‹ Chronique de Mathieu d'EscouchyChapitre 4 sur 90 · Valpergue · texte numérisé non relu

Valpergue

fie^f et luy voyant avoir failli à son entreprinse du chasteau d'Angiers, désirant de parachever ce qu'il ^ait encommencé, partit et print congié du Roy, audit chasteau d'Aiigiers, pour aller aux lieux dessu»diz. faisant d'aller en Bourbonnois voir madame de Bourbon sa Femme, et après revenir aux trois Estas à Bourges dévers le Roy ; auquel congé prendre parla au Roy ^ eiplft présence de Tadmiral et de messire Jac- ' ques ttë Chabanek, de plusieurs choses et complaintes pour venir |t son entencion, qui longues seroient^à réciter^* âpres iescpelies demeurent à ung d'eulx entre^ trpuvèl à Bourges aux trois Estas et là rapaiser tous leurs maux talens, et en ce faisant promist mondit seigneur d^ Bourbon au Roy qu'il ne fairoit chose qui fut à sa desfMaisance. Et le Roy promit de luy tenir . doresenavant meilleurs termes qu'il n'avoit fait le Jtemps passé; Et ailt dernières parolles dit mondit seiguQu^ dé ftourbon ati Roy en la forme qui s'ensuit : a Monseigneur, de fait je ne fairay choseà l'encontre ' de ce que je vous ay promi^. mais je passèray par beaucoup de gens qui ne^sofi^^as trop contens de la cburt ; s'il vous plaist, #î4s pe donnerez congié de leur tenir compaJignie d'en dire le pis qu^^n^us poni» rons. » Et le Roy lui respondit t « Beau dbusm, vous direz ce que vous voudrez de mal de moy, mais quapt à moy, je n'en diray poiqt de vous. »

Itenij quinze jours après le parlement de monàit seigneur de Bourbon, le Roy partit d'Angiers pour s'en venir à Bourges tenir ses trois Estas, tant pour la paix generalle de son Royaume, là délivrance de mondit seigneur d'Orléans, pour le fait de la division qui est aujourd'huy en l'Eglise, que pour pourveoir auxgrans

PIÈCES JUSTinCATIVESi il

affaires de sondit Royaume :et âPvoir argent pour entretenir ses frontières qu'il avoit ordonné. Et en s*en venant, luy estant à Tours, sçiàt rassemblée faicte par mondit seigneur de Bourbon à Blois, tant d'aucuns seigneurs comme d'aucuns des capitaines» dessus nommez, pour rompre sesdictes ordonnances. De quoy le Roy fut bien esbahy^ et s'en alla le lendemain à Âmboise, et envoya devers mondil seigneur le connestable monseigneur de Gaucourt et Poton, lesquelz estoient allez à Blois pour recevoir partiales monstrès, affm qu'ils se tirassent devers mondit seigneur de Bourbon sçavoir dont venoit ^ecy ne qu'il vouloit faire, en luy demonstrant le grant ml qu'il commençoit au Roy et au povre peuple de ce Royaume. Lequel mondit seigneur de Bo&rl)pn respondit plusieurs grandes, oultrageuses et deshonnçstes paroles, qui bien seroient longues et deshonnestes pour luy k reciter, entre lesquelles deut dii0 que pour le Roy^ ne fairoit riens, et' qu'il fairoit passer les gens (Tarmes.

Iiemj et le lendemain le%. fist passer pour tirer au

, chasteau de Loch^, duquel chasteau le sire de Chaumont avoit, le jour devant, refusé l'entrée au Roy ; et

. alla, avec lesdiz gens d'armes, loger à Montrichart, augufel lieu il mit et laissa garnison.

Itemj sur ce le Roy, voyant sa désobéissance et sa façon" de faire,?non voulant que mondit seigneur de Bourbcm et ses adherens fissent de luy comme les Ânglois firent du Roy Richart, fist le lendemain à matin destrousser le petit Blanchefort, et quatre jours après, aux fauxbourgs de Loches, lesdiz Anthoinc de Chabanes , le grant Blanchefort, Ârchembault, Alain Ferlin et Jean d'Apchier. Et le mesme jour le Roy ar-

^2 CHRONIQUE DK IftATHIEU D'ESCOUCHY.

riva audit lieu de Locliçs, espérant d'assiéger mondit seigneur de Bourbon dedens, et luy fîst requérir sa place; lequel s'en alla le lendemain au poinct du jour, sans faire responcô au Roy^ et laissa garnison audit chaste^^ de Loches.

