée dans la paroisse, en 1592 (décembre), pour faire « le rebâtissement de l’église, suivant un ordre de LL. EE. Son produit fut de 977 florins et 2 sols. 11 y avait alors dans la ville, non compris les Chayannes et Alens, 511 personnes.

#7 Réélu par le conseil général, en 1586, noble Georges-François Charrière, sei gneur de Mex, resta banneret jusqu’à sa mort, en 1658.

8 De Penthaz, Penthallaz, Disy, Sullens et Bournens. Ceux des autres villages ne parurent pas.

à forme des conditions et arrest contenues ès précédentes élections. » — On ne voit pas qu’anciennement le banneret ou le porte-bannière de la seigneurie remplit des fonctions administratives “*. Mais à l’époque où nous sommes arrivés, il était le chef de la bourgeoisie et du conseil, et, comme gardien des intérêts de la communauté, le dépositaire du sceau de la ville et de la clef du revestiaire (de l’église), qui en renfermait les ütres et le trésor. Dans le XVIIFmME siècle,

on décida chez nous qu’en conseil le banneret opinerait avant

le châtelain. — "°°.

On fixa (même année, 22 septembre) le prix de l’admission à la bourgeoisie de la ville à 100 florins de capital, outre un quartcron de froment de cense annuelle, pour ce-

lui qui épouserait la fille d’un bourgeois, et au double du

capital et de la cense pour tout autre *”.

9 Renaud Baley, banneret en 1475, était aussi conseiller de la ville.

#50 Le salaire de l'officier de ville s’élevait, en 1583, à douze quarterons de froment par année. Cette charge était alors remplie par noble Moyse Marchand, le dernier descendant, tombé dans la pauvrelé, d’une ancienne famille noble, originaire d’Aubonne (l’année suivante, il était un des sonneurs de cloches de la paroisse). Noble Nicolas Marchand, son père, avait été co-seigneur de Bettens.

#1 Malgré cette ordonnance, des réceptions de bourgeois eurent lieu bientôt après au prix de 50 florins, outre le quarteron de froment de cense (entr’autres, en 1584, de noble Jaques Crinsoz, et, en 1586, de noble Robert DuGard, seigneur de la Chaux; celui-ci . devait encore donner un banquet). On avait exigé, en 1579, de noble André Quisard, 60 florins pour l’entrage de sa bourgeoisie, au lieu du banquet. On exempla , en 1585, deux nouveaux bourgeois du banquet à faire à la bourgeoisie, moyennant 20 florins chacun. Dix ans auparavant, le conseil avait accordé des lettres de bourgeoisie à

Sur l’ordre de LL. EE., quatre « soldards » de notre ville se rendirent à Berne, le 8 mai 1584, « pour la bienvenue des seigneurs de Zurich. » L’officier de ville les ac-

compagna *”.

On fit (même année, juin), par ordre de Berne, une collecte, dans la paroisse de Cossonay, en faveur des malheureux d’Yvorne, au mandement d’Aïgle, victimes d’un éboulement de montagne. Elle produisit 84 florins environ.

Notre ville, au nom de toute la baronnie, s’était plainte à Berne que les bans (et offenses), en contravention à ses franchises, s’exigeaient avant que les jurés de la justice eussent connu laquelle des deux parties devait être châtiée. Berne ayant appris, par une enquête, de quelle manière les amendes pécuniaires avaient été précédemment recouvrées dans la baronnie, statua (1584, 13 juin) qu’on s’en tiendrait aux franchises, réservant néanmoins que la connaissance de la faute aurait lieu dans les trois mois qui suivraient la clame et que le résultat en serait communiqué au châtelain. Si la connaissance était différée, celui-ci pourrait s'adresser, pour

deux frères, moyennant 60 florins et la cense d’un quarteron de froment.

#2 Ils coûtèrent à la ville 75 florins, 11 sols et 8 deniers, indépendamment de ce que le conseil leur avait remis. — Sur l'invitation de LL. EE., une compagnie de Zuricois (avec 550 chevaux) vint à Berne, le 23 mai 1584, pour se réjouir avec la bourgeoisie. On fut à leur rencontre avec 122 chevaux, 220 arquebusiers du pays de Vaud, autant du pays allemand, et 400 cuirassiers, outre 283 jeunes gens. On dressa 29 tentes sur le champ de la porte d’en bas, où l’on conduisit 40 pièces de canon. On les régala deux jours à la maison de ville et on les amusa de la représentation d’un jeu (Chronique de Haller et Musslin).

le ban, à l’acteur ou à celui qui aurait fait la clame, à moins

que la poursuite de la cause n’eût été remise pour de bonnes raisons ‘”.

Le châtelain assistait de droit au conseil, ou bien son lieutenant le remplaçait (fréquemment tous deux prêtaient présence). Si l’un et l’autre étaient absents, le conseil ne pouvait être tenu. C’est ce qui eut lieu le 13 déc. 1584 **.

Le baillif de Morges (Tillmann) vint visiter (1585, septembre) les tours de notre ville.

En qualité de chef de la ville, le banneret proposa au conseil général du 26 septembre 1585, de « commectre » des conseillers neutres pour le conseil étroit et celui des dix-huit, parce que plusieurs de leurs membres étant proches parents et alliés, il pouvait en résulter du désavantage pour la ville. On admit sa proposition, et le conseil général statua qu'il ne pourrait y avoir deux conseillers assez proches parents ou alliés pour qu’il y eût présomption de partialité.

Le même banneret se rendant à Berne, au printemps de l’année 1586, le conseil le chargea de solliciter de LL. EE. le rétablissement d’un ancien marché hebdomadaire à Cossonay. Sa mission fut couronnée de succès “”; le marché fut

155 Celle ordonnance souveraine est munie du sceau de l'Etat.

% On lit, à cette date, dans les registres du conseil: « À faute du seigneur chastelain et du lieutenant le conseil ne fust tenu pour ce que n’y avait nul au nom de Messeigneurs (de Berne), le dict conseil n'ayant esté signifié au son de la cloche. » Rappelons-nous qu’en 1536 les commissaires bernois avaient décidé que le lieutenant (soit le châtelain) présiderait le conseil, qui ne pourrait fonctionner qu’en sa présence.

% Les lettres de concession du marché coùûtèrent trois écus sols.

proclamé (à Cossonay, le 13 juin), et on enjoignit à chacun d'y apporter vendre ses grains et marchandises.

