‹ Chronique de la ville de CossonayChapitre 6 sur 30 · TZ · texte numérisé non relu

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d’autres choses de moindre importance.

#8 Entre lui et « tout » le pays.

89 Toujours pour la même affaire. Ce fut M. Bégoz. Il rendit compte de son voyage au conseil de Cossonay le 6 janvier 1696.

y eut une taxe pour les deux villes contre M. de Graffenried.

Lorsque , dans l’assemblée du conseil général du 28 septembre 1696, on élut M. de Penthaz (noble Abraham Charrière) en premier lieu conseiller des vingt-quatre, puis ensuite des douze, on fit la condition qu’il fréquenterait les réunions du conseil et tendrait quelqu'un à Cossonay pour l’averur quand elles auraient lieu. Ce même conseil général condamna un particulier d'Alens qui avait maltraité de paroles le seigneur banneret à vingt-quatre heures de « jaquemard. » Mais comme 1l demanda pardon, on lui fit grâce.

Il a été rapporté, dans le temps, que les nobles de Syviriez et Marchand s'étaient éteints à Cossonay dans la pauvreté. Les nobles Farel finirent de même. Cathérine Farel (fille de noble Pierre), fournière de la ville (en 1697) et sa sœur Louise en furent les derniers rejetons. — Le fournier de la ville, en 1712, était Pierre de Bretigny, de l'Isle, de l’ancienne famille féodale de ce nom, appelée ausside Baulmes.

Les registres du conseil mentionnent fréquemment des secours accordés pour des cas d'incendie. La ville et lhôpital en distribuèrent, entr’autres, en 1697, aux victimes du feu à Alens °°.

Ce fut en 1698 (14 novembre) que notre ville se libéra de la part d’affouage du château de Senarclens, due sur la forêt de Seppey remise par Berne. Par traité conclu avec les propriétaires de ce château”, en vue de prévenir une difficulté sur le point de naître et tout sujet de plainte pour l'avenir **?,

850 M. La Tour, réfugié, granger de M. le banneret, reçut quatre quarterons de froment et autant de mescle, etc.

851 Voyez Recherches sur les sires de Cossonay, etc., note 446.

8% J] y avait eu plusieurs fois et fraîchement encore des contestations au sujet du pâturage de la forêt de Seppey.

elle leur céda, comme équivalent de leur droit, douze poses de cette forêt *%, s’en réservant néanmoins le pâturage et Île glandage. On spécifia que si elles venaient à être cultivées LL. EE. y percevraient la dixme ; le forestier de la ville devait les garder sans frais pour les propriétaires **.

Il a été déjà parlé d’un ür qui avait lieu annuellement à Cossonay et pour lequel LL. EE. fournissaient des prix. Etabli pour tout le département, il avait remplacé ceic* de l'oiseau “*. Ses statuts furent corrigés et confirmés par les députés du département, assemblés (même année, 22 mai) à Cossonay%. Ils sont curieux ®”. La punition des jurements et querelles n’y est pas oubliée. Selon ces règlements, le roi aurait « pour ses peines, pour toutes choses, » dix florins et fournirait, d’après l'usage précédent, trois prix d’étain fin achetés à Genève, etc. Chacun des trois prix ordinairement tirés serait de vingt prenants, et si ce que LL. EE., la ville et les villages donnaient ne suffisait pas, les commis fixe- “raient la contribution que chacun aurait à fournir.

855 À quatre cents toises de Morges la pose, celles-ci prises du côté du couchant, dans le voisinage du territoire et des marais d’Iltens. 84 L’approbation du baillif fut réservée. — En avril suivant, le conseil se transporta en corps sur les lieux, pour borner le bois remis. Imitant lexemple de la ville, LL. EE. cédèrent, en 1747, environ seize poses de leur forêt de Seppey aux propriétaires du chàteau de Senarclens, pour se libérer de l’autre part d’affouage.

85 Depuis 1685 il n’est plus fait mention de ce dernier.

#56 La ville était représentée dans cette assemblée par le châtelain, chef du département, le capitaine Delessert , le lieutenant Guex, secrétaire, et le commandant du « tirage» Portier. Il y avait dix « commis » envoyés par les villages.

857 On les trouvera parmi les pièces justificatives.

Une partie des bourgeois de la ville se trouvait, au mois de juin 1699, « en grande misère et nécessité. » Le conseil permit (même année, 21 août) à Jaques Languetin, qui avait acquis récemment des hoirs de Diesbach de Champvent la grange (le domaine) des Rochettes, d’y con-

struire un four, moyennant cent florins d’entrage et un quarteron de froment de cense annuelle **.

La communauté de l’Isle fut reconnue (1702, 15 mai), en vertu de ses anciens priviléges, exempte des ventes à Cossonay (sans doute aux foires et marchés).

LL. EE. possédaient encore quelques petits fiefs nobles (on ne les spécifie pas) aux territoires de Cossonay et d’Alens ; Elles les cédèrent , en 4702 (23 juin, à Berne), à notre ville, pour 750 florins. Ainsi la bourgeoisie se trouva en possession de la généralité des fiefs de son territoire”. Cette acquisition l’entraîna à quelques frais ”.