Item^ et quant le Rpy vît qu'il s'en estoit échappe, pour ce que le jour devait il avoit eu nouvelles que mondit seigneur d'Âlençon avoit prins mondit seigneur le Daulpl^in à Niort^'^dolîbera de laisser en Tung des fauxbourgs dudit lieu de Loches, qni sont forts, grosse garnison, laquelle ifestencones; et s'en partit pour aller en Poictou savoir queteondit seigneur d'Alençon vouloit faire. Si n'y pçust entre ki test que desjà mondit seigneur d'Alençon, accompa^é de Jehan de la Roche, soubx umbr9 de n^dit seigneur le Daulphin, n'eussent pfins ^s chaste^u^ft ville de Melle,,«| mise grosse garnison dedans dek^ gens dudit de. la Roche, et voulu prendre Saint-Maixent. "^

Itern^ incontment, le Roy arrivé i^ttdit pays de Poictou, alla (oui droit mettre le siègeiâudit Melle; et ce fait, alla assiéger Saincfe-Neomâ^aÉTiel: l'isle , et de là^ s'en alla défaut Niort requérir l'obdù^nce de sa ville et avoir son filz. Sur ce envoyaipionseigneur d'Alençon devers mondit seigftp^ le connestat^le et mc^ntsigneur de la Marche, ses oncles, qui eslpi^t en 'la compaignie'du Roy, leifr requérir de pailler à eulxi;.|K)ur l'appaisement de ces matières. De quoy le iloy fat content, et y allèrecxt parler à luy par dj^ux fois. Et tout ce ne faisoit mondit seigneur d'Alençon que pour dissimuler en a^ttendant la venue de mondit seigneur de Bourbon et sa puissance, pour ce que mondit seigneur d'Alençon ne savoit rien des destrousses ne du

PIÈCES JUSlitlCATIVEÇ. 13

cas avenu à mondit seigDeitt£^d^ Bourbon , pour les grandes diligences que le Rcu^Sp avoit faictes, tant .desdictes destrousses que de pi^Hirveoir aux passaiges, car tout ce fist le Roy en moinx d^ cinq jours; et quant mondit seigneur d'Alençon tt Jean de la Roche furent informez du cas avenu , envoyèrent requérir le comte de Honenjton à leur secpi^S) lequel ne voulut venir s'ilz ne luy bailloient places en^Poictou, et ilz n'avoient que'Niort et fertueiU *

lieniy et quant le Roy câgnipt leur mauvaisetié et dissimulacions, il se délibéra de tirer à Bourges à ses trois Estasy et luy estant ài^piôtiers, le jour de Quasinodoy en venant de sa mess4|| sc^ut la prinse de son chasteau de Saint^Maixent par^îl]g>ndit seigneur d' A iençon et ledit de la Roche^ èl- qjue^auèuns des bonnes gens s'estoient retrais enl'uitg'diè.portals de ladicte ville; et se liesta dedisner, %t ayec ung peu de gens d'armes qu il avoil aydit liçu dé Poietiers ^ fist telle diligence que ledit^ jotù* par ledit portail il recouvra sadicte ville; et^'pourrappressepientde la nuict s*en eschappèrcmHéGm^ d^Alen^Dn et'de^ Roche.

Item dfepuis, lé^Roy tintée siège devant ledit chasleau^huit ôu'diji^.joors et le 0t batre d'angins et de boinbardes, tellement qu'ir eut ceulx de dedans à sa vblenté/el qd fist trari(!her les testes et morir jusques •*:f '^'î^^[^|u^tre 11^ vingt-cinq; et à bien soixante , p^l^te^uHl^T^Voienl tousjours servy en ses frontières,

if/tf/i^^Tliirânl ledit siège, mondit seigneur d'Alençon aniCM mondit seigneur le Daulphin en ce pais 4l'Auv«rgne detersi mondit seigneur de Bourbon.