La compétence du conseil s’étendait à la surveillance des tutelles. On voit cette autorité, vers la même époque, donner son consentement à une transaction sur les biens d’un mineur. On la voit encore donner des ordres pour la reddition de comptes de tutelle, et celle-ci s'effectuer en sa présence.

Mr. de l'Isle (noble Albert de Dortans) vint à Cossonay, en septembre 1586, faire tirer le prix des « souldards » “9, — 57,

Notre ville désirait que LL. EE. lui cédassent le forage du vin et les corvées de charrue de la paroisse **, deux « droitures » provenant du prieuré, que le seigneur boursier (le trésorier du pays de Vaud) lui avait donné l'espoir d'obtenir. Le conseil chargea (1587, 17 avril) le banneret et le commissaire Crinsoz de traiter cette négociation à Berne, les autorisant à contracter « pour ce coup “”. » La cession eut effectivement lieu quelques jours après (21 avril), à ütre d’abergement. Elle imposa à notre ville l'obligation de fournir le pain et le vin nécessaires pour la célébration de la Ste-Cène (à Cossonay). L’entrage fut de 100 florins *”.

#5 Sans doute un prix donné par Berne pour exercer les soldats.

7 Avant égard à certaines permissions que la ville lui avait accordées, le banneret lui céda gratuitement (même année, 11 décembre, en conseil général) une pièce de terre (au Publoz), pour élargir la route qui tendait à Lausanne.

#58 C’est-à-dire les deux liers de ces corvées ; l’autre tiers lui appartenait déjà comme ayant-droit de la cure.

#9 Récemment encore, la ville avait présenté une supplication à LL. EE. pour demander cette cession, et Berne avait envoyé des commissaires à Cossonay prendre des informations sur celte affaire.

360 Cet abergement, fort désiré par notre ville, lui causa beaucoup de frais. Indépendamment de ceux du voyage de ses députés à Berne,

Aux environs de Noël (1587), plusieurs « soldards » de la baronnie et à sa solde se trouvaient, par ordre de Berne, en garnison aux Charbonnières (Vallée du Lac de Joux). LL. EE. avaient fait garder les passages du Jura, du côté de la Bourgogne, sur la nouvelle que les troupes royales françaises avaient poursuivi les allemands, dans leur retraite, jusque dans les environs de St-Claude “*.

Le baillif de Morges ayant fait savoir au châtelan de Cossonay que le bon vouloir de LL. EE, était que « huit soldards harqueboursiers » et deux « muscataires » de notre ville se rendissent à Berne, « pour servir LL. EE, à la bienvenue des seigneurs de Strasbourg, » le conseil, en consé-

quence, fit élection (1588, 19 mai) de dix hommes « capa-

bles aÿ FREE

Au printemps de l’année 1589, Genève, soutenue par la

le conseil alloua (1587, juin) « à Mons". le banderet pour les effrais par lui soustenus à la venue de Messeigneurs causant les informations des corvées et forages huict vingt (160) florins, de quoy il s’est contenté. » On lui alloua encore 50 florins « pour plusieurs journées et vacations par luy avecq son recepveur faictes à Berne poursuyvant l’abbergement des corvées et fourages et pour la maintenance des franchises de la ville. » En 1594 (juillet) le gouverneur et le lieutenant achetèrent à Lausanne, par ordre du conseil, « les chausses qui dès longtemps l’on avait promis de faire présent à Mons. le bourcier et général (commissaire) Moratel causant les corvées et forages. »

61 Et expédié pour cela dans le pays de Vaud Benoit d’Erlach et Jean-Rodolphe de Bonstetten, qui auraient sous leurs ordres les milices du Gessenay et d’Aigle envoyées à Nyon.

#6 Parmi eux le châtelain (noble Jean-François de Gruyère), le banneret et le commissaire Crinsoz. — Berne, Zurich et Strasbourg firent, en mai 1588, un traité d’alliance (de Tillier, Histoire, etc). Des députés de Strasbourg vinrent sans doute à Berne à cette occasion.

1 Notre ville voulant présenter une supplication à LL. EE. (on ne

France, faisait la guerre au duc de Savoie. Trois régiments suisses , à la solde du roi (celui de Berne sous les ordres du colonel Louis d’Erlach), entrèrent, au commencement d'avril, dans le bailliage de Gex, où ils trouvèrent des capitaines français avec quelques troupes"®". Ils assiégèrent le fort des Cluses, dont les Genevois avaient inutilement tâché de s'emparer. Bien des volontaires du pays de Vaud se trouvaient dans leurs rangs. Dix-huit soldats (volontaires?) de notre baronnie, qui étaient à l’armée devant « la Cluse, » demandèrent quelqu’assistance au conseil, en considération de leur grande indigence“®. On leur envoya (juin) un écu à chacun“ .— "©, La situation se compliqua. Une armée bernoise marcha contre la Savoie, et le pays de Vaud devint le théâtre de beaucoup de mouvements militaires. Les capitaines et bannerets de Neuchâtel, se rendant à l’armée, passèrent par notre ville; le conseil les fit traiter, ainsi que les « munitionnaires » de l’armée de M. de Sancy. La compagnie de ce capitaine français devait y loger. Quatre capitaines de « lanchs-

LA

dit pas à quelle occasion), le conseil fit acheter (septembre) une boîte de dragée coûtant 10 florins, pour offrir à M. lavoyer.

14 Les capitaines Sancy, Guitry et Beaulieu, avec 100 chevaux, 200 arquebusiers et 500 lansquenets (de Tillier, Histoire, etc).

46 Ils n’avaient point encore reçu de solde.

6 Christ. Goffon leur porta ce secours.—Au mois de mai 1590(?) l'officier de Morges apporta l’ordre à Cossonay d'envoyer des soïdats en renfort de ceux qui étaient à la Cluse. Il y a sans doute ici erreur de date, et ce fait doit appartenir à l’année 1589.

