‹ Chronique de la ville de CossonayChapitre 5 sur 30 · DIX-SEPTIÈME ET DIX-HUITIÈME SIÈCLES · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIÈME ET DIX-HUITIÈME SIÈCLES

Le conseil fit fermer (1600, février) les tavernes de la ville, à l'exception de trois. Une ordonnance de Berne provoqua cette mesure. — %!, Le conseil étroit se composait alors de dix membres, y compris le châtelain , qui le présidait au nom de LL. EE.

Le baïllif (de Morges) et le ministre de Cossonay assistèrent, en 1601 (janvier), à la reddition, faite en conseil, des comptes de l’hospitalier (recteur de l'hôpital), ce qui n’avait pas eu lieu jusqu'alors. Il en fut ainsi pendant plusieurs années °*.

Les suffrages unanimes du conseil général appelèrent (1602, septembre) Mr. de Senarclens aux places de grand gouverneur, hospitalier et receveur des biens du clergé et de la confrérie, tout à la fois. Ce cumul était un cas rare ***.

55 Le conseil enjoignit (29 septembre) à tous les soldats de Ia ville et de la baronnie, de suivre l’enseigne de la ville à la bien-venue d’un nouveau baiïllif de Morges (Rodolphe d’Erlach).

%% Le baillif, venu exprès, reçut # écus (chacun valant 8 florins et 6 sols) pour ses peines. Sa dépense (et celle de sa compagnie et des seigneurs du conseil) à auberge s’éleva à 58 florins et 3 sols.

555 En 1630, le lieutenant baillival assistait à la reddition de ces comptes; et le ministre de Cossonay en 1689.

*%* Le conseil général, convoqué dans la maison de ville, au son

La mort de noble Claude de Lutry (mayor de la ville de ce nom), dernier mâle de sa famille, avait été suivie de la discussion de ses biens”. Le conseil avait résolu (même année , janvier) de profiter de cette circonstance pour acquérir la moitié de la grande dixme de Senarelens, dont la ville possédait déjà l’autre; toutefois l'acquisition projetée n’eut pas lieu *%.

Le conseil envoya (même année, 21 décembre) un ducaton à chacun des cinq soldats de notre ville qui se trouvaient en garnison à Genève, à la suite de l'événement connu sous le nom de l’Escalade. D’autres « soldards » de la baronnie y étaient également. Le baillif de Morges ayant ordonné de lever (dans la baronnie) un « giette pour la guerre, » de deux florins par focage, « le riche supportant le pauvre, » le conseil prit (1603, 31 janvier) la résolution suivante: « À esté advisé et ordonné que voyant nos ennemis à nos portes, prests à nous égorger si Dieu ny met la main pour nous secourir, l’exaction se doibge faire du dit giette au plus tôt que se pourra. » Combien était grande l'alarme

de la cloche, faisait encore’, comme jadis, l’élection des gouverneurs « et autres serviteurs de la ville. » La nomination des conseillers émanait de lui.

55 Que firent ses héritières. La majeure partie des biens considérables de noble Claude de Lutry à Cossonay et dans les environs provenait de l’héritage du donzel Guillaume de Bionnens, et plus anciennement des nobles de Mont et de Daillens. Son receveur habitait sa maison {maintenant celle de la famille Delessert).

556 Nous verrons celle moitié de dixme être la propriété, en 1618, du baron de Vaumarcus et du seigneur de Senarclens. Les autres biens du mayor de Lutry passèrent (en 1602) à Humbert de Diesbach, seigneur de St-Christophe. Noble Abraham Crinsoz, caseigneur de Cottens, les acquit en 1622.

dans le pays de Vaud! Des soldats de Cossonay étaient à celle époque en garnison à Morges, et chacun d’eux recevait de notre ville 48 sols de solde par jour : c'était beaucoup vu le prix de l'argent.

LL. EE. ayant défendu à leurs sujets du pays de Vaud l'usage du sel de Bourgogne et ordonné celui du sel marin *”?, cette mesure rencontra une vive opposition, le pays y voyant une infraction à ses franchises. Les bonnes villes en sollicitèrent la révocation, par leurs députés. La nôtre envoya à Berne Mr. de Senarclens et le secrétaire du conseil **, A leur retour, on convoqua les communautés de la baronnie, pour leur faire part de la réponse de LL. EE. aux députés des villes”, ceux-ci ayant reçu l’injonction de faire connaitre à Berne, dans huit jours, la volonté de leurs consti-

557 Berne avait traité avec le roi de France pour une certaine quantité de sel marin, afin d’être remboursée d’une partie des frais de la dernière guerre contre le duc de Savoie. On espérait qu’il se débiterait dans le pays de Vaud (Grenus).

%8 Unanimement élus (1605, 6 août) par les délégués des villages, de concert avec le conseil et les gouverneurs de la ville. On leur donna « toute charge et puissance de comparoir aux noms de la ville et des communautés présentes par devant l’excellence de nos souverains seigneurs et princes, pour avecq les aultres délégués du pays présenter requeste telle que entre eulx estans congrégés ensemble sera advisé pour la préservation des libertés et franchises du pays et révocalion de la deffense de l’usage du sel blanc, » etc.

539 Elle portait que LL. EE. ne pouvaient condescendre à la révocation demandée qu’à des conditions apportant des modifications à leur traite avec les sieurs de Diesbach, leur conseiller, et de Montricher, leur vassal, qui avaient l’entreprise de ce sel marin (Grenus). Le seigneur de Montricher (Vuillermin) s’était hâté de faire conduire dans le pays du sel marin qui n’était pas recevable (Ibidem).

tuants relativement à cette réponse. Le secrétaire retourna à Berne avec les autres députés, pour demander que le conseil des deux-cents s’assemblât“"°. La noblesse se joignit bientôt aux villes, et une conférence commune eut lieu à Lausanne, le 47 octobre 1603 **. Des députés des deux ordres comparurent de nouveau à Berne. Enfin LL. EE. accordèrent la révocation demandée avec tant d'instance, moyennant que le pays se chargeât, pour une année, de trente muids de sel marin de France, à raison de cent quarante-quatre quintaux le muid, à prendre à Genève, au prix de neuf quarts de Savoie la livre *”. Notre ville y envoya (1604, 27 janvier) un délégué pour recevoir, contre paiement, la quantité de ce sel qui lui compétait (ainsi qu’à la baronnie), c’est-à-dire cent-vingt-huit quintaux et cinquante-sept livres qui, avec divers frais, revinrent à 3584 florins, 8 sols et 3 deniers. On le répartit à raison des foca-

ges ‘

‘40 On enjoignit au secrétaire de se conduire d’après lavis des autres députés et notamment de celui de Morges.

5 Grenus. — Selon les comptes de notre communauté, ce fut le 30 septembre que la noblesse et les députés des villes tinrent une conférence à ce sujet à Lausanne, dans la maison de ville.

#2 Ce sel devait encore se payer avant la fin de l’année. Les dépuiés du pays, assemblés à Lausanne, acceptèrent ces conditions (excepté ceux de Moudon et d’Avenches). Ils retournèrent à Berne, rendre réponse à LL. EE. et demander des lettres de non-préjudice pour ce fait. On les leur accorda le 16 novembre (Grenus).

%%5 Entre Cossonay, les Chavannes, Alens (Croze et Vallesard), Senarclens, la Chaux, Itens (et Prévondavaulx), Disy, Lusseri, Penthallaz, Bournens, Sullens, Boussens et Penthaz. La baronnie s’était restreinte. — La ville contracta un emprunt de 3400 florins auprès de Néhémie Perreaud, ciloyen de Lausanne, pour y subvenir. Le

Le châtelain noble Claude-Hyppolite de Bons donua lieu à un acte assez arbitraire de LL. EE. à l'égard de notre ville. Il demanda, à l’assemblée du conseil général du 25

septembre 4603, d'être admis à la bourgeoisie. Mais, soit qu'on eût peu de bon vouloir pour lui, soit, ainsi qu’on le prétex{a, que l’absence du banneret et de plusieurs conseillers (qui n'étaient pas encore de retour de leurs vendanges) s’opposât à ce qu’on prit une décision, on le renvoya à un autre temps. Le châtelain , blessé de ce retard, dit qu'il se ferait recevoir bourgeois de Cossonay à Berne, où il ne paierait point de finance". Il tint parole et obtint de LL. EE. des lettres souveraines qui lui accordaient la bourgeoisie **.

Si l’on ne réclama pas contre cette 1llégalité, on ne reconnut

point, d’un autre côté, ce bourgeois imposé **.

doublon valait alors 17 florins, et l’écu sol 8 florins et 6 sols. Celui-ci valait, en 1614, 9 florins.

#44 « Proteste de aller passer bourgeois de ce lieu à Berne, Jà où c’est qu’il entend et scait asseuré estre receu sans payer aulcune imposition » (Registres du conseil). On lui répondit: « Dieu le conduise » (Ibidem).

545 Elles sont du 5 octobre 1603, et font mention de « certaine inimitié conçue entre lui et ceux de Cossonay » (Tit. de la famille de Bons).

**6 De Bons, dans certaines procédures, s’intitula bourgevis de Cossonay, quoiqu'il n’eüt point prêté le serment requis. Il demanda, en 1611 (juillet), que sa bourgeoisie fût reconnue, et produisit les lettres obtenues de Berne (il n’était plus alors châtelain) ; mais on décida, l’année suivante, qu’on n’y aurait point égard. Il s’en plaignit plus tard (1615, août), quoique sans succès. Son petit-fils, également nommé Claude-Hyppolite, acquit seulement la bourgeoisie en 1665, au prix élevé de 600 florins, outre 27 florins et 6 sols au lieu du banquet aux conseillers, deux seaux en cuir, et un pot de vin à chaque bourgeois. La résistance passive de notre ville avait donc eu

Le conseil ordonna (1604, avril) à honorable Jaques Frossard, bourgeois de Moudon, d’acquittef la gerbe de la messeillerie, à raison de ses biens à Cossonay, ce qui nous apprend quelle était la redevance (annuelle) dûe pour cet office #7. On invita, l'année suivante, le même Frossard, ainsi que le seigneur d’Echichens, qui tenaient du bétail sur leurs propriétés, à se passer bourgeois de la ville, ou à« contribuer » (payer la soufferte) comme les autres étrangers.

Une ordonnance baillivale (de Morges, du 19 juillet, même année) constitua noble Robert DuGard, seigneur de la Chaux, juge des causes féodales qui dépendaient de la ville, de l'hôpital, du clergé et de la confrérie. C’est l’établissement d’une cour des fiefs. — Ce seigneur de la Chaux devint, la même année, membre du conseil étroit de notre ville. Il avait une maison à Cossonay.

Le conseil général admit (1605, septembre) noble Pierre d’Arnex, bourgeois d’Orbe, co-seigneur de Lusseri et Chavannes-sur-le-Veyron, à la bourgeoisie, moyennant 50 florins, deux bons « brochets » (seaux en cuir pour les incendies) et un diner aux seigneurs du conseil. Il habitait Cossonay depuis longtemps.

Il a été déjà parlé des biens que les anciens sires de Vufflens-le-Château, puis leurs successeurs , avaient possédés à

du succès. Le conseil n’était pas porté de bonne volonté pour le châtelain de Bons. Ainsi, en 1610, on lui avait enjoint de venir régler, en conseil, le compte de l’ohmgeld et du forage du vin vendu par lui pendant qu’il avait été châtelain , le menaçant, en cas de refus, de le poursuivre par voie de justice. I s’élait retiré à Bournens.

47 ]lest bien rarement question de la messeillerie dans les titres de notre communaulé. Nous avons fait observer qu’elle paraissait avoir appartenu à la confrérie du St-Esprit.

Penthaz et à Bournens, et de la prétention de ces divers seigneurs que leurs hommes de ces deux villages ne fussent pas soumis aux obligations des sujets de la baronnie. François d’Alinges, seigneur de Coudrée , Vuillerens, Colombier et autres lieux, tout en remettant (1568, 16 novembre) à LL. EE., par échange, ses censes directes de Penthaz et de Bournens, s'était réservé la seigneurie soit la jurisdiction sur les censiers et leurs biens, ainsi que l'hommage qu'ils devaient”. Dans la discussion des biens d'Antoine d’Alinges, seigneur de Servette, son fils, cette jurisdiction avait été acquise, en 1589, par le seigneur de Mex ”*”. Quoique banneret de notre ville, ainsi que nous l’avons vu, ce dernier renouvela les prétentions de ses prédécesseurs. Il était, en 1607, en difficulté avec elle au sujet des focages de Bournens qui dépendaient de sa jurisdiction, qu’il estimait n'être pas astreints au paiement de la guette. Informé du différend, le baillif de Morges se transporta (6 juillet) à

48 Tif. du baill. de Morges, coté n° 667. François d’Alinges remit en même temps à LL. EE. ses censes directes de Boussens (dans la baronnie de Cossonay), à cause de la seigneurie de Chasteau-vieulx, se réservant également la jurisdiction et le droit d'hommage. LL. EE. avaient déjà la jurisdiction sur celles qu’il leur céda , dans la même circonstance, à Penthallaz.

% En vertu de cette acquisition, les petits-fils du banneret Georges-François Charrière possédaient (en 1674) bamp, barre, clame, saisine, mère, pur et mixte empire et omnimode jurisdiction sur environ quinze « focagers » à Bournens, sur leurs biens au territoire de cet endroit, qui appartenaient à cette jurisdiction , et sur quelque terrain à Boussens (Dénombrement des fiefs nobles des bailliages de Morges et de Lausanne). A Penthaz, huit hommes (focagers) relevaient, en 16653, de la jurisdiction de Coudrée (Tit. du baïll. de Morges, coté n° 750). Ces diverses droitures étaient possédées en franc-alleu. l

Bournens, où la ville envoya, de son côté, quatre délégués pour soutenir ses droits ””. On n'indique pas le résultat de cette « journée, » vraisemblablement favorable à la ville; mais il ne fut pas définitif.

On refit, au printemps de la même année, l'enseigne (la bannière) de la ville, fort détériorée. Dans l’occasion, toute la baronnie était astreinte à la suivre.—Au commencement de juin, le châtelain, le banneret, le lieutenant (du chätelain) et le secrétaire élurent les « soldards » destinés à tenir garnison au château de Morges.

On élut de nouveau, en 4610 (22 février), sur l’ordre du baillif, quarante soldats de la baronnie, pour être envoyés à Genève **!.

Ce baillif (David Tscharner) vint (même année, 23 août) installer Pierre Buttet, de Moudon, nommé châtelain en remplacement de Claude-Hyppolite de Bons. Le nouveau châtelain promit de maintenir les franchises de la ville; et les conseillers, de leur côté, au nom de la ville et de la baronnie, firent la promesse de « rendre debvoir d’obéissance au dit seigneur chastelain au nom de LL. EE. » Cette présentation eut lieu à la maison de ville, avec les cérémonies requises, en présence d’un grand nombre de témoins *”.

5% « Le sieur lieutenant Pétroz, Georges Paindavoine, le gouverneur et le secrétaire » (Registres du conseil , 5 juillet 1607). Le baillif parait s’être rendu plus d’une fois à Bournens pour cette difficulté.

%1 On craignait à Genève quelqu’entreprise des troupes espagnoles, milanaises et savoisiennes (de Tillier).

52 Entr’autres les seigneurs de Denezy, de Bercher, de Mézières et de Delley, les bannerets Buttet et Bize, de Moudon, le secrétaire baillival et le receveur de Morges, etc. On remarque, au nombre des témoins, deux officiers de LL, EE. à Cossonay, et ceux de Sullens et

Des bruits, venus de France, d’une expédition prochaine du due Charles-Emanuel de Savoie, portèrent Berne, vers la

fin de janvier 1611, à accorder à la ville de Genève une garnison de six cents Vaudois. En février, LL. EE. envoyèrent des troupes dans le pays de Vaud, pour en occuper les passages et points importants **. Ce n’était pas sans raison, car le duc renouvelait ses prétentions sur cette portion, disait-il, de l’héritage de sa famille, et des troupes rassemblées dans la Franche-Comté" devaient le seconder dans l'entreprise qu’il méditait. La contenance de la France fit échouer ces desseins, et Berne retira ses troupes au bout de quelques mois. Notre baronnie, dans cette circonstance, fournit des hommes et de l'argent; pour se procurer celuici, il y eut tout à la fois imposition et cotisation **.

Penthallaz. Ces officiers avaient remplacé les anciens messagers (nuncii).

#5 La bannière (bas &äbnen) du colonel d’Erlach occupa Aigle , le colonel de Diesbach Yverdon, le capitaine Wyss Ste-Croix, les troupes de Nidau gardèrent Lignerolles, Ballaigue et les Clées, le capitaine Buri occupa St-Cergues, le capitaine Horn la vallée du lac de Joux, la bannière de Thun Aubonne, celle de Berthoud Morges, celle de l’Emmenthal Rolle, et le capitaine de Graffenried Coppet. Trois bannières furent réparties entre Nyon et Coppet (de Tillier).

%% Par MM. de Watteville (de la Franche-Comté), de Marcey et de Balançon (Ibidem).

%% Le châtelain Buttet rendit, l’année suivante (13 avril), au conseil, les comptes des giette et cotisation « pour le support de la guerre et troubles suscitez en l’année 1611 et le 20 janvier. » On lui avait livré 687 florins, 4 sols et 6 deniers, payés par deux cent-huitante et un focages. Cinq « musquetaires » et quatre arquebusiers, envoyés « en la compagnie » de noble Gaspard de Graffenried, avaient coûlé 295 florins. La solde de quarante soldats, qui avaient été à Genève, sous la conduite du capitaine Boijolli, s’élait élevée à 400

Notre ville fit un échange de quelqu’importance en remettant (même année, 26 août) à Bernard d’Alinges, baron de Coudrée, seigneur de Vuillerens et Colombier, le muid de froment et les deux chapons, de cense, que l’hôpital St-Antoine percevait à Aclens , contre les terres de ce seigneur à Senarclens, procédées de la cure de Vuillerens®”. Elle lui paya 700 florins de retour. Pour indemniser l'hôpital, on résolut, l’année suivante, de lui livrer, chaque année, un muid de froment, ou bien de lui céder celui que la ville percevait à Boussens.

À Poccasion de la mort d’un conseiller (François Delaydessoz), le conseil défendit (même année, septembre) de faire désormais aucune inhumation autour de l’église dans lancien cimetière **. Le conseiller qui venait de mourir devait être mis au cimetière (actuel) ou dans la chapelle Notre-Dame qui s’y trouvait. On ordonna, peu après, de réparer cette chapelle *°. |

florins (sur le pied de 95 florins par homme, par mois). Douze soldats envoyés pour garder le château de Morges, en soulagement de ceux qui s’y trouvaient, avaient reçu 83 florins et 8 sols une semaine, et 87 florins, 10 sols et 2 deniers une seconde. La totalité des frais s'élevait à 877 florins et 5 sols. Les registres du conseil contiennent de grandes lamentations sur cette lourde charge.

%6 Acquis de René de Challant, seigneur de Valangin, et aussi les censes en deniers que la ville possédait au même village.

%7 [1 y en avait environ vingt poses et demie. — Voir la note 358.

#8 L'ancien cimetière, autour de l’église, était déjà abandonné, sauf pour quelques notables et par permission du conseil. Celui-ci y avait fait inhumer, en 1589, Mr. Manassès Masuyer, ministre de la Parole de Dieu à Cossonay, Il renouvela, en 1659, la défense de s’en servir, lors même qu’il s'agirait de membres du conseil.

5% J1 se pourrait aussi que celle réparation regardàt la chapelle Notre-Dame de l’église.

Noble Abraham Crinsoz, co-seigneur de Cottens, fut admis (1611, novembre) à la bourgeoisie, pour 100 florins et deux seaux en cuir. Noble Samuel d’Aubonne, co-seigneur de Disy, l'avait également été peu auparavant. N'ayant pas payé le prix de cette réception, on convint avec lui, quelques années après (1615), qu’on l’en tiendrait quitte, moyennant qu’il remit, dans la huitaine, le laud, scellé et signé, de ce qui, dans l'acquisition des terres de la cure de Vuillerens à Senarclens, pouvait mouvoir de son fief °°.

Le conseil décida (1611, 16 décembre) qu’il s’assemblerait le premier lundi de chaque mois. — 5,

Des députés des quatre bonnes villes (Morges, Nyon, Yverdon et Moudon) se réunirent à Cossonay, le 28 avril 1619, « pour résouldre des affaires du pays. » Le conseil ordonna qu'ils fussent « proprement » reçus et traités « honestement, » selon qu'ils le méritaient. Il désigna MM. de Mex et de la Chaux, le châtelain et son lieutenant, pour leur tenir compagnie et assister à leurs repas, dont la ville ferait les frais. Cette assemblée peut avoir eu pour objet la correction du coutumier, demandée *?, cette même année, par les

$60 La remise du laud n’eut pas lieu, sans doute parce que la part qui revenait à d’Aubonne au fief de Gléresse à Senarclens n’était pas suffisamment liquidée. D’Aubonne mourut quelques années après, léguant cent florins à l'hôpital St-Antoine.

$61 Le conseil ordonna (1612, 7 février) au gouverneur d’acheter une boîte de dragée pour présenter à Mr. de Mex faisant (le lundi suivant) les noces du « hyonker » Claude-Andrey, son fils.

56 Dans le but de rendre les procès moins prolixes, en apportant plus d’uniformité dans les coutumes.—Il s'agissait aussi du maintien du privilége d’après lequel les baïllifs, lors de leur installation dans une des quatre villes, juraient d’observer ses franchises et coutumes (Grenus).

quatre villes, et que LL. EE. accordèrent volontiers *%.