'Ilem leRo^, cuidant qu'ils se deussent depporter

ik CHRONIQUE DE mItHIEU eAcOUCHY.

de plus luy porter I^iIêut, s'en retourna de rechef à Poîcliers, pour vouièir' aller à ses trois Estas, consi derant qu il les avoit fait longuement attendre audit lieu de Bourges*^ doi^tï^y desplaisoit; eut nouvelles qu'ilz avoient fait prendre sa ville de Cengoinx et mis le siège devant Montferranl et voulu prendre Clerroont et assembler lç% nbbles d'Auvergne, pour d'eulx avoir le serment contre* luy , et esèript lettres à ses pais de Languedoc et du Dailphiné, pour assembler les Estas desdiz païarki «a Tiile de Lion, promettant de faire abailre les ^ides^ causftns que tout se faisoit pour mettre ordre en ce Royaume ; lequel ordre y eust esté bien petit, se Di6u#'y eustpourveu, considéré ceK luy qu'ilz ont accousHinàé de tenir en leurs propres seigneuries et mesmtfiâeDt eiHenrs personnes jusques icy . Item le Roy , Woyant leur continuacion en leur mauvaisetié, se delibetâ de venir en cedit pais deffendre le sien;;el s^nsi^qu'ihvouloit partir, arriva devers luy Bertrandoà dé la Brouquièrë, conseiller et premier escuyer t)R|Q^haDt de Inons^gneur de Bourgongne, lequel loy stpporta lettres de par mondit seigneur de Bourgongjae, pour le requérir qu'il voulsist, pour l'amour de luy, à.'avoir r^|;aFt es choses dessusdictes et qu'il luy pleut pardonner à nàondit seigneur le Daulphin et à m^diz seigneurs dé . JBoiirbon ^ d'Alençon, devers lesqi^elz, veu \e bon congié«dujl0y^* 11 avoit enchargé sondit escuyer d'î^ljér; et^eflr escrip^ ^. voit pour leur démontrer leurs faultes et 1^ çdIioi:ter d'eulx mettre à leur devoir envers le "Roy .^ 'De ■ laquelle allée et aussi dudit appaisemeût fUt^/xiotent le Roy, pour l'amour et honneur de mondif seigneur de Bourgongne, qui si très affectueusement l'en prioit.

Iteniy après le partement dii^it Bertrand^D pour 9)ler devers eulx^ le Roy partit de Poictiers àpuissance, pour venir es pais d'Auvergne et de Bourbonnbis ; et ^ s en venant, vindrent au devant de luy monseigneur le comte d'Eu j qui pareillement, du congié du Roy, estqit aAé pourchasser aucunes assignacionsqui avoitaudit païs de Bourbonnois, et ledit Bertrandon^ jusques à Guo et Achambon^y qui sont deux villes à une liejtte près Tune de Tautre, lesquelles le mesme jour îe Roy avoit fait p|]endred'assault; et rapportèrent au Roy de par mesdiziseigneurs plusieurs paroles pour venir à appoinctemept; desquelles le Roy ne peut lors faire responce, pour ce ^qu'il partoit le lendemain, pour tirer à Montagù au gi^te.

Ite/rij et le lendemain, sans arresten. imt prendre les villes d'Esboeule et de Charros/^ c'est assavoir celle de Charros d'assault, et Tautfte par composicion. Deux jours après vint devant la ville d'AigCiesperse, laquelle se rendit à luy, et illec fit la response à mondit seigneur le comte d'Eu et audit Bertraridon, c'est assavoir qu'il n'entendoit à nvà appqÛQCtement se lesdiz seigneurs ne luy rendoit avant toffites autres choses franc et quitte monseigneur de Gaucourt , lequel ilz avoient prins en allant au Daulphiné sby mettre à point pour aller avec les autres aibbassadeurs du Roy à la paix generalle de 'France et d'Angleterre.

Jtenij (jl^^irant ,que Id^^dfssusdiz monseigneur d'Eu

et Bertrandon allèreisilIt'Sakit-Poursain devers mesdiz

.l^jgpeurs, le R^se mi$t sur le3 champs et mist à son

. plE>âssc||nce, les ui^s par, foi;pe et Içst autres par compo-

•|j|ciiMll^ plus de vingtci^q Toiftèressesk

1. Sk.'Siias doute. Bonrbon-i-l'Arc)iainbault et Buxière-la-Grae.

i6 eaiRONIQUE DE MATHIEU D^ESCOUCHY.