57 Le banneret « étant en délibération d’aller en guerre » avait remis (8 avril) au conseil les clefs du revestiaire et le sceau de la ville. Pour la même raison, le commissaire Crinsoz, hospitalier, avait remis les clefs de l'hôpital.

quenels, » accompagnés du secrétaire du seigneur capitaine Robely, vinrent à Cossonay et y furent aussi traités. Enfin ce capitaine “® y passa lui-même, et on lui présenta le vin d’honneur. — Îl régnait une grande inquiétude dans le pays. Le conseil envoya (5 septembre) des députés *® à Nyon, pour apprendre des nouvelles de la guerre”. Il convoqua (18 septembre) le$ gouverneurs des villages pour qu'ils fissent l'inspection des murailles de la ville, fort délabrées en plusieurs endroits, et consentissent à leur restauration, selon qu'ils y étaient tenus. La plupart s’y soumirent "71. —"%?, On connaît l'issue, peu glorieuse pour Berne, de la guerre de 1589, que termina le traité de Nyon, basé sur celui de Lausanne (de 1564).

À l'assemblée du conseil général du 28 septembre 1589, on nomma (deux personnes) aux charges de

465 Conrad Rubeli, bernois, bon capitaine et fort employé à cette époque (de Tillier, Histoire, etc).

469 Le commissaire Crinsoz et noble François Charrière.

#70 « Et entendre quelle issue est de cette guerre et de ce qu’ils orront, nous en advertir. »

#71 Mais Vufflens-la-ville et Bettens refusèrent « de venir veiller et . rendre debvoir dans la ville de Cossonay. »

#72 Sur la demande réitérée du banneret, le sceau de la ville et les clefs du revestiaire, par lui précédemment remis au conseil, lui furent rendus à la St-Michel 1590. Afin d'éviter « toute noyse et différent, » le conseil général avait décidé l’année précédente (28 sept.) que le sceau resterait en lieu secret, » et qu’on l'apporterait en conseil en cas de besoin. De plus, que les clefs des archives et « secret » de la ville seraient laissées selon l’ordonnance du mois de décembre précédent, et cela sans préjudice des droits du seigneur banneret. Le lendemain, ces clefs et celle de la boîte des pauvres avaient été remises au gouverneur nouvellement élu.

« taxeurs de vin » et de « peseurs de pain » (c’est la première fois qu'il en est question), et l’on admit un nouveau bourgeois, qui promit d'apporter « lettres de son origine de franchise et libre condition *”. »

Pour rester au courant de l’état des finances de notre communauté, jetons un coup d'œil sur ses comptes d’une année, c’est-à-dire du 22 septembre 1588 à semblable jour de l’année suivante". Nous y verrons que la recette totale en deniers s'élève à 3147 florins environ; les articles suivants y figurent: 1476 florins et 6 sols pour l'ohmgeld du vin vendu par les trois hôtes de Cossonay, et 169 florins et 2 sols pour le forage de ce vin; 19 florins pour l’amodiation de l’ohmgeld de Senarclens, Penthaz et la Chaux“: 46 florins pour celle des corvées de charrue de la paroisse ; 100 florins pour les mailles, de deux années, de la boucherie; 260 florins pour l’amodiation du four de la ville; 8 florins pour celle des bancs placés (aux foires) autour de la maison de l’école “; G florins pour celle du poids de la

“75 Les réceptions à la bourgeoisie étaient donc décidées par le conseil général.

#74 Ils sont rendus par lé commissaire Crinsoz.

“5 Le produit de l’amodiation de l’ohmgeld des autres villages n’est pas porté en compte. — Alors notre ville percevait directement celui du vin qu'on vendait dans ses murs, mais celle l’affermait dans les villages. Ce mode fut généralement suivi dans le XVII siècle. Nous verrons cependant, en 1598, une amodiation comprenant l’ohmgeld de toute l'ancienne châtellenie.

76 Et 4 florins pour celle de la cave de cette maison. — Le gouverneur gardait « pour son vin » le revenu des petites halles, vers l’église, et des bancs qui se faisaient aux foires autour de ces halles et sur le vieux cimetière.

corde et de la laine; 90 florins pour celle des marais de Cloz-repoz“""; 223 florins, 7 sols et maille pour le revenu du rentier de la ville (c’est-à-dire des censes en deniers); 20 florins et 8 sols, livrés par le receveur des biens du clergé"; 153 florins et 35 sols pour réemption de censes

dûes au clergé; 40 florms pour la sufferte de quatre habi-

tants*”; 87 florins et 7 sols pour le revenu du rentier de

l'hôpital ; 297 florins provenant de vente de grains *°, etc.

Passons à la recette en grains. Celle en froment est de 58 muids et une fraction de quarteron; elle comprend, entrautres: 9 muids, 11 côupes et demi quarteron, qui proviennent du renter de la ville et de l’amodiation de la guette et des terres de la cure; 5 muids, livrés par le rece-

#77 Le produit de plusieurs des pièces du domaine de la ville n’est pas indiqué dans le compte. Trois poses de terre, en Fonlaine-pourriaz, étaient (en 1592) « vacquantes occasion la justice qui se faict des dellincants et malfaicteurs » (c’est-à-dire qu’on y exécutait les criminels). — On laissait à l’hospitalier, pour le chauffage des pauvres, la jouissance d’un « morcel » de bois sous le château, appelé l’AYa.

#78 Le receveur « de la clergie et de la confrérie » reçut, l’année suivante , 255 florins 2 sols et picte, faisant le contenu du rentier, en deniers, de la clerge ; 9 muids, une coupe, un quarteron et une fraction, de froment, et 5 muids d’avoine. Le rentier de la confrérie s’élevait alors à 13 florins, 10 sols et 3 deniers, et à 5 muids, 10 coupes, 1 quarteron et une fraction, de froment. Souvent les comptes de la communauté ne distinguent pas ce qui provient de la ville même, de la clergie, ou de la confrérie.

479 La sufferte que payaient les habitants non-bourgeois était de 5 florins par année ; il y avait donc des années en retard.

480 Les grains se vendaient à un prix élevé cette année-là ; le quarteron de froment se payait 2 florins et plus. Il coùtait encore dayanage en 1597.

veur des biens du clergé, formant le produit de la dixme de Senarclens ; 5 muids pour l’amodiation de la dixme d’Itens (appartenant à l’hôpital); # muids et 5 coupes pour celle de la dixme de Penthallaz (qui ne rendit pas davantage « à cause de la tempeste »); 3 muids, 7 coupes et deux tiers de quarteron pour le rentier des biens du clergé (y compris le muid dû par LL. EE. à la confrérie) ; 6 muids et 9 coupes pour le rentier de l’hôpital. La recette de l’avoine est de 12 muids, 9 coupes et 1 quarteron *", et celle du « mescloz » de À muid et 40 coupes“.

