Pouvoir donné par Charles VII au sire de Culant et à
Guillaume Cousinot pour traiter avec les ambassadeurs de Henri VI .
Ms. fr. 13974, f. 1. — Éd. D. MoRicB, U, 1454.
3 juin.
187. Instructions de par le Roy à Havart de ce qu'il aura ^ fere, quant il sera en Angleterre.
Premièrement, faicte la preseutacion de ses lettres et les salutacions acoustumées, dira, en l'explicacion de sa créance, comme au mois de mars derrenier passé, monseigneur de Sommerset, lieutenant gênerai et gouverneur deçà la mer, de par très hault et puissant prince le neveu d'Angleterre du Roy nostre souverain seigneur, envoya Thomas de Làuraille et maistre Jehan Cousin , sël ambaxeurs, devers le Roy nosiredit souverain Seigneur^ qui lui supplièrent et requirent de par ledit monseigneur de Sommercet, que, pour donner provision sur aucuns excez et attemptaz dont ilz parlèrent, il luy pleust prandre et accepter jour et lieu convenable^où ses commiz et depputez^
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d'une part, et ceulx dudit très hault et puissant prince son neveu, d'aultre, peusseut convenir et assembler ensemble, garniz de povoir souflisant pour besoignier et appoinctier sur lesdictes matières.
Item , et en oultre disdrent lesdiz ambaxadeurs comme ledit monseigneur de Sommercet avoit sceu que aucuns avoient ofTert au Roy nostre dit souverain seigneur, de lui baillier Arcques ; à quoy n'avoit yoIu entendre, ainçois avoit la chose reflusée et rejettée comme injuste et desraisonnable, attendu la teneur des trêves ; en quoy il avoit bien monstre Tonneur et noblesse qui estoit eu lui, et qu'il en estoit très granment à louer et à prisier. Et que aussi à la vérité on avoit bien parlé audit monseigneur de Sommercet, touchant aucunes autres entreprises en l'obéissance du Roy, mais que le Roy se povoit tenir seur, et que ledit monseigneur de Sommercet leur avoit chargé de lui dire que se toutes les places de son obéissance estoient ouvertes et que on les voulsist baillier audit monseigneur de Sommercet durant les trêves, ledit monseigneur de Sommercet ne les prandroit pas.
Iterriy et combien que au temps précèdent et depuis la venue mesmes dudit monseigneur de Sommercet, le Roy se fust tousjours mis en devoir que tous bons appoiuclemens eussent peu estre trouvez ou fait desdictes trêves, pour le bon entretenement d'icelles, et que tantost après la venue à Rouen dudit monseigneur de Sommercet , le Roy eust envoyé monseigneur de Gaucourt et maistre Guillaume Cousinot devers ledit monseigneur de Sommercet, pour le Fait de Saint- Jame de Beuvron, qui estoit ung atteniptat si notoire et si directement contre la teneur desdictes trêves, et
pareillement pour le fait de la reparacion des autres excez et atteniptaz, et que en ensuivant l'appoincteroeiit prins audit lieu de Rouen entre lesdiz Gaucourt et Cousinot, d'une part, et les commis et depputez dudit prince neveu, d'autre, le Roy nostre dit souverain seigneur eust envoyé des gens de son grant conseil à Louviers et au Pont de l'Arche, au premierjour d'aoust derrenier passé^ lesquelz se Feussent mis en tout devoir de sa part pour besoigner, vacquer et en- . tendre par effect èsdictes matières, et semblablement à laconvencion tenueàLery et au Val de Rueil, oamois d'octobre et de novembre ensuivant, ainsi que parles lettres et instrumens sur ce faiz peut plus à plein apparoir; à quoy toutesFois de la part dudit monseigneur de Sommercet et des commis et depputez dudit prince nepveu n'y eust aucunement esté entendu, ainçois depuis a tousjours esté persévéré èsdictes fortifBca* cions dudit Saint-Jame de Beuvron et de Mortaing, et plusieurs autres excez et attemptaz commis et perpétrez es païsde Caulx, le Maine, Bretaigne, es lieux que on ditestre contencieux, et ailleurs en diverses parties de ce Royaume ; et que semblablement, au deffault dudit monseigneur de Sommercet ou desdiz commis et depputez dudit prince neveu, n'ait point esté appoinctié touchant le Fait des attemptaz de la mer, tant au regard deceulx de Bretaigne et d*ailleursde l'obeïssancedu Roy, d'une part, quedeceulx de l'obéissance dudit prince, d'autre , jà soit ce que le Roy ou ses ambaxeurs ou commis se feussent mis en tout devoir touchant ladicte matière et convencions dessusdictes; neantmoings, pour tousjours monstrer le bon vouloir que ledit seigneur avoit ausdictes matières, et qu*ii