Item^ luy délibéré dès le lendemain soy mettre sut* les champs et aller mettre le siège audit lieu de Saint- Pbursain devant lesdiz seigneurs, trouva en son chemin mondit seigneur d'Eu et ledit Bertrandon, qui luy • ameinèrent môndit seigneur de Gaucourt; lesquelz Itiy dirent de par mesdiz seigneurs plusieurs humbles paroles, en luy requérant qu'il ne voulsist tendre à leur destruction, et qu'ilz estoient prestz de luy complaire et obeyr, en eulx excusant des choses faictes, luy suppliant qu'il luy pleust eslre content que mesdiz seigneurs de Bourbon et d*Alençon vinssent, en aucun lieu où luy plairoit, parler à messeigneurs le connestable et de la Marche , pour par leur moyen mettr» ^ mohdit seigneur le Daulphin et eulx mesmes à sa bonne grâce*

Item le Roy, voyant leur humilité et aussi pour complaire aux requestes que mondit seigneur de Bourgongne luy avoit faictes, se délibéra de mettre ses gens en garnison ez places"^ qu'il avoit priuses, et de venir ^. de sa personne en ceste ville de Clermont , et que I^ convencion desdiz seigneurs se fîst aux Cordelliers de * Montferrant, qui n'est qu'à un quart de lieue de ceste dicte ville, le premier jour, et les autres journées aux Jacobins, qui sont devant la porte de ceste dicte ville; . -. ausquelz lieux ont esté mesdiz seigneurs, passéadeiix . jours, et y sont encores, pour trouver mapière d'ap^'^, poincter sur le tout. .y ,' -

Itern , \et après plusieurs parlemens et ouvertQreil . faictes d'un costé et d*aulre , le Rqy , à la fin • ^ «^ -: condescendu de les avàir^'dQresens^vant à . savbnrife grâce, pour les causes dessoubz declar^es^ ^ accoil^ plissant les poins cy dessou1)z escrips. ' '

Itenij après le parlement dadit Bertrand^D pour seller devers eulx^ le Roy partit de Poictiers à puissance^ pour venir es pais d'Auvergne et de Bourbonnais ; et en s'en venant, vindrent au devant de lu y monseigneur le comte d'Eu y qui pareillement, du congié du Roy, éstoit aflé pourchasser aucunes assignacionsqui avoit audit païs de Bourbonnois, et ledit Bertrandon^ jusques à Guo et Achambon^, qui sont deux villes à une liepie près Tune de l'autre, lesquelles le mesme jour le Roy avoit fait pi^dre d'assault ; et rapportèrent au Roy de par mesdiz^seigneurs plusieurs paroles pour venir à appoinctemept ; desquelles le Roy ne peut lors faire responce, pour ce «qu'il partoit le lendemain, pour tirer à Monta^ii au giftte.

Iteniy et le lendemain, sans arrester^ Wit prendre les villes d'Esboeule et de Charrosf c'est assavoir celle de Charros d'assault, et Tautrle par composicion. Deux jours après vint devant la ville d'Aigtiesperse, laquelle se rendit à luy, et illec fit la responsié à mondit seigneur le comte d'Eu et àu(Çt Bertraridon, c'est assavoir qu'il u'entendoit à nul appoinctement se lesdiz seigneurs ne luy rendoil avant tomes autres choses firano et quitte monseigneur de Gaucourt , lequel ilz avoi^nt prins en allant au Daulphiué soy mettre à point pour aller avec les autres ambassadeurs du Roy à la paix generalle de-Fraticé et d'Angleterre. 'j Item^ (|iirant,que let^dfssusdiz monseigneur d'Eu €| Bertrandon allèrent à SaÎD^Poursain devers mesdiz JleitoeurS) le RojiSiM mi$t sur les champs et mist à son p|ië|$9i|pce, les uq^s par.foqpe et le» autres par compo- .(ficinMf plus de vingt-ci^^q Tof tèressesk

1. 6'4^«*S«Ds doute Bonrbon-^VArcliainbanlt et Buxière-la-Gme.