Quant aux dépenses et charges de la communauté, elles s'élèvent, en deniers, à 2323 florins, 10 sols et 5 deniers: en froment, à 37 muids, 9 coupes et un sixième de quarteron; en avoine, à 11 muids et 8 coupes, et en mescloz à 2 muids, 6 coupes et À quarteron.—Ces comptes comprennent ainsi les revenus de la ville même, de l’hôpital, de la clergie et de la confrérie **.

Ainsi que bien d’autres localités du pays, notre ville avait sa maladrerie (ou maladière), soit un hôpital pour les lépreux. Elle se trouvait dans un lieu retiré, nommé St-Denis, sur la petite rivière du Veyron et dans la proximité Cu moulin banal de Senarclens “*. De nombreux villages de la contrée

#81 5 muids proviennent de la dixme d’Itens; 4 muid et 8 coupes de celle de Penthallaz, et 4 muids et 11 coupes de celle de Senarclens.

#2 Outre 4 quarterons de fèves, pois et lentilles, provenant de la dixme de Penthallaz, 2 chappons et { géline. — On appelait « mescloz » un mélange d’orge et d’avoine, parfois aussi d’orge et de froment (de printemps).

485 Il n’y est pas question de ceux des vignes de la ville et de l’hôpital. Sans doute qu’on en employait le vin en nature.

“4 On trouve maintenant à St-Denis deux moulins et quelques

faisaient partie de la congrégation de cette léproserie **. Or un habitant de Cuarnens, atteint de lèpre en 1589, fut, à la demande du châtelain et des gouverneurs de ce village, examiné par un médecin de Lausanne et le « barbier et cyrugien » de la Sarraz, qui attestèrent (par écrit) le cas de la maladie ***. Alors le lieutenant de Cossonay ordonna à ces gouverneurs de présenter le lépreux, pour être reçu, selon la coutume, dans la maladrerie de Cossonay, en lui fournissant les meubles et objets suivants: un chapeau, un manteau , des gants, « des traclettes » (une crécelle), des souliers, l’intérieur d’un lit”, un pot à cuire, une pelle « pendante » et d’autres ustensiles, ainsi qu’une arche ferrée, fermant à clef, On leur enjoignit de le nourrir pendant six

maisons. Le nom de cette localité ne viendrait-il pas de quelque chapelle, sous le vocable de ce saint, dans la proximité de la maladrerie ? — En 1551 (août), le conseil de notre ville avait ordonné de poursuivre ceux de Chavannes-sur-le-Veyron, qui avaient « détiré » une cloche de la maladière de Cossonay à St-Denis.

85 Outre la ville de Cossonay et ses dépendances, Gollion et Mussel, Vuillerens et Gland, Grancy, Cottens, Sévery, Montricher, l'Isle, Villars-Boson, la Coudre, Mont-la-Ville, le Lieu, la Praz, Cuarnens, Chavannes-sur-le-Veyron, la Chaux et Itens, Senarclens, Disy, la moitié de Chevilly, Moyri, Lusseri, Daillens, Bettens, Sullens, Boussens, Bournens, Penthaz, Penthallaz et la communauté du Lac de Joux appartenaient encore à cette congrégation. — Sullens renonça à son droit, en 1551.

6 On ne procéda pas à l’épreuve du malade comme la coutume le voulait. Cuarnens en fit ses excuses, et le lieutenant du châtelain, ainsi que les charge-ayant du conseil de Cossonay réservèrent qu’il n’en résulterait aucun préjudice pour les droits de la ville et ceux de la congrégation.

7 « Une coultre, ung coussin de plumes, ung bon couvertoux et quatre lincueulx voyre davantage, s’il est possible. »

semaines, afin qu'il ne mendiât point. Des députés de Cuarnens se présentèrent donc devant le lieutenant de Cossonay, assisté des délégués du conseil; ils leur exposèrent qu’il avait plu à Dieu « d’affliger de lespre Amey du Monthioulx, leur prochain, » et que Cuarnens appartenant à la congrégation de la maladrerie de Cossonay, ils les suppliaient de l’y admettre. Le lieutenant et les charge-ayant du conseil acceptèrent le lépreux, «en le consolant de prendre à la bonne part de ce qu'il a pleu à Dieu l’affliger de la dicte maladie. » On lui fit prêter le serment suivant: 4° d’être bon, fidèle et loyal sujet de LL. EE.; 29 de ne pas sortir de la maladrerie pendant six semaines, et de ne point mendier**; 3°« de n’avoir jamais compagnie charnelle de femmes ny fillies pendant le temps qu’il sera contaminé de dicte maladie et qu'il demeurera en dicte maladière; » 4° de s’abstenir de la compagnie de gens sains; 5° de ne pas boire aux fontaines, sinon avec son gobelet; de ne pas aller nu-pieds sur les grands chemins; d’avoir toujours des gants lorsqu'il passerait des « passioux » (barrières), et de se fourvoyer lorsqu’il rencontrerait quelqu'un; et, enfin, 6° de s’abtenir des viandes qui entretiennent et augmentent la lèpre et la donnent". Puis le lieutenant le mit en possession d’une des chambres de la maladrerie, « avec puissance de pouvoir jouyr, gaudir et user des franchises, libertés et biens de la dicte maladière, selon sa part et rate“. »—Cest un tableau de mœurs. — Ajoutons que la lèpre disparut bientôt entière-

88 Mais de se nourrir des vivres que la communauté de Cuarnens lui fournirait.

89 Comme chair de pourceaux, chair salée, poisson et autres semblables.

10 Des lettres testimoniales du tout furent dressées sur le lieu même, le 15 janvier 1590.

ment du pays, et que notre ville remit (environ l’an 1618), à titre d’abergement, les terres « vacquantes et en frische » qui dépendaient de la maladrerie de St-Denis, à un habitant du village voisin de Chavannes-sur-le-Veyron.

Au mois de mai 1590, Cossonay envoya des députés à une assemblée de plusieurs notables personnages des bonnes villes, qui eut lieu à Lausanne.