Le conseil de Morges invita (même année, 24 décembre) celui de Cossonay**, d'envoyer des personnes capables à Morges, pour y prendre connaissance des articles que les bonnes villes se proposaient de présenter à LL. EE. pour la réformation du coutumier. On y députa le banneret et le secrétaire *®. LL. EE. firent imprimer à Berne, en 1616, le coutumier du pays de Vaud, conformément au projet présenté par les députés du pays, après toutefois l'avoir corrigé, augmenté et diminué, selon qu’Elles l’avaient jugé nécessaire °%.

Depuis l’année 1556”, Le prieuré de Cossonay, substitué à l’ancien château, ruiné, était devenu la maison de LL. EE. dans notre ville. On l’avait rebâti ou du moins considérablement réparé en 1612.

Une difficulté entre Cossonay et Alens, d’une part, et les communiers de Gollion et Mussel ®, de l’autre, relative au

568 Décidant que les députés des villes et seigneuries s’assembleraient pour convenir des articles à améliorer, puis qu’on les présenterait à LL. EE. qui les admettraient, ainsi réformés , si Elles les jugeaient profitables ( Grenus).

36% Par deux députés, Josué Viriol et Louis de Montricher.

565 On leur donna pour instruction d'écouter ce que les seigneurs de Morges leur proposeraient, puis d’en référer au conseil, qui donnerait son avis. — L’hôte de la Croix-Blanche réclama, de notre ville , le paiement de la dépense de Mr. de Mex, lorsqu'il avait été à Morges, avec les autres députés, pour la réformation du coutumier. Il y eut à ce sujet plusieurs assemblées des villages de la baronnie qui, sans doute, se montraient récalcitrants à payer.

566 Grenus, note de la page 281.

567 Stercki (manusc.) indique cette date. Ne serait-ce pas plutôt depuis 1536, époque de la conquête bernoise ?

568 La partie supérieure de Gollion porte le nom de Mussel.

marais appelé les Etremplons, au territoire de notre ville, fut terminée par une prononciation de quatre arbitres (du 26 avril 1613). Elle fixa les limites de ce pâquier et le temps où il devait être pâturé *”.

L'obligation de fournir fréquemment des soldats pour la garnison du château de Morges paraissait pesante à notre baronnie, qui estimait n’y être pas astreinte. Elle s’en plaignit à Berne, demandant, en outre: 1° qu’on lui restituât la solde de neuf soldats, précédemment envoyés en garnison à Genève; 29 qu'il lui fût permis de faire entrer dans le compte de sa contribution pour la guerre (demandée par le baïllif de Morges) les frais de ses « esleus » qui avaient été en garnison à Coppet; et 3° qu’on lui allouât les frais supportés pour la garde du château de Morges. LL. EE. répondirent, le 26 janvier 1613, qu’Elles feraient rechercher si la baronnie était tenue à garder ce château ; qu'ayant envoyé au baillif Tscharner l’argent nécessaire pour rembourser aux communautés leurs frais pour la garnison de Genève, Elles avaient espéré que Cossonay aurait été payé; mais que sinon °° Elles y « donneraient bon ordre; » que, les élus de Cossonay ayant été à Coppet par ordre de LL. EE, il était raisonnable que leurs frais fussent alloués à la baronnie, mais non pour ceux de la garde du château (de Morges), attendu que, dans cette circonstance, elle n’avait fait que son devoir; toutefois qu’Elles auraient désiré qu'on y eût apporté plus

56 Déjà, en 1575, ce marais avait donné lieu à un différend entre les prud'hommes d’Alens et ceux de Senarclens ; une prononciation d’arbitres l’avait également terminé, en accordant à ceux de Senarclens la faculté d’en faire pâturer une partie. Le châtelain de Gossonay etle commissaire Crinsoz avaient été du nombre des arbitres.

‘7 Le baillif Tscharner avait, paraît-il, détourné cette somme à

d'économie ”’". Berne fit effectivement examiner si les recsortissants de la baronnie devaient garder le château de

Morges, et le commissaire chargé de ce soin déclara que

leurs reconnaissancesne mentionnaient pas cette obligation”.

Le châtelain ayant présenté (1613, juillet) l’ordre du baïllif de Morges « que l’on eût à trouver le giette de la guerre, » pour la solde de trois mois des soldats de la ba-

ronnie élus, d’un côté pour les six mille hommes, et de l'autre pour les douze cents, le conseil « advisa » d’exiger ce giette. Ces six mille hommes sont sans doute ceux dont Berne avait ordonné la levée, dans la seconde moitié de l’année 1610, à cause des complications politiques qui suivirent la mort d'Henri IV et les événements dont l'Alsace fut alors le théâtre. Les douze cents appartenaient aux milices que Berne répartit, en février 1611, dans le pays de Vaud °*.

son profit. Convaincu de concussion, il avait péri, l’année précédente, de la main du bourreau. De nombreuses plaintes s'étaient élevées non-seulement contre lui, mais encore contre plusieurs autres baillifs (de Tillier).

S71 Tant en alternant qu’au moyen de vivres que les soldals eussent pu apporter avec eux. Le baillif devait veiller à ce que cela s’observât à l’avenir.

572 Cette déclaration du commissaire de la baronnie, formulée sur l'ordre du baillif, est du 28 avril 1613. Elle porte que, par leurs reconnaissances , les hommes de la baronnie sont astreints envers LL. EE. à veiller, bâtir (le château de Cossonay), suivre la chevalerie (chevauchée) en temps de guerre et de nécessité, moudre leurs grains aux moulins et cuire leur pain aux fours de LL, EE., ainsi qu’à tous les autres usages communs.— En mars 1615, Mr. de la Chaux et le secrétaire devaient se rendre à Berne, au nom de la baronnie, au sujet de la garnison de Morges.

“5 De Tillier,

La peste causa de grands ravages dans le pays, en 1613 et l’année suivante. Elle n’épargna pas notre ville. Déjà, au mois de mai, il s’y trouvait des « pestiférés, » qu’on transportait, comme précédemment, dans la chapelle Notre- Dame. Le conseil ordonna (6 juillet) que les « infectés » se üinssent « serrés et de court. » On fit (2 août) un accord pour enterrer les morts, au nombre desquels se trouvait noble Marie Farel, de la famille du réformateur *”", et l’on défendit (16 du même mois) aux femmes de s’assembler « pour cotter comme elles ont accoustumé, pour caquosser et jaser de cestui ou de l’autre. » La contagion durait encore dans le mois d'octobre de l’année suivante, et le conseil envoya à Lausanne, « vers quelqu’apothicaire, pour avoir quelque provision et préservauf. »

LL. EE. paraissent avoir fait distribuer des armes en 1614. Le gouverneur de la ville fut chercher (en mars) à Morges celles que Berne avait ordonné d'y prendre, et en passer « obligation » (récépissé) *”.

Le châtelain Buttet et le notaire Abraham Delessert °"

#% Femme du sieur Michel Favey. En indiquant son décès, les registres du conseil ajoutent: « de laquelle (peste) il plaise à Dieu nous délivrer, et nous conserver, Amen! » Le secrétaire du conseil (David Berney) fut une des viclimes. Le conseil général donna sa place (1615) à noble et égrège Jaques Crinsoz, co-seigneur de Cottens, notaire et conseiller à Cossonay.

78 Il est remarqué que Pierre Farel reçut alors un mousquet.

#76 C’est le premier membre de la famille de ce nom qui se soit fixé à Cossonay. Il était originaire du bailliage de Moudon. A cette famille appartenait M. Benjamin Delessert (mort en dernier lieu), créé baron de l’empire par Napoléon et auquel on doit, en France, l'introduction de la fabrication du sucre de betteraves. Membre, pendant longtemps, de la chambre des députés, il fut le fondateur de la

furent reçus bourgeois (même année, juin) et prétèrent le serment d'usage °7?.

Un fait nouveau dans les habitudes de notre ville se passa lorsqu'en 1615 (septembre) le conseil général nonima le banneret « gouverneur et superintendant sus les affaires et négoces de la ville et hospital, » lui donnant un adjoint pour le remplacer en cas d'absence. Cette décision laisse entrevoir la nécessité, pour les intérêts de la communauté, d’une surveillance plus active que celle des gouverneurs ordinaires.

Convoqués par le conseil pour la « maintenance » des tours de la ville qui menaçaient ruine, les gouverneurs des villages comparurent le 21 octobre 1616 °°. Les quatre tours furent effectivement restaurées en 1648.

La dixme d’Itens , qui appartenait à l’hôpital St-Antoine, donna lieu, en 4617, à un différend avec la famille Maria, de ce village, et ses consorts, qui prétendaient y percevoir

caisse d’épargne de Paris. Plus d’une fois Cossonay a ressenti les effets de sa générosité et de son affection pour la ville de ses pères. M. Gabriel Delessert, son frère , est maintenant pair de France et préfet de police à Paris.

77 On admit encore à la bourgeoisie noble Pierre Farel, pour 100 florins, payables dans trois mois (outre deux seaux en cuir). Mais l’année suivante le conseil annula cette réception, Farel n’ayant pas salisfait à son ordonnance. On lui accorda de nouveau la bourgeoisie, en 1620, pour 150 florins, dont sa femme se porta garante. Farel parait avoir été mauvais payeur.

378 On fixa, le mois suivant, les appointements du surintendant à 165 florins par an.

#79 Ceux de la Chaux, Disy, Lusseri, Penthallaz, Penthaz, Bournens, Boussens, Sullens et Senarclens.

le « mescloz » et le chanvre, ainsi que la redixme *° des autres grains. Une prononciation de cinq arbitres * décida que l’on partagerait l’orge et le mescloz par égales portions; que la redixme des autres grains appartiendrait aux Maria , ainsi que la paille, « les crinses, ballays et ramassures; » qu'ils recueilleraient la dixme, la charrieraient et fourniraient à Îtens une grange pour la loger, mais que l'hôpital contribuerait au battage du grain. Déjà, en 1605 (juillet), le conseil avait signifié au notaire Jean Maria de produire ses droits à cette redixme, parce qu'ils étaient en opposition avec la reconnaissance prêtée, en 1377, par le donzel Louis de Bierre, en faveur du sire Louis (I) de Cossonay, pour la dixme d’Itens *. | Environ une centaine de soldats étaient, en octobre 1617, « ordonnés pour loger » dans la baronnie et le département de Cossonay *”*. Il est probable qu’ils appartenaient aux trois mille hommes accordés par Berne cette année-là au duc de Savoie, et qui, revenant d'Italie, traversèrent alors le pays

580 C'est-à-dire la dixme de Ja dixme.

581 Jean Crinsoz, co-seigneur de Cottens, Etienne Mayor, notaire, Jean Mestraulx, châtelain de Vuillerens, Nicolas Monney, notaire, et le ministre Baudin, de Cossonay, pour sur-arbitre. La prononciation est du 10 juillet 1617.

%82 En fournissant un homme. — La dixme du chanvre resta à l'hôpital (du moins il la possédait en 16253). Celle des légumes, jadis propriété du prieuré de Cossonay, appartenait à LL. EE. Ces deux dixmes se trouvaient, en 1674, dans les mains des possesseurs de la redixme (Dénombrement des fiefs nobles du baïll. de Morges).

385 Par laquelle on voyait que la dixme des « mesclez et primevères » appartenait alors à ce donzel.

‘84 On devait les répartir entre Cossonay, la Chaux et Itens, Senarclens, Disy, Lusseri et Villars, Penthallaz, Penthaz, Bournens,

de Vaud”. Ils peuvent aussi avoir fait partie de fa troupe de lansquenets du comte de Schombourg, qui traversa également notre pays ‘*. |

Noble Nicolas (fils de feu Priam) Vuillermin, originaire d'Estavayé, avait été reçu bourgeois de notre ville 7, où #l tenait une auberge. Ayant, en récidive (soit sa chambrière), débité du vin à un prix plus élevé que la taxe **, le conseil lui interdit (même année, décembre), sous le ban de 10 florins, de vendre vin, lui ordonnant de mettre bas son enseigne. Et, comme il n’obéissait pas, il la fit enlever. Vuillermin pria qu'on lui pardonnât. On lui permit de rependre son enseigne, en payant les bans et satisfaisant aux ordonnances du conseil.

Peu avant, notre ville avait été bien près d’entrer en procès avec noble Jean-Baptiste de Saussure, mayor (plutôt mestral) et co-seigneur de Boussens, qui avait pris parti pour l'hôte de ce village, que, sur son refus de payer l’ohmgeld du vin débité par lui dans la baronnie, nos gouverneurs avaient « poursuivy par gagement et subhastations de ses biens. » Des délégués du conseil s'étant rendus (1647, 17 novembre) à une citation devant le baillif de Morges, obtenue par de Saussure, celui-ci, avant d’entrer en contestation, leur demanda exhibition des droits de la ville. Per-

Sullens, Boussens et Grancy. Ces localités formaient ainsi le département militaire de Cossonay.

#% Cette troupe rapporta une maladie contagieuse qui fit beaucoup de victimes à Berne et dans le pays de Vaud (de Tillier).

“6 Ibidem.

87 Pour 120 florins (1617, septembre).

%88 Elle était de 4 sols et 6 deniers le pot, et Vuillermin l'avait vendu ÿ sols.

suadé, après en avoir pris connaissance, de leur légalité, il déclara laisser les nobles et bourgeois de Cossonay paisibles possesseurs de l’ohmgeld qu'ils pouvaient avoir à Boussens, ne $s’opposant point à ce que l'hôte en fit « condigne payement *?.

On fit, dans l’année 1618, des réparations à l’église paroissiale. On recouvrit, entr’autres, la voûte du chœur et celle de la chapelle des sires de Cossonay. Depuis la réformation , notre ancienne église de St-Paul est ordinairement appelée le temple.

Le conseil, considérant que, par l’ordonnance souveraine, appelée le nouveau coutumier, toutes les subhastations se prescrivaient, qu'il n’y avait aucunecretraction de rehemption aprés la suite d’icelles, » et qu’ainsi les anciennes franchises de la ville et la concession de 4592 étaient restreintes et peut-être anéanties, chargea (1618, août) le co-seigneur de Penthaz *” de prendre conseil de M. l’avoyer au sujet d’une supplication à présenter à LL. EE. pour obtenir la ratification des précédentes franchises”, et d’agir à Berne selon le conseil qu’il recevrait. On ne voit pas que cette démarche ait eu de résultat.

. Notre ville, Jean de Bonstetten, baron de Vaumarcus, et François Charrière, seigneur de Senarclens, possesseurs de

%8% À la demande de nos députés, on dressa un acte authentique de cette déclaration, qui termina la difficulté.

5% Noble Claude-André Charrière. Il avait par sa femme (Damoiselle Marguerite de Gruyère, dont la mère était Philiberte de Watteville), des parents à Berne: de là, sans doute, la mission dont le conseil le chargea.

%% 4 Concernant le réachept de dix ans des dites subhaslations. »

la dixme de Senarelens **?, se fondant sur une ordonnance récente de LL. EE., prétendaient la lever généralement dans tout le territoire, à l'exception des parchets francs de tout temps. Plusieurs particuliers s’y opposäient, disant que depuis plus de trente ans ils avaient tenu, sans contradiction, certaines pièces en franchise de dixme **. Il en était résulté un procès devant la justice de Senarclens, dans lequel les possesseurs de la dixme avaient été acteurs et les gouverneurs, prud'hommes et communiers de Senarclens, garants des particuliers, rées. Les parties, exhortées à terminer leur différend par voie amiable, s’en remirent à la décision de quatre arbitres *”, qui, après avoir invoqué le nom de Dieu, prononcèrent (1618, 20 juillet): « que bonne voysinance, paix, amitié et correspondance soit et demeure entre les dittes parties, comme entre vrays chrétiens doit estre: Que

%% On se rappelle que notre ville possédait la moitié de la grande dixme de Senarclens comme ayant droit du clergé de Cossonay, auquel noble Jean de Cossonay, seigneur de Rurey, l'avait léguée. Le baron de Vaumareus et le seigneur de Senarclens en avaient chacun un quart. Cette seconde moitié procédait des biens du feu mayor de Lutry.

%5 Les unes en verlu de titres authentiques, d’autres parce qu’elles éfaient enclavées dans des parchets tenus de tout temps pour francs, et d’autres, enfin, en vertu de possessoire pacifique et non interrompu de plus de trente ans, au vu et su de tous les amodieurs de la dixme. Les opposants imploraient le bénéfice de deux précédentes concessions de LL. EE.; l’une, particulière à la baronnie, qu'ils assuraient être dans les mains des acteurs; et l’autre, du 14 août 1567, faisant pour {out le bailliage de Morges.

%% Noble et égrège Jean Crinsoz, co-seigneur de Cottens et châtelain d’Apples, et les égrèges Nicolas Monney, châtelain de Cuarnens, Jean Mestraux, châtelain de Vuillerens, et Pierre Guex, châtelain de Senarclens.

ious procès pour ce regard meus et suscitez soient abolis et anéantis, et {ous propos aigres et piquants, si aucuns âvoyent esté d’une part ou d’autre dicts et proférés, esteints et assoupis. » Que les acteurs lèveraient la dixme dans tout le territoire, généralement, sauf sur les pièces reconnues franches par titres authentiques trente ans au moins avant l’ordonnance souveraine invoquée. Que les pièces enclavées dans les parchets véritablement francs en demeureraientexemptes, comme précédemment, à moins qu'il mapparût que la dixme y avait été levée pendant trente ans, sans interruption **, Que, pour prévenir toute contestation à lavenir, on ferait au plus tôt une ample désignation spécifique et délimi- {ation des parchets et pièces francs, et de celles, enclavées dans ces parchets, qui seraient reconnues dixmables **, Les dépens furent compensés. Les parties acceptèrent la prononciation.

Le duc Charles (I) de Savoie, nous lavons rapporté, avait autorisé notre communauté à construire un moulin dans les fossés de la ville. Celui-ci avait eu peu de durée. En 1618 (27 septembre) la ville concéda, par abergement, la faculté de le rétablir. Il n'existe plus dès longtemps.

#5 Les arbitres spécifièrent que, leur sentence étant basée sur l'ordonnance souveraine produite par les acteurs et cotée au feuillet 283 du nouveau coutumier , les parties pourraient se prévaloir des changements qu’y apporteraient LL. EE. Enfin ils accordèrent à ceux de Senarclens de pouvoir s’autoriser des affranchissements de dixme, abergements ou autres droits suffisants qu’ils retrouveraient, moyennant que, reçus et signés par des notaires « fameux, » ils fussent émanés des possesseurs de la dixme, plus de trente ans avant la concession plusieurs fois citée, et cela quoique l’usance de la franchise n’en eût pas suivi la concession.

%6 La spécification se fit en 1624, La part de dixme du baron de

Le conseil envoya (1619, janvier) deux députés à Morges, à la conférence des bonnes villes pour la « conclusion de la correction » de divers articles du nouveau coutemier, par lesquels le pays s’estimait « grevé ””". » La noblesse et les villes, tout à la fois, demandaient cette correction *’ is. Berne ordonna (10 février) qu’une conférence générale eût heu à Morges, dans la quinzaine, et qu'on y convint des changements désirés *?. Le trésorier Sturler ayant convoqué les députés à Berne, notre ville demanda (11 avril) au conseil de Morges que ses députés l'y représentassent également, et qu’en particulier ils suppliassent LL. EE. de maintenir les franchises de chaque localité, tant écrites que non écrites *”, Berne n’adhéra pas aux demandes du pays °%°.—%#,

Sur une exposition du banneret au conseil, on exhorta les bourgeois à fréquenter les saintes prédications les jours ouvriers.

Le même jour (14 mars) le conseil décida que la eontri-

Vaumarcus et du seigneur de Senarclens passa quelques années plus tard à noble Abraham Crinsoz, seigneur de Cottens. Elle appartenait, en 1652, à son fils Antoine, seigneur de Bussy. À celte date le conseil requit celui-ci de laider à liquider les pièces de la dixme de Senarclens, qui donnaient lieu à contestation.

597 Une assemblée des députés du bailliage avait eu lieu à Morges, au mois d'octobre de l’année précédente. Notre ville y avait envoyé M. de Mex et le conseiller Blaudet. Elle avait peut-èlre déjà pour objet cette correction du nouveau coutumier.

97 bis Grenus.

‘8 Ibidem.

59 [bidem.

600 Tbidem.

60 Une « boîte d’épiceries, proprement faite, » aux couleurs de la ville (en blanc et bleu), fut offerte (même année, février) à Imbert de Diesbach, co-seigneur de Champvent, nouveau baillif de Morges.

bution de guerre, dont le baïllif pressait la rentrée”, se paierait moitié des revenus de la ville, et moitié par « une giste, » selon les facultés de chaque contribuant. Cette décision causa du trouble. Quoique prise en présence des conseillers des dix-huit, une partie de ceux-ci refusèrent de s’y soumettre. Contre la règle établie et sans le consentement du conseil étroit, ils tinrent des assemblées à la maison de ville, pour « oppugner le faict et contribution » (de guerre). Ils assemblèrent même le conseil général, sans déclarer ni la nécessité ni la raison de cette convocation %. Le conseil étroit, de son côté, de l'avis d’une partie de la bourgeoisie, les cassa et remplaça. Les éliminés recoururent au baillif de Morges, qui se transporta deux fois à Cossonay, et ramena la paix (13 mai, au prieuré) par une prononciation qui confirma la destitution des six conseillers”, sans cependant

5% Berne était alors en différend avec Fribourg au sujet du bailliage d’Echallens, où la première de ces villes voulait introduire la réformation.

60 Ce qu’ils ne pouvaient faire sans le consentement du conseil étroit et cause urgente. — Le banneret harangua les bourgeois à Pissue de la prédication.