#8 Languetin avait acquis ce domaine au prix de 15500 florins. Comme une partie des terres qui le formaient mouvait du fief cédé par feu M. de Penthaz à la ville, il composa (1700, octobre) avec elle pour le laud (dû au cinq pour cent) à 325 florins. Néanmoins la ville eut un procès avec lui au sujet de ce laud et le gagna (1705).

8% C'est-à-dire de ceux qui avaient appartenu à Berne. — Malgré celte cession, LL. EE. avaient encore, dans le siècle passé, quelques fiefs nobles de peu d’importance au territoire de Cossonay (et d’Alens), mais ils avaient été acquis postérieurement à l’année 1702. C'étaient: l’ancien fief du château de Morges; le fief de Menthon, auquel LL. EE. avaient droit par échange (fait en 1725) avec la ville de Lausanne ; le fief procédé de M. Melchior Bégoz (appelé fief Marchand ou fief de Martines, de vingt quarterons de froment, outre un chapon, de cense annuelle) qu’Elles avaient acquis par échange de la ville de Morges et enfin le fief procédé des sieurs Joseph et Jean-Gabriel Margel, acquis par Berne en 1714. Le commissaire Secrelan fit

Les délégués des villages astreints à la maintenance des tours de la ville s’assemblèrent (1703, 15 mars, à Cossonay) au sujet de celle voisine de l’hôpital qui menaçait ruine. On convint d’en démolir une partie. A l’exception de Pampigny, tout lancien ressort fut représenté dans cette occasion”. Ce fut, il le paraît, postérieurement à cette époque que notre ville renonça à son droit de fortification à l'égard

du village de Bettens. Mais on ne connait ni la date ni les

conditions de ce désistement. —*"?,

la rénovation de ces fiefs en 1745. On trouvait encore dans le territoire le fief de Mont à Cossonay, le fief de Gléresse à Cossonay et Alens, et une censière directe à Alens, anciennement procédée des familles Mussard et Paindavoine ; mais ceux-ci étaient dans les mains de particuliers.

810 Le commissaire général Steck reçut quatre louis d’or « pour peines et émoluments, » et son fils un «pour vins; » le seigneur trésorier en reçut deux, et l’ancien trésorier Steiguer quatre (soit 112 florins et 6 sols), en reconnaissance de ses soins pour la cession et d’autres choses.

841 Les localités représentées furent : Senarclens, Grancy, Coltens, Sévery, la Chaux et Itens (y compris le moulin du Veyron et Prévondavaux), Disy, Lusseri, Villars-Lusseri, Penthallaz (et le moulin de ce village, appelé de lIslettaz), les grands moulins de Cossonay, Croze, Penthaz, Bournens, Bettens (« non cittés »), Boussens, Sullens , Villars-Ste-Croix, Vufflens-ia-ville, Bussigny et Ecublens. Depuis le XVIe siècle, le ressort n'avait jamais été aussi complet. — II y eut encore, en 1715, une assemblée à Cossonay des ressortissants de la baronnie, à l’occasion des réparations de la tour du pont de la boucherie.

#® Le pâquier de la Verniaz devint l’objet (même année, # mai) d’une convention de notre communauté avec celle de Senarclens. Chacune d’elles en possédait une portion. Ce même terrain avait donné lieu, en 1538, à un procès qu’une transaction, fixant le mode dont les parties en jouiraient , avait terminé.

Des « Orangeois » (habitants de la principauté d'Orange) réfugiés se trouvaient à Cossonay (1705, 1®r octobre). On fit une collecte en leur faveur **.

Lors de l’élection (1705, septembre) d’un conseiller des vingt-quatre, qui habitait Senarclens, on réserva qu'il ne percevrait de salaire que lorsqu'il demeurerait en ville, et ne pourrait prétendre au conseil des douze que s’il y résidait assidûment et y possédait des biens-fonds. On pensait alors que la propriété foncière offrait une garantie chez un magistrat. — %*,

Spectable Jaques Roy, pasteur de Cossonay pendant environ quarante ans, fut inhumé (1706, mai), par permission du conseil, dans une tombe de l’église dont on avait longtemps perdu le souvenir; située à l’occident de la chaire, l’entrée s’en trouvait « à l'endroit de la plate-forme » de celle-ci. À cette occasion les registres du conseil observent qu'il y avait, sous la table de la Ste-Cène, une tombe, construite en tuf, voûtée, où l’on descendait par des escaliers *” ; que, du côté d’orient (de cette tombe) se trouvait, à la hauteur de quatre ou cinq pieds , « une embouchure de pierres de taille, d'environ la longueur de neuf à dix pieds, la première ‘* estant couverte de pierres de taille de la Sarra, fort

845 Une assemblée du conseil général eut lieu à cette date.

8 Un membre du conseil des douze devait, en 1710, 124 florins et 8 sols pour son repas de conseiller; 20 florins étaient dûs, pour le même objet, par un conseiller des vingt-quatre.

#5 Son entrée était devant la chaire, sous le banc des écoliers.