Nos franchises voulaient que les meubles levés de gage à l’instance du seigneur, pour le recouvrement de ses censes ou revenus, ne fussent vendus qu'après sept jours. Cette disposition n’ayant pas été observée par le châtelain, les nobles, bourgeois et habitants de la ville et de la baronnie s’en plaignirent au baillif de Morges (Pierre Risauld), qui ordonna (1590, 20 juin) au châtelain de se conformer aux franchises, sans se permettre aucune innovation,

LL. EE. de Berne ayant nommé noble Claude-Hyppolite de Bons à la charge de châtelain de Cossonay, en remplacement de noble Jean-François de Gruyère, seigneur de Sévery, le baillif de Morges vint (même année, septembre) l’installer dans cet office. Cette nomination ne fut pas vue de bon œil à Cossonay, parce que de Bons était du Chablais. Le conseil décida même (13 septembre) que, dans l'intérêt de la conservation des franchises de la ville, on s’opposerait à la mise en possession du nouveau châtelain et qu’on ne lui permettrait point d'assister au conseil, parce qu’il n’appartenait pas au pays. Néanmoins de Bons y prêtait présence dans le mois Le *% on lui accorda la première

suivant", et après une année

voix dans ce corps “*.

“4° Aux séances des 6 et 19 octobre.

#2 Le 15 octobre 1591.

*% Et cela pour plusieurs raisons et parce que de Bons avait pro= mis de ne point « déclarer » ce qui se ferait en conseil,

Notre ville se proposant de présenter une requête à LL. EE. pour que le sceau (de la châtellenie) fût laissé entre les mains du châtelan, attendu les dépenses qu’entrainerait l'obligation d'aller à Morges pour sceller, convoqua, en 1592, les gouverneurs des villages pour leur demander s'ils se joindraient à elle dans cette circonstance “*

L'obligation de résider dans la ville était imposée aux membres du conseil étroit. Le conseil général les en exemptait par fois pour un temps limité “5, — #5,

LL. EE. ayant inféodé (1594, 20 mai) la moyenne et la basse jurisdiction de Vufflens-la-ville à noble Benjamin Rosset, bourguemaître de Lausanne, notre ville, pour la préservation de ses droits dans ce village, y envoya, le jour

#% L’ordonnance du conseil est du 29 mai.— On voit par les indominures du château de Cossonay, en l’année 1637 (Grosse du commissaire Pierre Guex), que les baillifs de Morges percevaient jadis les émoluments des sceaux de la châtellenie, mais que le châtelain les retirait de nouveau (alors). Ainsi le sceau de la châtellenie, que les commissaires bernois nous avaient laissé en 1536, avait été attribué plus tard au baillif de Morges, puis rendu (sans doute à la requête de la baronnie) au châtelain de Cossonay. Ce sceau portait l’empreinte d’une aigle éployée, armoiries de nos anciens sires. Mais, depuis la conquête bernoise, nos châtelains lui ont substitué leurs propres sceaux.

#% [1 permit, en 1592 (septembre), au seigneur Daniel de Gruyère, qui habitait Senarclens, de demeurer conseiller pendant encore une année, ajoutant qu'il serait ensuite remplacé, s’il ne revenait pas habiter la ville.

#6 Le pain pour la célébration de la Ste-Cène, à Noël de l’année 1595, fut acheté à Lausanne (il coùta 21 sols). Faut-il en conclure que les boulangers de notre ville ne faisaient pas alors de pain blancè

où ce magistrat fut mis en possession de ce « seigneuriage, » deux députés avec mission de protester contre cette mise en possession. Ces droits concernaient la fortification de la ville, « la vesture » des tambours et fiffres, la « puissance » de l'officier de ville, l’ohmgeld et le recouvrement des censes düûes à la ville, à lhôpital, à la confrérie, à la cure et à la clergie. Plus tard (9 décembre) le conseil résolut de reurer cette protestation, et de parler plutôt amiablement au nouveau seigneur de Vufflens, pour qu’il laissät la ville au bénéfice de ses droits”. Déjà, dix années auparavant (1584, 12 novembre), notre bourgeoisie, pour des motifs pareils, avait envoyé protester à Bettens lorsque le banneret Charrière avait été mis en possession de la seigneurie de cet endroit. Mais on ne voit pas qu’elle ait agi de même lorsqu’en 1597 (24 mai) LL. EE., démembrant de la châtellenie la jurisdiction de Senarclens, l’inféodèrent à noble Françcois Charrière. Sans doute qu’elle avait reçu de celui-ci l’as-

surance d’être laissée dans la libre jouissance de ses droits“.

#97 Et de recourir à Berne dans le cas où cette démarche n’aurait pas de succès.

#8 LL, EE. avaient remis, en 1587 (17 mars), à noble Robert DuGard, dit de Fresneville, possesseur de la commanderie dela Chaux, la jurisdiction sur les hommes et biens qui en dépendaient. Mais, lorsqu'il avait voulu lexercer sur les hommes, chemins publics et pàquiers communs, le châtelain de Cossonay l’en avait empêché. DuGard recourut à Berne, qui déclara (1590, 6 novembre) que la jurisdiction concédée comprenait les chemins publies, les pâquiers communs et les hommes et sujets, et même, quant à ceux-ci, les faits de « monstre et révision » et de consistoire, avec la réserve que DuGard obéirait, pour ces faits, aux ordres du baillif de Morges. — Ces démembrements de la chàtellenie la restreignaient, mais les hom-

La ville de Cossonay, au nom de l’hépital St-Antoine, avait acquis, en 1561 (6 novembre), du comte Réné de Challant, seigneur de Valangin, la dixme du village d’Itens, des censes à Aclens et des vignes à Aubonne “”. C'était une acquisition de quelqu’importance °°. Ces censes donnèrent

lieu à des contestations avec Bernard d’Alinges, baron de Coudrée et seigneur de Vuillerens, qui défendit (1593, février) à ses sujets d’Aclens et de Romanel de les payer à l'hôpital”. Une prononciation d’arbitres termina la querelle

mes qu’ils soustrayaient à la jurisdiction du châtelain conservaient néanmoins leurs obligations envers notre ville.