50% Noble Samuel. d’Aubonne, co-seigneur de Disy, François Deleydessoz, Calept de la Sarra, Jean Pappaz, Abraham Portier et François Rinaud. — L'année précédente, la mort de M. de Senarclens ayant laissé un siége vacant en conseil, cette autorité avait résolu que « moyennant l’advis du général des bourgeois, noble Samuel d’Aubonne y doibge estre évocqué et présenté par devant le dit général. » Néanmoins cette élection n’avait pas eu lieu. Une année plus tard, le conseil, « pour bon subject sur ce par les seigneurs conseillers heu et prémédité, » décida que la place de feu M. de Senarclens resterait encore non occupée pendant un an. Noble Abraham Crinsoz y fut appelé en 1625.

porter aucune atteinte à leur honneur et « bonne fame, » laissant au conseil général la liberté de les rétablir. Elle conserva à noble Samuel d’Aubonne sa place de juré de la jusüce, mais priva François Deleydessoz de la sienne‘. Enfin, elle compensa les dépens, et mit les vacations et le salaire du baillif et de ses assesseurs à la charge des six « esleus » (c’est-à-dire des conseillers destitués).

Le paiement de la guette amena un différend de notre ville avec les communiers de Disy, et l’on nomma (même année, 14 mai) des arbitres pour le terminer‘. Nous ne connaissons pas leur sentence.

La levée d’un giette, par focage, dans la baronnie, pour payer les frais causés par la révision du coutumier, à Cossonay et à Morges, fut résolue par le conseil (6 septembre suivant). Cette révision est sans doute celle que le pays s’efforçait alors d'obtenir °°.

L’admission et le renvoi du maître d'école de la ville dépendaient du conseil. Nous trouvons cette autorité renvoyant (1620) ce maitre, à cause de son ivrognerie et du « mau-

80 D’assistant de la justice, et cela jusqu’à nouvelle déclaration baillivale. Assistant et juré signifient, pensons-nous, la même chose.

6 Ceux de la ville furent les sieurs Pierre Pappan et Maire Gaudin, de Morges. Disy choisit le mayor d’Agiez (noble Isaac Thomasset) et le curial de Romainmotier (Nicolas Olivier).

507 Par la réponse de LE. EE., du 13 janvier 1621, aux délégués des bonnes villes, relativement à la nouvelle révision du coutumier, Elles ordonnèrent que les frais qui en étaient résultés seraient exclusivement supportés par ces villes, sans en charger ceux qui n’y habitaient pas, ainsi que les « pauvres paysans de l’obéissance » de LL. EE. (Grenus, page 590).

vais ménage et train qu'il tenait à sa femme, sans raison %5, » — 607,

Il est remarqué, à l’occasion de l’assemblée du conseil général du 22 septembre 1622, que chaque année ce conseil se réunissait le dimanche avant la St-Michel, pour procéder à l'élection des gouverneurs et autres charges de la ville.

Une excessive cherté de toutes choses régnait, en 1622, dans le pays. Elle était plutôt le résultat d’une grande hausse des espèces d’or et d'argent, amenée par les guerres de Bohême et d'Allemagne, que de mauvaises récoltes °°. Les bonnes villes (et la noblesse) voulant prier LL. EE. d’apporter un remède à cet état de choses, pour le « soulas » général du pays, notre ville s’associa à cette intention et députa (le 2 décembre) à Morges à cet effet. Bientôt après la requête fut présentée à Berne.

Noble Jean DuGard, seigneur de Crousaz (Croze), se proposant de faire vendre en détail douze chars de vin, le conseil, pour l’engager à effectuer cette vente, vu l'extrême cherté du vin‘, le gratifia (1623, mars) du tiers de l’ohmgeld °”.

608 I] se nommait maitre Jean Masuel, fils du ministre Manassès Masuyer.

6% Le seigneur d’Aruffens fit (en 1622) la réemption d’une cense de 15 florins et 1 sol, par lui due à la ville à cause du clergé.

510 Le pays souffrit beaucoup de cette cherlé, qui commença en 1621 et durait encore dans le courant de 1623.

54 Le prix du vin, à Cossonay, dans les auberges, avait élé fixé , le 5 mai 1522, à 8 sols le pot. Au mois d’août 1625, il s’y vendait un florin et un sol; encore remarque-t-on qu’il avait baissé. Cherté exorbilante!

1 Le conseil accordait assez fréquemment des gratifications de V’ohmgeld.

Nos pères n’apportaient pas aux affaires la même ponclualité que nous y mettons. Souvent les comptes des gouverneurs de la ville et recteurs de l'hôpital ne se soldaient qu’au bout de plusieurs années. Ainsi, par exemple, le banneret créa, seulement en 1624, une lettre de cense ‘'° de la somme dont 1l était redevable à l'hôpital par ses comptes de 1598.

Il a été souvent question de contributions « pour la guerre, » payées par la baronnie. Voici maintenant l’établissement d’une caisse pour son département. En exécution d'ordres du baillif de Morges, les communautés du département de Cossonay déposèrent (1624, 3 février) les deniers de la « contribution militaire, » ordonnée par LL. EE,, dans un coffre « tout neuf, » de bois de chêne, fermant à quatre clefs différentes, qu’on mit au revestiaire de l’église °*". Des quatre clefs, le baillif en garda une, le gouverneur de la ville une autre, et les deux dernières furent confiées aux gouverneurs de Ja Chaux et de Penthallaz. Dès-lors on

45 De 600 et quelques florins de capital.

64 Les communautés, dans cette circonstance, livrèrent les sommes suivantes : Cossonay 1565 florins, la Chaux et Itens 685, Senarclens 427, Grancy 427, Disy 256, Penthallaz 683, Penthaz 512, Sullens 427, Boussens 170, Bournens 512, Lusseri et Villars 256, et cela principalement en « testons (valant 5 florins), demi-testons, ba{z et cruchets ; » ces deux dernières monnaies élaient marquées au coin de LL. EE. L’adjonction de 151 florins (1627, 2 janvier), par le conseil, « pour parachever le paiement des trois élections pour trois mois, » porta la somme renfermée dans le coffre à 5869 florins.— On pénétrait dans le revestiaire depuis le chœur de léglise; les archives de la communauté y déposaient ; aujourd’hui celles du tribunal l’oceupent.

puisa dans ce coffre pour fournir aux dépenses de notre département (militaire) 9".

Sur la requête de M. de Mex, banneret, le conseil, prenant en considération son « incommodité et vieillesse, » lui donna (1624 , avril) noble Abraham Crinsoz pour lieutenant, afin d'exercer son office à son défaut.

Il était question alors de l'établissement d’un diacre à Cossonay, tout à la fois ministre de la Chaux et Senarclens et régent de l’école de la ville. Le conseil, par économie, s’opposa à cette mesure.

Cette autorité et les gouverneurs de la paroisse invitèrent (même année, mai) MM. de Ja Chaux et de Senarclens à montrer leurs droits aux bancs, dans l’église, où les dames et « femmes domestiques » de leurs maisons avaient l’habitude de se placer, leur signifiant qu'on les ôterait s'ils ne le faisaient pas‘. Ils dûrent aussi déclarer qu’ils contribueraient pour le maintien de l’église, comme les autres paroissiens. — °17,

Décidément notre climat s’est refroidi. Par ordonnance du conseil (6 septembre 1624) nul ne pourrait vendanger à Cossonay avant le lundi suivant. Les documents font men-

5 Ony mit, en 1633 (septembre), 175 florins; on en sortit, d’un autre côté, 100 «ristales» (rixthalers), en 1637 (juin), pour la compagnie de M. de Bursinel.

616 Le conseil renouvela son ordonnance le 9 août suivant, avec ordre de l’exécuter, sauf toutefois à l’égard « du siége. » — Plus tard, sur une demande de M. de Penthaz, le conseil répondit (1655, janvier) que, les dames de Senarclens et autres de la même famille ayant un banc, on leur permettrait de lPagrandir pour qu’il y eût assez de place « pour asseoir toutes les dames de ceste leur maison. »

17 Notre ville envoyait volontiers un cadeau aux baillifs qui venaient à Morges. Elle donna (même année, octobre) deux moutons à

tion de vignes dans plusieurs localités de la baronnie où l’on en a perdu le souvenir, entr’autres à Disy, Senarclens, Penthaz, Penthallaz et même Bettens.

Le conseil admit (1625, janvier) un « cyrurgien, » à deux sacs de froment, par année, de « pension, » outre 15 florins pour le loyer d’une maison.

Le baillif de Morges ordonna (même année, février) une collecte dans la châtellenie de Cossonay, au profit « des mendiants et souffreteux de la Villeneufve et du bas Palatinat » victimes de la guerre qui désolait PAllemagne. Cossonay donna 80 florins.

Il est encore question, en 1625, de la tente de la ville, prêlée à ceux d’Orbe.

On porta plainte, au conseil général du 25 septembre, contre noble Jean DuGard, seigneur de Croze, qui, nommé conseiller des douze (en mars précédent), n’assistait pas au conseil. On résolut de le remplacer s’il ne s’y rendait pas dans la quinzaine. Sa place fut effectivement donnée deux mois après °!,

On répara encore, en 1625, les tours et murailles de la ville. Bettens tenta de se soustraire à l'obligation de contribuer °°; poursuivi juridiquement, ce village passa condamnation.

L'on apprend, par une déclaration du conseil, accordée

Sigismond de Watteville. Des soldats de Cossonay furent à sa bienvenue.

618 Le même seigneur de Croze, en juillet précédent, avait accusé, auprès du baillif, deux conseillers et le secrétaire d’avoir tenu le conseil en l’absence du châtelain , du banneret et « autres conseillers. » Ses plaintes concernaient encore « la place de l’église. »

6% Sa part de contribution s'élevait à 40 florins.

(1626, juin) à M. de Mex, relative à l’usage observé dans la paroisse dans la perception de la dixme des novalles, que celle-ci se levait, au nom de la cure, sur les « novally » (c'est-à-dire les terres nouvellement défrichées), les trois premières années, et qu'ensuite elles tombaient à la grande dixme 5°, |

On leva dans la paroisse, en 1626 , une imposition de 6 sols par tête, pour réparer l’église.

Le banneret se plaignit, à l'assemblée ordinaire du conseil général du mois de septembre, « du tort et mespris » que lui faisait un bourgeois, nommé Delaydessoubs, requérant qu'on le châtiât « de telle arrogance. » Prenant parti pour son banneret, la bourgeoisie l’autorisa à poursuivre Delaydessoubs en justice, désignant quatre conseillers pour l’as-

sister, à moins toutefois que, confessant sa faute, il « n’en

criât mercy. » Les parties se rangèrent à cette décision.— °*.

620 Fa ville, comme ayant droit des biens de la cure, possédait le tiers de la dixme des novalles de la paroisse (les deux autres tiers appartenaient à LL. EE., ayant droit du prieuré). Elle Pamodiait. La dixme de la cure (au territoire d’Alens) et celle des novalles avaient été amodiées ensemble, en 1598, pour dix-neuf coupes, moitié froment et moitié avoine. Le conseil convint, en 1675, avec M. de Penthaz que celui-ci livrerait annuellement , pendant trois ans, trois quarterons de messel et trois de mescle pour la dixme des novalles des terres qu’il faisait extirper aux bois de Vaud et de Denezy. — D’après une déclaration du conseil (1627) relative à l’ordre observé, « en temps de passon, » pour le bois de LL. EE. rière Cossonay, cette forêt se mettait « en bamp » depuis la St-Michel à la St-Martin, lorsqu'il y avait « passon » (pâturage du gland par les porcs). Notre ville Paffermait ordinairement de LL. EE. Elle avait payé au baillif de Morges, en 1606, 150 florins « pour l’adition de la passion du bois du Seppey. »

64 De l'avis d’une partie des conseillers, le gouverneur achela

Notre ville augmenta son domaine en acquérant (1627 et années suivantes) des damoiselles de Gruyère (soit de leurs héritiers) leurs vignes, indivises, de Lonay et Préve-

renges ?, tenues à tiers fruit. La contenance n’en est

pas indiquée.

On trouva, le 1° janvier 1628, devant la maison du chàtelain Buttet, une enfant de quelques jours, enveloppée de

langes et papier, placée entre quatre petites planches. On la porta à l'hôpital *.

Lors d’une monstre générale à Morges (16928, février, un dimanche), ordonnée par LL. EE., la bannière de notre ville fut portée, selon l’ordre du conseil et vu l’absence du ban-

neret, par le lieutenant de celui-ci, auquel on donna le

(1627), dans la discussion de biens des hoirs du sieur Charles du Morier, «une hallebarde soit espieux, » qu’il plaça à la maison de ville, pour le service d’icelle.

62 [a première de ces acquisitions eut lieu, le 43 août 1627, de damoiselle Sara de Gruyère, femme du notaire Georges Brocard, pour 1400 florins de capital et un doublon pour les vins; la seconde, le 22 décembre 1628, des hoirs de Charles du Mourier, héritiers de damoiselle Jeanne-Françoise de Gruyère, leur mère, pour 700 florins et un ducat de vins ; et la troisième, le 31 mars 1629, de damoiselle Jeanne-Andrée de Gruyère, femme de Bernard Paindavoine, bourgeois de Cossonay, pour 600 florins et 2 ducats de vins. Ces trois dames étaient filles de noble Daniel de Gruyère, conseiller à Cossonay, frère cadet de Jean-François de Gruyère, seigneur de Sévery, co-seigneur de St-Saphorin et châtelain de Cossonay.

5 Notre ville échangea, en 1644, à damoiselle Marie de Saussure, femme du ministre Pierre Collinet, un « morcel » de vigne à Lonay, ès Abbesses, contre un autre « morcel » au même endroit.

6% On la mit en nourrice, au prix de 30 florins et cinq quarterons de messel pour une année, outre trois florins pour le vin de la femme chez qui on la plaça.

secrétaire pour lieutenant et deux bourgeois pour « trabands. » Quatre personnes.étaient donc employées au service de la bannière.

En vertu du privilége que lui avait accordé Jaques de Savoie, comte de Romont, la ville employait son officier pour contraindre les récaleitrants à payer ses impositions et revenus. Quelques justiciables de la Chaux ayant été actionnés à Cossonay, pour le paiement de censes dues à cause du jadis clergé, le seigneur de cet endroit (noble Pierre DuGard) estima cette mesure contraire à ses droits et réclama des bans de la ville. Il fut condamné, avec dépens, par sentences baillivale, de la chambre des appellations suprêmes et enfin de l’avoyer et du conseil de Berne. Toutelois celle-ci (du dernier février 1628) apporta une restriction aux droits de la ville en spécifiant qu'elle ferait seulement usage de son privilége, rière la jurisdiction de la Chaux, pour l’exaction

du revenu du clergé”. C'était faire du juste-milieu.

Il ne devait y avoir, par règlement de LL. EE., que deux hôtelleries à Cossonay. Le conseil désigna done (même année, avril) ceux qui les tiendraient *°. [ls promirent « de satisfaire et tenir hostellerie et loger gens et bestes. » On interdit aux autres hôtes de vendre vin, « sinon à pinte. » (het.

Notre ville tenta (même année), sans succès, d'acquérir du seigneur d'Echichens (noble Antoine DaGard) un muid de froment et un second d’avoine, qui lui étaient annuellement dûs sur la dixme d’Itens. Les sires de Cossonay avaient jadis donné cette cense à la maison de la Chaux. — Un

%% Et actionnerait, par voie et formalité de droit, ses débiteurs rière la Chaux sans y employer son officier.

®6 Noble Nicolas Vuillermin et la veuve d’un conseiller des douze.

échange de terres fut conclu bientôt après avec le baron de la Sarra (noble et puissant Sébastien de Gingins) °”’.

On doit regretter d'ignorer le sujet d'un tableau que notre communauté fit exécuter, en 1628, pour la maison de ville **.

La crainte de la peste, qui régnait dans la contrée, fit prendre (8 septembre) au conseil des mesures pour interdire l'entrée de la ville aux pestiférés *”. L’invasion de la maladie étant devenue imminente en mai 1629, on prit de nouvelles mesures. On construisit, pour les malades, « des cabanes et logis de laons » (planches) aux Rochettes *°, et on établit une garde nocturne de quatre hommes de bonne réputalion, devant fonctionner alternativement. On loua (AT août) un marron pour six semaines, et quelque temps après (11 octobre) un second, chargé d’enterrer les morts. La contagion atteignit son apogée dans le mois de novembre. Au commencement de janvier suivant, le conseil fit « abattre » la garde nocturne, établie durant « le fléau, » mais on retint le marron jusqu’à l’entière convalescence des ma-

®7 La ville lui remit une pièce de terre provenant des pàquiers communs, au-dessous du pré St-Jean, contre une autre au pré aux moines. On lui accorda la faculté de réduire à record son pré St-Jean.

“8 Le peintre (Jean-Jaques Prenleloup, vraisemblablement de Cossonay) reçut 18 florins pour sa peine; les couleurs coûtèrent 11 florins et 5 sols, et deux douzaines de lambris, « pour faire le diet tableau, » 9 florins et 6 sols.

2% Ordonnant que les portes seraient gardées et qu’on châtierait par la prison et une amende de 5 florins ceux qui ne feraient pas la garde.

650 On appelle les Rochettes la côte immédiatement au nord de la ville, au dessous de la route de la Sarraz. Le vignoble de Cossonay s'y trouvait.

lades. Le mal, assoupi seulement, reparut en mars. On ordonna, en avril, à ceux qui étaient « affligés de la contagion » d'aller habiter les cabanes. Il fallut encore, en septembre 1631, prendre un marron, qu’on garda trois mois, pour enterrer les victimes. Le fléau sévit donc, par intervalles, au delà de deux ans dans notre ville. Pourtant il n’en bannit pas toute gaité, car on y tira le papegay en mai 1631 S%.

Une admission à la bourgeoisie (celle du chirurgien J.-J. Baillif) eut lieu, en 1630, pour 150 florins, outre le seau en cuir et le repas aux conseillers .

Une ancienne combourgeoisie existait entre Aubonne et Cossonay. Pour la renouveler, on invita le conseil d’Aubonne a se transporter dans notre ville, ce qui eut lieu en mai 1652 (an dimanche). On le traita honorablement, et sa venue donna lieu à une fête °*.

Le nombre voulu des conseillers était souvent incomplet , on n’en trouve que huit, y compris le banneret, en 1632.

Le conseil autorisa (1633, 22 avril) l’inhumation dans l'église, auprès de son père, de noble Pierre de Gruyère, seigneur de Sévery, sous réserve que ses successeurs n’en infèreraient aucun droit de tombe °*.

651 Et l’on fit, le même mois, une bien-venue à l’épouse du secrétaire Delessert. Le conseil donna 15 florins aux mousquetaires qui y prirent part.

6% Baillif paya (1634) 40 florins au lieu de repas. Fréquemment ces banquets de bourgeoisie n'avaient pas lieu, et l’équivalent s’en payait à la ville.

655 Les frais du banquet « à la venue de Messieurs du conseil d’Aubonne, » s’élevèrent à 460 florins et 8 sols, outre 2 florins et demi donnés « à la Diane » (la cuisinière, sans doute).

654 Pierre était fils de noble Jean-François de Gruyère, également seigneur de Sévery. Il avait créé (1625) en faveur de la ville une

En mémoire de sa fille Susanne (décédée depuis cinq ans), noble Abraham Crinsoz, seigneur de Cottens, lun des conseillers de la ville, fit (4634, 9 juin, en conseil) une fondation pieuse, aux termes de laquelle vingt pauvres familles (de la ville) recevraient, chaque dixième jour de mars, un pain dont la valeur ne serait pas inférieure à trois sols. Il l’assigna sur sa maison de Cossonay.

La rénovation des reconnaissances de censes était une

mesure nécessaire de temps à autre, pour le maintien de celles-ci. Le conseil donna (1634, août) aux notaires Delessert et Du Meurier la commission de renouveler celles de la ville, de la confrérie, du jadis clergé et de l'hôpital St- Antoine °”. Le travail de ces commissaires est accompagné des indominures de la ville , de l'hôpital et de la confrérie ©”.

lettre de cense de 708 florins de capital, sous l’hypothèque d’une pose et demie de vigne à Féchy.

55 Les commissaires Prenleloup et Goffon avaient renouvelé, en 1601, les extentes de la ville ; mais, quelques erreurs s’étant glissées dans leur travail, on ne l’avait pas admis. Nous avons parlé de la rénovation des égrèges Barrilliet et Humbert. Le notaire Portier fut chargé, en 1647, d’en faire une nouvelle, mais sa mort en empêcha l’exécution.

6 Ces indominures comprennent: la maison de ville; le four de la ville ; la maison de la chapelle St-Sébastien et les bancs qu’on fait autour d’icelle les jours de foire et qu’on amodie tous les trois ans ; la boucherie (sur le pont), qui s’amodie annuellement et dont les mailles rapportent 50 florins; la maison des arquebusiers, avec le petit pré aux moines, contigu ; le grand pré aux moines, jadis remis à la ville par frère Pierre de Villars, prieur de Cossonay, en échange d’une pièce de commun , au bas de Graverney, appeiée le champ du prieuré “; le champ de Bruyt (soit de Fontannaz-pourriaz) ; une place

* Cet échange eut lieu le 1er septembre 1404. Pierre de Villars céda en même temps

à la ville le petit pré aux moines. Le grand et le petit pré réunis forment (depuis longtemps déjà) la place d'armes de Cossonay, une des belles du canton.