esloit désirant que tout bon appoinctement y feust trouvé, confiant que ledit monseigneur de Sommercet eust le bon vouloir à Tentretenenient desdictes trêves que ses ambaxeurs lui avoient dit et que les parolles par eulx dictes touchant la prinse des places feust véritable, se condescendit liberallement, non pas seulement de prandre et accepter jour et lieu pour besoigner èsdictes matières, mais d'envoyer des gens de son grant conseil devers ledit monseigneur de Sommercet, audit lieu de Rouen, garniz de povoir soudisant pour besoigner en tout ce qu'il appartendroit touchant lesdictes matières, et par manière que, seconveuableeKnt fere sepovoit, toutes les questions du temps passé feus* sent appaisées, et que telle provision feust donnée pour Tadvenir que doresenavant nul inconvénient n'en advenist.
Item et en ensuivant lesquelles choses, envoya le Roy, devers ledit monseigneur de Sommercet, lesdiz maistre Guillaume Cousinot, qui est de son grant conseil, et Pierre de Fontenil, son escuier d'escuierie et gouverneur de Laon, garniz du povoir telz que dessus, et lesquelx se sont mis en tout devoir, de la part du Roy, à ce que les matières feussent bien entretenues, ainsi que par le doid)le des convencions par euh faicles audit lieu de Rouen, desquelles ledit Havart porte la coppie avecques lui, peut plus à plein apparoir. A quoy toutes voy es de la part dudit monseigneur de Sommercet ne des commis et depputez dudit prince neveu n'a aucunement esté obtempéré.
Itenij mais est avenu que, depuis la venue dcsdiz ambaxeurs dudit monseigneur de Sommercet et qu'ilz eurent dit au Roy les parolles dessusdictes touchantia
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prinse des places^ etc., environ cinq ou six jours après lesdictes parolles, messire François l' Arragonois, chevalier de l'ordre de la Jarretière, du grant conseil dudit prince neveu deçà la mer, son pensionnaire, son vassal aiant charge et gouvernement des places et de gens soubz lui, accompaigné de grant nombre de gens 'de guerre de Tobeissance dudit prince neveu, de guet àpense et par conspiracion de long temps pourgectëe, est venu prandre le chastel et ville de Fougières, ap* partenant à monseigneur le duc de Bretaigne, subget et obéissant du Roy, et comprins nomméement, lui, ses païs et subgets en sa trêve ; et en iceulx chastel et ifille, tué gens, violé femmes, prins prisonniers, pillé, robe et fait maulx innumerables, et non pas seulement en chose que touchoit les gens séculiers, mais en reliquaires, joyaulx et autres biens appartenans à l'église. Depuis la prinse desquelx chastel et ville, èsquels, comme l'en dit, a eu, à Teure de la prinse ou depui||j| des gens de presque toutes les garnisons de Normandie, ceulx quiestoient dedans ladicte place, et pareillement ceulx d'Avranches et Tombelainne et d'ailleurs en l'obéissance dudit prince neveu, oudit païs de Normandie, ont couru ou païs de Bretaigne dessusdit, bouté feu en plusieurs et divers lieux, tué et meurdry gens, prins prisonniers, appaticé, emmené bestail et tous les biens qu'ilz ont peu trouver, se sont portez les aucuns d'iceulx pour seigneurs des teroes des gentilz hommes en certaine partie dudit pais de Bretaigne, et fait aultres maulx innumerables.