#9 Nobles Gilles de Brion et Blaise Junod furent, dans cette circonstance, les procureurs du comte de Challant. Les biens acquis avaient été donnés, en 1500, par Claude, comte d’Arberg, seigneur de Valangin, à Claude, bâtard de Guillaume d’Arberg, seigneur de Geney, sous condition de retour s’il décédait sans enfants. Melchior d’Arberg, fils du bâtard Claude, les avait vendus, en 1555, à Henri de Cojonay, seigneur de Montricher et St-Martin, et ils avaient passé à ses filles Rose et Françoise. Ils furent cédés, en 1556, au comte Réné de Challant, lors de la discussion des biens de noble Amey Ravier, seigneur de Montricher. Aymon Humbert, de la Chaux, tenait en amodiation, pour six années, de noble Melchior d’Arberg, seigneur des Pontyns, . sa dixme d’Itens et ses autres biens de la patrie de Vaud, pour le prix annuel de 66 florins, petits. Il obtint, en 1535 (avril), de noble Nicolas Marchand, châtelain de Cossonay, un passement contre d’Arberg, auquel il demandait de maintenir la dixme d’Itens, que plusieurs « S’ingéraient » de lever, et qui, par suite de leur différend, avait « été réduite en mains ducales. » — Les commissaires Crinsoz et Prenleloup firent, en 1589 {et l’année suivante), la rénovation de la censière de lhôpital St-Antoine à Aclens et Romanel, acquise du seigneur de Valangin.

#00 On remboursa, en 1593, à M. de Mex, 744 florins en déduction de plus grande somme empruntée pour payer cette acquisition.

“1 Le conseil envoya (1595, mai) le secrétaire Prenleloup dans le

(4595, 10 février), et décida que l'hôpital aurait la propriété d’un muid de froment (mesure de Cossonay) et de deux chapons, de cense foncière, mais que le fief et la jurisdiction sur les assignaux de cette cense appartiendraient au seigneur de Vuillerens *”.

Une élection, par le conseil, des « soldards » de la ville et de la baronnie eut lieu le 15 décembre 4595. Trois jours après, il y eut une « fausse larme » (alarme) à Cossonay; on fit des « esquadres » (escouades) et l’on veilla. Quel ennemi redoutait-on °° ?

Un homme mourut de la peste dans notre ville, en janvier 1597; cependant il n’y eut pas d'épidémie, quoiqu’on la redoutât et que la maladie régnât dans les environs **.

On décida (même année, novembre) qu'on demanderait aux paroissiens s'ils voulaient réparer la chapelle Notre- Dame, que sinon on en couvrirait les murs, en attendant mieux. Elle fut rebâtie l’année suivante *”, et LL. EE. donnèrent 100 florins pour les réparations qu’on fit alors à

Val de Travers, à Valangin et à Neuchâtel, à la recherche du traité fait entre le seigneur de Valangin et le bâtard Claude (voir ci-dessus).

503 La prononciation condamna l’hôpital à payer 60 florins au seigneur de Vuillerens, mais celui-ci l’en tint quitte.

503 Peut-être le duc de Savoie. Des troupes françaises avaient pénétré, en 1595, dans la Franche-Comté. |

S®% Au mois d’août de la même année, le conseil ordonna que, pour obvier aux dangers de feu, peste et autres, on ferait le guet la veille et le jour de la foire, et qu’on garderait les portes de la ville pour ne pas laisser entrer ceux qui « seraient de lieux infects. » :

% On répara aussi « l’onglettaz » de la chapelle (attenante à l'église), vers la maison de MM. de Lusseri. Cette maison, jadis celle des nobles de Gléresse, se trouvait à bise de l’église.

l’église. Sans doute que cette chapelle est celle des sires de Cossonay, qui se trouvait dans l’église, et non la chapelle de l’hôpital de Ste-Marie **,

Les seigneurs de Mex et de Senarclens, frères, amodièrent, en 4598, pour une année, l’ohmgeld de la ville et de la baronnie”, au prix de 1010 florins, de principal, outre 70 florins pour les vins; les cas de guerre et de peste furent seuls réservés.—Des divers revenus de notre communauté, aucun n’était soumis à plus de fluctuations que celui de l’ohmgeld *®, suite naturelle des grandes variations du prix du vin *”. En tout cas, ce revenu ne paraît pas avoir diminué, bien au contraire, depuis l’époque où nous pouvons lapprécier, Si même nous tenons compte de la dépréciation suc-

506 M, de Senarclens échange (1598, 13 avril) à notre communauté un champ de trois poses, estimé valoir 120 florins, où il y avait une sablière , contre six coupes de froment de cense annuelle, et quelques deniers düs à la confrérie et à la clergie, à Senarclens.

507 Baronnie veut dire ici l’ancienne châtellenie, le ressort proprement dit n’étant pas soumis au paiement de l’ohmgeld. Les villages démembrés de la châtellenie , postérieurement à l’octroi de nos franchises, continuèrent de faire partie de la baronnie et de payer l’ohmgeld. Il n’y eut d'exception que pour Gollion, incorporé à la seigneurie de l'Isle.

508 L’ohmgeld rapporta 620 florins, en 1580, et 540 l’annéesuivante. Nous avons indiqué son rapport en 1588. Selon les indominures de la ville, de l’année 1599, il produisait annuellement, « en ses temps chiers, » de quinze à dix-huit cents florins.

‘® Elles étaient le résultat naturel d’une culture moins soignée des vignes, et partant d’un produit moins régulier et abondant. Des provisions de vin n’existaient pas dans le pays; aussi, quand la récolte était chétive, le prix s’élevait-il hors de toute proportion. La même réflexion peut, jusqu’à un certain point, s'appliquer au prix des grains.

cessive de l'argent. À quelle raison faut-il attribuer, d’un autre côté, la réduction notable de celui de la guette, descendu, sur la fin du XVIme siècle, à près de la moitié de ce qu'il était deux siècles plutôt °°? Proviendrait-elle de la diminution de la population *"*? Nous le pensons ainsi. Lorsqu'on parcourt les comptes de notre communauté, on y remarque (principalement dans la seconde moitié du XVIme siècle) de nombreux articles de dépense pour des « bien-venues, bien-allées, » cadeaux et réjouissances. On présentait le vin d'honneur aux bourgeois dans les occasions marquantes, telles que « grentes » (fiancailles), mariages, baptêmes ***. Les plus apparents, surtout lorsqu'ils appartepaient aux autorités de la ville, recevaient alors des cadeaux *®. S'ils épousaient des femmes étrangères à la ville, on faisait à celles-ci une réception qu’on appelait « bienvenue"; » on y employait l'artillerie de la ville (les cour-

510 Selon les indominures citées plus haut, la guette rapportait annuellement sept ou huit muids ; il est vrai qu’alors l’amodiateur de ce revenu avait l’obligation d’entretenir les fontaines de la ville. Rappelons-nous que le froment des veilles rendait dix-huit muids sur la fin du XIV": siècle, et quinze en 1425.