L'ordre du baïllif de Morges, d'augmenter la pension du ministre, amena (1636, 20 juin) la décision du conseil qu’on renoncerait, plutôt que d'y acquiescer, aux biens de l’église de Cossonay.

au bout du bourg, vers la tour, acquise (en 1511) de noble Guillaume de Bionnens; le longueil (Pohmgeld) du vin qu’on vend à Cossonay (Alens et aux Chavannes), Senarclens, la Chaux et Itens, Penthaz, Penthallaz, Bournens, Sullens, Boussens, Vufflens-la-ville , et dans les autres lieux de la châtellenie (on le perçoit sur le pied de trois pots et demi par setier, soit de 35 pots par char de dix setiers); le forage du vin , indépendant de lohmgeld (il se paie sur le pied de quatre pots par char de vin vendu en détail dans les tavernes) ; les corvées de charrue de la paroisse; le froment des veilles ou la guette, qu’on amodie pour huit à neuf muids, année commune; le poids de la laine et de la corde, mesures de la ville, qu’on amodie chaque année ; la place le long du cimetière (l’ancien) où se trouvent en partie les petites halles ; le pré de la Jonchière, qu’on amodie de HO à 50 florins ; le marais de la Vourse; les grands marais; le marais de Clods-repost (ou les petits marais), qu’on amodie ordinairement 50 florins; le pré d’entre-deux monts, qui vaut environ 50 florins par an ; une grange (avec étables et dépendances) à la grand’rue, qu’on donne en grangeage avec les terres de la ville ; une côte el une pièce de terre sur le Publoz, « réduites en commun; » le champ des Areney, acquis du seigneur de Senarclens : diverses pièces de terre et pré, acquises (de Samuel Favey) pour 1200 florins; le mas du bois de Vaud ; une pose et demie de terre en Forestallaz; une forte pose en Pied-pendu ; deux poses aux Terraillets, et environ une pose en Marché.

657 Selon les indominures de l’hôpilal, la dixme de Pentballaz produisait (annuellement) de seize à dix-huit muids, moitié froment et moitié avoine ; et celle d’Itens de sept à huit muids des mêmes espéces de graines. On trouve dans celles de Ja confrérie le muid (annuel) de froment dû par LL. EE., « cause ayant du seigneur baron de Cossonay, » qui l’avait donné à la confrérie « à debvoir estre payé par ses héritiers. » C’était évidemment un legs testamentaire. On y

Fréquemment le conseil accordait la permission de vendre vin les jours de foire, sous réserve de l’ohmgeld . Ce genre de débit ne répugnait pas aux mœurs de l’époque: Les nobles qui habitaient la ville en faisaient usage, comme les autres, même hors des jours de foire. On en trouve qui tenaient des auberges.

Les bourgeois seuls pouvaient tenir du bétail, parce que le droit de le faire pâturer leur appartenait exclusivement. Les habitants (c’est-à-dire les non-bourgeois), possesseurs de terres, qui voulaient en garder, payaient une contribution. Ainsi l’on permit (1636, octobre) à honorable Claude Rolaz, châtelain de Mont, de tenir, comme un bourgeois, du bétail pour labourer ses terres à Alens, en payant annuellement douze florins de soufferte. On ne croyait pas possible alors de tenir du bétail sans le faire pâturer. Sauf les mois d’hiver il était toujours en plein air, se nourrissant sur les pâquiers communs et sur les terres des particuliers soumises au droit de parcours.

La mestralie de Cossonay, dont l'office appartenait aux

remarque que le boucher de Cossonay livrait alors au mois de mai le mouton qu’il devait à la confrérie. Enfin, à la manière dont ces indominures s’expriment, on pourrait douter que « les longateurs » de l’ohmgeld acquittassent encore les six setiers de vin qu'ils livraient jadis à cette confrérie.

8 Entr’autres, en 1656 (octobre), à la veuve du pasteur Bouchet de Cossonay. À la même date, noble Christophe de Bons compose avec le conseil pour lohmgeld du vin qu’il a vendu. Cette autorité, d’un autre côté, gratifia, en 4644, noble Simon Thomasset, seigneur de Croze, de l’ohmgeld d’un char de vin vendu à la dernière foire à 9 sols le pot; c’est que le vin était cher à cette époque. Il se vendait, en 1642 (octobre), de 15 à 16 sols (le pot).

nobles Marchand lors de la conquête bernoise, avait passé à LL. EE %°. Une redevance estimée faire partie de ses droits donna lieu à un procès de notre ville contre leur procureur. Celui-ci ”° avait actionné devant la cour baillivale de Morges un des hôtes de Cossonay, qui avait refusé au seigneur châtelain *” le pot de vin que chacun des hôtes de la ville lui livrait à chaque foire, selon l'usage, à raison de la mestrahe. Notre ville intervint dans la cause, estimant que ses bourgeois ne devaient pas de vin pour les émoluments de cette mestralie, ceux-cise percevant en argent; elle offrait d’ailleurs de les payer sans difficulté *?. L'ancien châtelain Buttet, appelé en témoignage, déclara (1637, février) que, lorsqu'il était arrivé à Cossonay, les seigneurs conseillers lui avaient dit qu’il recevrait à chaque foire un pot de vin des hôtes selon l’ancien usage ; qu’ainsi il avait exigé et ordinairement perçu cette redevance °* ; qu’il n’avait pas

65 On ignore quand et à quel titre. On se souvient que les commissaires bernois avaient interdit, en 1536, au mestral de tenir sa cour.

40 François Varnéry, lieutenant baillival de Morges.

1 Noble Albert de Hennezel, qui avait succédé, environ l’an 1634, au châtelain Buttet.

642 Pour le cas où les mesures viendraient à être scellées et revues, se référant du reste au quernet prêté par les nobles Marchand, au duc de Savoie, pour la mestralie de Cossonay. Elle ajoutait qu’il y avait eu « plusieurs braves et expers chastelains au dict Cossonay, mesmes originels, eslevés, nourris dans le lieu et qui n’ignoroyent aucunes droictures ny redebvances à Leurs Excellences, comme les nobles François Charrière, Jehan Crinsoz et Jean-François de Gruyère et autres, lesquels n’ont jamais faict mention ny répétition de telles choses. »

645 Et cela sans difficulté, mais qu’il avait seulement reçu demi-pot

reçu de paiement pour les sceaux (les marques) des pots à vin et quarterons, en ayant résigné la charge « avec les dits sceaux » à officier de Cossonay ‘*. Appelé à son tour en témoignage, le fils de l'officier déposa que la veille des foires il allait, avec un membre du conseil, « par les logis et hostelleries, » marquer les pots à vin; que tantôt on leur donnait à boire et tantôt pas, mais qu’il n'avait pas retiré d’autre paiement °*”. La sentence supérieure °° donna gain de cause à notre ville, en statuant cependant que si, par d’autres moyens que la mestralie, le procureur de LL. EE. pouvait Jjusüfier le droit et l’ancienne usance du pot de vin, il pourrait s’en prévaloir.

LL. EE. firent renouveler, en 1637, par le commissaire Pierre Guex, les extentes rurales du château de Cossonay , dans la ville de ce nom et à Alens. Cette rénovation est la troisième depuis la conquête bernoise 7.

La peste se montra de nouveau en 1638, et l’on « afferma» (31 août) un marron pour six semaines *”. Elle ne dura

des hôtes qui n'avaient que des demi-chars ou des « bossatons. »

Mais qu’il savait que quand l'officier marquail « quantité de pots » les hôtes le faisaient boire, ainsi qae le seigneur du conseil commis pour lPaccompagner.

‘On apprend par sa déposition qu’à raison de la mestralie, il élait dû 3 sols pour chaque marque aux pots à vin.

%$ Des suprèmes appellations romandes à Berne, du 30 novembre suivant.

7 Peu après celte conquête, le commissaire Amédée Mandrot en avait fait une (ainsi que des fiefs nobles de la baronnie et des extentes du prieuré). Et en 1574 (et années suivantes) les commissaires Crinsoz el Volat en avaient fait une seconde, qui est incomplète.

MS Au prix de 80 florins, outre 5 florins pour des souliers.

pas longtemps. Cependant on en eraignait le retour l'année suivante (fin de septembre) ° ”, et l’on établit un inspecteur des pestiférés. Le conseil ordonna (1639, novembre) au sieur Vuillermin et à ses domestiques de faire quarantaine , vu laccident (de peste) arrivé dans sa maison.

M. de Mex, qui remplissait la charge de banneret de la ville et de la baronnie depuis 1583, mourut en 1638. Le conseil général lui donna (28 octobre) noble Pierre DuGard, seigneur de la Chaux, pour successeur °”. Les députés de six

villages prirent part à cette élection. Le nouveau banneret prêta incontinent le serment usité ©". — °*?.

L’enseigne (la bannière) de la ville étant « vieille et fort déchirée, » le conseil ordonna (1639, mai), en présence de la plupart des gouverneurs des villages du département, d'en faire une nouvelle, dont chaque localité paierait les frais à raison de trois florins par focage ***.

6% « Une bourguenotte » mourut alors de cette maladie, au pré aux moines.

0 Déjà le 8 septembre précédent le conseil € ayant recogneu la quallité et vertueux conversation » de M. de la Chaux , avait résolu de le prier d’accepter cette charge.

1 De fidélité à LL. EE., d’abord, puis à la bourgeoisie, avec promesse de maintenir les franchises de la ville et de la baronnie.

?% Les communiers d’Alens se plaignaient que ceux de Senarclens occupaient certain chemin tendant à St-Denis, soit au bois de Seppey. Le conseil résolut (même année) d’avertir ces derniers de le remettre « en bon estre, » puis, s’ils ne le faisaient pas, de porter plainte au seigneur de Senarclens, et enfin, s’il n’en résultait rien, de recourir au seigneur baillif.

5 Elle devait servir à loute la baronnie, « lant es monstres que autrement. » La ville et les onze villages du département en payèrent les frais, s’élevant à 151 florins et 6 sols, outre les « despends » (c’esta-dire les frais accessoires).

Notre ville possédait, à cause du jadis clergé, des censes à Bettens, Mauraz et l'Isle, dont la perception était souvent difficile. On résolut (même année, juin) de remettre celles de Bettens à M. de Daillens, et les autres à MM. de Montricher, s'ils voulaient les acheter %*.

Si nous en jugeons par le produit des dixmes de la ville et de l’hôpital, l’année 1638 et la suivante furent trèsabondantes. Celle de Senarclens fut amodiée (1638) pour quatorze muids, et celle de Penthallaz (1639) pour vingtquatre muids.

Le conseil général admit (1639, novembre) noble Joseph Darbonnier, seigneur de Disy, à la bourgeoisie. Nobles Siméon Thomasset, seigneur de Croze et mayor d’Agiez, el David de Hennezel, châtelain de Cossonay, ne tardèrent pas à être également reçus bourgeois *.

À la demande du conseil, le baillif de Morges (André de Bonstetten) accorda (1640, 18 mars) à notre ville l’autorisation (« le mandement ») de proclamer un marché hebdomadaire, qui se tiendrait chaque jeudi; autorisation basée , d’un côté, sur les franchises de la ville, et, de l’autre, sur l'octroi de LL. EE. du 8 juin 1586 °°. Le marché précédemment établi ne s’était donc pas soutenu.

La paroisse de Cossonay envoya des députés à Berne, en 1640, pour y empêcher la confirmation de la nomination, faite par la vénérable classe de Morges, d’un pasteur (M. Ro-

% Le conseil vendit effectivement, en 1648 (14 avril), ces censes de Bettens à noble Christophe Manlich, seigneur de Daillens.

%% Le premier en 1643 (29 octobre) et le second en 1645 (26 octobre), chacun d’eux pour 150 florins, deux seaux en cuir et le repas aux conseillers.

5 Le premier marché se {int le 26 mars 1640.

may) à Cossonay (on n’en dit pas la cause). Ils réussirent dans cette mission °°’.

Notre baronnie, par résolution du 1% février 1641, accorda la contribution du millième denier demandée par LL. EE %, Son produit devait solder des troupes permanentes, destinées à remplacer les fréquentes levées de milices que la guerre, qui désolait depuis plus de vingt ans les états

voisins, rendait nécessaires”. Celle mesure trouva beau-

coup de résistance, surtout chez les paysans de la partie allemande du canton, où elle causa même des troubles sérieux ‘°°.

%7 M. de Petra eut le poste de Cossonay. Son prédécesseur se nommait Spect. Jaques Pière. Les frais du voyage des députés s’élevèrent à 82 florins et 9 sols. Le conseil leur alloua de plus 50 florins pour leurs peines et vacations.

558 LL. EE. l'avaient décrétée le 7 janvier 1641. Aux termes de leur ordonnance, chaque sujet de PEtat, bourgeois ou paysan, devait payer un denier sur mille de la valeur de ses biens, meubles et immeubles. La liberté de taxer sa fortune, dans certaines limites, était laissée à chacun (de Tillier). Berne avait déjà fait demander, en 1639, dans le pays de Vaud, si lon voulait librement payer cette contribution (Grenus, page 428).

65 De Tillier. — Berne, en 1637, avait demandé que le pays de Vaud payät annuellement deux florins par focage, de contribution de guerre, au lieu de la paye des trois mois usités”. On devait conserver les deniers de cette contribution avec le reste de la précédente (Grenus, pages 426 et suivante). Moudon offrit de payer sur ce pied-là pendant dix ans. Morges déclara vouloir acquitter, pour l’année courante, le gîte de 2 florins par focage, ainsi que cela avait élé usité précédemment, toutefois sans aucune conséquence. Lausanne, Vevey, les quatre paroisses de Lavaux et Payerne Se rangèrent au désir de LL EE. (Grenus, page 427).

660 À paisés par l’entremise des villes évangéliques (de Tillier).

* On apprend par la combien de temps les levées d'hommes étaient à la charge du pays.

On ne la vit pas de bon œil dans le pays de Vaud; cependant on s’y soumil °°". La durée de cette taxe, indéterminée dans le principe, fut ensuite fixée à six ans °°.

Pour le prix de 300 florins (outre les vins), la ville acquit (4642, 24 juin), de Pun de ses bourgeois *®, huit quarterons de froment, de cense directe, sur le four bannal de Penthallaz. Et, l’année suivante, le vendeur lui céda son droit de rachat pour 100 florins °°.

Les habitants assistèrent, comme les bourgeois, au conseil général du 2% juillet 1642. IT n’est pas présumable que ce fut un fait nouveau.

LL. EE. ordonnèrent l'établissement, dans chaque ville, de prévôts, pour chasser les mendiants (étrangers) qui abondaient au pays à la suite de la guerre de trente ans. Le conseil nomma (même année, août) celui de Cossonay; ce fut noble Pierre Farel.

Le banneret (M. de la Chaux), voulant habiter Genève

1 Les bonnes villes et d’autres parties du pays montrèrent moins de facilité que notre baronnie (Grenus, pages 428 et suivante). Lausanne résista, puis paya. Romainmotier fit de même. Vevey montra de la bonne volonté, mais les autres communautés du bailliage de Chillon demandèrent respectueusement d’être exemptées de la taxe (de Tillier).

‘2 [bidem.

565 Nommé Pierre Court.

‘%* Plus tard (en 1668) le seigneur de Penthaz, ayant cause de la cure de Penthallaz, remit à la ville quatre quarterons de froment, de cense, sur ce four. Procédé des nobles de Syviriez, celui-ci avait été abergé (en 1498 et 1499) par leurs avants cause, les donzels Jean et Antoine de Livron , sous la cense directe de huit coupes de froment. Le liers du fief (du four) appartenait, en 1665, à la ville (LL. EE. en avaient les deux autres).

quelque temps, remit (1644, janvier), pour celui de son absence, les clefs du revestiaire et le sceau de la ville à M. de Senarelens (noble Jean-Michel Charrière). Le conseil décida (février suivant) que, jusqu’à son retour, ce dernier, en qualité de premier conseiller, remplirait la charge de banneret.

Noble David de Hennezel succéda, en 1645, à son père (Albert) dans Poffice de châtelain. Il promit (16 juin) de contribuer de trois pistoles et demie aux dépenses de son installation. Le surplus (dix pistoles) était à la charge de la ville 664, Un sos, os D

Le conseil des douze et dix-huit, et la généralité des bourgeois, avaient décidé l'établissement d’un conseil des vingt-quatre, qui serait formé par l’adjonction de six membres à celui des dix-huit, et destiné à représenter, dans l’occasion, « le parentier » de la bourgeoisie *®. On procéda, le 5 octobre 1646, à l’élection des (six) nouveaux conseillers, auxquels on assigna , ainsi qu'aux six anciens (les dixbuit) un pot de vin chaque jour d’assemblée ; on les exempta

également du quarteron de la guette”. — La concentra-

%5 Lorsqu’en 1649 le fils du châtelain de Hennezel s’était marié, on lui avait donné une boîte de dragée ct une seconde de confitures sèches (elles coûtaient ensemble 28 florins) et l’on avait fait une bienvenue à sa femme.

666 Le conseil prêta mille florins à M. de Senarclens, dont la grange avait brülé : on lui donna (1645) un char de vin de Lonay, et, lorsqu’il fit « dresser » sa grange, un mouton.

507 On envoya (même année, octobre) cinquante soldats de la baronnie à Morges pour la bienvenue du baïllif Morlot.

58 « Comme a esté du passé. »

%% On ne voit pas que la ville ait recouru à Berne pour être autorisée dans ce changement de son administration municipale.

tion des pouvoirs est un trait caractéristique du XVIIe siècle: ainsi la création de ce nouveau conseil était conforme aux tendances de l’époque. La participation du peuple aux affaires publiques s’anéantissait; on la considérait comme une charge. Rappelons-nous que, plus d’un siècle auparavant , les commissaires bernois avaient ordonné chez nous ce conseil des vingt-quatre. Au reste son établissement n’empêcha pas la réunion, de temps à autre, du conseil général, outre sa convocation régulière, vers la St- Michel, pour l'élection des gouverneurs, comme précédemment.

À l’occasion du mariage de Mlle. de la Chaux, on offrit (1647, décembre) au banneret, son père, deux « drageoires » en argent, pesant 28 onces et coûtant 17 pistoles °° Le cadeau était cher.

À la mort du châtelain de Hennezel , on résolut (1648, mars) de prier le seigneur baillif de le remplacer par M. de Mex (petit-fils du précédent hanneret), déjà lieutenant de Cossonay. Mais, sur l’ordre de ce haut fonctionnaire et « à forme de la loi, » le conseil désigna (21 du même mois) trois personnes pour être présentées à LL. EE., qui nommèrent effectivement M. de Mex. Nous croyons que cette préseniation est la première que notre ville ait faite 7. — On admit bientôt après le nouveau châtelain au conseil des douze,

‘70 Selon les comptes de la communauté, le « vase » d'argent offert à M. de la Chaux coûta 312 florins. Mademoiselle de la Chaux, héritière de son père, épousa alors noble Daniel de Chandieu.

SL LL. EE. paraissent avoir rendu une ordonnance qui la prescrivait. Déjà, en 1619, le châtelain de Moudon avait été nommé sur la présentation de trois « élus » faite par le conseil (Grenus, page 584).

avec la faculté d'y donner sa voix et de jouir des mêmes droits que les autres conseillers 7°.

Estimant sans doute que la cense de trois florins qu’elle payait dès les temps anciens au receveur de Moudon, pour la sauve-garde, n’avait plus d'opportunité, notre ville ne l'avait pas acquittée en 1647. Mais ce receveur obtint (1648, 15 juin) une sentence du baïllif (de Moudon) qui la condamna, avec dépens, à effectuer ce paiement °".

Les gouverneurs des villages consentirent (même année,

juin) aux réparations qu’exigeaient les tours et murailles de la ville (et spécialement la tour vers la fontaine Girabert)°". On cita juridiquement Bussigny, qui avait pris l'habitude de ne plus contribuer. Les nobles de Saussure, faisant aussi difficulté de payer leur part de contribution pour leur maison de Boussens, on leur communiqua les droits de la ville.

PEe conseil accorda (1649, mars) au secrétaire baillival de Morges, Jean-Emanuel Forel, la déclaration qu’en vertu de nos franchises les lauds dûs au château de Cossonay se payaient seulement au cinq pour cent.

Pour que les pâturages ne fussent pas surchargés, le con-

‘2 Son salaire devait seulement courir depuis la St-Michel suivante. Celui d’un conseiller des douze était de 50 florins. Le banneret en avait 100.

67% Le receveur avait fait proclamer les gouverneurs de Cossonay, qui ne parurent pas. On avait affiché ces « lettres de proclamation » à Moudon , le châtelain de Cossonay n’ayant pas permis, ensuite de l'opposition des gouverneurs, qu’elles le fussent à Cossonay. Les trois florins pour la sauve-garde furent compris dans la remise de censes de Berne à notre ville en 1673.

54 On donna ces réparations « en {asche. »

seil renouvela (même année, Juillet) d'anciennes ordonnances d’après lesquelles ce ux qui avaient leur propre charrue ne pouvaient tenir que six mères-brebis avec leurs agneaux et un mouton, et les autres seulement quatre.

LL. EE. ayant accordé aux quatre bonnes villes une nouvelle correction du coutumier, notre baronnie envoya (même année, décembre) deux députés °” à Morges, pour cette révision. Berne, qui voulait connaitre l'avis du pays, ordonna que les députés des départements examinassent le projet. En conséquence, ceux de Cossonay, Aubonne, Montricher et Vullierens, assemblés à Cossonay (janvier suivant), tombèrent d'accord sur les observations qu’il leur suggéra °°.

On amodia (1651, janvier) au sieur Rolaz, pour trois ans,

5% Le châtelain M. de Mex, pour la ville, et Jean Denys Tissot, châtelain de Grancy, pour les villages.

5% Elles sont en grand nombre. Nous citerons les suivantes, qui montrent la tendance de l’époque : (Concernant la loi des héritages) « Pour la maintenance des bonnes maisons, il semble bon et raisonnable qu’au cas les pères et mères n'auraient pourveu à leur hoirie par testament ou autrement, alors les masles pourront lever de prérogative à leurs sœurs le quart des biens de leurs dits pères et mères, sinon qu’iceux en ayent ordonné autrement. » (Concernant la loi des substitutions) « On supplie qu’il soit adjousté qu’on pourra, après la substitution des enfans de l’un à lPautre, encore faire une seconde substitution. » (Concernant la loi pour secourir les filles mal dotées) « Il semble le terme préfigé trop long, et qu'il doit estre dit et préfigé trois ans après les décès des pères et mères lorsqu'ils seront constituants, Et cinq ans dès le jour de la constitution lorsqu'elle sera faite par des frères ou tuteurs, pour supplément de légitime. » — La correction du coutumier n’était pas encore effectuée trois ans après. Les bonnes villes demandaient à LL. EE., en 1655, qu'il y fût suivi au plus tôt, étant désirée depuis bien longtemps (Grenus, page 445).

