T>fl réponse du Danphin s'arrête ici
PIÈCES JUSnnCATIVES. -. 27
gneurs pourront faire au Roy telles, requestes i^ue bon leur semblera, et le Roy en ordonnera à son Êon plaisir.
Iterrij et au regard de Cor)>ueil, du^Bois de Vîncenne^et de Braye-Conte-Robert^monseigDeiirdé Bourbon dit qu'il y a certain appoinctement fati sur ca^ leq^yiel seraveu, et sera fait ce qu'il appartiendra de raison. Le'lloy aura lesdictes places en sa main avant toute œuvre, et, veu leditâppoinctement, leJRoy en faira ce \fx% devra par raison^ et de ce faire donnera'^onne senreté. .>
*Item^ ne fairont ne pourchasseront mesdiz seigneurs par Yoye de fiiit directe ou indirecte ne autrement,^ en quelque manière que ce soit, aucun mal, desplalsir oq .dommaçe^à nul des seigneurs qui ont servy et accompagné le Roy en ceste besoigne^ ne à aucun de ceulx de son conseil, officiers et serviteurs, capitaines, gens 4'arnies, seigneurs, ou autres gens de guerre, gens de villes ou autres, de quelquet^ondicion ni qualité qu'ilz soient/
* "^Au septiesme ai^cle, mesdiz seigneurs dient que ce présent appoinctement sera exécuté, el sera s\gn^ de leurs mains et scellé de leurs sceaux , et promettront de le tenir de point en point, sans enfraindre, sur tant qu'ilz se peuvent maisfaire envers le Roy, et sur leurs honneurs, et au casqu'eulxou aucuns d'eulx fairont le contraire, cjue les auti%s seront contre luy avec ItRoy. ' '
28 CHRONIQUE DE MATTOEU D'ESCOLCHY.
Cest la response que monseigneur le Daulphîn Teut et ordonne estré faicte au Roy sur les. articles <{ue le Roj a 4ernierement baillez aux ^igneurs. ^ ^ .
Nous ne pablion? pM ici cette réponse, qui n*est que la*repvodttc&a des 'mémoires des pfiuces. Noos nous bornons à renvoyer aax articles iii|rqués ci-dessus d*UQ astérisquç, et à ajouter les passages fiiédja^
ff Au premier article.... » (Voy. p. 24). ^ ^ , ^ "^^^
^ c Au second articie.t.. » (^oy. p. 24. — Suite, p. 20 : c él^i»» gard....^ jusqu'à la ÎQn du paragraphe. — Fm. p. 25;(P Item^ et âh le- gard des places..,.») / ^ /• ^ .,
, c Au quatrième article... » (Voy. p. 25.) ^ ^
« Au'cinquiesme article.... s (Voy. p. 21 ; « à ce sixiesme article...;*) Addit,y après: < ceux qui ^ tiennent : >
c^t au cas que ce seroit le plaisir du Roy 'de les afoir, mondit seMneiir le Daulphin'et mesdiz seigneurs fairont tant que en, baillant récompensacion raisonnable au sire de Chaumout et au seneschalde Bourbonuoisqm tiennent lesdictes places, ilz des bailleront au Roy ^XH^jkm. faire um plaisir. Mais quant, etc., » (comme p. 23)i
Suite de l'art, cinq, p. 17. Àddtt,, après : a qu'ilz soient : »
c Et pareillement le Roy fafra de son costé, et au regart des aerri-^ tflurs de inondit seigneur et de mesdiz seigneurs, demeureront lètd£<^èf* yiteurs en leurs e&tas, offices et pensions i^mn» paravant estoient^cte.^ et en baillera ses lettres, etc. s ' ^■' ^.
c Item^ et au septiesroe article.... » (Vcyfp. 27). Addition ;^
a Et au cas que les dessufldiz articM ne seroient plaisai^ oa- agi^» blés au Roy,, mondit seigneur requiert et snpplie^irès-humblemeitt rdtn Roy que pour honneur et rcTerance de NostiÉ Seigneur, descharge de ion jfbyie peuple et éviter ceste présente division tant dangereuse , il Xuil
ye de fait et envoyer tons ses cens de'iniirre 1 ^
plaise faire cesser toute voye de fait et envoyer tons ses|;ens rencontre de ses anciens ennemis, et mondit seigneur le Dauphin offre et est prest y faire aller pareillement tous ceulx qui sont en soncnrioe et qui tiennent son party. •»
* f Et ce fait, plaise au Roy, pour reparacion de toutes letcentreprintet . et choses mal faictes, tant eo son.d?splaisir comme au pHjudice de ton Royaume et povre peuple, faire assembler làog^ il4ui plairra, en boo el sufiitant nombre, les trois Estas de sondit Royaume; eTmondit llrign^^ le Daulphin se soubzmet et est prest, soy faisant fort pareillement y faire estre et aller tous les seigneurs et autres adhèrent de son party^ pour illec demonstrer et déclarer ses justiiîcacioips et les leurs, et de ce faire reparacion au bon plaisir du Roy, par le conseil desdiz troi^ Estas, pourveu que tous autres qui seront trouvez en coul))e de ce présent trouble se soubzmettent et pareillement en facent reparacions.