#1 Elle peut avoir pour cause, jusqu’à un certain point, l'emploi de moins de rigueur dans la perception de la guette et la remise qu’on en faisait peut-être aux pauvres ménages. Nous verrons plus tard notre communauté aliéner son droit de guette dans quelques-unes des localités de la seigneurie.

#2 C’est ce qu’on appelait présenter les semaisses (ou plus correctement les cymaisses). On distinguait les grandes, contenant cinq pots, el les petites seulement trois.

#15 Un mouton (parfois deux) ou un dindon , quelquefois des chapons, du gibier, ou des oranges.

514 Les filles ou veuves qui quittaient la ville en se mariant étaient

tauds et crochets), l’on rassemblait les « compaignons » (soldats) et, dans les grandes occasions, ceux de toute la baronnie. Lorsque, en 1560 (mai), le châtelain de Cossonay se maria, On fit une bien-venue remarquable à « Madame la chastellayne. » On appela les « taboriniers » de Moudon, ceux de Lutry, et le fiffre de cette ville. Deux délégués du conseil furent prier le baron de la Sarraz d'assister à la fête, où le baillif de Morges et « plusieurs bons seigneurs » se rendirent de leur côté. On présenta le vin d'honneur à époux , au baillif, aux étrangers marquants et l’on donna à Loire à la « compaignie » de la Sarraz et à tous ceux des villages de la baronnie *”. On livra de la poudre « aux compaignons haquebusiers » et l’on tira dix-huit fusées. Les « enfants » de la ville reçurent une enseigne neuve, des « bastons, » des piques et des « alebards collorés, » des chapeaux, une masse-d’armes pour leur capitaine et « une mordache » pour leur lieutenant de banneret. M. de Denisiez « et certain aultre de Mouldon » visitèrent le « lieu pour faire la rencontre de Mme la chastellayne; » enfin on présenta à celle-ci, le lendemain de ses noces, trois pots et « une picholette » d'hypocras f. L'année suivante on fit également une bien-venue à Madame d’Aigremont *”. Les

Pobjet d’une « bien-allée. » — Les épouses recevaient volontiers une boite de dragée.

15 Et dans le nombre à ceux de Daillens, qui n’en faisaient pas partie, — On employa cent-vingt-neuf pots de vin ; celui-ci ne coulait pas à grands flots, comme aujourd’hui.

*16 On l’acheta chez l’apothicaire de Morges.

17 Les frais s’en élevèrent à 84 florins et 7 sols. Madame d’Aigre-

mont était la femme de noble François de Gruyère, conseiller à Cos- SOnaY.

noces de noble Georges Charrière (depuis banneret), en octobre 1582, furent brillantes. Le conseil chargea le châtelain de conduire la « compaignie » à la bien-venue de l’épouse, ordonna à ceux qui avaient des « offices des harquebusiers » de se tenir prêts et « rendre leur debvoir, » et nomma deux capitaines du € chasteau » qu’on construirait **®, Celui-ci fut élevé sur le pâquier de Pépinet, dans la proximité de la route de la Sarraz%*, Le banneret reçut l’injonction de réu-

#8 « Leur donnant toutes charges, comme ils verront pour le mieux. » <

#19 L’épouse venait du château de cette ville. — Les frais de construction « du chastel de Pepenet » et autres concernant la bienvenue de l’épouse de noble Georges Charrière s’élevèrent à près de 200 florins, indépendamment du vin distribué aux soldats et de deux muids et un quarteron de froment employés pour du pain. Ce chàteau, qui avait deux capitaines, était sans doute quelqu’édifice en planches, une espèce d’échaffaud, où se plaçaient ceux qui attendaient l’épouse pour la saluer. Etait-il l’objet d’un assaut simulé ? 11 est déjà fait mention d’une tour lors de la bien-venue de Madame d’Aigremont (en 1561), témoin le passage suivant des comptes de la communauté: « Item, pour la poudre de canon, dragée, moutons, semaisses et présens et laus pour mettre dans la tour, 27 florins, 11 sols, 6 deniers.

À l’appui de ce qui précède, on peut citer, comme détail de mœurs, qu’il existe encore, dans certaines localités du Jorat, une coutume empreinte du caractère des temps chevaleresques.— A l’occasion de quelque fête, comme abbaye militaire, vogue, etc., on construit une sorte de château fort en bois, château d'amour, qui doit être attaqué par une troupe et défendu par une garnison. — Quelquefois ce sont les filles du village qui forment la garnison et se défendent avec des pommes, des poignées de haricots, etc., contre leurs ennemis naturels... D’autres fois, c’est le mousquet ou le fusil de munition qui, passés dans les tuyaux de fontaines placés

nir les « compaignons et souldats » de la ville et de la baronnie *, On fit venir les « taborinier et fifre » de Morges, on commanda des fusées et l’on acheta deux boîtes de dragées pour les époux **". — Mr. de Sivirier (noble Jean-François de Gruyère, châtelain de Cossonay) reçut, en 1587, quatre écus, en cadeau, pour supporter « les effrais de ses nopces » et sa femme fut l’objet d’une bien-venue. Enfin, le conseil ordonna, en 1599, « d’accommoder Monst. de Mex de la maison de la ville pour faire les nopses de Monsr. de Senarclens » (son frère), de commander les arquebusiers des villages pour la bien-venue de l'épouse et d'offrir à Mr. de Senarclens deux moutons. Plus tard, nous retrouverons des bien-venues, mais plus modestes. — En dépit de l’austérité introduite par la réforme, le goût du plai-

dans les murailles du château, représentent le canon des assiégés ; les assaillants combinent le siége selon les meilleures traditions de stratégie que peut posséder le capitaine de l’abbaye ou le commis d’exercice local. — Pour le beau voir, l'assaut militaire se fait de nuit ; pour les mœurs, l’assaut soutenu par les filles a lieu de jour. Mais, dans le premier cas (Passaut de nuit), le beau sexe joue son rôle en encourageant les assaillants et en provoquant les assiégés à montrer leur courage... Si cet usage n’existe plus guère aujourd’hui, il était certainement encore en vigueur il y a une vingtaine d'années. — C’est probablement quelque déduit pareil que les bonnes gens de Cossonay voulurent donner à la jeunesse, à l’occasion de bien-venues.…. (Note de M. Félix Chavannes.)

*% Chacun d’eux reçut un pot du vin de la ville et l’on employa dix coupes de froment pour leur faire du pain.