Item^ et ne peut-on pas dire que ledit monseigneur de Sommercet n'ait ^u cognoissauce des choses dessus dictes, au moins de ladicte prinse de Fougières, en la
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manière dessusdicte ; car la chose est notoire et magnifeste, non pas seulement ou Royaume de France, mais en toutes les marches voisines; et mesmement Ta icelui monseigneur de Sommercet escript au Roj nostre dit souverain seigneur, et qu il voulsist mander à ses gens qu'ilz ne se joignissent ou adhérassent avec mondit seigneur de firetaigne, ne ne lui donnassent aucun secours, qui semble chose bien estrange, veu que, comme chascun scet, ledit monseigneur de Bretaigne est propre neveu du Roy, tenant lui et ses prédécesseurs, tant contes comme ducz, lesdis païs de Bretaigne en foy et hommage du Roy et de ses {[prédécesseurs Roy s de France, ressort issans sans moyen icelui mondit seigneur de Bretaigne et ses subgetz dudit pais en la court de parlement à Paris, et comme subget du Roy a esté nonunéement comprins, lui, ses pais ei subgetz, en la trêve du Roy, et tel receu, approuvé et declairé par les lettres patentes dudit prince neveu. Et aussi estoit notoire comme il a fait Tommage au Roy nostre dit souverain seigneur, et le serement de Ceaulté, ne ne pourroit-on dire en honneur et selon raison que le Roy le deust ainsi habandonner. Et altendu la requeste dessusdicte faicte par ledit monseigneur de Sommercet au Roy qu'il ne donnast nul secours ou aide audit monseigneur de Bretaigne, est bien grantpresumpcionetdemonstranceque, quelque desadvouement de parolle que ledit monseigneur de Sommercet face dudit cas, que taisiblement il advoue la chose et qu'elle lui agrée.
Itern^ et car s'il eust fait ainsi qu*il appartient selon la teneur des trêves, il ne deust avoir escript ne ivquis au Roy qu'il ne donnast secours ou aide audit niODseî-
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gueur de Bretaigne ; ainçois, eu gardant rartlcle de la trêve, estoit tenu et devoit contraindre, à ses propres ooustzet despens, ledit messire François F Arragonnois et ceulx qui estoient dedans ladicte place à vuider et restituer toutes les choses prinses es mains et soubz la seigneurie et obéissance et en la manière qu^ellcft estoient par avant ladicte prinse, et, en outre, devoit fere punicion des delinquans telle que se fust exemple itous autres. Desquelles choses n'a riens este fait, ainçoîs, comme dit est dessus, depuis ladicte prinse, est aie audit lieu de Fougières des gens de presque toutes les garnisons de Tobeissance dudit prince neveu àUv dit païs de Normandie, et si a esté apportagé le pillage^ en Tobeïssance dudit prince neveu, et les biens prins audit païs de Bretaigne, tant oudit lieu de Fougières que ailleurs, butinez et destribuez oudit pais de Normandie, sans ce que on ait monstre ung tout seul signe d'apparance que on voulsist aux choses dessus dictes donner aucune provision*
Item^ mais quant les commissaires de la part du ^ Roy nostre dit souverain seigneur ou bas païs de Normandie, ont envoyé sommer les conservateurs des trêves du party et obéissance dudit prince neveu.qu'ilz feissent reparer ledit cas, ilz n'ont à ce volu fere aucune response. Quant aussi mondit seigneur de Bretaigne a envoyé devers ledit monseigneur de Sommercet touchant ladicte matière, il n'a peu^TbbteiuV- aticune provision. Pareillement, quant lesdiz Cousinot et Fontenil ont parlé de ladicte matière à Rouen, et que' aussi le Roy nostre dit souverain seigneur, en respondant aux lettres que mondit seigneur de Sommercel lui avoit ascriptes touchant ladicte matière, lui a
escript qu41 devoit contraindre ceulx qui ont fait ladicte prinse à la reparer et se y employer en manière que Ten cogneust le bon vouloir qu'il avoit à Fentretenement des trêves, on n'a des choses dessusdictes fait aucun semblant ne monstre signe d'y vouloir pourveoir en aucune manière. Et encores derrenièrement, quant maistre Jehan l'Enfant et messire Jehan Hanefort sont venuz en ambaxade devers le Roy nostre dit souverain seigneur , pour le fait des attemptaz, et que on leur a parlé de ladicte matière, ilz ont dit qu'ilz conseilloient qu'on envoyast en Angleterre, sans ouvrir une toute seule autre voye de reparacion, jà soit ce qu'il leur eust esté expressément dit et remonstré que ledit prince neveu avoit fait savoir au Roy de bouche et aussi par escript , par lettres signées de sa « main, après la plainte que le Roy lui avoit fait du remparement de Saint-Jame de Beuvron et de Mortaing^et autres attemptaz qui avoient esté commis par ceulx de l'obéissance d'icelui prince neveu sur les subgetz du Roy, qu'il avoit mandé et commandé bien expressément auditmonseigneur de Sommercet, lequel estoit son lieutenant gênerai et gouverneur de par lui en France et Normandie, que à toutes ces choses il donnast provision, et qu'il pensoit qu'il ly donneroit telle provision que doresenavant nulz telz inconveniens n'en advendroicnt plus.