. facent et rendent l'obéissance que tous les bons, vrays etloyaux subjects sont tenus de raisonnablement faire et rendre à leur seigneur naturel et souverain; et, en ce faisant, le laissent et souffrent jouir et user, et s^ commis de par luy, franchement et paisiblement,

^de tous drois royaux en leurs terres ef seigneuries, et

' * cesser detoute voye de fait et de guerre au Royaume, et

faire donner congiéà toutes manières des gens d'armes

%. et de tr^it qu'ilz tiennent et ont longuement tenus

suf lei champs, à la grande desplaisance du .Roy et à

la trè^ grant charge de ses subjects, et contre raison,

car toute la guerre dudit Royaume appartient au^ Roy

•et à Èes officiers et non à autre, et n'est nul si grant

r audit Royaume qui puisse ou doive mouvoir guerre

^ na tenir gens d'armes en icelluy, sans l'auctonté,

^commission et mandement du Roy, et qui fait le

. contraire doit ^rdre et confisquer corps et biens envers luy, selon les drois*

ftemy qu'ilz rendent* jau Roy monseigneur le Daulphin son ulz eu ^obeiss^^nce qu'il luy doit faire et que à ce le vueillont induire et conseiller ; eJL s'il vouloit faire le Contraire (que Dieu ne vueille !), que en ce ne le ^vueilient aucunement cons^Uer ne favoriser ou ponforter, ne le recevoir et 'tenir en leurs villes et places contre la volenté du Roy son père.

Item y qu'ilz vueillent bailler et délivrer au Roy tous ceulx qui ont esté cause, conseillers, promoteurs et conduiseurs de ce présent 4ebat, et d'avoir induit monseigneur le Daulphin et lesdiz seigneurs à eulx mouvoir et eslever contre le Roy, c'est assavoir : le sire de la Trimoille, les seigneurs de Cbaumont^ de Montejean et de Prie^ messire Jacques de Cbabannes,

le sire de Saint-Pierre, * Jean de la Roche, mq^sire Jean Sanglier, Bouciquàut, et tous les. capitaines qui avoient fait à Angiers au Roy le serment, et proAis et * juré de le servir envers et contre touS,' et dq tenir son ^ ordonnance qu'il avoit faicte sur lé fait de la guerre^ pour en &ire et ordonner ainsi qu'il appartient par raison ; et se lesdiz seigneurs vouliSîent dire qu'il n'est en leur faculté et puissance de' les bailler et délivrer au ïloy, au inoins qu'ilz les mettent hors de leurs compagnies et ne leur donnent recep, confort, ne aifle contre le Roy et sa justice. ' * ^ *

Iteniy qu'ilz baillent et délivrent et facerit bailler et délivrer reaument et de fait tous ceuk qui ont esté prins par leurs gens, et autres qui sont souBz eulx, avec tous leurs biens, chevaulx et harnois quelconques, car^ comme dit est, nul n'a droit de ^irejguerre ne pren-« dre prisonniers audit Royaume sans^ Tauctorité et congié du Roy.

Iterrij qu'ilz luy rendent et délivrent, et facent rendre et délivrer, franchement, reaument et de fait, tous ses' chasteàulxj villes et forteresses que lesdiz seigneurs et autres de leur parti détiennent, c'est assavoir Loches, Cenqùoins, Dorame, Sajnt-Poursaih, Sancerre, et toutes les autres places et* forteres^s qui fur^ilt du«feu comte. Daulphin, et tqutes autres estans en la main et garde de sa justice , tant de^ sa court de parlement qp'^Ileurs, et pareillement les [^aces de Corbueil, du

Bois de Vincennes et de Braye-Com'te-Robert, avec ses bombardes et autre artillerie qui fut prinse auprès djB Gannat.

Item^ veut que pour pliïs grant seureté et fermeté d'exqcuter, tenir et garder les choses dessusdictes do-

reseoavant, ^ns jamais mouvoir ne faire gue9« ou , ^ voye de fait en son Royaume oultre son congié, ainsi " que afesté fait par plusieurs fois au temps passé, qu*ilz / ^mettent reaument et défait es mains du- Roy certaines notables villes et fchasteaulx^ telz qu'il plairra au Rôy nommer^ es terres et seigneuries desdie seigneurs^ pour les tenir et garder, en sa main, aux despens de la revenue d'îceidx, tant qu'il luy plairra.

^ Retponse faicte par mcsseigneurs aux demandes

faietes par le Roy.