/' PIÈCES JXJSTinCAtiyÉS. <*^^
« Et pour ce que, par aucun3 arti<des fais sur ceste matière, ippert quç le Roy désire fort complaire à monseigneur de^Bourgongne, pondit setf^neuT le Daulphin luy reqaiert et suppU| en toute humnité q^i luy . plaise«%igni(Ber qu'il soïï en personne âusdiz trc»»' was, ou y faire estre dc^âjpiluy notable aJfeasèadëy poi^^lus auctonsement. iliparâ* les ma» leéces passez ; ou si mieux plaist au Ro^^ Miondit seigneur le mulphin * offre sur ce attend!^ et xmkf le iéu| appoinctiinent de ihon£t seigneur de.Bourgongne^ 9 . • ^« I * •
.. {Copie fidie» en 167Ô, snr^nraiAre cî»ie, existant aux arcKifas di^âiAteau de Pau. Collection Doat/4^. IX, lol,i26-25IX \ . *
^ 4 4. 24 décembre 4441. ^|'
' ^Insti^ctiqnt^poiir.missîre Jehan Jofi^oy, docteur en decréli, doyeîtde.Vergey^ etmessireDreu, seigiféurtie Humiènes,^ «h^attier, chamoellan, copseilter de monseigneur le duc de Boufj^otttpe i0t de Bramint, élises atiibassadèhrs ^voyez de par ]jiy p^^evers le Koy ^t monseigneur le - ^ duc d^âfbans, d^ce qn ilz^ ont à dire de par.mondit
h seigneur. ^ ^ ' '
^ ^rtfnaîèremqpt, après la pr^senlacion des lettrée de moudit fei^eur^ddressans au Roy et les recomman-
- dacidj^s i6K3i|||^umëes, diront et exposeront comment *et en'^ensuivap^ çe^e»par mondit seigneur fu dit et respondu a moQsei|;neur la chancelier de Fcance, nagueres envoyé' de -par le Rqy par devers luy en sa
^kUIp de Hesdin, sur la^requeste que par luy avoit pieu au Roy faire faire à mondit seigneur touchant le* ma- ^iag6 de monseigneur Charles d'Anjou et de mademoiselle de Gueidres, niepce de mondit seigneur le duc, icelluy monseigneur le duc, incontinent après lepartêment de mondit seigneur le chancelier , fîst sa
30 CHRONIQUE DE IVIATHIEU D'ESœUCHY.
diligence d'envoyer par devers monseigneur le duc de Gueldres et madame la duchesse de Gueldres, père et mère de madicte damoiselle, et a sçeu sur ce^lçur volenté. •'
Item^ et que pareillement dès lors mpndit seigneur le duc envoya par devers monseigneur le duc d^Orliensy pour ceste cause, et aussi depuis, quant mondit seigneur d'Orliens vint à Hesdin, en parlèrent ensamble; et a trouvé mondit seigneur de Bourgoingnè toute bonne afTection' et inclinacion en mondit seigneur d'Orliens touchant ceste matière.
Item^ et lesquelles choses mondit seigneuî* de Bourgoingnè signidie au Roy, et au surplus pour respoinse à la requeste que fît mondit seigneur le chancelier^ diront lesdiz ambassadeurs que pour honneur et rêve- ' rence du Roy, pour Tamour dudit messire Charles et , pour considèracion des grans biens qui vraysemblablement pevent advenir dudit mariage, l'on *e|t d'accord d'y entendre par moiens raisonnables. -"*
Itenij et à ceste fîn, et pourbesoingiheren oû'ltreen la matière, diront lesdiz ambassadeurs que s'ilfdaiit au Roy et audit messire Charles commettre de leur gens ayant povoir soufOsant d'y besoingneir, qiondit seigneur de Bourgoingnè sera prest d'y entendre, et pourrontl es gens du Roy et dudit monseigneur Cparles venir aiséement par devers luy, attendu qu'il' est prc-^ sentement en ses pays de Bourgoingnè^ qdi sont ass89^ ^ prouchains et plus de beaucop quç ses pays de Picardie, Flandres ou Brabant ; et avecques eub? 'eD4 tendra et besoingnera U*ès volentiers en la matière dudit mariage, par tous bons et raisonnables moyens, comme dit est.
Itêm encoreSy s il plaisoit miéulx au Roy envoyer ses gens .et ceulx dudit monseigneur Xbarles par devers monditjeigqeur d'Orliens, en ce cas diront et bffriront au Roy lesdiz ambassadeurs que mondit seigneur de Bourgoingne , après ce qu'il sera certiffié du bon plaisir du Roy, envoiera volentiers ses gens notables ayans de lui.povoir suffisant^ pour besoingner en la matière et è.s deppendances ainsi qu'il appartiendra.; et diront lesdiz ambassadeurs que c'est la response qui leur est cbargée et drdonnée de faire au Roy tou- ""chant ledit mariage.