à deux florins par année, la corvée de charrue qu'il devait pour son « bien » d’Alens 97.

Il est question, en 1652, d’une femme démoniaque à Penthaz.

Lorsque M. de Mex (noble Jean-Baptiste Charrière), châtelain, mourut, le conseil, pour la nomination de son successeur, soumit (1652, janvier) trois personnes, y comprisle frère du défunt, au choix de LL, EE. Abraham DeVenoge eut la place.

On trouvait à Senarclens (même année, mars) dix-neuf chevaux et vingt-un bœufs dont on pouvait se servir. C’est une donnée sur la statistique du bétail à cette époque. Ce village comptait alors une vingtaine de focages. —%%.

À la même époque, notre ville était en procès avec les sujets des seigneurs de Mex à Bournens, qui refusaient de payer la guette. On n’en connaît pas l'issue, vraisemblablement favorable à la vilie.

Aux termes d’une ordonnance du conseil, du 22 novem-

677 La ville amodiait chaque année, par localité, les corvées dues par ceux qui faisaient charrue dans la paroisse (celles de la Chaux avaient été amodiées, en 1650, pour 16 florins). Nous avons déjà fait observer que le tiers de ces corvées procédait de la cure et les deux autres tiers du prieuré. Ordinairement la corvée entière comprenait trois journées de charrue, une au printemps, l’autre en élé, et la troisième en automne. Dans la paroisse de Cossonay il n’est question que de la corvée de carème, c’est-à-dire pour le labour du printemps.

5% La décision suivante du conseil (21 juin) peut offrir quelqu’intérêt pour l’histoire naturelle ou pour la connaissance des préjugés du pays. « On avertira M. de Mex de ne jetter les serpents qu’il tue en son jardin sur le toict du four de la ville, à cause des inconvénients qui en peuvent arriver. »

bre (1652), il ne devait y avoir que trois hôtelleries dans la ville °°, et les autres bourgeois pourraient seulement vendre vin aux foires, avec permission.

Comme les infirmités du banneret le retenaient souvent chez lui, le conseil nomma (à la date précédente) conseiller le seigneur de Mex, décidant qu'il prendrait place après le banneret, et présiderait le corps en son absence, comme premier conseiller. M. de la Chaux consentit à cet arrangement. M. de Mex promit de résider en ville. Le conseil élut encore, le même jour, trois autres conseillers. Les dix-huit et vingt-quatre confirmèrent ces diverses nominations. Précédemment, les élections de conseillers avaient lieu en conseil général, sur la présentation des douze.

Nous rapportons une résolution du conseil (du 40 janvier 1653) telle qu’on la lit dans ses registres, en faisant observer que les « siéges » du chœur de l’église étaient réservés aux conseillers et autres autorités de la ville : « Maître Abraham Portier estant si osé et téméraire de s’asseoir et placer au temple dans les formes du chœur, au haut d’icelluy, en une place et siége trop considérable pour sa qualité, commandement lui sera fait de s’en désister, affinque quelqu’autre de condition et quallité mieux advenante s’y puisse rendre, Et luy se debvra contenter d’estre parmi le commun, selon son ordre. » — On voit que les membres du conseil n’entendaient pas raillerie à l'endroit de leurs priviléges : c'était l'esprit du temps.

Les quatre bonnes villes choisirent Cossonay pour tenir,

59 Le curial soit greffier de la justice tenait une d’elles,

#0 Le salaire de M. de Mex (de 50 florins) devait se prendre sur celui du banneret (de 100 florins).

au commencement d'août 1653, une assemblée où l’on devait nommer des députés chargés de présenter à LL. EE. « les articles qui seraient jugés utiles » au bien du pays. À Berne on vit de mauvais œil la réunion projetée, croyant qu’elle représenterait tout le pays, et LL. EE. la firent interdire. Les députés de Nyon et Morges, ignorant encore cette défense, arrivèrent (4 août) à Cossonay, où ils ne trouvèrent pas ceux des autres villes *.

Une lacune de sept années se présente dans les annales de notre ville, suite de l’absence d’un des registres du conseil **. Profitons de ce repos forcé pour présenter quelques observations générales sur la première moitié du XVIIme siècle, puisées dans les comptes de notre communauté. On trouve la continuation du système de libéralité du conseil. On fait des cadeaux aux autorités et bourgeois notables de la ville. Les cymaisses sont fréquemment présentées et des bien-venues ont encore lieu , quoique plus simples que jadis. On offre des collations aux personnes marquantes qui viennent dans notre ville. Les baillifs de Morges reçoivent volontiers (il en a déjà été question) un cadeau à leur arrivée, au jour de l’an ou dans d’autres circonstances %*. Le tir

1 Grenus, pages 438 et suivantes.

2 Il y a lacune depuis la fin de l’année 16553 au mois d’octobre

585 Lorsqu'il y a des circonstances marquantes dans leurs familles. Tantôt on leur donne un dindon, un mouton, un veau, ou des chapons ; parfois des oranges, des boites de dragées, de confitures ou de biscuits. Dans l’occasion, le conseil à des attentions délicates. Le banneret étant malade , on lui offrit (1637) une boîte de biscuits. Deux ans après on en donna également une à son fils, aussi malade.

58! Le seigneur baillif reçut, en 1648, « de bon an, un tonneau

de l'oiseau (du papegay) continue à être une occasion de réjouissance et de dépense”. Le roi reçoit en prix tantôt de l'argent et tantôt une arme, Outre ce tir il y a encore celui de labbaye des mousquetaires, société particulière (fondée en 1612) qui a joui de beaucoup de faveur pendant deux siècles %”’. Fréquemment le conseil accorde des gratifications à ceux quis’employent pour la ville. 31 n’exige pas avec rigueur le prix total des dixmes ou de l’ohmgeld, lorsque les fermiers de ces revenus y ont éprouvé de la perte.

d’oliveaux, » un tonneau d’anchoix et un pain de sucre, pesant deux livres et demie (le tout coûta 350 florins). Deux ans auparavant on lui avait donné deux fromages.

685 Le repas de la fête de mai coùûta, en 1645, 235 florins.

586 Le conseil avait décidé, en 1551, qu’à l'avenir « le roi des arquebusiers » recevrait une aune de drap valant 6 florins. On ne s’en lint pas, avec le temps, à cette ordonnance. Le roi du papegay reçoit, en 1626, 10 florins, « selon qu'est usité aux bourgeois. » On lui donne, en 1635, « une allebarde, » avec des rubans (achetée à Genève pour 20 florins). Deux ans après, on présente encore une hallebarde « au roi du mousquet, » et, en 1645, « une partisane (pertuisane) et hallebarde » avec deux aunes de rubans (le tout coûta 81 florins). Enfin il reçoit, en 1648, 25 florins en argent. Dans la seconde moitié du siècle la royauté valait une pistole, mais le roi fournissait des prix qu’on tirait quelque temps après. La décision suivante du conseil (du 27 mars 1665) prouve que les rois n’étaient pas fort empressés à fournir ces prix : « Ordonné que les seigneurs de Senarclens, de Penthaz, de Bons et chastelain de ceste ville, roys des. quatre dernières années passées, seront advertis de trouver et produire les prix qu’ils doivent, pour d’aujourd’hui en quinze jours. Et que faute de ce le sieur gouverneur obtiendra de leur prendre des gages d’une main et vendre de l’autre. » Ces prix devaient être du sel et chaque soldat roi aurait un florin.

687 Le tir de cette abbaye avait également lieu au mois de mai. Elle s’est seulement dissoute de nos jours.

il tient les pauvres quittes du quarteron de la guette. En un mot, il agit avec un esprit bienveillant et indulgent. Cependant, partant de notre point de vue, on doit reconnaitre qu'il aurait pu mettre plus d'économie dans l’administration des revenus de la communauté.

On résolut (1660, décembre) de citer devant la cour du châtelain M. de Lusseri (noble Albert de Gingins) qui, habitant Cossonay, refusait d’acquitter la guette et la corvée annuelle.

Il y eut, en 1660, quelque désastre de température (grêle ou outre). On gratifia (1661, janvier), quoique sans conséquence, tous les bourgeois de la ville du quarteron de la guette, « à cause de la tempeste; » chacun d’eux reçut, pour la même raison, 15 florins %*.

La récolte des vignes de notre hôpital à Aubonne fut amodiée (en 1661) par M. de Penthaz (noble Jean-François Charrière) pour 100 florins, outre un char de vin blanc à livrer au ministre de Cossonay. Le même avait tenu, les trois années précédentes, les biens de la ville et de l'hôpital en amodiation générale (°°.

%8 Ceux qui habitaient Aliens en reçurent seulement dix. Sans doute qu’ils avaient moins souffert. — Le conseil avait accordé (décembre précédent) à M. le banneret un dédommagement pour la perte éprouvée dans l’amodiation de la dixme de Penthallaz, entre autres 16 florins pour celle du vin et du millet. Depuis longtemps il n’y a plus de vignes à Penthallaz, et la culture du millet y est abandonnée. En 1439 (2 juillet), le recteur de l’hôpital St-Antoine avait passé une amodiation de la portion qui appartenait à cet hôpital de la dixme en blé et vin dans le territoire de Penthallaz, au prix de vingt-deux muids de blé, moitié froment et moitié avoine , cum placilo solvere consueto.

89 En 1663, il redevait à la ville, par suite de cette amodiation ,

Le conseil, « assembléen général”, » donna charge (même année, janvier) au banneret (noble Abraham Charrière, seigneur de Mex, qui avait succédé, en 1655, à M. de la Chaux) de faire stipuler l’acte de vente ou d'échange des censes et autres droits de la ville à Vufflens-la-ville. M. de Penthaz paraît avoir fait avec elle l'échange de ces censes.

À l’occasion du tir du papegay, de l’année 4662 (5 mai), chaque conseiller des douze reçut un quart d’écu, et chaque conseiller des dix-huit et vingt-quatre cinq batz.

Noble Jean-Pierre Thomasset, seigneur de Croze, élu (1663, mai) conseiller des douze, paya deux pistoles au lieu du repas qu’il devait donner. Il paraît donc que l'entrée au conseil entraînait l'obligation d’un banquet à ce corps. Peu après le conseil tint sur les fonts le fils du nouveau conseiller *,

On se rappelle la difficulté que notre ville avait failli avoir, en 4617, avec le co-seigneur et mayor de Boussens. La même cause avait renouvelé le différend avec un de ses successeurs. Non-seulement l'hôte de Boussens refusait le paiement de l’ohmgeld du vin débité par lui, mais encore celui de la guette. La ville l'avait actionné devant la justice de Boussens; mais après que noble Marc de Saussure, sei-

1992 florins et 9 sols. — Le conseil fit, le 34 décembre 1660, une taxe de grains aux prix suivants : 25 florins le sac de froment, 20 celui du messel, 13 celui de mescle et 7 celui d’avoine.

8% Nous croyons que cette expression signifie la réunion des douze, dix-huit et vingt-quatre, et non la généralité des bourgeois. |

SL « Ordonné que M. le gouverneur acheptera quatre ausnes de saltin fleuri bleu et blanc, pour la doublure demi ausne de canevas, deux costes de baleine, demi onze de soye blanche et bleu, douze ausnes de rubans blancs et bleus, Et c’est pour faire un habit au filliol de Messieurs du conseil, fils de M. de Croze » (Registres du con-

gneur de ce village”, se fut constitué son garant (de l'hôte), elle avait requis d’être renvoyée devant le baillif de Morges, juge compétent des seigneurs de jurisdiction, auquel celui de Boussens ressortissait. On avait pris jour pour comparaître à Morges, lorsque, mieux informé des droits de la ville, M. de Boussens abandonna le procès (1663, 11 septembre).

Le conseil décida (même année, 28 septembre) qu’au lieu « d’aller boire en corps » le gouverneur livrerait dix batz à chaque conseiller des douze, et six batz à chacun des autres conseillers. Sans doute que l’élection des gouverneurs avait lieu ce jour-là ; on avait Phabitude d'y boire.

M. de Penthaz aliéna (1664, 18 janvier), en faveur de notre bourgeoisie, pour mille florins, le droit de pâturage de ses prés de la Cour et de diverses côtes contigues®, le tout formant un parchet considérable. Aux termes de cette cession, le temps du pâturage devait commencer huit jours après la fête de Ste-Madelaine et finir à Noël. Mais l’année suivante (2 octobre) la bourgeoisie ®”* lui rétrocéda ce droit pour 1400 florins, parce qu’il avait reconnu que son aliénation lui avait été très-préjudiciable”. Déjà précédemment

seil, le 7 juin 1663). Le bianc et le bleu étaient les couleurs de a ville.

5% LL. EE. lui avaient remis, il y avait peu d’années, les droitures seigneuriales du château de Cossonay à Boussens. Ainsi de coseigneur il était devenu seigneur de cet endroit. Noble Marc de Saussure était pasteur de l’église de Lutry.

55 Et de les tenir à clos.

$% Représentée par le banneret et les trois conseils réunis.

8% II fut convenu que M. de Penthaz paierait ces 1400 florins à LL, EE., ainsi que 2600 florins qu’il devait à la ville, le tout faisant la somme qu’elle leur devait pour l’abergement du bois de Seppey (voir plus bas).

M. de Penthaz avait acquis de la ville, pour 535 florins, un muid annuel de froment et quelques censes en demiers, qu’elle percevait à Boussens, à cause du jadis clergé. Nous le trouverons souvent en affaires avec la ville.

Le conseil résolut (1664, février) d’aller « en corps » ordonner aux notaires Cordey et De Villard « de vuider et sortir promptement de la ville. » Le motif de ce renvoi n’est pas indiqué.

Notre ville s’efforçait, depuis quelques années, d’obtenir de LL. EE. la cession d’une partie de la forêt de Seppey, appartenant au domaine du château. Elle avait, dans ce but, envoyé des députés à Berne à diverses reprises. L'arrivée du seigneur trésorier (Emanuel Steiguer) à Cossonay avança la négociation, qui s’étendit encore à d’autres objets. Et, le 22 juin 1664, Berne nous remit, à titre d’abergement, la moitié du bois de Seppey *, « la paission » sur la totalité de la forêt (c’est-à-dire le droit d’y faire pâturer les pores sans cueillir les glands}, les grandes halles, les ventes des foires et marchés, et la mestralie de la châtellenie qui comprenait les langues des grosses bêtes qu’on tuait à la boucherie; le tout sous la cense annuelle et perpétuelle de 200 florins (petits) et de six sacs d'avoine (à la mesure de Morges). Cette cession fut accompagnée de diverses

6% Cette moitié, moins forte que lautre, comprenait environ 140 poses.

697 Soit 4000 florins de capital. Cette cense pouvait être rédimée, et le fut en effet.

6% L'acte fut passé à Berne, où MM. de Mex et de Penthaz et le secrétaire Abraham de la Sarraz, députés de la ville et munis de sa procuration, s’étaient rendus.

“%, Notre ville fit, dans cette circon-

stance, un très-bon marché dont les heureuses conséquences se font encore sentir quant à la forêt de Seppey. Il lui était également précieux d'acquérir la mestralie, puisqu’elle en possédait déjà une partie par ses franchises 7%,

Pour remédier à des abus qui s'étaient introduits, le conseil ordonna (même année, septembre) qu’à l’avenir les hôtes ne donneraient à qui que ce füt à boire ou à manger au nom de Messieurs du conseil, sinon sur un billet de leur part. |

conditions et réserves

Le conseil décida (10 octobre suivant) que l’on bâtirait incessamment une nouvelle maison de ville. M. de Penthaz et le curial furent chargés « de mettre ordre » à ce que le nouveau bâtiment « fût propre. » C’est de la maison de ville actuelle dont il est question.

Notre bourgeoisie acquit, en 1665 (5 juin), de M. de Bussy (noble Antoine Crinsoz), pour 450 florins, douze poses dans la forêt de Seppey, au lieu dit en Fayel, avec les droits de seigneurie et de jurisdiction que le vendeur y possédait con-

69 L’affouage du château de Senarclens se prendrait alternativement et proportionnellement sur la part de la forêt remise et sur l'autre; les directeurs du'canal (d’Entreroches) y percevraient, dans la même proportion et sans abus, le bois que leur désignerait le forestier, au moins dommageable ; enfin LL. EE. perceyraient la dixme si la forêt cédée était mise en culture, et le laud si elle se vendait.

79 La ville amodia, en 1666, les langues de la boucherie douze florins (pour une année). Les halles lui en rapportèrent quatorze à la foire qui suivit la passation de l’abergement, et les « aulnes et ventes» dix-sept florins et six sols (à la même foire).—M. de Penthaz rendit compte (1664, 8 août) en conseil de sa mission à Berne. Les frais du voyage des députés de la ville s’étaient élevés à 580 florins.

formément aux partages jadis faits (1507, 16 octobre) entre les nobles de Gléresse et de Bionnens ””. |

Sur la fin de la même année, la ville était en différend avec le village de Disy pour la guette et lohmgeld, ce qui l’engagea à envoyer des députés à Berne. L'année suivante (octobre) elle y envoya de nouveau MM. de Penthaz et de Croze « plaider la cause contre ceux de Disy. » On ne connaît pas l'issue de ce procès, probablement terminé par la vente de notre communauté à celle de Disy de ses droits de guette et d’ohmgeld dans ce village 7. — 7%.

Le conseil fit dresser (même année, septembre) le rôle de tous les chefs de famille, « outre le tour ordinaire, » afin qu’ils allassent la nuit, avec des fusils ou arquebuses, autour du bétail (au pâturage), pour le préserver des loups. — 7.

Il est fait mention, en 1666 (décembre), de la tour du

TU À Ja même date, la ville acquit de M. de Penthaz, pour 300 florins, un jardin situé au château de Cossonay, limitant de vent le ruisseau qui passait dans les fossés de la ville , et de bise la maison ruinée du vendeur, provenant des nobles Farel. Elle paya 50 florins pour les « vins beus » de ces deux acquisitions.

7% En 1674, la communauté de Disy possédait ces droits en vertu d'acquisition faite de notre ville (Dénombrement des fiefs nobles du bailliage de Morges).

705 À l’occasion de la nomination de M. de Penthaz à la charge de lieutenant de banneret*, il y eut « estrief et quelques disputes » entre lui et le conseiller Ducimetière, mais « tout le corps du conseil » les pacifia (1666, juin).

T4 Permission ayant été accordée (1666, octobre) à M. de Bons de vendre vin, lui et sa femme prêtérent serment en conseil de se comporter fidèlement dans toutes les choses qui concernaient la tenue de leur cabaret.

* Parce que le banneret ne demeurait pas en ville. Cette lieutenance finirait lorsqu'il l'habiterait de nouveau, et M. de Penthaz resterait premier conseiller.

vieux château. Ainsi elle existait encore, du moins en partie,

La ville envoya prier (1667, mars, par deux députés) la vénérable classe, à Rolle, de la pourvoir d’un bon ministre, attendu le décès de M. le pasteur de Petra.

LL. EE. établirent, en 1667, un diacre à Cossonay (il se nommait Moret). Comme on n’avait pas de logement pour lui, on en loua un; le propriétaire de la maison devait lu! fournir des « herbages » (légumes) et lui nourrir une vache et un cheval, le tout moyennant 60 florins par an. Le conseil demanda (6 mai) que le seigneur ministre fit, chaque semaine, le prêche le dimanche matin, le catéchisme à midi, et le prêche le vendredi; et le sicur diacre le prêche le dimanche soir et le mardi toute l’année.

Quelques portions du domaine de la ville furent aliénées en 1668 (13 janvier)”. On vendit, pour 400 florins, l’ohmgeld de Senarclens au seigneur de ce village (noble Georges-François Charrière), ainsi qu’un « bien » dans cet endroit, pour 3000 florins. Ce domaine, échu à la ville dans une discussion de biens, comprenait les terres que le baron de Coudrée lui avait jadis remises ©. On vendit encore à M. de Penthaz, au prix de 1387 florins et 6 sols, les censes directes et foncières de la ville et de l’hôpital à Sullens 7, et, pour 700 florins, l’ohmgeld de Penthaz. Ajoutons que la

705 Par les trois conseils assemblés, représentant toute la bourgeoisie.

706 Et qui provenaient de la cure de Vuillerens,

707 Elles s’élevaient à quarante-quatre quarterons de froment, un d’avoine, un chapon et quatre gélines. On estima le quarteron de froment 30 florins, celui d’avoine 7 florins et demi, le chapon 20 florins et la géline 10. On échangea aussi avec M. de Penthaz quelques censes à Cossonay et ailleurs.

ville aliéna aussi en sa faveur l’ohmgeld de Sullens T#, mais on ne connaît ni l’époque ni le prix de cette dernière vente.

Le conseil permit (même année, mai) au pasteur M. Roy, pour une fois et sans aucune conséquence, de faire inhumer un de ses enfants dans l’église.

Il était d’usage chez nous que les rois du papegay fussent francs de lauds pour leurs acquisitions pendant l’année de leur royauté, ainsi que cela s’observait dans les bonnes villes du pays. A la vérité, la nôtre n’avait pas de titres pour constater cette franchise, mais la coutume immémoriale l’avait consacrée. Néanmoins le baillif de Morges refusa de l’accorder à MM. de la Robélaz (noble Abraham Charrière) et de Bons, les deux derniers rois, ce qui engagea le conseil à réclamer (1668, mai), par ses députés, auprès de LL. EE”. Berne ordonna au baillif d'examiner si notre ville avait eu le tir de l'oiseau avant l’année 1659 et si le roi avait joui de la franchise des lauds 7°. Le baillif déclara que depuis 1640 ses prédécesseurs n'avaient retiré aucun laud des rois du papegay à Cossonay. Mais tout cela fut inutile, et, au grand chagrin de la ville, LL. EE. refusèrent de reconnai-

78 M. de Penthaz était seigneur direct de Sullens, mais jurisdiction de ce village appartenait encore alors au château de Cossonay.