Itenij et lesquelles choses ont semblé bien estranges à beaucop de gens notables de ce Royaume, et mesmement de la requesteque ledit monseigneur de Sommercet et sesdiz ambaxeurs faisoient au Roy qu'il mandast à ses gens que pour ledit cas de Fougières ilz ne s'esmeussent en aucune manière, et qu'il leur
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deffendist qu'ilz ne se joignissent ou adhérassent avecques mondit seigneur de Bretaigne, ne lui donnassent aucun secours ou aide, veu que d'icelui cas ilz ne montroient aucun signe de le vouloir reparer, et ne faisoient que passer la chose soubz dissimulacion, combien qu'ilz sceussenl bien ce que la trêve porte et qu'elle fut leue en la présence desdiz TEnfant et Haneford^ afin qu'ilz se gouvernassent selon la teneur d'icelle , et nottoyent pluseurs sur cela. Joint ce que ledit de Sommercet avoit escript au Roy qu'il repputoit le fait de mondit seigneur de Bretaigne tout différent de celluy du Roy, que ce n'estoient que voyes enquises pour trouver manière de lui fere perdre ledit monseigneur de Bretaigne et ses subgetz.
Iterriy et ces choses considérées, et à la requeste que lui faisoit mondit seigneur de Bretaigne, d'autre part, qui à cette cause avoit envoyé devers lui son chancellier et autres gens de grant estât de son païs, pour lui supplier et requérir, comme à son souverain seigneur et duquel icelui monseigneur de Bretaigne esloit prochain parent, subget et vray obéissant, et nomméement comprins, lui, ses païs et subgetz, en sa trêve, et soubz la seureté et confiance d'icelle trêve icelui monseigneur de Bretaigne et ses subgetz avoient ainsi esté oultragez et injuriez, sans povoir obtenir aucune reparacion, qu'il lui pleust aidier, secourir, porter et soustenir icelui monseigneur de Bretaigne à rencontre desdiz Anglois, et, veu les faultes procedans de leur part et deuee de droit soy declairer en guerre à Tencontre d'eulx, sembloit à beaucop de gens notables que le Roy ne devoit aucunement diiferer à soy declairer en
r.\k CHUOMQUE DE MATUIEU D'ESCOUCHY. Idiil*
guerre et procéder par toutes voyes de fait à Ti'hcontre desdîz Anglois.
Ite/Nf et mesinement que Yen monstroit bien au Roy que en raison il ne devoit point fera le contraire et (|ue, attendu les choses dessusdictes, il estoitteuuet selon droit et en honneur, et selon la teneur des trêves, de ainsi le fere, veu que en icelles ledit monseigneur de Bretaigne et sesdiz pais et subgetz estoient nomméement comprins pour la part du Roy^ comme dit est 9 et que ledit monseigneur de Bretaigne et sesambaxeurs, par pluseurs fois^avoient fait declaracion, eu la présence des ambaxeurs d* Angleterre, que iœlui monseigneur de Bretaigne et ses paîs et subgelz vouloient estre comprins en la trêve du Roy de son costé et comme son subgct, et non point du costé d'Angleterre. Et que le Roy advisast bien que cecy ne touchoit pas seulement le fait de mondit seigneur de Bretaigne, mais Tonneur du Roy. Et avecques cetouchoit le fait du Roy d*Kscoce et de monseigneur de Boui^oigne, (|ui estoient prochains parens et aBns et aliez dudit monseigneur de Bretaigne. Et pareillement y avoit pluseurs autres grans seigneurs de ce Royaume, les ungs ses prochains parens, comme monseigneur le duc d' Alençon, qui est son cousin germain et son vassal ; monseigneur le connestable qui est son oncle ; monseigneur le conte d'Armaignacqui a eu eipousee sa tante ; monseigneur de Panthièvre qui a de présent fait son appoinctement avec luy ; tous les barons de Bretaigne qui sont grans seigneurs dedans le pais et dehors : monseigneur de Loheac, mareschal, et monseigneur de Coetivy, admirai de France, qui sont ses vassaulx, pluseurs cappitaines et chiefz de guerre qd
ont este pensionnaires et ont eu beaucop de grans biens et proufiz de feu monseigneur de Bretaigne, et pareillement en ont chascun jour de mondit seigneur de Bretaigne qui est à présent^ à quis tous fait bien grant mal de veoir ledit monseigneur de Bretaigne ainsi oultragé et injurié sans povoir obtenir aucune reparacion, et que laisser la chose en cest estât estoit de bien périlleuse conséquence pour le Roy.