Iteniy excuseront mondit seigneur envers le Roy de ce que plus tost il n'a envoie par deve^ lui l^reladicte response, et fonderont Texcusacion de mondit seigneur sur la venue des gens de guerre du Roy es pays de Bourgoingne, lesquelz, jà soit ce que par mondit seigneur le chancelier de France .et Jehan d'Olon, escuier (l'escurie du Roy, envoyé de par luy, avec mondit seigneur le chancelier, par devers mondit seigneurie duc audit lieu de Hesdin, eust esté, entre autres choses, dit ^t afferiçé de par le Roy à mondit seigneur que lesdictes geos^de guerre qui lors estoient encoires devant Pontoise,à leur parlement d'Hlec ne y roîent ou entreroîent aucunement es pays de mondit seigneur, ne y feroient ou pourteroient dommaige quelconques, en disant de par le Roy à mondit seigneur, que vraysemblablement s'en doubtoit, que quelque chose que l'on luy rapportastau contraire, il nçs'en doubtast en riens; neantmoins sont entrez en sesdiz pays de Bourgoingne et y ont longuement sejorné, en y faisant maulx innumefables jde pilleries, r9beries, elTorcemens de femmes, prises et raenconnemens de villes et de gens,
r 32 COKÙmqtlE DE MATHIEU DfecorCHT,^ ^•
boutant feuz ^ assaillans bonnes ^Hles, et faisanfloiis autres emplois de guerre que mortels ennéims p^ent faire en pays de conquesie et beat^p plus enomi^ ment que par cy devant n'avQÎent encore 1a^ meMement durant la^ guerre^ et publiquement de mauxaises et. injurieuses paroles à rencontre dé mondU seigneur et de «es gens, dont il a esté et %t très desplaisant ël non sans cause, et mesmement ^ue wubz la co'Afiance des paroles desdiz monseignâir le chancelier e( Jehan d'Olon^ quilz lui avoknt dictes et asse^ijées de par le Roy, comme dit est, n'avoit aucunemratpolff-f veu à leur faire résistance. Pourquoy fuy a gynveùu^ pour la tuicion de ses pays, se mettre sus et se ^W- » porter eh ses pajs de Bourgoingne oh il' est Se présent. Et combien'que lesdiz gens de^^guerre, pendant la venue de mondit seigneur, se sbient reCraiz ^^J^ partis de sesdiz pays, pourtant mondit seigneur viA point deleissié d'y venir, et ii^ontinent qu'il y est arrivé, a fait partir sesdiz ambass2|dfurs, et plus ^tolt ne les a peu envoyer, obstant ce que dit est ; aussi à grant peine pour lorS en eust-bniifouvé gens*â*e&t|^ qui eussent voulu ne osé entreprendre le vqyaig|.«
Ilem, et diront que les choses dessusdictes, ton* chant les dommaiges fais à mondit seigneur et'' ses pays par lesdiz gens de guerre, mondit seigneur leur a ordonné dire au Roy, tant pour son e^tcusacion comme pour informer le Roy de la vérité, et non miè pohr faire autre requeste ou poursuite, ' quant à présent, afin que Ten ne puist dire que mondit seigneur veuille par ce rompre, empêcher ou délayer en yiensle fait dudit mariaige ; mais est bien son ent^ncion de, ^cy après, en temps et lieu convenable de ce, et de plu- .
sieurs autres tors et griefs à lui fais en plusieurs et diverses manières depuis le traictié de la paix et contre le contenu en îcelluy et aultrement, faire plus amples remonstrances, complainctes et doléances, espérant que bonnes et deues reparacions lui en seront faictes, ainsi qu'il appartient. ^
Iterriy à la Royne, à monseigneur le Daulphin «t à mondit seigneur Charles présenteront les lettres de mondit seigneur le duc à euk adrecans; et à la Royne et à mondit seigneur le Daulphin feront les recom* mandacions accoustumées, leur remonstrant le désir que mondit seigneur a de savoir de leur bon estât et santé, en leur suppliant que pour son singulier pjaisir leur plaise lui en faire savoir ; et à mond^ seigneur Charles diront que mondit seigneur lés a envoyez devers le Roy luy faire response touchant ledit mariage, comme par le Roy assez le saura. " ' .
Itenij en leur chemin passeront âisHr devefs mondit seigneur d'Orljens, soit à Orliens ou à Blois, là où il sera^ et lui diront que, en epsuivsfnt ce que par lui et mondit seigneur fu pourparlé ^ derrainemeut à Rethel, mondit seigneur le duc les enVçye par devers le Roy, et leur a ordonné passer par4uy et li#y monstrer ces présentes itislnictions et lui dire )oute4eur ch^irge, et au surplus eulx y conduire pW sgn advis.
Itenij et au repart de mes^ire lEstienne Armenier^ presidem^dim parlèinent de, mondit seigneur, lequel il àvoit eu en propo^ljlé enyoyer en cesfe ambassade, et aiftsi favôit dit à tnondit iSeigneur d'Orliens, diront les empeschemens et cafUses pour lesquelles mondit seigneur ne le y a peu bonnement envoyer, telles qu'ilz scevent et que de bouphe leur ont esté de-
JMI 3
dairëes, ^ excusant sur ce mondit seigneur comme dit est.
• Item et aussi . à leur retour, s'en revendront par devers mondit seigneur d'Orliens, et lui diront et rapporteront ce que par eulx aura esté fait et besoingné par devers le Roy es matières dessusdictes, et les respouçes qu'ils aurout eues ; diront aussi comment, en ensuivant ce qui fu pourparlë derrainement à Retbel entre mondit seigneur d'Orliens et mondit seigneur, après la relacion de monseigneur le bastard d'Orliens, mondit seigneur leur a ordonné de estre et demourer par devers mondit seigneur d'Orliens , en attendant la venue des gens que, comme dit mondit seisoeur le bastard d'Orliens audit lieu de Retliel, le Roy avoit entencîbn d'envoyer devers mondit seigneur d'Orliens, afin d'esire presens, et ouyr et veoir ce que sera dit et besoingné par lesdiz gens du Roy avecques mondit seigneur d'Orlieos, si avant que mondit '""seigneur d'Orliens les y vojuikira appeller, ou aultrement, ainsi qu'il lui plaira; ils lui diront aussi comment mondit seigneur est et sera prest die sa part faire au surglus tout ainsi qu'il a esté pourparlé et arresté entre eolx audit lieu de Rethek'- \
Item , diKgempient feront savoùr. ^ mfaVdUes | mondit seigneur le duc de ce qui sui^n^m par le chevaucheur que moqdit seigneur .^envoyé itvecqua eulx pour ceste cause , et aprèà' les cb^se^ ilessiu||;' dictes par eulx faictes #t accompUes dû flEJ^ |J!aû&r* de mondit seigneur dtOrl)eDs, s^n retourâjpirib^Je' plus diligemment qu'ilz poiikront par duvers rnoodit seigneur. . ' ^
Commandées et ordonnées par * mômeigneuit le
duc en sa ville de Dijon , le xxiin* jofir de décembre 1441. '^'^
Signé : ^Tronson.