A ce premier article , mesdiz seigneur^ 'dieni qu'ilz ^nt tousjours tenu et veulent tenir le ' Rdy estre leur naturel et souverain seigneur, et le veulent tôusdis. * honnorer, servir et obéir a^isi^ue raison est. * ..

A ce seoond article, mesdiz seigneurie dSent qu*ilz ont tousjours eu vouloir et auront de faire Tobeissanœ au 'Roy, comme ses yrayset loyaux parens et subjects, çt le laisser jouir et user en to^tes choses de ses tirais royaux en leurs terres et seigneuries, comme ses prédécesseurs ont acconstumé de faire ; et au regitt des geQs d^ar/nes, moudit seigneur et mesdiz seigneurs • dient et supplient très humblement au Roy qij*il Juv plaise, tant sur les leui^ que sur tous autres, çiettre * t tel et si bon ordre et retranchement que ceste dolem^ ^ ' pillerie puisse cesser, au bien et alegement.du po^ • . peuple, en prenant et eslisant capitahies convenables « et sufTisans, tant de ceulx du Roy comme de mesdiz seigneurs, pour conduire et gouverner le nombre des ,• gens que le Roy pourra et voudra soUstehir pour le /

PIECES lUSTlflCATlVES. * 21

fait de sa guerre; car ce n'est pas l'enleicion de m#sdiz seigneurs de vouloir tenjr gen^-^'aroii^ ^ur tes champs, •' ,. " ^'

^A ce tiers article, touchantmondit seigneur le.Daulphin, mesdiz séigneute dient que de tout leur Iqyal^ pouvoir s'employeront^ l'induirt^nt et conseilleront à venir devers Je Roy son père le plus brief que faire se pourra, pour luy faîre rhojjneur, rév.erancé et toute obéissance en toute huoiilité, ainsi qu'il appartient ; et ^ semble à ÇTCsdiz seigneurs que en gênant aucuns moyens envers tnpndit^ sçigneur, que la chose se pourra bienetbrîeT conduire, à l'honneur et plaisir du Roy e^ de mpgâit seigneurjmesmes. ^

A ce quatricsme articl^^ semble à mesdjzr seigneurs qu'il est trop, £R^e , et qde moudit seigneur, qui est chef d'eulx touset^de toute leur compagnie, s'en pour* roit trtKibler et d^eroit cause de retarder sa venue devers le l^byj et s'il plâist au Rpy, à la supplicacion ef rëqijjeste de^mondit seigneur ^l de mesdiz seigneurs, * leur^parâonîiera, et demeureront à leur premier estât,

A ce**fcinquiesme article, 'touchant les prisonniers, sembléf à mondit seigiieur et à mesdiz seigneurs, s'il plaist au Roy^ qiié (]|f&t chof e bien raisonnable que tous prisonniers d'une partiip ef d'autre, *sans nuls exjcepter, soient éelivrez. ^

'^'A ce sixîëfme article, touchant les places prinses ^et détenues, etc., înesdiît seigneurs dient que mondit S€%neur et eulx sont et feront contens de bailler et remettre au Roy les places de Saint-Pdursain et CenquoirK, et aus^i de reiîiettre les places de Sancerre et autres de la conté Daulphin en la main de la court de parlement et dès commis'qui pâravant y estoient pour

22 CBRONIQUE DE IVIATHIEU DTSCOUCHY.

le Roy; et au^egaïd de Loches et de Domme, mondit seigneur te'Daulphin et mesdiz seigneurs supplient très humblement au Roy qu'il luy plaise les laisser à ceulx qui les tiennent; mais quanta Corbueil, le Bois de Vincennes et Braye-Comtc- Robert, mondit seigneur ^de Bourbon est prest de les lui bailler, en fournissant Tappoinctement autres fois fait entre luy et mondit seigneur de Bourbon.

Et quant à ce septiesme article, s'il plaist au Roy, il s'en desportera, car il peut et doit estre assez seur de mesdiz seigneurs.

S^ensuit la requeste que monseigneur le Paulphin

fait au Roy.

Mondit seigneui^le Daulphin requiert au ^oy quMl luy plaise qu'il soit et demeure tousjours en sa bonne grâce et bien vueil lance, ainsi qu'il désire et a toujours désiré sur toutes choses de ce monde , et que s'il a prins aucune desplaisance en chose qu'il ait faictb ne qui soit advenue le temps passé, luy plaise de luy - pardonner et les mettre hors de son cuer.