815 C’est-à-dire, pensons-nous, la tombe sous la table de la Ste- Cène. Cette « embouchure, » entourée de pierres de taille, formait sans doute l’entrée d’une autre tombe, dans le chœur. Le secrétaire du conseil fait dans cette circonstance une description peu claire.

proprement; » enfin, qu’au nord de l’arcade de la chaire il y avait encore une tombe, ayant une boucle de fer, apparente, fixée à son « embouchure. »

Les cavaliers que fournissaient les départements furent désignés, avec le temps, sous le nom de dragons. On sortit, en 1707 (juin), 156 florins du coffre de la ville, faisant la part de Cossonay des 500 florins nécessaires pour le dragon de la baronnie et le tiers de celui de Vullierens ‘"”. Ainsi notre département contribuait également aux frais de ce dernier.

Notre ville, usant de son droit de mestralie, voulut contraindre le meunier du moulin appelé de Bettens ou de Bournens à diminuer sa « cotte » ou son émine. Il en résulta un procès. Ce moulin était un des quatre moulins banaux de la baronnie, auxquels les justiciables du château de Cossonay étaient tenus de moudre leurs grains”. La sentence baillivale (de Morges, du 4 octobre 1707) reconnut à la ville le droit d’exercer la mestralie sur le moulin de Bettens, situé au territoire de Bournens ** et appartenant par conséquent à la

#7 Nous présumons qu’il s’agit ici de l'équipement complet des deux dragons et de leur monture : le département de Cossonay contribuait pour quatre sixièmes aux frais des deux cavaliers.

88 Bournens, Sullens et Boussens, entr'autres, astreints par leurs anciennes reconnaissances à moudre leurs grains à ces moulins banaux , faisaient usage de celui de Bettens. Les autres moulins de la baronnie n’élaient pas banaux pour les justiciables du seigneur.

89 « Nous avons trouvé, » ainsi s’exprime la sentence, « que le dit moulin était bien situé dans le territoire de Bournens, » etc. Il appartenait, en 1592, à noble Pierre Loys, co-seigneur de Bettens, et le seigneur de Brandis en avait laudé l’acquisition.

jurisdiction de Cossonay *”, mais elle n’admit pas que cette mestralie conférât le pouvoir d'augmenter ou de diminuer l’émine , et laissa le meunier au bénéfice de ses anciens droits et « usances. » La sentence souveraine confirma (19 décembre suivant) l’inférieure. Dans ce procès, la ville eut des adjoints.

Une année et demie après le décès de M. de Senarclens, le conseil réuni des douze et vingt-quatre appela (1708, 50 janvier) M. de Penthaz à la charge de banneret. Celui-ci prêta le serment d'usage (27 février) sur les mains dun chàtelain, en présence des délégués des villages de la baronnie“.

Le conseil et principalement le châtelain étaient alors en bulte aux attaques d’un cabaretier de Cossonay, auquel on avait fait « abattre » l'enseigne de son cabaret. Aymonin (c'était son nom) avait présenté au baillif de Morges onze plaintes contr’eux, les accusant d'abus d’autorité. Selon lui, le châtelain et quelques conseillers avaient, entr’autres, fait enlever (en 1705, après la St-Michel) « la pierre de la tombe du baron de Cossonay, » qui était de marbre et très-lon- : 852 :

gue ***, pour la mettre à une des fontaines de la ville **:

850 Le droit de mestralie s’exerçait dans toute l’ancienne chàtelienie.

851 Plus nombreux que d’ordinaire. Lusseri, Penthallaz, Penthaz, la Chaux et Ilens, Disy, Senarclens, Bournens, Sullens et Grancy étaient représentés.

82 Et remplacer par des planches épaisses (« platterons »). On connaissait donc alors la tombe des sires de Cossonay. Il semble que si elle eût été l’une de celles indiquées plus haut, le secrétaire du conseil l’eût désignée. On sait que cette tombe se trouvait dans la chapelle de la bienheureuse Vierge Marie, fondée par ces anciens seigneurs dans l’église de St-Paul. On a perdu le souvenir de l’emplacement de celte chapelle, encore mentionnée, nous l’avons vu, dans le XVII

selon lui, encore, le même châtelain avait fait couper de jeunes chênes dans la forêt de LL. EE., en Seppey, etc. Le conseil

fit connaître la vérité par ses députés ®”" ; et la cour baillivale,

faisant justice de ces calomnies, condamna Aymonin (par sentence du 45 janvier 1708) aux dépens et à faire réparation publique au châtelain et au conseil, dans la salle des séances, portes ouvertes, el en présence du peuple convoqué; s’il s’y refusait, on le mettrait pendant deux heures au pilier public. Il en appela, mais la chambre des appellations agorava pour lui la sentence inférieure **.—"%,

siècle. Il est, d’un autre côté , assez naturel de penser que les barons étaient inhumés dans le chœur de l’église. Les prieurs du prieuré avaient sans doute aussi une tombe dans cette église.

#55 Celle près des halles.