(Collection de Bourgogne, toI. XCIX, p. #K C^^ extn&te des archWet de la Chambre des comptes de ^jon.}''*v''>'
JanTÎcr U42. '^'
Instructions à messire Robert de de par mon très
redoubté seigneur monseigneur le duc d^Orleai^s, lequel présentement va, de par mondit seigneur, devers mon très redloubté seigneur le duc de Bourgoin^iS.
Primo j dira de par mondit seigneur qu'il scet comme, en la ville de Retbel, fut appoinctië d^^pdr mesdiz seigneurs que monseigneur le bastard dT)rleans yroit, à toute diligence, devers le Royyluy dire le bon vouloir et entencion de mesdiz seigntiir» au bien de luy et sa seignorie, et la' cause dl^ M(^ venue de mondit seigneur de Bourgotegne ; aussi lë"^ bon vouloir que mesdiz seigneurs ont au mariage de monseigneur Charles d'Anjou et de mademoiselle de Gueîles : auquel^nariage nié^iliaeigneur le duc de Guelles, père de ladîciecdankSieUeY tf donné son cônsenteiAent ; et ainsi Ta rap{Sdrfl|i^ f^w mesdiz seigneurs au Roy aipndit sei^eur fcrbas^rt. ^
Itenf^ dira à moqdit séigftctnrque le Roy a esté très joyélte ^^ oy^ l>onnes nouvelles de mesdiz seigneurs, et ttmffemept quant il a esté de ce certifié par monse^eur le bastart j pour quoy le Roy , désirant le
peD ai toute sa seignorie, et aussi de parvenir à tous
36 CHRONIQUE DE MATHIEU D'ESœUCHY.
bons moyens qui pevent profliter à luy et à mesdiz seigneurs et aultres seigneurs de son sanc, aussi à la perfection dudit mariage, a eu conseil avecques aucuns des plus feables estans devers luy, pour la délivrance de monseigneur le bastart, et subz tout faire response à mondit seigneur monseigneur le duc d'Orleens, pour icelle faire savoir à mondit seigneur monseigneur le duc de Bourgoingne.
Item y que pour certiffier des choses dessusdictes amplement, mondit seigneur d'Orleens^ non obstant que le Roy sa volenté avoit dit et declairié à monseigneur le bastart, le Roy a envoyé devers mondit seigneur d'Orleens son chancelier et messire Loys de Beaumont, lui dire et exposer son bon vouloir; aussi declairier sa volenté subs la perfection dudit mariage, auquel le Roy a très bon vouloir, et pareillement mondit seigneur Charles d'Anjou.
Iterri^ ont dit yceulx à mondit seigneur d'Orieens que le Roy a promis à monseigneur de Lebret de secourir sa ville et chastel de Tartas, lesquels les Anglois ont assiégé par aucun temps; et a estéprins jour au premier jour de may, pour secourir ladicte place ou icelle rendre; et est la intencion du Roy de tenir ladicte journée, pourquoy ne puet estre longuement par deçà : car pour riens il ne lesseroit que ne tienne ladicte journée. Si est besoing que mondit seigneur de Bourgoingne avance sa venue, et qae monseigneur d'Orleens parle à luy ; et aprez que y aura parlé, qu'il face savoir de ses nouvelles au Roy, et incontinent le Roy partira et vendra à Boui^es.
Item^ dira que le Roy ne puet deleessier que il ne secoure ladicte place et que de ce faire a baillé sdb
PIÈCES JUSTinCÀTIVES. 37
sceelë; laquelle journée est sîgnidfiée aux Atiglois, passe a deux mois, ainsi que le traictié le portoit; et faut que le Roy soit devant ladicte place de Tartas devant ledit premier jour de may et pour le myeulx.
Item^ dira que devant le partement desdiz chanceliers, etc., que le Roy avoit jà fait savoir à monseigneur de Bretaigne par Rolant de Camé, lequel estoit venu devers le Roy de par mondit seigneur de Bretaigne , que ir se tiene pn^ pour incontinent s'en venir, aussitost qu*on luy feta^sâvoir.
liem^ que mondit seigneur d'Orleens présentement envoyé devers le Roy, afin qu'il luy plaise avancer la venue de mondit seigneur de Bretaigne ; aussi monseigneur d'Orleeus envoyé devers monseigneur de Bretaigne, pour icelle mesme cause; çt est le Roy contant de sa venue et de tous les seigneurs de son sanc.
Item , dira que monseigneur d'Orleens prié et requiert à monseigneur de Bourgoingne qu'il veuille estre à Nevers le xxvin* jour de ce présent mois, et que il luy plaise n'jr foire faulte.
Item j se mondit seigneur de Bourbon estoit party de luy, qu'il luy face savoir qu'il soit à Nevers audit jour; et pareillement monseigneur d'Orléans luy en escript.
Item^ dira que en la compaignie de monseigneur d'Orléans viendront, audit xxvui* jour, à Nevers, monseigneur de Alençon et monseigneur de Vendosme; aussi que mènera avecques lui lesdiz chancelier et messire Loys de Beaumont; et comme dessus est dit, fait avancer la venue de monseigneur de Bretaigne.