Item et lesquelles choses furent bien à plein remonstrées ausdiz T Enfant et Haneford en la présence de Eldouart Grymeston, afin que eulx mesmes advisassent les inconveniens qui povoient avenir de ceste matière, et que sur ce feust donné la provision qui y appartient selon la teneur des trêves.
Item et à quoy ne fut par eulz autrement respondu, fors qu'ilz ne savoient se la chose procedoit de plus haulte main^ et qu'ilz conseilloient que Ton envoyasl en Angleterre pour ceste matière , combien que desjà mondit seigneur de Sommercet y avoit envoie à ceste cause, dont encores il n avoit eu responce quant ilz partirent de devers lui, et que combien qu'il eust grande et bonne puissance et autant que eust jamais lieutenant qui fust deçà la mer, feust monseigneur de Bethefort ou autre , neantmoins pour ung si grant cas comme ledit cas de Fougières, il n'y oseroit toucher sans savoir, plus à plein du vouloir de son prince, mais * qullz avoient bien charge de par ledit monseigneur de Sommercet de bailler seureté au Roy pour les places qui estoient nuement à lui, et que le Roy aussi baillast seureté poiu^ les places qui estoient duditprince neveu, et qu'il fist deffendre à ses gens et subgetz qu'ilz ne se esmeussent en riens pour ledit fait de Fougières, ne - .
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qi]*ilz ne feisseiit aucune entreprinse sur les places iie contre les subgetz d*icelui prince neveu.
ffem et lesquf'lles responses et oiïreSy ainsi que adonr leur fut dit, sembloient estre bien petitement fondées, car d'envoier en Angleterre, la trêve ne le porte pas; et aveccjues ce^ quant austresFois on y a envoyé pour autres atteinptaz, comme du remparement de Saint James de Beuvron et de Mortaing, qui esloient si notoirement contre la teneur des trêves et décidées par articles d*icelles , et pareillement de plusieurs autres cas que cliascun jour se commettoient du party des Angloi/, ledit très hault et puissant prince neveu a tousjours mandé au Roy, de bouche et par escript, qu'il avoit ordonné et commandé, et encores de réel liefmandoit et commandoit audit monseigneur de Sommercet qu'il y donnast la provision telle qu'il appartient, et queledit monseigneur de Sommercet y pourverroit par manière que le Roy devroit estre content.
lienij et au regard des offres, c'est assavoir de bailler seureté d'une part et d'autre, leur Fut dit que pins grant seureté ne pourroit-on avoir que de la trêve qui avoit esté prinse et accordée par sondit prince, et que s'elle n'estoit entretenue, Von n'avoit pas grant espérance en la seureté ou promesse de mondit seigneur de Sommercet, et mesinement qu'ilz disoient que, quelque puissance que ledit prince neveu eust baillée audit monseigneur de Sommercet deçà la mer, toutesfaii pour ung si grant cas comme celui de Fougièrei il n oseroit toucher sans savoir plus à plein du vouloir de sondit prince, qui est à dénoter que, se ung autre semblable cas advenoit, quelque seureté qui eusl esté hta^ lée par ledit monseigneur de Sommercet, il n'a pas fe
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puissance, sans ce qu'il eust premier des nouvelles de sondit prince, de le fere reparer, et ainsi ne serviroient degueres ladicte seureté; et avecques ce en leursdictes offres ilz ne parloient que des places qui sont nuement au Roy, et par ainsi eust esté convenu que le Roy eust faabandonné tous ses subgetz, qui n*est pas chose raisonnable, quare^ etc.