#4 La pierre de la tombe du baron avait été employée par ordre de Messieurs du conseil qui entretiennent l’église (n’était-ce plus la paroisse entière qui l’entretenait?), et l’on avait mis d’autres pierres à sa place. Et si le châtclain, selon la coutume, avait fait couper quelques chars de bois pour son affouage, il avait toujours défendu au forestier de LL. EE. de prendre du bois propre à bâtir.

#5 Elle le condamna aux dépens, à 24 heures de prison (indépendamment de celle déjà subie par lui et sa femme à Berne, pour avoir osé porter un pareil appel devant cette chambre), à demander humblement pardon au châtelain et au conseil, et enfin à rétracter ses accusations fausses et injurieuses. Le baillif de Morges fut chargé de faire exécuter la sentence.

#6 Nous devons à l’obligeance de l’un de nos collègues (M. le docteur Brière) la note suivante, accueillie d’autant plus volontiers que nous n’avons jusqu'ici guère rencontré d’auteurs originaires de la ville dont l’histoire nous occupe. Il existe un ouvrage, imprimé à Londres, en 1708, aux dépens de l’auteur, et qui est intitulé : Livre ou véritable trésor de science pour la guérison de toutes les plaies à l'épargne , approuvé et présenté à S. M. de la Grande Bretagne à

Notre ville, pour récompenser ceux de ses soldats qui avaient pris part à la campagne de 17192 contre les cantons

catholiques, fit distribuer 10 batz à chacun d’eux à utre d'encouragement ®”. Il y en avait dix-sept. On ne donna rien

Windsor le 4° juillet, et à Kinson le 18° décembre 1707, étant en son conseil, par Pierre le Duc, baron de Cossonay, ancien capitaine, etc. — Dans ce livre, lPauteur se dit « natif du louable canton de Berne Evangélique, ancien capitaine qui a servi LL. MM. Britanniques et Leurs Hautes Puissances (de Hollande) en toute fidélité pendant 59 ans, tant par terre que par mer en qualité de volontaire et capilaine commandant et maintenant sans emploi » . .... On y lit encore que revenant de Portugal pour le service de sa Majesté, en l’année 1705, au mois d’Août, le Duc proposa un plan pour faire disparaitre les rochers qui sont devant Plymouth et dans le port, et pour construire un vaste bassin où les vaisseanx seraient en toute sûreté ; et que ce projet fut renvoyé aux lords de l’Amirauté, puis aux juges de l’Amirauté le 22° mars 1708, puis au duc de Marlborougbh, et enfin à la reine. — On peut conclure de ces derniers renseignements que le Duc était un officier de mérite. Il est inutile de faire remarquer le ridicule du titre de baron de Cossonay dont se pavane le Duc qui n’y avait aucun droit, puisque notre baronnie était entre les mains de LL. EE. de Berne. Pour être dans le vrai il faudrait remplacer baron par bourgeois *. Selon toute apparence, notre auteur était fils de Jean-Pierre Duc, membre du conseil de notre ville. On voit par les registres de cette autorité qu’à la date du 6° avril 1685, le sicur Pierre Duc, conseiller des 24, se proposait de se rendre en Hollande.

87 Le sieur gouverneur livrera à tous les soldats qui ont été là-bas à la guerre d'Allemagne, en nombre de 17, etc. » (Regist. du conseil, le 5 septembre 1712).

* On ne saurait guère admettre que Pierre le Duc, sujet de Berne, ait osé prendre le titre de baron de Cossonay. Il se pourrait que, dans le manuscrit d’où la note qu'on a bien voulu nous communiquer a été extraite, on ait interprété par baron un sim, le b. signifiant seulement bourgeois.

au dix-huitième qui, au rapport des autres, n’avait pas rempli son devoir. MM. Delessert, le lieutenant et l’enseigne, reçurent ensemble 15 florins.

On démolit, en 1719, l’ancienne chapelle Notre-Dame***. Nous estimons que cette circonstance concerne celle des deux chapelles de ce nom qui était située hors de la ville, sur l'emplacement du cimetière actuel °”.

En nous rapprochant des temps modernes, les faits que nous aurions à rapporter perdraient de leur originalité. Nous ne relaterons donc, dans ce qui nous reste encore à dire, que ceux d’entr'eux qui ont un rapport direct avec les précédents.

Plusieurs habitants de Bournens prétendaient s’exempter de payer l’ohmgeld à la faveur de caves construites dans des maisons dépendantes de la jurisdiction anciennement procédée des seigneurs de Coudrée. Notre bourgeoisie, par l’organe de son banneret, s’en plaignit à LL. EE. Le trésorier du pays de Vaud et les bannerets de la ville de Berne rendirent (1714, 27 janvier), en conséquence, une sentence portant que cette jurisdiction n’exemptait point ceux qui en dépendaïent du paiement de l’ohmgeld, n1 n’altérait le droit de

858 On y prit des pierres de taille (de la Sarraz) pour réparer le puits de la grande rue, et l’on vendit son vieux couvert.