Item^ il dira que, veu que lesdiz ambassadeurs du Roy à monseigneur le bastart ont rapporté à monsei-
gneur d'Orlj^ans la voulenté du Roy, aussi de monseigneur Charles, touchant le mariage et autres choses bien proufTitables et desquelles ilz ont charge especial, a samblë à mondit seigneur d'Orléans, aussi à ceulx dont il a voulu avoir conseil, que il estoit plus expédient que les ambaxadeurs de monseigneur de Bourgoingne à présent ne alassent plus avant, et revendront à Nevers avecques mondit seigneur d'Orléans ; lequel seigneur dira les causes pour quoy luy a samblé ainsi
estre à faire.
Sî§né : Chables.
(CoOeetîon de Bourgogne^ vol. XCIX, p. 932. Copie exlnite da archives de la Chambre des comptes de Dijon.)
lY
'19janTierl442.
Lettre de Charles VH au duc de Bretagne.
Très chier et très amé frère, par Roland de Came, vostre escuier et conseiller, vous avons derrenièreroent fait savoir comme nostre cousin le bastard d'Orteans' estoit venu à Saumur par devers nous, et nous ttyoit dit que, entre autres choses, qu'il sembloit à beau frère d'Orléans qu'il seroit expédient que lui et beau frère de Bourgoingne pussent parler à nous aMmt nostre partement et alée en Guienne, tant pour la Ait du mariage aultrefois pourparlé entre b^u frère Charles d'Anjou et Tune des niepces dpdit Beau fi^re, de Bourgoingne, que pour autres choses touchant le bien de nous et de nostre seignorie ; pour ce que bien vouldrions que venissiez quant et eulx par deVfers
nous, s'ainsi estoit que venir y deussent^ yom faisioBS savoir par ledit de CarDe que vous vou^ yon^Âfllfi^ disposer et tenir prest pour y venir^ en cas que ttèrioDfi^ acertennez de leur dicte venue, et queie vous mions savoir. Si est ainsi que après ce que l^t .beau mre ' d'Orléans a sceu de nostre entencion sur Ç€|^ ân^l^àr ledit bastart d'Orléans que aussi par nostre ^^ha^celier, lequel, pour cesle cause, avons envoyé devèjsjuy, il nous a présentement escript et fait |ÀvoirJ|tpe'X47 ^t ledit beau frère de fiourgoingne seroient e^^mt^e*, pour cesle cause, le xxviii* jour de ce pre$ef|t ihôis, eu la ville de Nevers ; et pour ce qu^ biep ,;^ouldricfis et desirons l'accomplissement dudit marflige "et que vo^ lentiers vous'^e^rions tous ensemble. séHons bien joyeux, se possiSle vous estoit, (Jlie venisÀiez pai^devers nous nous accompaigner à leur dicte 'fod^e; et se ainsi est que bfjlîaement n'y puissiQe^venir,^K]l^rions bien que, en lieu de voiA et pour représenter vostrfe personne, y envoyés beau ^veu diTMoQtfort, «fvostre filz, atout plain p^^oir de vous, comm#se y e&tiez en personne ; ou se venir ne pouvez- vous* pe nostredit nepve^-Cj^ y ve^^B^j||i c nvoyfer aucune d&s plus notaÛe^l" Rostre coûÀâ , ai^ans de veife semblable povoirque des^s, pour estre presens à ^tout ce qui se trakSera en ladic|e assemblée , que espérons que nosdiz frères feront devers nou^. Et ces choses voluntiers vous signiiBons, qui requièrent toute baste et scelerité et ne se pevent délayer ne prendre long trait , pour ce que pour riens ne entendons rompre ne différer nostre voyage et emprise de Tartas, pour lequel nous convient incessament partir dedans le premier jour de mars au plus tard , avisé que toutes
ces choses saurez plus à plain par nostre amé et Teal cbevalier et conseiller et premier chambellaD le seigoeur de Gaucourt^ lequel pour ceste cause singulièrement envoions présentement par devers vous, au rapport duquel veuilliez adjouster toute foy et par luy nous acertainer de vostre enteucion sur ce que dit est, et nous faire savoir de vos nouvelles. Donné à Breasuyre le xnt* jour de janvier.
{CoUeetion de Bourgogne^ yol. XCIX, p. 945. Copie extrait» des ardiîyet de la Chambre des comptes de Dijon.)
37 jauTÎer 1442.
Lettre du duc de Bretagne au duc d^Orléans.
A mon très cbier et très amé frère le duc d'Orléans et de Valois.
Très chier et très amé frère, je me reconunande à vous. J'ay receu les lettres de monseigneur le Roy par le sire de Gaucourt , desquelles vous envoyé le double cy enclos; et par icelles ne puis aucunemq[it congnoistre Fentencion de mondit seigneur le Rd^ à nostre assemblée, mes me semble qu'il y a mutaoKm de termes et autre latin , comme par ycelles porres veoir à plain. Aussi ay receu vos lettres par messire Fircon et oy ce que m'a dit de vostre part ; sur tout bien au long luy ay dit et decleré mon entencion pour la vous rapporter. Si vous pri , très chier et très amé frère , le croire de ce qu'il vous en dira et à ses diz plainière foy et créance adjouster, et vous tenés seur que je suy tout prest, et par moyne tardera leveaige,
PIÈCES JUSTIFICATIVES. ^ . ki
et en riens ne besongneré sans vous, vous priant encores ainsi le faictes de vostre paiit^ comme je y ay mis seurté et pariaicte fiance. Très^ier et très amé frère, se chose vous est agréable que faire puisse, me le faisiez savoir, je le feré de bon vouIqît, au nlaisir Nostre Seigneur, qui vous ait en sa garde. Escr^t au Plesseix de Rezac lès ma ville de Redon, le xrvii* jour de janvier.
Vostre frère le duc de Bretaigne, comte de Montfort et de Richemont.
Signé : JehaiT.
Et plus bas : Cuooi.