En oultre luy supplie qu'il luy plaise que pareillement les autres seigneurs qui en ces matières" l'ont servy, conseillé, conforte et adhéré, comme messei-. gneurs les ducs de Bretaigne, Bourbon' et d'Àlençon, messeigneurs les contes de IVIonlpensier et de Vandosme, le seigneur de la Trimoille et tous autres , soient et demeurent en la bonne grâce du Roy, et pareillement leur pardonne toutes choses passées et d'aucunes, etc., et sur ce en donner ses^ lettres telles que lesdiz seigneurs adviseront.

Item^ pour entrelenir Testailt de 'mondit seîgheur,' plaise'au Roy luy bailler son Dauiphiné, car il luy semble qu'on luy fait tort que pieça ne Ta eu , veu que les autres Daulphins l'ont eu j es temps passez, en moindre aa^e qu'il n'est de présent. * .

Et pour ce qu'il semble que ledit païs de Daulphiné

ne sufHroit pas pour fournir à Testât et despeilce de

mcMidit^seîgaeuf, il supplie au Roy ^qu'ii luy plaise «

.luy ordonner et adviser ailleurs^ et l'assigner en lieu^

' seur où il n'y ait point de rompture. ^ *•,

Item^ el*pour ce que doresenavant est lidîte eî convenable que madame la l)aulphinesoit plus cpntibuele- ^ ment avec mondit seigpeur qu'elle n'a esté le temps passe, plaise au Roy ordonner Ip fait de sa despence' en Heu où il n'y ait pareillement aucune romplure*. *

Ite^j et se c'estoit le plaisir du Roy de bailler Ja charge de Languedoc et de Guienne ou de la France à mondit seignevr, il mettroit peine d'y bien servir, au bien du Roy et à son honneur; pour ce^luy supplie qu'il luy plaise luy en bailler l'une des deux.

Item, moudiX. seigneur le Daulphin reqiiiert^ très humblement tiu Roy qu'il luy plaise que toute% les villes et places qui ont obey et recueilly mondit sei- , gneur et mesdiz seigneurs^ et aussi que toji^ceulx seigneurs et autres leurs officiers et serviteurs^ de^ quelque estât et condicîon qu'ilz soienf, qui ont servy • mondit seigneur et mesdiz seigneurs, demeurent en sa abonne grâce et soient remis enf leurs terres, estas et . q^ces, et que pour chose qu'ils ayent fait, ils n'ayent poiir ce mal,^oule, desplaisir ne dommage en aijcune manière, mais leur pardonne et Jeur face octrojfter sefe lettres, cottime devant est dit, car pour rien mondit

24 CHRONIQTJE DE MATHftU IVE9G0UCHY.

'. seigrfeur ne les voudr5it abandonner, attendu que ce qtt'41z ont fait a^esté par spa ordonnance et cohiman*

dément. ^sr

dess^sdi:

"* Quant na(t>nseigQeur«le Dautphiii^enjlra devers le ^ \ • • Roy en Immilitë qu'il doit. le^Roy le'traictèr^ jCO;|bife «^on seul filz, et pourvoira arestatdeiû^et^e madame** *' faflb^iilptvne en manièi% qu'il en devra estn^content ; -^^ ^ , * ^ 'et quant aux autres reqyestes cy^eims declaréeik^'qtii ^ ^ ^ touchent autres que mondit seigneur le Daulphia , ' , ,^ant il spra devers lQ*Roy,*^n rera tant et si avant que raisonnablement il en' devra estre 4^ntent. %- c

^ Articles demièrament accordez aux Jacobins prêt Clermont x

par mesdÎK. seigneurs et les geM du Roy. "*

*Aa* premier itrticle : MfesiRz seigneurs tiepnent,

pot tAusjôurs tfenu et veulent tenir le Roy pour leur

pa\urel et souverain seigneur , et le feulent servir^

olfelr et^honnorer comme tel, ainsi que raison est;

et au regard de ce qu'il plaist au Roy leur j)artfonner

et les Tece voir efi sa bonne grao^ ilz Ten meroient et V

.•fen supplient *très hufnbletnént, et qu'il les vufjÛle., >

traîctcr comme ses bons^arens, subjects et obeissaus

. à luy et à sa couronne. ^ ^ *^-^.. • *•

fc • ■ ■ ^

**" Au second article : Mesdiz seigneur%^sont pte$^2r.

. * i . Mlfiténsque indique ^d des articles ingérés d^ la réponse personnelle que ût le dauphin. Voyex ci-des^^ous, p/28.