859 Peut-être aussi nous trompons-nous. La chapelle Notre-Dame des sires de Cossonay peut avoir été attenante à l’église, et sa démoitiou opérée sans inconvénients pour celle-ci.

la ville; qu’il résultait d'informations prises auprès des ayants droit de l’ohmgeld en 1684 et 1699, que les habitants de Bournens l’avaient toujours payé, et qu’ainsi la ville demeurerait en paisible possession de ce droit dans tout le district de Bournens, sans qu'aucun seigneur pût se l’attribuer « à raison de sa jurisdiction, » mais seulement en vertu d’un titre « spécifique »; et qu’on n’avait pas produit jusqu'alors de ütre de cette espèce qui fût opposé au droit de la ville. Lors de cette sentence, le possesseur de la jurisdiction de Coudrée (noble César Charrière) n’avait pas été appelé à défendre ses droits. Aussi, lorsqu'il demanda au conseil, en 1719 (janvier), de lui vendre le droit d’ohmgeld de la ville à Bournens pour couper court à toute contestation, il déclara avoir l'intention, nonobstant la déclaration de LL. EE. rendue à son insu, de faire vendre vin rière sa jurisdiction (sans payer d’ohmgeld), et, pour le cas où l’on s’y opposerait, d'en demander explication. Il souhaitait encore qu’on lui remit la guette de ce village. Accédant à sa demande, le conseil lui céda (1720, 17 juin) lohmgeld, le forage et quelques petites censes que la ville (ou l’hôpital) avait à Bournens‘®", pour mille florins, et la guette, calculée sur le pied de douze écus le quarteron, pour deux mille et quarante florins, outre les vins *°.—Ajoutons encore, pour épuiser la matière des

86 Deux quarterons et un quart, de froment , et 7 sols et 3 deniers.

861 L’acquéreur devait procurer ke consentement de LL. EE. à ces aliénations (on se rappelle que depuis l’inféodation de 1675, l’ohmgeld et la guette de la châtellenie leur étaient hypothéqués). — Quelques années après (en 1724), LL EE. inféodèrent au même la jurisdiction du château de Cossonay à Bournens, avec le droit de dernier supplice.—La ville y conserva son droit de mestralie.

obligations des ressortissants de l’ancienne jurisdiction de Coudrée dans notre baronnie, que, nonobstant une déclaration des gouverneurs et communiers de Penthaz ‘*, aux termes de laquelle ceux des faisant-feu de ce village qui en dépendaient n'auraient pas été astreints à la guette, parce que cette jurisdiction était indépendante de la châtellenie de Cossonay *", les ressortissants de cette même jurisdiction à Bournens furent cependant condamnés (20 février 1743) par arrêt souverain, non-seulement à acquitter la guette et l’ohmgeld, mais encore à satisfaire au devoir de bâtir *®. Pour trouver la vérité dans ces contradictions, on

doit supposer que, selon l’occurrence, ces ressortissants payaient ou ne payaient pas.

Les bons procédés de notre bourgeoisie pour ses magistrats duraient encore. Elle offrit (4718, janvier) à M. l’an-

862 Rendue, le 15 janvier 1742, en vertu d’un ordre baillival de Morges, à l’instance du ministre Duveluz et de ses adjoints, de Bournens, alors en procès avec le seigneur de ce village (noble Augusle Charrière) pour la guette, l’ohmgeld et le droit de bâtir.

86 I| est remarqué de la guette, dans celte déclaration, qu’elle était « l’usage de veiller converti en cense. »

864 Et que pour cette raison les ressortissan(s de celte jurisdietion à Penthaz n’étaient pas tenus à la suite des moulins de la châtellenie.

865 Ce droit de bâtir fut alors fixé et limité, par convention, à quelques charrois, dûs par chaque faisant-charrue, lorsque le seigneur construirait sa maison seigneuriale. M. de Bournens l’exigeait en vertu de la cession de Berne à son père des droits du château de Cossonay à Bournens, et comme équivalent du droit de bâtir attaché à ce château. — M. de Penthaz (noble Henri Charrière), fondé sur les mêmes droits, soutint également, dans la seconde moitié du siècle passé , deux procès, pour une cause semblable, contre ses ressortissants de Penthaz, lorsqu'il fit rebâlir son château (c’est-à-dire Pancien prieuré de Cossonay). Iles gagna.

cien châtelain, qui avait « fait beaucoup de douceur et témoigné beaucoup d'amitié au publieq » dans l'exercice de sa charge, un cadeau valant de 45 à 50 florins*®.

On admit (1721, 4 août) noble David-François de Gingins à la bourgeoisie (il habitait la ville depuis quelque temps) pour 500 florins de capital, les vins à Messieurs du conseil, un pot de vin à chaque bourgeois chef de famille (ou femme veuve), et deux seaux en cuir.

Notre ville s’opposa, en 1723, à l'établissement de foires à Bercher, tout comme elle avait déjà mis opposition (en 1716) à celui de foires à l'Isle, Nous en inférons que les ressortissants de ces deux seigneuries, alors qu’ils étaient sujets de nos anciens sires, avaient peut-être l'obligation de suivre les foires de Cossonay *”.

Ainsi que les quatre bonnes villes, la nôtre jouissait du droit de chasse sur son territoire, et cela plutôt en vertu d'une longue usance que d’un droit concédé. On ne voit pas qu’on l'ait troublée dans cette jouissance qui datait probablement de l’extinction de ses anciens seigneurs.