{ColUetion de Bourgogne^ vol. XQX, p. 947. Copie eAJ^t det arehivet de la Chambre de« comptes de Dijon.)
Tènm 1442.
Instmctions données par les princes assemblés à Nevers an bfttard d'Orléans, envoyé par eux au Roi ^
S'ensuit en effet ce que monseigneur le bastart d'Orléans a dit au Roy de {Hr messeigneurs estans à présent à Nevers.
Premièrement, après la recommandacion faicte, a dit monseigneur le bastart au Roy conunent mesdiz seigneurs avoient eu bien grant esjouissement de ce
i . Je donne ici ceUe pièce et les deux suivantes , bien qu'elles aient été imprimées par D. Morice dans ses Mémoires pour servir tle preuves à V Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne (t. II, col. 1349, 1350 et 1358), afin de ne pas scinder Tensemble de ces documents.
que son plaisir avoit esté, ainsi comme il Tairoit fait savoir par monseigneur son chancelier j que messeî* gneursde son sang feussent et se trouyassent ensemble en la ville deNevers, et que pour ceste cause avoit envo^ monseigneur de Gaucourt devers monseigneur de Bretaigne pour hû faire venir, et que lui mesme estoit en voulentë de 8oy approchier et venir à Bourges, se il sembloit que bon feust à mesdiz seigneurs^ pour entendre et besongner es matières pourparlëes, et autres toudiant le bien de lui et de son Royaume, dont se ainsi se fîist foit esperoient mesdiz seigneurs que grans biens en feussent ensuiz ; mais mesdiz seigneurs efftoient bien esmerveilliez de deux choses , puis advenues, quNteur semble non estre bien convenables au bien desdictes matières.
La première si est de ce que, pendant le temps que monseigneur d'Alençon estoit venu audit lieu de Neversy la place de NyortJ^]|^ybit esté mise hors de ses mains , non obstant qu'elle lui feust tenue et obligée de bien grant somme», Pour quoy sujq^oi^Qt mesdiz seigneurs au Roy que ladicte ville de Nyort feust rendue à mondit seigneur d'Alençon , ainsi que de raison estoit, ou lui payer la somme qu'^ avmt dessus, ayant regart es pertes qu'il a faictes4|^eues a Toccasion de son service; aussi que c*estoit ^^devcnt estre aucunement desplaisir et foule à mesdiz seigneurs, avecques lesquelz il est venu en compaignie,' en espérance de s'emploier et servir en tout ce qui seroit de bien.
La seconde si est que mesdiz seigneurs ont veu les lettres envoièes par ledit de Gaucourt à monseigneur de Bretaigne, pour sa venue de par deçà, lesquelles ne
PIÈCES JUSTmCATIVES, ^^^iT, ^ 43
leur semble pas estre faictes en forme telle que làëti-p ' dit seigneur de Bretaigne desiroit ac^oil^t dont il leur'^' semble que sur icelles deust veniri;: par lesquelles il s'est excusé de venir, ainsi qu'il 'a ^t savoir à mes^ seigneurs. Pourqudjr supplient auJfcby que de rec^f il veuille envoler devers moi^t seigtfeur de bretaigne • pour le faire venir qp^ par deçà audit lieu de Nevars, et lui escri|^ et mander, par l^ettres et autreiftent, ^ forme et manière que mondit seigneur de li^taignè n'ait cause de s'excuser, car à mesdiz seigneurs semble que sa présence est très nécessaire pour le bien et advancemei|l''des matières, car sans lui ils n'|r iffhilent aucunem||[|f procéder; et, après ce'^e n^pn^lt seigneur, de ^Bretaigne seral^venu et assemblé avècquès mesdiz seigne^^rs , eulx toui| ensamt||ir envoleront dut vers le Roy iKÉbttrgeà, se son plaiâb est de y venir, ou aUleui^ où il sera^^ leurs ambassaaeurs^ p Air piiis avant besoing^er au fiaôt 4^ manage dàiâr il a^esté parlé, e^%dpres matières qili touc^nt grandeufint le bien de lui et dé soiiJRoy»iinie.# ^ i
ir ofe r
RespQDse faicte sarol par le ^of à ârodit seigneur 1^ ba^É^ parla TOucb^ 49^ monseîgne^^
npemièrffînent.^^n tant que toudliNI^'fait de.NTOrt, le J^oy jae Fa point mise en sa raâîif poinr faire aucun ti&t à iB^ondît iRgiieur d'Âlen^n, mais Ta fait pour ce que'^lsimlx d^ places de Guyenne estans Helà la Oiai^ni^ avojent de grans accointances et faveurs envers auduns dç làdibte ville de Nyort, comme il a esté trouvé par informacion, par quoy grans maulx et dommaiges en avenoient en ses pays de Poictou et de
Xaintonge, et pour double que lui estant en ce présent voyage de Tartas où il va, que veu les désobéissances et faultes que ceulx desdictes places lui ont fait et font chascun jour et que plus grans inconveniens irréparables n'en advenissent en sesdiz pays; et à ceste acboison Ta fait et non pour autre ; et veult appoinctier mondit seigneur d'Âlençon en la manière qui s'ensuit, bien desplaisant que mieulx ne le puet faire quant à présent :
C'est assavoir, que tout présentement lui fera deslivrer en sa ville de Bourges six mil escus.
/loifil) en la ville d'Angiers ou de Tours, dedans le XV* jour d'aoust prouchainement venant, x mil escus; et le surplus de ce que lui sera deub, selon le contenu des lettres sur ce faictes, lui sera fait et accomply le payement en l'un desdiz deux lieux, dedans le jour de la Toussains prouchainement venant , avec ce que la tçrre aura valu depuis le temps qu'il l'a prinse en sa main, jusques audit jour de Toussains^ qui sera payement accomply.