7% En fixant, la même année; le tir de l'oiseau au 1% juin, leconseil décida que la ville ne ferait aucune dépense à cette occasion, à cause des frais du voyage de ses députés à Berne.

710 Le baillif devait prendre des informations auprès de gens impartiaux. Notre ville produisit un rôle des rois du papegay depuis (et y compris) 1640, lesquels, « suivant Pusée pratiquée de tout temps au dit Cossonay, » étaient francs de lauds « de La part de LL. EE, »

tre la franchise réclamée ””. Berne montra peu de bonne volonté dans cette circonstance.

L'année 1668 fut peu abondante. On exempta beaucoup de ménages de payer la guette, et entr'autres, paraît-il, tous les bourgeois de la ville 7”.

Les chefs de famille de Cossonay et d’Alens ayant été convoqués (« conviés, » même année, décembre), le châtelain leur représenta que les saintes assemblées étaient fort négligées, ce qui donnait lieu aux pasteurs de se plaindre. On leur enjoignit d’être « plus fréquents aux presches, » ajoutant que si l’on remarquait la continuation « de semblables deffauts, » on les châtierait « plus avant. »

Oa ne remarque plus, chez les fonctionnaires de la ville, le désintéressement précédent. On leur paie de fréquentes journées 7.

On conclut un accord (1669, février) pour faire recouvrir el réparer les tours de deux portes de la ville, celles des

T4 M. de Croze ayant comparu à Berne (1670, 24 mai) devant la chambre des bannerets, pour réclamer encore la franchise des rois du papegay, fut éconduit de sa demande.

#2 Elle n’y fut payée que par six habitants. On l’amodia à Penthallaz pour vingt-huit quarterons ; à Sullens et Penthaz, ensemble, pour quarante ; à Senarclens seulement pour six ; à Bournens, Bous= sens, Lusseri, Villars, les deux moulins de Cossonay et celui de Bettens (ensemble) pour vingt; à la Chaux, Itens, St-Denis et Prévondavaux, pour vingt-cinq. L’année précédente la guette de Sullens et Penthaz n'avait été amodiée que pour les deux tiers du nombre de ménages porté dans le dénombrement de l’année, et l’on avait affermé celle de Senarclens pour huit quarterons seulement. Déjà, en 1666, le rapport des dixmes de la ville avait été inférieur au précédent.

5 Il était dù (1669, janvier) 124 florins et 5 sols au banneret ct 117 florins à M. de Penthaz pour journées faites pour la ville. :

côtés de Morges et la Sarraz. Une des tours de Cossonay s'appelait la tour romande. L'année suivante, un pan des murailles de la ville s’écroula sûr un bâtiment et l’endommagea beaucoup.

Le conseil vendit (1669, 10 mai) à M. de Croze, pour 50 florins, l'ohmgeld et la guette de Croze.

Notre communauté estimait que « certaines pièces » de ses vignes de Lonay étaient franches de dixme, parce qu’elles provenaient de LL. EE. et avaient été jadis « bien d’église *. » Elle s’appuyait encore sur une déclaration de Berne, du 14 août 1567, aux termes de laquelle les terres arables et vignes de la châtellenie et du ressort de Morges, dont les propriétaires prouveraient dûment que depuis trente ans on n’y avait pas levé la dixme, en demeureraient exemptes. Néanmoins la cour baïllivale de Lausanne avait condamné notre ville à acquitter cette dixme.à LL. EE., pour le cas où elle n’obtiendrait pas de Celles-ci une explication du titre produit pour s’en exempter, c’est-à-dire des lettres patentes de LL. EE., de l’année 1591, par lesquelles Elles lui avaient confirmé la cession des biens de la cure et du clergé. M. de Croze se rendit donc à Berne pour la solliciter, mais elle lui fut refusée (24 mai 1670). Toutefois, trente années plus tard, la chambre économique du pays de Vaud, à Berne, reconnut, en faveur de la ville de Cossonay,

71% Le clergé de Cossonay avait acquis, en 1519, de noble Guillaume de la Molière, dit Huguet, de Cossonay, des vignes à Lonay, et l’on se rappelle qu’après la conquête Berne avait cédé les biens de ce clergé à notre ville. 11 n’est pas probable qu’il soit ici question des vignes acquises des filles de noble Daniel de Gruyère. La pension de deux chars de vin que percevait (dans le siècle passé) le premier ministre de Gossonay était affectée sur les vignes de la ville à Lonay.

la franchise de dixme de deux pièces de vigne à Lonay, contenant ensemble cinq poses; et cela suivant un extrait de la reconnaissance du domaine du prieuré de St-Paul de Cossonay, de lan 1531.

La communauté de Senarclens amodia ( 1670, octobre) de notre ville, pour six années, « la paisson » du bois de Seppey, à raison de deux sacs d’avoine, mesure de Morges, par année 7”.

LL. EE. ayant décrété l'établissement de cavaliers dans chacun des départements militaires du pays, le baillif de Morges ordonna (même année, 18 octobre) à celui de Cossonay de se conformer à cette disposition. En conséquence , les gouverneurs des localités de ce département , assemblés à Cossonay (20 octobre), nommèrent les deux cavaliers qu’il devait fournir. Ceux-e1 auraient l'obligation de se rendre « à la monstre » pour le département. On établit douze cavaliers dans le bailliage de Morges, « pour le service de LE. EE. et de la patrie ". »

. Quoique Berne eût retiré aux rois du papegay la franchise des lauds, la fête de la ville (c’est ainsi qu’on nommait le tir de Poiseau) eut cependant lieu en 1674, avec le festin ordinaire 77,

T5 Dans cette circonstance, le gouverneur de Senarclens traita de Pavis du seigneur et du co-seigneur de Pendroit.

716 La solde de ces douze cavaliers s’élevait à 75 florins par mois. En 1672 (juillet) les septante-six focages du département de Cossonay devaient livrer, pour celte solde, à raison de 6 « crutz » chacun, 28 florins et 6 sols. Notre ville, pour sa part, en paya 8 ; M. de Penthaz, pour ses sujets, 5 el 6 sols, et le baron de la Sarraz 17 pour le reste du département. La somme de 330 florins « compétait » alors à Cossonay (Arch. du château de Penthaz).

77 Le conseil avait décidé que chacun des membres des trois con-

La paroisse paya (1672, janvier), par tête, des réparations à l’église. On y comptait alors 545 personnes”. Depuis l'établissement du diacre, qui était aussi ministre à la Chaux, ce village et Itens n’en faisaient plus partie 7°.

Les passations à record, assez fréquemment concédées , étaient une branche de revenu pour la communauté. Le conseil accorda (même année, février) la « passation à clos à record » de deux prés, au prix total de 1140 florins.

Aui® juillet 1672 le département de Cossonay devait fournir six chevaux pour l’attirail du canon, avec deux charretiers7?,

seils recevrait 2 florins à l’occasion « de la solemnité du papeguay. » Indépendamment de cette gratification, les dépenses de la fête s’élevèrent encore à 225 florins. —Les prix furent tirés l’année suivante, mais, « à cause de la circonstance du temps, » on ne fit pas de roi. — Le conseil ordonna, en 1680, que le roi du papegay, s’il était bourgeois et résidait dans le département, recevrait 25 florins. Ce

roi serait tenu de présenter « la collation. »

78 Dont 300 à Cossonay, 100 à Lusseri, 58 à Disy, 80 à Senarclens, et 7 à Croze (y compris le moulin de ce domaine seigneurial). Les enfants ne paraissent pas être portés au dénombrement.

79 Cependant ces deux villages se rendent encore à Cossonay pour le service du dimanche après-midi.

7% Grancy et Senarclens devaient fournir ensemble un cheval. — Selon les registres du conseil, on comptait alors 69 focages dans le département de Cossonay. Leur nombre est porté à 76 dans un rôle qui parait être de l’année 1670 environ, d’après lequel il y en avait 660 dans le bailliage de Morges. On n’en comptait, en 1659, que 643 dans le même bailliage, dont 142 dans le département de Morges, 72 dans celui de Cossonay, 140 dans celui d’Aubonne, 100 dans celui de Rolle, 58 dans celui de Vuillerens, etc. (Archiv. du château de Penthaz). L'expression focage signifie tout à la fois la famille réunie, usant d’un seul foyer, et la redevance qui se payait à raison

Il livra, le même mois, trois sols par focage, pour les frais du pont d’'Echandens *”.

Notre ville envoya (même année, octobre) un de ses bourgeois à Berne, « pour apprendre à bracquer le canon. » Il devait recevoir, à cet effet, un flérin et trois sols de chacun des focages du département.

de chaque feu pour lPhabitation “. Le focage était la base cadastrale du moyen-àâge. Une question se présente. Pourquoi le nombre indiqué ci-dessus des focages du département est-il très-inférieur à celui des « mesnagers, » ou faisants-feu de la châtellenie **? Nous la résoudrons par la supposition que ce nombre comprenait seulement les focages astreints à la chevauchée et qui payaient, en lieu et place de ce devoir, les frais résultant des institutions qui le remplaçaient. Or, l'obligation de suivre la chevauchée, imposée seulement aux sujets immédiats du seigneur , ne s’étendait pas aux hommes de ses chevanciers. Ne perdons pas de vue que, distincte de lost, la chevauchée était de nature féodale. Les « monstres » étaient la conséquence de l’ost, que nos milices remplacent. — Ajoutons que les départements se formaient généralement des seigneuries de première classe dans leur circonscription , avec parfois quelques chan- .gements. Ainsi, on avait retranché du nôtre, qui se composait de la ville de Cossonay (avec les Chavannes et Alens) et des villages de Penthaz, Grancy, Senarclens, Penthallaz, Lusseri (et Villars), Sullens, Boussens, Bournens, là Chaux, Itens et Disy, quelques-unes des localités de l’ancienne baronnie (tant de la châtellenie que du ressort) et on y avait ajouté une partie de Grancy et Lusseri (et Villars) qui ne lui appartenait pas précédemment. — Le châtelain était le chef du département.

71 4 Et autres despends deubs au sieur Menné de la Galière. »

* Dans quelques parties du pays, la redevance pour l’habitation s'appelait les dotses. Parfois le focage était dù (toujours par feu) à cause de l'exercice de la jurisdiction, qui protégeait le sujet.

** On en trouve la preuve dans le produit annuel de la guette qui s’amodiait à raison d’un quarteron de froment par faisant-feu.

Le conseil ordonna (novembre suivant) qu’on ne présenterait plus les grandes semaisses, « fors aux bourgeois aux nopces, fiancement, » et lorsqu'on baptiserait leurs enfants **. Déjà deux années auparavant il avait retranché les semaisses aux habitants (c’est-à-dire aux non-bourgeois). Il décida encore que le conseil se tiendrait régulièrement tous les quinze jours et que l’officier sonnerait la cloche pour le convoquer”; que « les défaillants, toutes excuses nonob-

; Stant, » paleralent un florin pour chaque cas d'absence , et ceux des dix-huit et vingt-quatre six sols”; que les conseillers ne retireraient plus les vins des amodiations de la ville, mais qu’ils auraient chacun une augmentation de salaire de dix florins””, et que les dix-huit et vingt-quatre recevraient (chacun) cinq florins *; que le grand gouverneur qui percevait la moitié des vins recevrait soixante florins de dédommagement, et le petit gouverneur cinq *”. On réserva cependant les vins de la boucherie et on laissa aux membres des trois conseils les pots de vin à chaque fête, ainsi que les cinq batz qu'ils recevaient à la fête de mai et à la St-Michel (lors de l'élection des gouverneurs). Enfin on décida (décembre suivant) qu’on ferait la prière à « l'entrée » du conseil ; qu’elle serait suivie de la lecture de ce qui aurait été ordonné

72 Dans ce dernier cas, les conseillers des douze recevaient en outre un cadeau de 10 florins (en argent).

7% « Le lundi qui escherra à l’avant quinzaine. »

7% Ces amendes devaient se retenir sur le salaire des conseillers. On paraît avoir observé avec rigueur cette disposition.

75 Leur salaire précédent était de 50 florins.

76 L’officier de ville devait également recevoir 5 florins au lieu des vins.

727 Son salaire était ainsi porté à 50 florins.

dans la séance précédente *; qu'avant de se séparer on ferait également la lecture de ce qu’on aurait décidé dans celle du jour, et qu’on terminerait celle-ci par une prière.

Le prieuré, nous l'avons déjà fait observer, était, à Cossonay, la maison de LL. EE., qui l'avaient substitué à l’ancien château, tombé en ruines. Elles laliénèrent, en 1672, en l’inféodant à M. de Penthaz, pour être désormais la maison seigneuriale du village de ce nom ””. Berne conserva seulement dans notre ville une grange pour loger ses dixmes.

Notre département eut à payer, sur la fin de l’année, 95 florins « pour despends des commandants pour la garde du chasteau de Morges. » Il régnait alors du froid entre Berne et le duc de Savoie, qui faisait construire des fortifications à Bellerive et avait dénoncé le traité de St-Julien ”. Au mois d'octobre le seigneur baillif de Morges était venu faire les « monstres » à Cossonay.

Un conflit s’éleva entre le conseil et son secrétaire (Abraham de la Sarraz), qui avait obtenu à Berne la permission « de lever » une enseigne de cabaret. Le conseil y mit opposition et recourut au baillif. Le secrétaire ayant renoncé à la concession obtenue, on lui permit gratuitement (même année, décembre), en retour, de tenir logis public pendant trois ans. ,

Les trois conseils résolurent (1673, avril) de prier LL. EE. de remettre à la ville les censes et le fief qu'Elles ÿ avaient

728 Pour qu’on jugeàt si on l’avait exécuté.

72 Berne se réserva , dans le bâtiment remis, les prisons nécessai-

res pour les criminels, et un grenier pour mettre les grains de la recette de Cossonay.

#0 De Tillier, Histoire de l’Elat confédéré de Berne.

en échange de la guette de la châtellenie et des censes de la ville à Penthallaz. Les autres bourgeois ! approuvèrent ce projet. En acquérant le fief, notre ville se proposait d’affranchir son territoire de censes. M. de Penthaz et le secrétaire, envoyés à Berne pour traiter cette affaire, trouvèrent d'autant plus de facilité à réussir que LL. EE. avaient remarqué que les revenus de la baronnie « allaient en diminuant » et souvent même ne suffisaient plus aux charges. Cette dimtnution avait pour cause, d’un côté, l'abandon qui avait lieu chaque année de pièces de terrain (pour se libérer des censes), et, d'un autre, la circonstance que LL. EE. avant aliéné (par échange et inféodation) des revenus en divers lieux de la baronnie ”, il en résultait de la confusion dans les comptes des receveurs. Ceux-ci et notamment le dernier (le chàtelain DeVenoge) avaient négligé de tenir les rentiers en bon ordre et d’annoter les changements des pièces. Une rénovation coûteuse était ainsi devenue inévitable. Berne annua donc au désir de notre bourgeoisie, préférant cependant la charger d'obligations dont l’état voulait se libérer, plutôt que d'accepter la guette en échange. L’acte d’inféodation fut passé à Berne le 31 juillet 1673. LL. EE. remirent à la ville, en fief noble mais sans charge d'hommage, leurs cen-

7 Sans doute le conseil général.

72 Ces échanges et inféodations avaient été nombreux (voyez Recherches sur les sires de Cossonay, etc., art.: démembrement du domaine du château de Cossonay). Ils furent suivis d’autres encore. C'était un parti pris à Berne d’aliéner les revenus de la baronnie pour se décharger des frais de rénovation, du traitement du receveur, de la décale des grains, des rabais de censes pour pièces abandonnées et d’autres frais et « pentions inutiles. »

ses directes et foncières, dues à cause du château et du prieuré de Cossonay, aux territoires de Cossonay et d’Alens, avec la directe seigneurie emportant le laud au cinq pour cent en cas d’aliénation des assignaux. Elles s’élevaient, en grains, à vingt-deux sacs de froment, à la mesure de Morges , et, en deniers, à 140 florins, petits, monnaie de Vaud ". En retour, notre ville contracta l’obligation de payer annuellement, à la décharge de LL. EE., 110 florins au sieur ministre de Cossonay, et 30 à l’hôpital %, six sacs de froment encore au même ministre, en augmentation de pension, autant à l’hôpital Ÿ, pareille quantité au régent de l’école, et deux sacs et trois quarterons et demi à la confrérie 7”, le tout

755 Toutes ces censes étaient dues à la mesure de Cossonay, mais on les avait réduites dans cette circonstance à celle de Morges.

15% Les censes en avoine, chapons et huile, avaient été converties en argent et ajoutées à celles en deniers. Des censes remises, les suivantes ne provenaient ni du château, ni du prieuré de Cossonay : 6 sols et quatre quarterons de froment, précédemment remis par le seigneur de Berchier à LL. EE. ; 5 sols à cause du fief procédé des nobles de Pierrefleur ; 6 deniers, vingt quarterons de froment et deux chapons, cédés à LL. EE. par M. de Penthaz (en 1665, par échange) et qui provenaient du mayor de Eutry; 5 florins que notre ville payait annuellement pour là sauvegarde de Moudon; et trentesix quarterons de froment et autant d'avoine, cédés à LL. EE. par le même seigneur de Berchier et que la ville devait sur la dixme de Senarclens. |

7% [ls avaient remplacé le repas de la concession (de dame Jordane de Cossonay).

756 Dans cette part à l’hôpital se trouvait sans doute compris le muid de froment que LL. EE. lui donnaient chaque année, de grâce spéciale. À quel titre recevait-il le surplus ?

77 Cest le muid que Berne, en qualité de successeur des sires de Cossonay, devait à la confrérie.

à la mesure de Morges. De plus, la ville céda à LL. EE. seize quarterons de froment (mesure de Cossonay), de cense, qu’elle percevait à Penthallaz. Afin de favoriser le « bon dessein » de la ville d’affranchir son territoire de censes *, LL. EE. permirent que chaque censier réemptionnât celles qu’il devait, sans payer de laud « pour ce coup, » et défendirent l'établissement de nouveaux fiefs dans le territoire 7°. Berne réserva ses droits de haute, moyenne et basse jurisdiction, ainsi que les obligations (devoirs) de la communauté. Pour sûreté des choses cédées (et en compensation des affranchissements qu’elle pourrait faire) la ville hypothéqua spécialement lohmgeld et la guette de la châtellenie ”. Telles sont les principales dispositions de ce traité, si important pour notre bourgeoisie *". M. de Penthaz, de son côté, dé-

758 Cet affranchissement devait comprendre non-seulement les censes que Berne lui remettait, mais encore celles qu’elle possédait précédemment, ainsi que l’hôpital.

759 Tant sur les pièces qu’on affranchirait que sur les anciens francs-alleux.

740 L’ohmgeld, à cette occasion, est dit valoir communément 2000 florins par an, et le produit de la guette être de dix muids de froment. Elle les eût rapportés, si on l’eût exigée avec plus de rigueur.

7° S'il ne lui procura pas de gain matériel, puisque ce qu’elle recevait d’une main elle le donnait de l’autre, elle en retira Pavantage de pouvoir affranchir son territoire, et en tout cas de jouir des bénéfices découlant de la directe seigneurie. — Les trois conseils , réunis à extraordinaire, ratifièrent ce traité le 3 septembre suivant. On traita (1674, janvier) avec M. de Penthaz pour les frais de son voyage à Berne; la ville lui paya 150 florins. Le secrétaire de la Sarraz avait déjà reçu 187 florins pour le même objet ; il avait passé quinze jours à Berne.

clara * qu’il cèderait à la ville (pour qu’elle pût atteindre le but projeté d’affranchir son territoire) le fief et les censes que LL. EE. lui avaient précédemment remis au territoire de Cossonay *, ainsi que les autres fiefs et censes qu’il y possédait 7. Cette cession eut effectivement lieu pour seize cents florins””, et Berne tint la ville quitte du laud.

La bourgeoisie” décida (6 novembre suivant) que puisque le traité fait avec LL. KE, lui donnait la faculté de s’affranchir de censes et de lauds, on nommerait deux personnes pour établir le compte de chaque particulier, en calculant le quarteron de froment à sept écus (petits) et celui d'avoine au quart de ce prix, puis que chacun passerait, en faveur de la ville, une lettre de rente de la somme qu’il se trouverait devoir, sous l'hypothèque des terres affranchies 7. Cette résolution fut suivie, une année après (1674, 6 novembre), de l’affranchissement général des censes dues à la ville et à l'hôpital, tant à Cossoray qu’à Alens”®. Notre ville parvint

7 Par une missive adressée le 22 août 16753 au premier commissaire de LL. EE.

745 Sur les Rochettes et le bois de Vaud.

744 Par inféodation ou à d’autres litres.

75 M. de Penthaz la ratifia le 7 novembre 1674. Dans le nombre de ces fiefs, il s’en trouvait que M. de Penthaz avait lui-même établis, ce que notre bourgeoisie estimait être contraire à ses franchises et prétendait contester.

746 Les trois conseils et la généralité des bourgeois.

747 Et que par ce moyen tous les bourgeois seraient à perpétuité francs de lauds pour leurs possessions du fief de la ville et de celui que LL. EE. avaient remis à la bourgeoisie.

78 Au prix de 55 florins le quarteron de froment, 8 florins et 9 sols celui d'avoine, 20 florins le chapon, 50 florins le pot d'huile, et les deniers au cinq pour cent. — Les châtelains de Cossonay, l'Isle

ainsi, avant bien d’autres, à se libérer des redevances féodales. On doit reconnaître les facilités que Berne lui accorda pour atteindre ce but.