L'ancien châtelain acquitta seulement en 1724 un légat fait aux pauvres de la ville, en 1665, par une dame de sa famille. Les intérêts, payés avec le capital, s’élevèrent à peu près à trois fois la valeur de celui-c1. Les affaires marchaient

866 Il se retirait alors à Lausanne, ayant obtenu (l’année précédente) la démission de sa charge, conférée par LL. EE. à son fils Gabriel, seigneur de Croze. Celui-ci eut pour successeur (en 1736) son fils Ferdinand, auquel succéda, à son tour (en 1785), son fils César, le dernier châtelain de Cossonay.

867 Comme lieu principal de leurs possessions et celui de leur résidence.

parfois lentement, surtout lorsqu'il s'agissait des fonctionnai-

res supérieurs de la ville.

Les bourgeois qui n’habitaient pas la ville (soit les Cha-

vannes ou Alens) prêtaient le serment requis lorsqu'ils vepaient y demeurer Ÿ*.

Le conseil (tout le corps) se vit attaqué, en 1730, par le Sr Pierre Guex, l’un de ses membres, qui présenta diverses plaintes contre lui à LL. EE. Elles portaient sur des abus ou des négligences dont, selon le plaignant, il s'était rendu coupable ou qu’il souffrait. L’une d’elles regardait une cense de vingt miches de pain (à distribuer aux pauvres de la ville) qu’on n’acquittait plus, quoiqu’elle fût affectée sur la maison que MM. Delessert avaient acquise (en 1693) de l’hoirie de M. de Penthaz *”. A cela ces derniers objectaient qu'on ne l’avait pas exigée depuis l’acquisition de leur maison , et qu’il ne paraissait même pas qu’on l’eût fait auparavant, d’où l’on présumait que le capital en avait été payé dès longtemps. Le conseiller Guex se plaignait encore des pigeonniers de MM. Duc (conseiller), Guex (secrétaire) et Delessert; et, quoique ceux-ci eussent produit les actes d'acquisition de leurs maisons, constatant leur droit®”, il soutenait que, concédé seulement à leurs anté-posses-

868 Un exemple en 1729.

869 C’est la fondation faite, en 1634, par noble Abraham Crinsoz, seigneur de Cottens.

870 La maison du conseiller Duc (actuellement la campagne Gaulis, aux Chavannes), acquise de feu M. de Penthaz, avait un pigeonnier en vertu de la concession faite par la ville, en 1572, au châtelain de Cossonay d'alors; il en a été parlé dans le temps. Celle du secrétaire Guex, auparavant la maison des nobles d’Aubonne, procédait des nobles de Gléresse, et plus anciennement encore des nobles de Daillens, Enfin la maison Delessert avait été, dans le principe, celle des

seurs, ce « droit de régale » ne les regardait plus. Il trouvait mauvais: que le conseil eût fait « une honnêteté » de la valeur de 31 florins au banneret, lors du mariage de son fils ainé; que ce même banneret résidât à Penthaz; que l’ancien châtelain eût donné, en 1714, au nom et aux frais de la ville, un repas au seigneur trésorier, lors de son passage à Cossonay, etc. Berne ordonna au baïllif de Morges de prendre des informations exactes au sujet de ces plaintes. Celui-ci passa (en septembre) plusieurs jours à Cossonay (avec ses assesseurs). Il y convoqua le conseil et le S' Guex auprès de lui et examina les griefs de ce dernier, article par article. LL. EE., sur ces informations, les jugèrent « téméraires » et mal fondés, et condamnèrent (1731, 18 juillet) leur auteur à demander pardon au baillif, à Messieurs du conseil (en général et particulier), ainsi qu’à ceux qu’il pouvait avoir offensés: sous peine de la prison. LL. EE. le privèrent en outre de sa place de conseiller, et mirent à sa charge les frais de la procédure*”". — Ces accusations réitérées contre le conseil, quoique non fondées, font penser que peut-être une tendance trop aristocratique Ce la part de cette autorité y donnait lieu °”.

Le consistoire, ce tribunal qui, sous la domination bernoise, connaissait des délits contre la moralité, n’est guère mentionné dans les documents de notre ville. Cependant il

nobles de Mont, puis des nobles de Bionnens, et après eux des mayors de Lutry. Acquise par noble Abraham Crinsoz, son fils l’avait vendue à feu M. de Penthaz.

871 Le baillif vint à Cossonay (le 16 juillet 1731) nolifier cet arrêt aux parties.

82 Peut-être aussi l'influence marquée d’une famille mécontentait-elle ?

y en avait un à Cossonay, mais nous ignorons combien

de juges y siégeaient. Le châtelain, en 1736, était un de

ceux-ci.

La ville remit, en 1731, la dixme des novalles (ou novalies) du territoire de la Chaux au seigneur de cet endroit°”". Elle affranchit, en 1759 (5 janvier), les dames de Sacconay, moyennant 125 florins, de la corvée due à raison de leur maison de Senarclens, appelée la Maison neuve ‘”.