Iterrij quant au regart des lettres envoiëes à monseigneur de Bi^^aîgne, le Roy a fait dire (Jue telles comme elles sont, il les a fait faire en toute bonne, entencion, et n^e doit cuider le contraire, et tout en la forme qui lui ^mbloit j|ue plus le deust esmpuvoir à y venir , jomgt avec la créance qui luy avoit esté faicte savoir par ledit Gaucourt, qui est que le Boy lui prioit très adcertes qu'il venist à la Chatité ou à Nevers où mesdiz seigneurs dévoient estre; et que s*tl vouloit avoir lettres en aultre forme et aultres choses servans à sa venue, que le Roy le feroit et qu'il les auroit avant qu'il feust hors de son pays : car vçri-
PIÈCES JUSTIFIC^^!^S. 45
tablement et de ce pevënt estre assurez mesdiz ^ei-' gneurs que le Roy vouloit et desiroit sa venue .del^ârs eulx , car il lui sembloit et sepable qiftllç y estoil él seroit très necessère. Bien des^it le Roy que, veu qu'il passoit par ses pays , s^il se fiist trolivë prez de où le Roy eust esté, qu'il fust venu Revers luy, car le Roy le eust volentiers veu et faî^ très bofitie chière; et quant il ne lui eust offert, moi^dit seigneur de Bretaigne en eust peu estre malcontent.
Quant au regart de le mander présentement, il ne semble pas aq Rdy convenable, ne le temps ne le puet souffrir; dont le Roy est très desplaisant : car avant que mondit seigneur de Bretaigrie peust avoir eu autres nouvelles du Roy, veu le lieu où de, présent il est y qui est ou pays de Basse-Bretaigne, ne lui seroit possible estre à Ne vers qu'il ne fust la fin de mars ou la my avril; et, comme il a fait dire par monseigneur le chancelier à mesdiz seigneuri^^il a à tenir journée au premieri||lir de may , pour le secours de la ville de Tartas, laquelle est en composicion de rendre aux Anglois celui jour, se le Roy i|'y es&it le plus pui8saQt; et que pour tenir ladicte journée il en auroit baillé son scellé et lettres signées de sa main, parlésquelles il promettoit à monseigneur d'Alberet, seigneur d'icelle ville, de tenir ladicte jdtimée ; à quoy pour nulle chose il ne voùldîtnt faillir, veu lesdictes promesses, ce que faire né porroit se longuement estoit de par deçà. Pour lesquelles causes convenoit que, se sa veûue sembloit à mesdiz seigneurs estre necessère audit lieu de Bourges, qu'il en peust estre informé en sa ville de Poictiers dedans le x* jour du mois de février, afin qu'il y peust estre dedans le xx* jour dudit
46 CBBpl^IQUE DE MATHIEU lyESCOUCHT.
' mois, car force lui estoit départir dudit lieu de Bombes, prenant son chemin es marches de Guienne, vers le pre* mier jour de mars, pour estre àTenviron dudit Tartas trois sepmaines ou ung mois avant le jour pris, tant pour mettre sus la puissance des comtes d'Armaignac et de Foix et autres seigneurs ses subgez^ oomme d'estre le premier sur le champ pour y avoir reprândre Tavantaige qui en teljâts voulentiers et de ooustume sff doit prendre/*
Et quant à sa venue a Bourges, par le rapport que lui ont fait ses ambaxadeurs , il n's^ pas cogneu que, sms la venue de mondit seigneur de Bretaigne , qui n'est pas chose bien preste, mesdiz seigneurs désirassent fort son approchemant et venue audit Boui^es; pour quoy il pr4Kt|dra son chemin le plus droit qu^il ptourra.
Si prie le Roy à mesdiz seigneurs qu'ils ne veuillent croire ne penser que pour cause nulle autre que dessus est dicte.' qui tant touche son honneur et bien^ il ne prent cehn voiage ; et que, se possible lui estoil faire autrement, son honneur sauf, voulentiers Teust délayé, pour entendre èsdictes matières, et dé toutte bonne entencion eust procédé par effet ad ce qui lui a esté requis et parlé de par mesdiz seigneur^ |^ mondit seigneur le bastard , touchant la venue de mondit seigneur de Bretaigne et aoltrement, et de sa venue à Bourges, pour entendre et besongner à toutes choses dont il eust esté conseillé 'par mesdiz seigneurs, au bien de lui et de sob Royaume, par4iBHtte8 voyes à lui possibles et raisonnables.