Le conseil résolut (1674, janvier) de traiter avec M. de Grevilly (noble Daniel de Chandieu , seigneur de la Chaux) pour l’acquisition du fief qu’il avait au territoire de la ville et qu'il était disposé à lui céder. Et l’on convint (18 mai suivant), avec Dlle. Marthe Brun, veuve du sieur Mayor, de Senarclens ”*”, d'acheter d'elle, pour 150 florins, celui qu’elle y possédait, de moitié avec le châtelain Tissot, de Romainmotier. Notre ville était en trait d'acquérir les fiefs de son

territoire.

Nous avons rapporté que LL. EE. se plaignaient de la diminution des revenus de la baronnie ”°, À la suite de plusieurs mauvaises années, la pauvreté y avait fait de grands progrès, et les paysans abandonnaient fréquemment des

et la Chaux firent l’examen, la justification et l'appréciation générale des censes dues par les bourgeois à la ville, On leur paya (en 1677) 180 florins pour ce travail. Peu auparavant le secrétaire avait reçu du conseil l’ordre de dresser l’acte de la rétro-cession, en faveur de LL. EE., des censes sur les moulins de Cossonay et les terres qui en dépendaient.

749 Noble Mayre Mayor, de Romainmotier.

750 Ceux de la ville avaient également diminué ; les dixmes rapportaient notablement moins que précédemment. La récolte fut si mauvaise, en 1674, que la part de la ville à la dixme de Senarclens fut seulement amodiée (outre la paille à rendre à Lonay pour les vignes de la ville) pour la cense due sur cette dixme au ci-devant couvent de Romainmotier et à la ville elle-même, ayant droit de LL. EE. Cette dernière cense procédait des nobles Gruz. La veuve de noble François Gruz l’avait apportée au seigneur de Berchier, son second mari. On a vu qu’elle était ensuite parvenue à LL. EE.

pièces de terrain plutôt que d’en payer les redevances ?”. Cette difficulté de recouvrer les censes fut une des raisons qui portèrent LL. EE. à inféoder, tant à notre ville qu’à diverses personnes, la plupart des revenus de la baronnie 7, — 75,

Aux « monstres » qui eurent lieu en 1674, chaque soldat reçut, en vertu d'une décision du conseil (prise en mai), quatre batz, le capitaine trois florins, l'enseigne deux, et le sergent un florim et six sols. Etait-ce encore le banneret qui portait la bannière ? Nous en doutons.

Il se faisait cette année-là, par ordre de Berne, un dénombrement des fiefs nobles du pays, par bailliage. Les personnes qui en possédaient en remettaient la spécification au commissaire de LL. EE. qui vérifiait ces indications, et ex1geait la justification des droits et de la nature des biens qu’elles contenaient. Notre ville chargea M. de Penthaz et le

51 Lorsque LL. EE. avaient remis à M. de Penthaz, en 1665 (par échange), le village de Sullens, grand nombre de pièces du territoire de cet endroit se trouvaient abandonnées, par les censiers, aux mains du châtelain de Cossonay.

7% Sous des rentes fixes et obligation de supporter les charges de cette baronnie.

755 M. de Penthaz avait tenu en amodiation de LL, EE., en 16753, la portion, peu considérable, qui restait de ces revenus. On lui renouvela successivement cette amodiation pendant trois ans encore, à dixhuit sacs de froment (mesure de Morges), et 500 florins en argent, par année : vu surtout« la pauvreté des paysans à pouvoir bien payer leurs censes » à cause de la « chétiveté de la prise. » Et cela sous diverses réserves et conditions: Le seign@ur de Penthaz devait, par exemple, supporter les charges qui étaient le partage des receveurs de Cossonay; il devait livrer les chapons accoutumés au baillif de Morges; il de-

curial de faire son dénombrement "", On y trouve le détail de son domaine 7 et l'indication sommaire de ses censes dans divers villages. Il y est observé, quant à celles de Cossonay et d’Alens, qu’on travaillait alors à leur affranchissement ; et, à l'égard de l’ohmgeld et de la guette, que ces droitures étaient réputées franc-alleu *, On y indique le produit commun des dixmes de la ville et de lhôpital 7°”, ainsi que la spécification

vait faire lever à ses frais des extraits et copies vidimées des droits à remettre aux personnes à qui on avait inféodé des rentes de la baronnie , etc. D’autre part, il percevrait les rentes échues, les bans, les lauds en rural de l’année et ceux, retardés, échus avant la présente amodiation, etc., etc. (Archives du château de Penthaz).

74 Chacun d’eux reçut 10 florins pour ce travail.

755 Bien des articles portés aux indominures (de la ville) de la rénovation de 1635 ne figurent pas dans ce dénombrement, où il y en a, d’un autre côté, de nouveaux, tels que les grandes halles, la mestralie et les langues des grosses bêtes de la boucherie, ainsi que la charge et la décharge du vin, soit le décavage ou droit de corde (dont l'indication est ajoutée à celle du droit du poids de la laine). Le quernet que notre ville prètera en 1690 nous montrera plus clairement ce qu’elle possédait en fief noble.

756 Selon le dénombrement, notre bourgeoisie possédait encore l’ohmgeld à Cossonay, les Chavannes, Alens, la Chaux, Itens, Penthallaz, Bournens et dans quelques maisons de Lusseri et Villars. C’est par erreur que Senarclens se trouve parmi les localités indiquées. L’ohmgeld des autres villages avait été aliéné. La guette (toujours selon le dénombrement) était encore due dans toute l’ancienne châtellenie, sauf à Boussens et à Croze, où elle avait été acquise par les seigneurs de ces lieux, et à Disy, où elle l’avait été par la communauté de ce village.

757 Seize muids, moitié froment et moitié avoine, celle de Pen- {hallaz ; quatre muids celle d’Itens et trois muids celle de Senarclens, indépendamment des censes dues sur ces diverses dixmes.

de la pension du ministre *, affectée sur les biens de la cure”. Enfin on y voit que la dixme de Cossonay, appartenant à LL. EE. (elle procédait du prieuré), se levait, à quel-

ques exceptions près 7°

, Sur tous les champs et vignes du territoire

Les clefs de la contribution de guerre (c’est-à-dire du coffre qui la renfermait) furent remises (1674, 3 août), en conseil, au nouveau châtelain de Cossonay (noble Abraham Charrière, successeur du châtelain DeVenoge), comme chef du département. Le même ayant été peu après nommé gouverneur, fit la réserve, en acceptant cette charge, qu’elle ne préjudicierait en rien à celle de châtelain.

La ville paya, la même année (10 décembre), 160 florins pour sa part de l'établissement d’un nouveau cavalier 7.

78 Vingt-quatre sacs de froment, six d’avoine, et 150 florins en argent. C’est sans doute la pension fixée lors de la remise des biens de la cure et du clergé séculier. On l’avait augmentée dès-lors.

75% La ville était aussi astreinte (selon le dénombrement) à la maintenance de la maison de cure.

760 Ces exceptions, indiquées, étaient les pièces procédées de la cure, un parchet d'environ trente poses en Pasquier, et un pelit parchet de vigne, « presque ruinée, » aux Rochettes, d’environ vingt poses.

761 Arch. cant., dénombrement des fiefs nobles du bailliage de Morges.

76% Au mois d'août précédent, le département de Cossonay devait monter et équiper deux nouveaux cavaliers. En 1676 (mai) deux délégués du conseil s’assemblèrent, avec le chef du département, le lieutenant du banneret et les députés des communautés, pour convenir comment l’on pourrait monter « le cavalier du département. » Il est remarqué, en 1679 (mars), que les deux cavaliers du département de Cossonay et J’uillerens coûtaient à notre ville 13 florins et

Déjà, en 1670 (octobre), les trois conseils avaient pris l'engagement de vendre à M. de Boussens (noble Marc de Saussure) l’ohmgeld et la guette du village de ce nom, ainsi qu'un petit fief que la ville y possédait, le tout pour mille florins. Plusieurs années après cette promesse n’était pas encore réalisée, et M. de Boussens refusant de payer la guette, on résolut (1675, janvier) de l’attaquer en justice, s’il persévérait dans son refus. La vente convenue eut seulement lieu le 12 juin 1676 .

Afin de pourvoir à la subsistance des nombreux pauvres de la ville, une contribution volontaire y eut lieu (1675, octobre). Elle produisit vingt sacs de grains. Vingt années plus tard cette contribution se percevait encore.

Le conseil remit (même année, octobre) les clefs du revestiaire et le sceau de la bourgeoisie à M. le châtelain, l’autorisant à s’en décharger comme il lui plairait”. Aussi longtemps que M. le banneret de Mex avait habité la ville,

il en avait été le dépositaire. — 7®.

h sols à chaque « monstre. » On doit en inférer qu’alors ces cavaliers étaient fournis par les deux départements réunis (il en sera encore question plus tard). — En 1688 (août) le conseil reçut de M. d’Eclépends, capitaine de cavalerie, Pinvitalion de remplacer le cavalier de Cossonay, qu’il ne voulait plus garder. A cette époque ce cavalier recevait du département 25 florins par an, outre 15 florins par « monstre générale » se faisant par ordre de LL. EE.

75 En faveur de noble Antoine de Saussure, seigneur de Boussens, fils de celui à qui la promesse de vente avait été faite. Les censes à Boussens, vendues par la ville dans cette circonstance, s’élevaient à 21 sols environ.

764 Le sceau de la ville se trouvait, en 1686, dans les mains du lieutenant du banneret.

7% Messieurs du conseil, prenant en considération « les agréables

Selon une décision du conseil (1676, mars), chacun des trois sergents qui montaient la garde au château de Morges devait recevoir trois florins (par jour?) « pour ses despends et fournir les chandelles”. »

On paraît avoir craint à Cossonay que LL. EE. n’aliénassent la jurisdiction de notre ville, puisqu'on envoya (27 mai) un député à Berne prier LL. EE. de « maintenir perpétuellement ceux de ceste ville leurs jurisdiciables. » Ce député devait aussi s’efforcer d'obtenir la cession de la portion du bois de Seppey que l'Etat avait conservée. Il ne réussit pas quant à cette partie de sa mission.

On décida (9 octobre) que l’élection des conseillers aurait lieu désormais au scrutin secret. Pour cette élection, le con-

seil présentait trois candidats au conseil général qui s’as-

semblait encore annuellement aux environs de la St-Michel”. Le conseil des douze se recrutait dans ceux des dix-huit et vingt-quatre. On voyait parfois dans une seule séance du conseil général la même personne, d’abord nommée au con-

seil des vingt-quatre, l’être ensuite à celui des douze. Le

services » que M. le châtelain leur avait rendus, et espérant « comme il était fort généreux » qu’il les continuerait, résolurent (1676, janvier) de lui offrir un vase (d’argent?) de la valeur de trois pistoles.

766 On ne dit pas à quel propos on montait alors la garde au chàteau de Morges. Probablement qu’on se défiait de la Savoie.

7167 Pour nommer les gouverneurs, etc. Celui du 27 septembre 1675 avait prêté le serment accoutumé, « assavoir révéler les damniféants (ceux qui faisaient du mal, du dommage) et premièrement d’être fidèles subjects de Leurs Excellences, et d’obéir aux ordres de Messieurs du conseil. » Ce serment se prêtait chaque année. Les habitants, nous l’avons déjà fait observer, assistaient également à l'assemblée du conseil général.

conseil général imposa (1677, 24 septembre) aux membres de ce dernier conseil l'obligation de résider en ville. — 7.

Notre ville envoya (1677, mai) son banneret féliciter le nouveau trésorier Sturler de sa nomination et lui faire un cadeau qui coûtait environ deux pistoles.

À cette époque, lors de la répartition de la boîte des pauvres de la paroisse, la ville en prenait les deux tiers, Senarclens un sixième, et Lusseri et Disy avaient le reste °°.

La jeunesse de Cossonay (sans doute les écoliers) joua une comédie dans le mois de mai de l’année 1678 (peutêtre à l’occasion de la fête de mai). On n’indique pas la pièce qui fut représentée.

Par décision du conseil, du 13 octobre 1679, le grand gouverneur devait désormais se prendre dans le conseil des douze”, et le petit dans celui des vingt-quatre”. Il n’y

8 Cinq membres d’une même famille, y compris le banneret, siégeaient, en 1678 (avril), au conseil des douze. On avait mis en oubli l’ancienne ordonnance du conseil général qui interdisait à deux proches parents d’y prendre place ensemble.

769 La Chaux et Itens n’y avaient plus de part. Cependant les habitants du hameau voisin de St-Denis étaient encore paroissiens de Cossonay en 1679 (juin).

770 Les registres du conseil observent, en 1686, que les conseillers des douze doivent remplir tour à tour la charge de grand gouverneur, et que celui qui l’occupe a l’obligation de résider en ville.

T4 Il n’est plus guère question du conseil des dix-huit, fondu dans celui des vingt-quatre. — Il nous manque de données assez positives pour pouvoir juger jusqu’à quel point cette décision dérogeail aux anciens usages de la communauté. Il se pourrait qu’anciennement le choix du premier sindic et plus tard du grand gouverneur tombât volontiers et peut-être obligatoirement sur un membre du conseil étroit. Nous croyons, d’un autre côté, qu'avant l'établissement

avait plus de recteur de l’hôpital; et les biens de cet établissement, comme ceux de la ville, étaient administrés par le grand gouverneur, alors également le gardien des clefs du revestiaire et de la boite des pauvres. L’année précédente (1% avril) on avait décidé que son salaire n’excéderait pas 400 florins.

Les biens nobles, dans la paroisse, n'étaient pas soumis aux corvées. Lors de lPamodiation de celles de Senarclens (1680, janvier), la ville en excepta les corvées que le seigneur de ce village et deux autres membres de sa famille pouvaient devoir pour ceux de leurs biens qui n’en étaient pas exempts (c’est-à-dire les ruraux), parce que la liquidation de ceux-ci n’était pas encore faite.

Notre ville acquit (même année, mars ou avril) de M. Margel, bourgeois de Morges, diverses censes à Cossonay et dans les environs, qu'elle possédait indivisément avec lui 7. |

Un sieur Béliard fut admis (même année, avril) à la bourgeoisie au prix le plus élevé qu’on en eût encore payé, c’esta-dire onze cents florins de capital et vingt-cinq florins pour des « brochets », indépendamment d'avantages aux

du conseil des dix-huit, puis ensuite de celui des vingt-quatre, le second sindic ou le petit gouverneur se prenait dans le conseil général ou le « commung. »

72 Elle en avait le tiers. — Jean Féréol et Antoine Margel, d’une part, et Jean Margel, juge du consistoire de Morges, de Pautre, tenaient, en 1674, des censes directes et foncières à Cossonay, Alens, Senarclens, Penthallaz, Lusseri et Villars, Gollion, Penthaz et dans d’autres lieux plus éloignés. Elles procédaient des nobles Vigoureux, Gollie, Charrière, d’Arnex et Marchand (Dénombrement des fiefs nobles du bailliage de Morges).

conseillers et bourgeois . On spécifia que l’entrée au conseil des douze lui serait toujours fermée, et qu’il ne pourrait parvenir à celui des vingt-quatre qu’après douze années. II y avait sans doute des raisons motivant ces restrictions. Les prix d'admission à la bourgeoisie étaient arbitraires.

On redoutait, en 1680, quelqu’épidémie, car on établit (juin) des gardes aux portes de la ville « à l’occasion de la contagion. »

Quelques-unes des localités de la baronnie avaient pris l'habitude de cultiver plutôt du messel (méteil) que du froment, estimant que leurs terres y étaient plus propres. Elles demandèrent la faculté d’acquitter la guette en messel, moyennant un dédommagement une fois payé. On accorda (1681, 31 janvier) cette réduction aux villages de Sullens, Penthaz et Penthallaz; le premier paya 330 florins « de prévaillance; » le second 250 et le troisième 410 77. On fit l’année suivante (3 janvier) un traité semblable avec Senarclens, qui paya 130 florins de dédommagement 7.— 7%,

Dix quarterons de froment, de cense directe, dûs à Gollion et procédant de la confrérie, furent vendus (1681,

75 Cinq florins à chaque conseiller des douze, à chacun des gouverneurs et à l’officier de ville, deux florins et demi à chaque conseiller des vingt-quatre, et un pot de vin à chaque bourgeois résidant à Cossonay ou Alens.

7% LL. EE., auxquelles la guette était hypothéquée, approuvèrent (avril suivant) l’arrangement.

7% Une indication de la culture du messel aux dépens de celle du froment se trouve déjà dans amodiation de la dixme de Penthallaz, de l’année 1666, à douze muids, quart froment, quart messel, quart mescle et quart avoine (indépendamment de diverses charges).

776 La ville possédait à Lonay une maison avec ses vignes. Elle devait, en 1681, 567 florins et 2 sols pour des réparations qu’on y avail faites.

26 septembre) par la ville à noble Paul de Chandieu, seigneur de l'Isle, Gollion et autres lieux.

L’examen des comptes de notre communauté, de l’année 1681, nous convaincra que, malgré la dépréciation successive de l'argent, ses revenus avaient peu augmenté depuis un siècle 7”. En effet, d’après ces comptes, le gouverneur a reçu, pour censes, amodiations, intérêts et autres choses, en deniers, 3914 florins ; en froment, vingt-trois muids, dix coupes, un quarteron et une fraction, et en avoine trois muids, trois coupes et un quarteron. Il a livré 3917 florins, vingt-un muids, dix coupes, un quarteron et une fraction, de froment, et six muids et trois coupes d’avoine. Ce même gouverneur a reçu, pour l'hôpital, en deniers, 340 florins, 4 sol et 6 deniers; en froment, onze muids, deux coupes et un quarteron , et en avoine dix muids, onze coupes, et un quarteron; et il à livré 1039 florins, 2 sols et 6 deniers, trois muids et trois coupes de froment, et trois muids, quatre coupes et un quarteron d'avoine". Le premier ministre reçoit annuellement de la ville 260 florins, cinq muids et quatre coupes de froment et deux muids d'avoine, outre un muid de froment (à la mesure de Morges) en décharge de

171 Ils avaient donc, en réalité. diminué. Tout était en décadence dans notre baronnie, dans la seconde moitié du XVIF"E siècle. La population de la ville avait subi une notable diminution. Indépendamment des membres des conseils, quarante-trois bourgeois seulement résidaient, en 1685, à Cossonay et dix à Alens. Ceci ne doit s’entendre que des chefs de famille. — Le nombre des « hostelleries » n’avait pas augmenté ; il n’y en avait que trois en 1684.

778 Dans ces comptes le sac de froment est apprécié à 13 florins et celui d'avoine à 3 et 3 sols.

LL EE.®. On donne au diacre 50 florins (pour le loyer d’une maison, tant qu’il résidera en ville), et deux muids et huit coupes de froment; et au régent d'école deux muids et six coupes, tant de froment que de messel, plus un muid de froment (à la mesure de Morges) en décharge de LL. EE. Le grand gouverneur reçoit 200 florins de la ville et autant de l'hôpital. Le petit gouverneur en reçoit 15 (et probablement autant de l'hôpital"), et l'officier de ville 30. Le salaire des conseillers des douze est de 60 florins (dont 16 et 8 sols sont payés par lhôpital), et celui des conseillers des vingtquatre de 5 florins. Le secrétaire du conseil reçoit 40 florims pour le rentier et 10 coupes de froment (dont l'hôpital en livre quatre)”. L'hôpital donne chaque année une coupe de froment aux quêteurs du St-Bernard %. Depuis l’acquisition de la mestralie, un des conseillers, tour à tour, remplit annuellement la charge de mestral et taxeur. — 7".

Une des tours de la ville s'étant écroulée et ayant écrasé une maison dans sa chute, le conseil fit donner avis (1685,

79 Le ministre recevait en outre un char de vin de la ville, ainsi que cela a été déjà rapporté.

780 Soit deux muids et sept coupes à la mesure de Cossonay. Le régent d'école recevait (en 1687) de LL. EE. 80 florins par an,

781 Son salaire, en 1672, avait été porté à 30 florins.

72 Onaugmenta de dix florins, en 1689, le salaire du secrétaire.

75 Le conseil décida, en 1688, que, « pour plusieurs raisons, » la ville et l'hôpital ne donneraient rien désormais aux quêteurs du St-Bernard.

784 Le vin de Perroy se vendait, en 1684, 6 creutzers le pot chez les hôtes de la ville. En 1689 (avril) le conseil ordonna que la taxe

du vin de la Côte n’excédàt pas 9 creutzers, et celle du vin « du pays » 6 sols.

mars) de cet accident aux intéressés (c’est-à-dire aux villages qui ressortissaient à Cossonay) *. Peu après il donna 100 florins au propriétaire de la maison endommagée.

Une décision de cette autorité, du 8 mai 1685, retrancha la pistole que recevait le roi au tir du mois de mai et la donna à l’abbaye de la ville pour en disposer à son gré”%. Cette disposition nous indique l'abolition du tir du papegay. Nous ne tarderons pas à en trouver un autre établi, pour lequel LL. EE. donnaient des prix 7. — 5%,

Les propriétaires du four banal d’Alens obtinrent (même mois) de la ville l’affranchissement, moyennant 280 flo-

rins, de huit quarterons de froment, de cense, dûs sur ce four 7. — 7%

Grand nombre de protestants français, fuyant les persécutions qui suivirent la révocation de l’édit de Nantes, vinrent à Cossonay dans l’année 1685”. On fit une collecte pour

785 Le conseil ordonna de sortir des archives les titres qui concer- - naient les tours de la ville et de les remettre, pour être examinés, au secrétaire.

186 1] a été déjà parlé de cette société militaire , fondée en 1612 et appelée l’abbaye des mousquetaires.

87 Cent florins, en 1686. Ce nouveau tir était commun à tout le département. Son établissement amena sans doute la fin de celui de oiseau.

788 Le gouverneur de la ville alla (même année, septembre) féliciter « Monseigneur » le baillif de la naissance d’un de ses enfants et lui faire cadeau d’un louis d’or.