La mestralie donna lieu, dans les années 1738 et 1739, à un procès de notre ville avec la dame de Sullens *”, instruit devant la cour baillivale de Morges. Cette dame lui contestait les langues des grosses bêtes de la boucherie de Sullens ‘77. Avant le jugement de la cause, les parties firent

815 Le consistoire avait un registre particulier.

874 On se souvient que la dixme des novalles procédait de la cure de Cossonay. |

875 Le général de Sacconay, rendu célèbre par la bataille de Villmergen, avait acquis (par subhastation), en 1704, le conseigneuriage de Senarclens, ainsi que le domaine de la Maison neuve. Il est question ici de ses filles non mariées.

876 Louise-Marie-Claudine Mayor, femme de noble Charles d’Albenas. Elle avait hérité la terre de Sullens de son père noble François- Louis Mayor (de Morges), colonel au service d’Espagne, qui Pavait acquise (1722, 24 décembre) de noble Jean-Rodolphe Thormann, membre du conseil souverain de la ville et république de Berne. Celui-ci, à son tour, l’avait achetée (1692, 15 novembre) dans la discussion des biens de noble Jaques-Charles Charrière. LL. EE. avaient inféodé à M. Thormann, en 1721, la jurisdiction de Sullens, procédant du château de Cossonay.

877 Que la ville réclamait en vertu de la mestralie. Elle fondait sa demande sur la cession que Berne lui avait faite de cette mestralie, les reconnaissances prêtées sur les mains des commissaires Mandrot (en 1543), et Georges et Pierre Guex (en 1647) et la charte de ses

un compromis, aux termes duquel Mme de Sullens passerait expédient du procès, avec dépens, et reconnaîtrait ainsi les droits de la ville qui, de son côté, lui vendrait le droit de mestralie et des langues à Sullens. Cette convention reçut son exécution le 4 mai 1739, et la ville remit en même temps ses droits de guette et de forage du vin rière le même Sullens ; le tout au prix de 3500 florins, outre les vins °*.

Mais cette vente du forage fut la cause, quelques années plus tard (en 1748), de nouvelles difficultés avec la même dame; car la communauté de Sullens ayant refusé d’acquitter ce droit qui, d’après elle, regardait seulement le vin qu’on vendait en détail dans la ville de Cossonay, Mme de Sullens prit le conseil à parte. Le refus de la communauté était motivé 7°. Elle avait d'autant plus de chance de réussite dans son opposition que le seigneur de Bournens *”, ayant voulu faire reconnaître à ses ressortissants leur assu-

franchises. Elle prouvait que les langues des grosses bêtes, qu’on vendait aux « mazels et boucherie » de la ville et de son ressort, appartenaient à la bourgeoisie, et que de tout temps Sullens avait fait partie de l’ancienne châtellenie.

878 69 florins pour les conseillers des douze et vingt-quatre. On compta la gurtte pour 3000 florins (à raison de 50 florins le quarteron ; suivant le compte de la ville, il y avait soixante-un faisant-feu à Sullens, mais M"® de Sullens n’en admettait que cinquante-deux), la mestralie et le forage pour 350 florins, et les frais du procès et passé-expédient pour 150.

879 La charte des franchises de la ville, titre primordial du droit de forage, spécifie que le seigneur doit lever son forage pour chaque tonneau de vin qui se vend en détail, en taverne , dans la ville de Cossonay.

#0 Dont le père avait aussi acquis de la bourgeoisie, nous Pavons vu, le droit de forage rière sa terre.

jettissement au forage *”, avait été condamné par arrêt sou-

verain (le 20 février 17453), et que notre ville, aux périls et risques de laquelle il avait plaidé, avait dû payer les frais du procès et l’indemniser pour le capital de cette prétendue redevance. Le procès avec Mme de Sullens ne fut pas jugé, parce que l’on convint que, sans conséquence pour les droits réciproques des parties, la ville se relâcherait de ses recherches à l'égard du forage et paierait les frais du procès; ceuxci furent réglés amiablement. On traita (en 1748) avec Mme de Sullens pour l’indemniser du droit qu’elle perdait ‘®.

À la mort de M. de Penthaz (en 1740), on décida qu’à l'avenir la charge de banneret serait seulement conférée pour six années ; la réélection immédiate était cependant autorisée. Le nouveau banneret fut élu sur ce pied là.

La guette et la corvée dues par noble François-Gaspard de la Rue pour son « bien » de Senarclens, lui furent amodiées (en 1760) pour neuf ans, à raison de vingt-six batz par année.

Le conseil interdit (1763, octobre) toute inhumation dans l’église, cependant cette défense ne devait pas regarder ceux qui y avaient des tombes **°.—Cinq ans après (1768, novembre) il décida que l’on mettrait dorénavant les morts au cimetière de Notre-Dame. Il paraît ainsi qu’on avait cessé d'observer les ordonnances antérieures qui prescrivaient déjà cette mesure, et que l’on faisait encore usage de l’ancien cimetière.