.^ PIÈCES JUSTinCATtVES. 25

dejc^ faire et rendre robeïssaace;<j|ie tons bons, vrais, tbyanx silbjects ^ parens sont teous ât^ raisonnablement faire et rendre à leur naturel et ^6^^ yerain seigneur, et qu^'il puisse jouir et uses par

«#es commis et deptitien ne ses drois royaux en leurs ^ terres et seignei|pes, airisi comme ont accous]|pmé ses prédécesseurs, et fairont cesser toute voye de fait el de guerre par tout son Royaume de leur part et en tant qu'il leur |ouclie, sans fraude ou decepcion.-

llem\ et aii regard ^es gens d'armes et de trait, ilz sonVïliétitras que plus ne vivent sur les champs soubz euU ite*i(p leur aveu,,#t les rçmellre au Roy, comme raison est; etneleur donnerez faveur,ayde, secoiflfs/ M côhforr.ou retrait en nulles de leurs villes , places ou fortejieKse»/ ne en nul de leurs pais, contre la vo-

^lopt^r du Roy ; et si le Roy se», met ajj^ pour aller * en'pérsoniie en guerre, luy supplient mesdiz seigneurs 4flffl leuA^ueilltt bailler à coascun retenue de gens .

* 7i armes et de trait, selon leur estaWet qu*il leur appartient, ^poilP le servir.

^ lpl^9 et au regard des places^et terres qui sont en fronnWe, le Roy ep ordonnera et y faira telle provi-r sion qu'il] vairra estre à faire et qu'il lui sera possible, et ai^surplus^ pour le fait de ses frontières^et de sa guerre, prendra tel nofftbre de gens et ordonnera tek ca|»itainestque bon luy semblera.

* Au troisième ^rticle toubhant monseigneur le Daulphin : Mesdiz seigneurs fairont leurs loyau^t pouvoirs de rinduire et luy conseilleront de venir devers

le Roy son père en^ toute jiuftiilité et obéissance, ainsi

i . Ce paragraphe pe se trouve pas dans la réponse du dauphin.

26 CHRONIQUE DE MATHIEU D'ESœUCHY.

comme bon fils doit faire envers son seigneur et pçre, pour Taire et obeïr à tout ce qui luy plairrja ordonner par les meilleurs moyens qu'ils sauront et pourront adviser*.

.Et pour ce que le Roy veut mettre ordre a sa gucur^ et faire ^cesser la pillerie qui a esté jusques à preaeM sur son peuple^ par la desordonnance que chascun a voulu prendre et lever gens sans yaii^pBKtë et congié du Roy, ce qui ne se peut ou doit faire, le Roy veut et ordonne que doresenavant toutes gens d'armes et de trait soient soubz luy, et que nul seigtleurcia son sang ou autre, de quelque estât qu'il soit^ ne tendra ne n'aura gens sur les d|;iamps, et que chascun des<^ seigneurs de son sang jure tenir et garder ceste pr^

sente ordopnauce. '

Àuquatrie^me article, qui semble à mesdiz seieÉieurs^ trop ^igre, etc., il demeurera en suspens ji^squ'à ce que mondit seigneur le Daulphin soit venu deven»*]fc Roy, comme dit esjl; et lors mondit seigi^ur le 0aulphin et mesdiz seigneurs pourront faire telles requestss et suppliéacions au Roy que bon leur seo^lerflj^ et le Roy en ordonnera à^son plaisir.

Au cinquiesme article touchant les prisonniers, elc*^ le Roy est content que bhascun face de son cosjé des prisonniers ce que bon luy semblera, en les mettant à finance raisonnable.

^Au sixiesme article touchant les nlaces qui doivent estre rendues au Roy et remises en sa main, etc., semble que l'article doit demeurer en Pestât qu'i]^ est; toutesfois mondit seigneur le Daulphin et mesdiz sei*

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