Item et quant à deffendre aux subgetz du Roy qu'ilz ne feissent aucune entreprinse sur les places ne contre les subgetz dudit prince neveu, attendu qu'ilz ne faisoient aucune reparacioo dudit fait de Foùgières, leur fut dit qu'il ne sembloit pas chose raisonnable ne que Ten deust fere, mesmement qu'il eust semblé que ce eust esté taisiblement monstrer que le Roy eust volu habandonner ledit monseigneur de Bretaigne, qui eust esté mauvais examble à lui et autres grans seigneurs subgetz du Roy ; et d'autre part mondit seigneur de Bretaigne est grant prince et grant seigneur, et fort " emparenté et apuyé de seigneurs et d'amis comme ^ dit est dessus, à qui il fait bien mal de veoir ledit monseigneur de Bretaigne ainsi oullragé et injurié, par quoy "^(^stoit à doubter que lui et sesdiz parens et amis, veu i*ilz ne povoient obtenir autre provision touchant îdit fait de Foùgières, ne essayassent de eulx revancer, laquelle chose le Roy n'eust poiur riens volu qu'il . j|iust advenu soubz sa seureté. K quoy fut dit par ledit 4 Enfant qu'il convenoit doncques que chascun gardast ses places le mieulx qu'il pourroit. Et lors lui fut respondu par ceulx qui communiquoient avec eulx, qu'ilz gardassent bien leurs places, et que le Roy mettroit peine de bien fere garder les siennes mieulx quejpp^ gières n'avoit esté.
238 CllROMQl'E DE MATHIEU D'ESCOUCHY. J^ik^
Toutesfois, pour tousjours mettre Dieu de la part (hi Roy et monstrer le bon vouloir qu*il avoit que les matières se peussent bien entretenir et conduire, et que aucune bonne Hn et conclusion y peust estre mise« non obstant les choses dessusdictes, leur fut dit que le Roy seroit content d'envoier aucuns des gens de songrant conseil à Louviers ou à Evreux, lesquelzverroient quel devoir et quelle reparacion auroient esté faiz dudit fait de Fougières, et, fait de la part dudil monseigneur de Sommercet ce qu'il appartient et que la trêve porte, de la part du Roy seroit tellement (ait que Dieu et tout le monde cognoistroit le bon vouloir qu'il avoit au bon entretenement des trêves.
Item^ et toutes lesquelles choses furent dictes ausdiz rEnfent et Haneford en la présence dudit Edouari Grymeston .
Itentj et pour ce que peut estre on auroit donne ou pourroit-on donner à entendre audit très hault el puissant prince neveu autrement que ainsi que dessus est dit et que la vérité est, le Roy nostre dit souverain seigneur envoyé présentement ledit Havart par devers icelui très hault et puissant prince neveu, pour lesdict es choses lui exposer et remonstrer bien an long^ qui sont véritables^ et est la vraye et pure vérité (le tout le démené des matières, afin que ledit prinoe neveu, les seigneurs de son sang, les gens de son grui conseil et les autres dudit Royaume, puissent cognoistrc le grant devoir en quoy le Roy 8*est mis de n part, les excez et attemptaz qu'il a endure estre Taii sur ceulx de son obéissance à l'encontre et ou préjudice des trêves , les grans parolles qui à œste ooeasion se dient à la charge de lui et de ceulx qui ont ai-
dië à entretenir les matières en doulceur, et que l'en voie le bon vouloir et entencion que le Roy a tousjours eu et a au bien et entretenement desdictes matières pour parvenir au bien de paix, à quoy il a tousjours esté enclin et est, ne à lui n'a tenu ne tendra, en tous moyens raisonnables et honnourables.
Fait à Rasilli près Chinon, le tiers jour de juing Tan
mil ccGC quarante et neuf.
Signé : Charles.
Et plus bas: De la Loere.
Au dos: Copie des instmctlons baillées à Harart poar aler en Angle* terre, faictes à Raiilly, le tiers jour de juing iiii^ xi.tx.
(Ms. fr. 4054, f. 138.)
3 juin 1449.