881 On faisait alors la rénovation de Bournens.

882 La ville alla même jusqu’à lui offrir 550 florins ; elle demandait 100 écus blancs.

885 Une seule famille avait encore alors une tombe dans l’église.

Le conseil reconnut (1768, septembre) la bourgeoisie des enfants de Pierre de la Sarraz, colonel d'infanterie en Hollande, petit-fils d'Abraham de la Sarraz, secrétaire du conseil en 1663%*". Le général de la Sarraz, ministre actuel de la guerre au royaume des Pays-Bas, appartient à cette famille.

Notre bourgeoisie augmenta son domaine direct en acquérant, en 1784 (8 mars), pour 2000 florins (soit 50 louis neufs), la part de l’ancien fief de Gléresse dans les territoires de Cossonay et d’Alens, et les censes qui en dépendaient ?*. Elle acquit encore, vers le même temps (nous ne saurions en indiquer la date précise), une censière directe de cinquante et quelques quarterons de froment (outre les deniers et chapons) qui se percevait à Alens et était un franc-alleu °*.

À l’occasion d’une dispute de préséance, en conseil, entre le châtelain et le banneret **”, on décida (1785, 4 janvier) qu'en qualité de chef du corps, ce dernier y opinerait avant l'autre.

L’ancienne maison de l'hôpital St-Antoine, vers la porte de la Sarraz, n'étant plus propre à Pusage auquel elle était

884 La veuve du colonel était établie à Bréda. Il était fils de Georces-Louis de la Sarraz, ministre du St-Evangile à la Haye.

88 La ville fit cette acquisition de dame Louise, femme de l’ancien châtelain Ferdinand de Charrière.

886 Elle fut acquise des enfants de M'. François-Louis-Daniel Pache, de Morges. Procédée des familles Mussard (de Vevey) et Pain dayoine, elle avait passé (dans la seconde moitié du XVI siècle), par acquisition, aux nobles Charrière, qui l'avaient longtemps possédée.

887 Noble Abraham Charrière (de Senarclens), le dernier banneret de la ville et de la baronnie.

destinée, cet hôpital, pour la remplacer, acquit, en 1791 (4 avril), du châtelain de Cossonay (et de sa sœur), « une grande maison à deux étages avec un corps de logis y attenant» et environ soixante toises de terrain dans l'enceinte du vieux château; le tout pour 8500 livres de dix batz.

Enfin notre bourgeoisie aliéna, en 1792 (44 juillet), en faveur de la communauté de Senarclens, ses droits de guette et de corvées de charrue dans ce village, la guette pour 2400 florins et les corvées pour 15928 %%. Senarclens fut assez malencontreux en se rachetant de ces deux redevances peu d'années avant la révolution de 4798, qui aboht les droits féodaux.

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Nous sommes au bout de notre tâche. Notre chronique renferme sans doute beaucoup de détails et peut-être certains faits que plusieurs trouveront insignifiants où peu conformes à la dignité de l’histoire; mais, n’ayant pas d’événements marquants à raconter, nous n'avons du moins rien omis de ce qui pouvait faire connaitre les temps passés, leur esprit, leurs usages, leur vie intime, l'atmosphère dans laquelle nos pères se mouvaient. Puis nous avons osé espérer

888 L’acte de cette vente spécifie, quant aux corvées, que chaque faisant-charrue rière la paroisse, devait chaque année à la ville une corvée avec celte charrue. Et, quant à la guette, qu’elle percevait, à chaque St-Michel, un quarteron de beau et bon messel de chaque faisant-feu rière le village et le territoire de Senarclens. — Berne autorisa celte aliénation.

que le tableau véridique de ces temps, si différents des nôtres, offrirait, par 13 contraste, quelqu'intérêt. Chaque époque a sa tendance.

En résumé, l'impression que nous laisse cette chronique fidèle et détaillée d’une commune de la patrie de Vaud, n’est point triste. Les mœurs, les idées différaient beaucoup sans doute de celles de nos jours, les lois et les usages ne se modifiaient qu'avec lenteur, mais on ne saurait dire que le sort de notre ville ait été malheureux. Les plus anciens actes qui nous offrent quelques données sur la position sociale de ses habitants, nous les montrent affranchis du servage de la glèbe ; nous trouvons de bonne heure quelques-uns de ses bourgeois possédant une fortune considérable; et, depuis la fin du XIV”* siècle, la charte de Jeanne, dame de Cossonay, lui reconnut des franchises très-étendues, qui subsistérent jusqu’à la révolution. Point, à Cossonay, de ces ruines, de ces dévastations, fruits de la guerre, que l’histoire des villes de la Franche-Comté, par exemple, nous offre si fréquemment, — Les XV” et XVII siècles, on à pu s’en convaincre, ne furent pas sans agitation; alors cependant les principes constitutifs de la société étaient affermis, l’on se reposait sur eux avec calme, comme sur une base inébranlable. L'esprit général était, à la vérité, éminemment conservateur ou plutôt aristocratique, mais au moins conviendra-t-on que l'esprit contraire, qui prévaut de nos jours, a bien aussi ses dangers! — Nous terminons par des vœux pour que Dieu conserve et fasse prospérer la ville et le pays de nos pères. |

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