#1 Et une troisième boîte pour la ville. Elles coûtèrent 95 florins, à Lausanne. — Le conseil paya les frais de l’abbaye « des malgouvers *, » à la noce, ainsi que le « gousté » des soldats de Daillens et Bettens venus à la bien-venue.

* On trouve à Neuchâtel, en 1451, l’abbé de la folie joyeuse, et celui des maux-qouvers (Description de la mairie de Neuchälel, p. 581).

plaisir était dominant, et l’occasion de s’en procurer saisie avec empressement *”. Le tir du papegay ou de l’oiseau était une de ces occasions, en même temps qu’une dépense notable pour la ville. Il avait lieu ordinairement, chaque année, au mois de mai *”; les arquebusiers recevaient du vin, les conseillers dinaient ensemble et l’on conviait au repas les notables de la ville et des environs *. Les mises annuelles de certains revenus de la ville et de lhôpital (Pohmgeld, la guette, les dixmes, corvées, etc.) présentaient l’occasion de boire et de manger aux frais de la communauté. Si le conseil s’assemblait à l'extraordinaire, pour quelqu’affaire

#2 Les comptes de notre communauté en fournissent de nombreuses preuves. Ainsi, par exemple, on y trouve (sous la date du 50 décembre 1595) un article de 10 sols pour le souper du « lacquex» (laquais) de M. de Mex et d’un autre individu, qui allèrent, « par ordre, avec le taborin, » à la rencontre de M. de Mex et de la compagnie revenant de la noce de la fille du lieutenant Petro. Nous éprouvons quelqu’embarras en citant une dépense de 15 florins, faite le jour de Pâques de l’année 1586, par une partie des seigneurs du conseil, chez l’hôte de Senarclens, où ils jouèrent « à la guille » (aux quilles).

#5 On l’appelait la fête de mai, ou de la ville.

%% L'esprit et la tendance de l’époque sont bien caractérisés dans le passage suivant des comples de la communauté (sous la date du 7 mai 1575), relalif au repas du tir du papegay: « À esté ordonné » de faire ung festin tant à Messieurs du conseil que des plus appa- » rents anciens bourgeois de la ville et seigneurs arquebusiers, en la » maison de ville, de dimanche qui vient en huit jours, et pour ce » faire l’on prendra le vin que l’on a heu des vignes d’Aulbonne et du » bled de la ville, la charge donnée aux gouverneurs et au dit Petro » et banderet, et se faira ung rolle des convoyés, affin de se jouyr » ensemble à la crainte de Dieu. » — Ce repas, en 1597, coûla 240 florins et 9 sols. Cent et dix convives y prirent part.

pressante, chez le châtelain, le banneret, ou parfois dans une auberge, il y dinait aux dépens de la ville. On présentait le vin d'honneur aux gentilshommes de la contrée ou autres personnes marquantes qui venaient dans notre ville, et le conseil déléguait quelques-uns de. ses membres pour leur tenir compagnie (fréquemment dans les auberges). Enfin les relations de bon voisinage nous portaient, dans l’occasion, à témoigner des attentions à nos voisins, surtout au baron de la Sarraz **.— Ces mœurs sont bien éloignées des nôtres et l’emploi d’une partie des revenus de la communauté en réjouissances et cadeaux donnerait lieu, de nos jours , à un blâme mérité. Faisons toutefois observer qu’en marquant des attentions à ses bourgeois, la ville honorait tout le corps de la bourgeoisie, parce qu’on estimait qu’appartenir à celui d’une ville dotée de franchises devait être tenu à honneur, et que, si beaucoup de considération entourait ceux qui remplissaient des places, elle était une juste compensation du temps et des soins qu'ils consacraient aux affaires publiques dans des fonctions peu rétri-

*% Lorsque Joseph de Gingins, baron de la Sarraz, se maria (en 1579), on lui donna trois moutons, et les arquebusiers de la ville et de la baronnie (sous la conduite de noble Pierre Charrière et du banneret Prenleloup) allèrent à la bien-venue de la « baronnesse de la Sarraz. » Le même baron reçut encore des cadeaux lorsqu'il maria ses filles, et fit « lever » (1591, septembre) une partie de son chàteau de la Sarraz. Nos comptes mentionnent plusieurs fois des semaisses ou cadeaux, offerts à des notables faisant lever leurs maisons. Le banneret reçut (1596, juin) un mouton lorsqu'on leva la sienne de Mex ; on lui avait déjà présenté (1586, 15 juin) les semaisses lorsqu'il avait relevé la tour de Senarclens. — Dans nos usages, l'expression lever une maison signifie en placer la ramure, et plus spécialement achever ce posage. .

buées et quelquefois gratuites *.—°*?7, Continuons notre narration.

Notre ville avait emprunté (1598, 6 août), au huit pour cent, 500 florins de M. de Sivirier, destinés à payer les soldats, « employés pour la ville à la deffense de la patrie **. » Le gouverneur les porta au baïllif de Morges, « pour le giette de la guerre, » mais 1l les rapporta (il n’est pas dit pour quelle raison }, et l’on remboursa M. de Sivirier **”. — *%,

#6 On ne voit point que le conseil général prit en mauvaise part cet emploi des deniers de la ville, conforme à l'esprit du temps.

#7 D'’assez fréquents cadeaux au baillif de Morges et à « Mad. la baillive » figurent dans nos comptes.

%8 On faisait sans doute, dans le pays de Vaud, des armements contre le duc de Savoie, objet d’une défiance continuelle pour Berne. On n’était alors ni en paix, ni en guerre, avec ce prince.

#% L’année suivante (15 novembre) notre ville contracta une nouvelle dette de 1000 florins, envers le seigneur de Prahin, donzel de Pontarlier. Le seigneur Hantz Thomasset la cautionna.

#0 La veuve de noble Pierre Charrière étant décédée dans la maison forte de Senarclens, ses enfants demandèrent (1599, 27 janvier} au conseil la permission de l’inhumer € en la tombe du temple, » offrant de réaliser l'offre, faite à diverses reprises par la défunte, de donner 200 florins à l'hôpital, moyennant qu’elle y fùt déposée auprès de son défunt mari. Adhérant à cette demande, le conseil décida que le corps serait porté par quatre seigneurs conseillers. Les nobles Charrière avaient, dans l’église de Cossonay, une tombe, déjà mentionnée en 1546 et rappelée par les registres du conseil en 1722. La permission de cette autorité était-elle nécessaire pour inhumer dans une tombe de famille ?

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