789 Il y avait trois fours banaux dans la communauté : celui de la ville, celui des Chavannes et celui d’Alens.

70 A cette époque (1685) la ville a un tambour à son service.

74 La ville prit l’un d’eux, Pierre Flamand, docteur en médecine,

eux ; la ville y contribua (14 décembre) de 50 florins. On les employa plus tard (en 1687) à exurper les Rochettes °?, Alors les Français n'étaient pas les seuls réfugiés ; il s’en trouvait encore des vallées du Piémont, auxquels le conseil fit distribuer du pain (1687, 23 mai). A la charge des réfugiés se joignait celle des pauvres de la ville, pour l'entretien desquels la contribution volontaire continuait.

Le conseil décida (1686, mars) que M. d’Eclépends (noble

Albert de Gingins) s’acquitterait des deux charrois qu’il de-

vait « en lieu d’habitation, » c’est-à-dire de soufferte 7%,

On interdit (même mois) aux bourgeois d’avoir plus d’un

chien, sous l'amende de 5 florins, sans doute à cause de la

rareté des subsistances. — 7°*.

On paya (1689, février) à trois bourgeois notables 7 florins et demi à chacun pour avoir commandé jusqu'alors « l’exercice des armes. » C’est la première mention d’exer-

à son service (à 5 florins et deux quarterons de blé, par mois). Les registres du conseil remarquent de lui qu’il était « réfugié dans ce pays, occasion les persécutions inouïes qui se pratiquent dans la dite France contre nos frères réformés. »

72 On leur paya ce travail sur le pied de demi-batz par toise, outre un quarteron de blé pour quarante toises. L’année suivante (janvier) le conseil distribua un secours à divers réfugiés.

75 M. d'Eclépends habitait l’ancien prieuré, devenu le château de Penthaz. Il devait encore, en 1699, faire deux charrois pour la ville, pour l'habitation de l’année. On l’en avait tenu quitte, les deux années précédentes, en considération de ses charités aux pauvres de la ville. Il avait été reçu habitant le 28 septembre 1686.

7% Le conseil défendit (1688, mai) de sortir, sous aucun prétexte, la tente de la ville pendant l’année.

cice de ce genre. Il s’agissait sans doute d'instruction donnée aux soldats de la ville. — 7,

La pauvreté était alors si grande à Cossonay que, sur un ordre baillival, on s’enquit de la provision de blé que chacun y possédait. Pour la subsistance des pauvres, le conseil taxa (25 novembre) plusieurs bourgeois et habitants à une certaine quantité de grains. La mesure était un peu arbitraire.

Beaucoup de réfugiés français se trouvaient encore dans la

ville T°,

Appelée à prêter quernet ”” en faveur de LL. EE. pour les

fiefs nobles qu’elle tenait, notre ville remplit ce devoir le 3 février 1690 T®. Il était la conséquence de l’inféodation de 1673; et, à l’occasion de cette prestation, plusieurs des biens ou droits que Berne lui avait successivement remis reçurent la nature de fiefs nobles qu’ils n’avaient pas dans

7% Le conseil donna l’ordre (mêmes année et mois) d’avertir les communautés de Disy et Lusseri au sujet de la réparation de «la couverture » (du toit) de la chapelle Notre-Dame (celle de l’église, sans doute, puisque celte réparation concernail aussi les paroissiens).

76 Entr’autres Abel et Pierre Monnard, père et fils, du Dauphiné.

77 Quernet signifie la confession faite au suzerain de tenir de lui des fiefs nobles, accompagnée ordinairement de la spécification de ces fiefs.

78 À l'instance de Jean-Frédéric Steck, premier commissaire de LL. EE., rénoyateur de leurs fiefs nobles dans les bailliages de Morges, Nyon et Romainmotier, et de Claude Rolaz, notaire et receveur du château de Morges. Ce dernier reçut de la ville (en 1699) 112 florins et 6 sols pour les émoluments de son quernet. Elle chargea ses gouverneurs d’en faire la prestalion, au nom de la bourgeoisie. Deux ans auparavant (en 1688) elle en avait remis le soin à M. de Penthaz, qui était mort dans l'intervalle, Jusqu’alors notre ville ne parait point avoir prêté de quernet.

le principe”. Dans cette circonstance, elle confessa tenir de "LL. EE., en fief noble, néanmoins sans aucune charge d'hommage :

1° À cause de la baronnie de Cossonay, dépendante du château de Morges”, les censes directes et pensionnaires que Berne lui avaient inféodées le 31 juillet 1673, avec la directe seigneurie emportant lauds et ventes au cinq pour cent en cas d’aliénation des assignaux.

20 Les deux tiers des corvées de charrue de la paroïsse*°” et le forage du vin, procédés du prieuré et abergés par LL. EE. en 1587.

3° À cause de la baronnie de Cossonay, la moitié, du côté de bise, du bois de Seppey, soit environ 140 poses; le glandage et la paisson de toute la forêt; les halles de Cos-

19 Entr’autres la forêt de Seppey, les grandes halles de la ville, les ventes, la mestralie, et même, croyons-nous, les biens de la cure et du clergé, les corvées et le forage ; du moins rien n’avait été spécifié à cet égard lors de la remise que LL. EE. en avaient faite.

800 Cette dépendance de notre baronnie du château de Morges demande quelques explications. Elle n’existait point dans le principe, les sires de Cossonay étant dynastes, et la ville de ce nom plus ancienne que celle de Morges. Après que la maison de Savoie eut étendu sa domination sur la patrie de Vaud, Morges devint une ville importante; et comme elle appartenait au domaine du souverain (dont elle fit toujours partie), celui-ci attacha à son château la mouvance de plusieurs seigneuries immédiates des environs. En fut-il ainsi de celle de Cossonay? On l’ignore *. Mais sous la domination bernoise, la baronnie de Cossonay, qui faisait partie du bailliage de Morges, dépendait réellement du château de cette ville.

* Les archives de Turin, où se trouvent, pensons-nous, les hommages prètés par nos anciens sires aux comtes de Savoie, nous éclairciraient là dessus.

sonay, avec leurs appartenances ; le droit des ventes (pour , exiger celles-ei aux foires et marchés); la moitié de la mestralie, avec ses droits et les langues de la boucherie; le tout abergé en 1664.

49 À cause de la baronnie de Cossonay, la moitié de la dixme générale de Senarclens *”, ainsi que les autres biens (terres, fiefs, censes, dixmes, corvées et revenus) qui provepaient de la cure et du clergé de Cossonay, et que LL. EE. avaient remis à la ville après la conquête du pays de Vaud °%.

90 Enfin notre bourgeoisie confessa tenir en fief noble et hige, sous la portion d’hommage qui pouvait la concerner, le mas de bois de Fayel, aux territoires de Cossonay et Disy, avec les droits de fief et jurisdiction sur ce bois qui était anciennement procédé des nobles de Gléresse et que la ville avait acquis, en 4655 (7 janvier), des nobles de Lavigny **; et généralement tout ce qu’elle pourrait posséder de ce qui était procédé des nobles de Gléresse. — Le quernet contient aussi la spécification des obligations de la ville envers LL.

801 Dues par chacun de ceux qui y faisaient charrue. Elles rapportaient de 60 à 70 florins par année. |

82 Noble Pierre Crinsoz, seigneur de Cottens, en possédait alors l'autre moitié. |

805 Cession confirmée par lettres patentes du 17 novembre 1591.

8% Des nobles Jaques-François et Estiennaz de Lavigny, celle-ci femme de noble Jean-Philippe Loys, seigneur de Villardins. Le (résorier du pays de Vaud avait seulement laudé cette acquisition en 1675. — L'autre partie du bois de Fayel, acquise (en 1665) du seigneur de Bussy par la ville de Cossonay, n’est pas mentionnée au quernel, d’où Von doit inférer qu’elle ne la possédait plus. Sans doute que le seigneur de Cottens avait usé à son égard du droit de retrait lignager, puisque son bois limitait (du côté de bise) celui que la ville reconnait.

EE®%., Si, de son côté, l'hôpital ne prêta pas de quernet, c'est que la dixme de Penthallaz était un franc-alleu *%, et que LL. EE., en laudant l'acquisition de la dixme d’Itens et des autres biens achetés en même temps , en avaient accordé l'amortissement, sous la soufferte de trois sols de cense an-

nuelle. — *°?, ,

85 Elles ont été rapportées lorsqu'il a été question des diverses cessions faites par Berne. l |

806 Quoique le donzel Henri de Disy eût vendu sa dixme de Penthallaz à Jaques Besançon en pur et libre alleu, le duc de Savoie lauda néanmoins et amortit, en 1479, en faveur de l’hôpital S'.- Antoine le légat que lui avait fait Besancon des deux tiers de cette dixme, sous la condition qu’à chaque mutation de chapelain de Phôpilil il serait payé au prince 24 sols pour soufferte.

‘07 La mort de M. de Penthaz (novembre 1688) fut suivie de démêlés de son hoirie avec la ville*. Le défunt avait pris l'engagement d’acquitter à LL. EE., en décharge de la ville, les 4000 florins qui leur étaient dûs pour Pabergement du bois de Seppey; mais il ne l'avait pas rempli. Cependant, pour sûreté de cette somme, il avait hypothéqué à la ville Pohmgeld de Penthaz et les prés de la Cour (à Cossonay). Ces derniers passèrent, après lui, à ses deux filles ”**, auxquelles la ville intenta une difficulté devant la cour baillivale de Morges, pour les obliger à payer la dette de leur père. On convint (1693, février), pour la terminer, que les deux dames abergeraient à la bourgeoisie une portion des prairies hypothéquées"**; mais cela n’eut pas lieu, parce qu’on ne put convenir du laud avec LL. EE. Les prés de la Cour finirent par être vendus et l’acquéreur satisfit la ville ****,

* M. de Sullens, fils aîné du défunt, passa (1689, 11 mai), au nom de cette hoirie, une lettre de rente, en faveur de la ville, de 4285 florins, 8 sols et 2 deniers de capital, et une seconde, en faveur de l’hôpital, de 277 florins et 3 sols.

** Les demoiselles Jeanne-Françoise et Anne-Elisabeth Charrière, la première

. femme de noble Sébastien de Diesbach, co-seigneur de Champvent.

*** Celle du côté de bise, sous l’entrage de 10,000 florins, 500 pour les vins, et 3 sols annuels de cense directe.

**** Le conseiller Jean-Jaqu?s Delessert acquit ces belles prairies de Mademoiselle

Un essai pour introduire la culture des vers-à-soie se remarque dans une décision du conseil (4691, septembre) qui accordait à ceux qui planteraient des müriers sur le terrain

commun de la ville la faculté d’en jouir pendant 50 ans.

Ne le devait-on pas à la présence des réfugiés français ** ?

On résolut, en 1691 (novembre), de construire incessam-

mentune grande porte de ville vers l'hôpital. —"®?,— 510, —5"1,

808 Un siècle plus tard, M. Benjamin Gaulis cultivait avec un succès marqué les vers-à-soie dans sa propriété des Chavannes à Cossonay. Il obtenait une soie fort recherchée par les fabriquants de Lyon pour sa belle et bonne qualité. Cette culture est maintenant abandonnée.

8 Selon une résolution du conseil (même année, décembre), on attendrait la volonté du souverain au sujet des fusils et autres choses

du régiment de M. de Croze.

810 Le conseil envoya (même année, décembre) deux de ses membres remercier noble François Charrière, capitaine d’une compagnie en France, du don par lui fait à la ville d’une grande nappe et d’une serviette, fines et ouvragées, pour couvrir la table et les plats lorsqu'on administrait la Ste-Cène. Le capitaine, frère du châtelain de Cossonay, envoya encore (en 1695), de France, dix éeus blancs (soit 75 florins) à la bourse des pauvres, et (en 1697) fit cadeau à la ville d’un cachet d'argent, aux armes de celle-ci, ce dont on lui eut beaucoup d'obligation ; on remit ce cachet au banneret. Lorsqu'il revint au pays (en 1700), le conseil l’envoya féliciter de son heureux retour et lui fit présent de deux sacs d’avoine pour ses chevaux. Quelques années auparavant on lui en avait déjà donné six sacs, en témoignage de bonne affection.

811 On sollicita (1692, octobre) le baillif de Morges d’ordonner à l’hoirie de M. de Penthaz de remettre à notre bourgeoisie les

de Penthaz. Mais le châtelain de Cossonay fit le retrait d’une partie, par droit lignager. C’est celui-ci qui acquitta à la ville, en 1695 (8 avril), les 4000 florins, objet de la difficulté.

L'officier de ville étant accusé d’adultère, le conseil lui ordonna (1692, mars) de déposer son manteau chez le premier conseiller et de ne plus fonctionner jusqu’a ce qu’il se fût purgé de cette accusation.

Un orage éclata dans le sein du conseil au commencement de l’année 16953. Trois de ses membres (les sieurs Ducimetière, Portier et Guex, curial) accusèrent les autres (le châtelain, les seigneurs de Senarclens et de Croze, et les sieurs Delessert et Guex), devant le baillif de Morges, de s’attribuer trop d'autorité et de ne pas les consulter, ainsi que le conseil des vingt-quatre, pour la nomination aux charges de la vilie. Le baïllif (colonel Berseth) se transporta à Cossonay, et les accusateurs formulèrent devant lui (13 février) les plaintes suivantes: 1° que le châtelain et les quatre conseillers tenaient souvent le conseil et y décidaient des affaires de la ville comme s’il eût été complet®"”. 20 Qu'ils avaient établi un commandeur‘, malgré l’opposition des plaignants et sans la participation des vingt-quatre. 3° Que le conseil avait aliéné plusieurs articles du domaine de la ville, au grand préjudice de la bourgeoisie. 49 Qu'on ne remplissait pas le nombre voulu des conseillers des douze et vingt-quatre. 5° Que l’on avait fait, au préjudice des bourgeois, un traité avec feu M. de Penthaz, pour l’eau qui se rendait aux prés de la Cour. 69° Que le châtelain,

titres des fiefs que ce défunt seigneur lui avait cédés. On les avait déjà réclamés plusieurs fois, mais en vain, tant de lui que de son hoirie.

812 On voit par les registres du conseil que, le 15 avril 1689, quatre conseillers seulement assistèrent à la séance, qui eut néanmoins lieu.

815 Soit officier de ville.

lorsqu'il était gouverneur, donnait sa voix en conseil, ce qui était contraire au droit et à l'honneur de sa charge. Et enfin, 7° qu’on avait fait (au nom de la ville) un bornage avec ce même châtelain , à l’avantage de celui-ci. Pour leur défense les accusés alléguèrent : 1° Qu’ils étaient bien forcés de vaquer seuls aux affaires publiques, puisque les autres conseillers *”* ne venaient au conseil que lorsque cela leur plaisait °°, 20 Que le commandeur actuel avait été nommé par la plus grande partie du conseil ®"°. 3° Que les aliénaions dont on se plaignait avaient pour auteurs les pères des accusateurs. 4° Que les vacances dans les conseils provepaient de la rareté de gens capables de remplir ces places. 5° Que le curial Guex avait tort de se plaindre du traité fait avec feu M. de Penthaz, puisqu'il en retirait plus de bénéfice que tout le reste de la bourgeoisie *’”. 6° Que le châtelain étant aussi conseiller, pouvait ainsi remplir tous les attributs de cette place Ÿ. Et 7° que celui-ci offrait de prouver que la ville et non lui avait eu du bénéfice dans le bornage en question. — Le baïllif exhorta les parties à terminer leur différend à l'amiable. Le sieur ministre, de son côté, travailla au même but; et les parties y ayant consenti, le baillif pro-

814 Portier et Ducimetière.

845 Et qu’ils avaient encore si grande hâte d’en sortir, qu’ils ne se donnaient pas le loisir de satisfaire aux devoirs de leur charge.

816 Qui avait trouvé à propos de remplacer le précédent qui s’était rendu indigne d’occuper plus longtemps cette charge.

#7 Le pré du curial Guex participait au bénéfice de l’eau qui arrosait les prés de la Cour.

848 « Puisqu’iceluy estant conseiller il en peut fonctionner toutes les charges, » et qu’ainsi la plainte portée contre lui élait plutôt un acte d’animosité que de justice pour le bien publie,

nonça (à Morges) qu'après examen attentif des faits, il s'était convaincu qu’il s’y trouvait plus de partalité et de rancune particulière que de juste sujet de plainte; que les accusés n’avaient fait que ce que gens de bien et d'honneur pouvaient et devaient faire; qu'ils s'étaient parfaitement justifiés, et qu’ainsi les plaignants devaient les reconnaître pour dignes de leurs charges, le tout néanmoins sans préjudice à l'honneur de ceux-ci. Que son but étant de bannir toute animosité, il les exhortait à vivre en bons amis, selon la charité chrétienne, et à se reconnaître mutuellement pour gens de bien. Il compensa les dépens et maintint la nomination du commandeur. — Nous verrons les attaques contre le conseil se répéter.

Ï n’y avait pas, il le paraît, prescription pour le paiement des lauds. Notre ville acquitta seulement en 1693 (7 novembre), au co-seigneur de Senarclens *"”, celui de son acquisition des terres de la cure de Vuillerens à Senarclens (on se rappelle qu’elle avait eu lieu en 1611, par échange avec le baron de Coudrée) °° prise de ces mêmes terres et d’autres encore qu'elle avait acensées %*'. Les deux lauds réunis s’élevèrent, par composi-

, ainsi que le laud pour la re-

#19 Noble Abraham Charrière.

820 Ces lerres mouvaient en majeure partie du fief de Gléresse, acquis par ce co-seigneur. Les biens des nobles de Gléresse avaient passé, par mariage, aux familles d’Aubonne et d’Arnex. Il a été rapporté que la part du laud qui revenait aux d’Aubonne, pour l’acquisition des terres de la cure de Vuillerens, avait dû être acquittée par l'admission de noble Samuel d’Aubonne, co-seigneur de Disy, à la bourgeoisie. Plus tard, le conseil avait estimé ne rien devoir à celuici pour ce laud.

#1 Pour vingt-huit quarterons de froment, à Jean Dupuis. Celuici ayant fait discussion de biens, la ville avait repris les terres.

tion, à 745 florins et 10 sols **. Ils étaient düs au sixième

denier #5, — °*,

Par décision du conseil (1694, août), on devait tâcher d'acquérir, de M. de Champvent, le bois de Vaud et les vignes des Rochettes, qui appartenaient à sa femme.

M. de Mex, banneret de la ville et de la baronnie, était mort depuis une année **, lorsque les douze et vingt-quatre réunis lui donnèrent (1694, 5 novembre) M. de Senarclens * pour successeur. On en donna avis à toutes les communautés de la baronnie, les invitant à se rencontrer dans quinze jours en conseil, pour donner leur consentement à cette élection et assister à la prestation du serment

ordinaire °?7.

#2? Le premier laud s'élevait en réalité à 161 florins, et le second à 680.

#5 La ville ayant acquis, plus tard, une pièce de terrain (au lieu dit en la côte à Domprou) qui mouvait également du fief de Gléresse, composa (1704, avril) avec le co-seigneur de Senarclens, pour le laud, à 50 florins, « pour tomber dite pièce en main-morte » (c’estàa-dire parce qu’entrant dans le domaine de la ville, il n’y avait pas de chance qu’elle devint l’objet de nouvelles ventes).

®4 Des « Sarrasins, » c’est-à-dire probablement des Bohémiens, vinrent à Cossonay (1694, mars) et passèrent la nuit au pré aux moines. La ville leur donna du bois.

85 Il avait, disent les registres du conseil, rempli cette charge « avecq grand soin et approbation de toute la noble bourgeoisie, sans support ny acceptalion de personne, » depuis le 1% octobre 1655,

#6 Georges-François Charrière. — Noble Jean-Pierre Thomasset , seigneur de Croze, fut aussi présenté comme candidat.

#7 Trois communautés seulement (Penthallaz, Senarclens et Lusseri, représentées chacune par un député) se rendirent à cette invitation. Les registres du conseil entrent, relalivement au serment

La baronnie envoya (même année, novembre) le châtelain à Berne, avec les députés du pays, surtout au sujet de la « nouveauté des péages. » LL. EE. avaient affermé ceux du pays de Vaud au capitaine Abraham de Graffenried, et il en était résulté des difficultés *. LL. EE. donnèrent droit au pays (l’année suivante). Aubonne et Cossonay se réunirent pour l'envoi d’un nouveau député à Berne *°. Il

prêté par le nouveau banneret et aux promesses qu’il fit, dans plus de détails que précédemment. Par le serment il s’engagea de « procurer l’honneur et demeurer en toutte fidélité à LL. EE. ; avancer » honneur, profit et advantage de la ville et bourgeoisie; maintenir ladite bourgeoisie et tout le corps de la baronnie en leurs priviléges et franchises, et à c’est (cet) effet agir puissamment ; tenir main que touts les ordres et ordonnances soyent exécutées ; censurer et chastier les deffaillants, et pour ce faire valloir Pauthorité que par sa charge lui est conférée. » De plus il promit « d’assister ordinairement en conseil, moyennant le salaire de conseiller ; et lorsque l’interest du général des franchises de dite ville et baronnie le requerra, faire touttes les instances de droit, avecq d’autres commis, s’il eschéoit, le tout moyennant salaire de ses journées qui seront payées par ceux auxquels le fait touchera ; inster que les gouverneurs rendent compte soit à la ville ou hospital; (et) demeurer en tant que lui sera possible en la ville, pour estre prest aux mouvements qui peuvent arriver. » Moyennant ces serment et promesses, les « assistans » de la baronnie, au nom de leurs communautés, promirent de se soumettre et d’obtempérer à ce que le banneret leur enjoindrait d’équitable, et « le général des bourgeois » (c’est-à-dire le conseil général) promit d’acquiescer aux ordres et « polices » émanant du conseil, ainsi qu’aux ordres du banneret concernant

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