Si fait assavoir à mesdiz seigneurs que si tost que, à Taide de Nostre Seigneur, il aura tenu ladicte
PIÈCES JUSTIFlCi|»ES. J0 ,' . ^^ journée de Tartas, son entencion est d^ j;^|t9VrDer*^ ses pays de par deçà, soit auiÙt Ueu de ëour|;eS| qa aultrepart où pour le mîeulx sera advisé; ^î^râ bien joieux que mesiliz seigneurs et aiillrcs qui y vouldront estre, se ircuvent ensamble audit lieu de Nevers, ou aultre part où il sera advisé, el que alors trèsvoulentiers mandera ou tscrîpra, par toutes voyes qu'il ^mblera estre pour le miciilx, à mondit seigneur de Bretai^ne qu'il vipgne au lieu où seront mesdi/, seigneurs, car il désire de tout son cner qu'il y soit, et bien lui semble que sa présence y est très necessère. Et se tous niesdiz seigneurs ou les aucuns d'eulx veulent venir devers lui, très voulentiers il les verra, el de joyeux cuer les recevra en tout honneur et bonne chière, oii leurs ambasadeurs, oira debonnairement les conseils qu'ils lui vouldroieiU donner, au bien de lui et dt sa signorie. En quoy il vcult user et faire tout ce qui lui sera possible et de raison, conmie il doit, et tellement que Dit;u et tout le monde pourra congnoistre qu'il est enclin à vouloir- tout bien, et ce qui sera à l'ouneur elbiendeson Royaume et de sa couronne. . . ^
Prie et requiert^çiesdis «ÈÎ^eurs^ tant en gênerai qu'mt|>articulierj«n]<e en son ;^t>seâDcei«t pendant sondit voyage, ilz^^WlJli^s P^T^ sefvijlfiMrs et subgez pour recommaïUdez^-lagtMt la resistanjfeîftux efforts et ^eatr^I^ses que pourroientfelresès aopiena- ennemis, comme* auti^sj lur, ses subger, car il en a en eulx sa p^aittî^P^ce, jcomnie jaison est„- • -'QtfSflit au regart de la paix, -le Roy y a esté et est ei^clifi de y eqteodre et jjroceder par ■ toutes voyes licitssét-convenables,'coiimi.e il a bien monstre par
fait, car tousjours, quant il a esté requis par messeigneurs les ducs d'Orléans, de Bourgoingne et de Bretaigne de envoier es lieux qu'ilz requerroient ses ambaxeurs solempnelz pour besoingner en icelle matière , voulentiers les y a envolez avec pouvoir souffisant; ce que de la part des Anglois n*a pas tousjours ^esté fait. Pourquoy ne lui semble que de présent il puisse procéder ne besoingner en ycelle matière plus avant, pour les causes qui s'ensuivent :
La première, pour ce que de la part des Anglois ne lui est point apparu, par lettres venans du Roy d'Angleterre, advecans à ceulx qui ont esté moyens en ceste matière, comme tousjours il a accoustumé de faire, qu'il ayent acceptés de comparoir ne venir de leur part en nulz des lieux et aux jours qui par le Roy ont esté offerts à madame de Bourgoingne par monseigneur le chancelier de France.
La deuxiesme cause si est que le Roy, comme il appartient bien et que la chose lui touche principalement, désire et veult que quant ladicte matière se traictera, il soit près du lieu, afin que en sa présence les différences qui en ceste matière pourront esire, soient debatues et par lui conclûtes par le conseil et advis de messeigneurs de son sang et autres notables hommes de son Royaume, qui est en ensuivant la forme et manière que en pareil cas ses prédécesseurs Roy s en ont usé.
Tiercement , veu la journée qui est prinse' devant ledit lieu de Tartas, et à laquelle, conmie le Roy a ftoc^u, les Anglois ont intencion de eulx y trouver^ est à croire que quelques choses qui feussent pratiqua avecques la partie adverse, Teffect et ce qui ad-
PIÈCES JUSTIFICA'ÇpnES. . 49*
viendra à ladicte journée de Tartas en tUsposera grant partie. <•-'} <
Pourquoy samble au Roy que le plus expédiant et convenable en ceste matière seroit 41^ monseigneur le duc d'Orléans et madame la duchesse àe Bourgoingne, qui en ceste matière longueiitt^t s'en sont entremis, feissent tant envers le Roy d'A%leterre, que la jomée annoncée de par le Roy, par monseigneur le chancelier de France, à madicté dame la duchesse de Bourgoingne, au premier jour de may, féust prolongée au premier jour de septeml^'ifls oa ^'octobre prouchain venant , au plus loilg : pendant lequel temps le Roy, au plaisir de Dieu ^ S6iç^ ide retour es parties de par deçà, aura peu vèèir messèlgneurs de son s^g, qui seront audit lieu de Nç^rs ou ailleurs qui sera advisé, et oïr ce que en eeste matière lui vouldront dirô et conseillejr, ou les 'aucuns d'eulx, ou leurs ambaxadeurs^ rpar le conseil desquelz et autres seigneurs de son ^ng^.prdaç, barons et autres notables hommes de ce Royaum%il puist conclure du lieu où sera ladicte jornée, «t avecques <5e des choses qui s'y devro^^fub et puatiquer. En laquelle matière, et aittres qujFserôpt et^ pourront estre au bien de Itli et.de son Royaume, il a entencion de faire, en tQJPle mamère'^ue Dieu et tout le monde congnoistront "qu*il est enclin de faire et soy appUquer à toiittes choses bonnes et raisonnables.
{CoUeejfion de Bourgogne ^^ol. XCIX, p. 440 et 441. Copies extraites des archiyes de la Chambre des comptes de Dijon.)
50 CHEOiaQtJE DE MATHIEU lyESœUCHT.
VU
Après le 5 mars 1442.
Mémoire de ce que nos seigneurs, estans à Nevers, ont requis et prié à monseigneur de Gaucourt dire au Roy de par eulx.
Premièrement, touchant le fait de la paix, dira commeiit, long temps avant qu'il fust nouvelle de la jomée de Tartas, le Roy avoit accordé la journée pour le fait d'icelle paix au premier jour de may proucham venant, et que l'une et l'autre d'icelles jomées se peuvent bien tenir , et pourroit tourner au Roy à bien grant charge^ se en ceste matière il n'entretenoit sa parole. Quant au lieu pour convenir à ladicte journée, considéré que Le Roy d'Angleterre a rescript à madame de Bourgoingne qu'il ne vouloit changier le lieu d'entre Cal^et Gravelinghes , et qu'il n'y a point d'interest ou|u*eju^ice pour le Roy, leur samble que à ceste difficulté du lieu il ne se doit point arres- * ter, et s'il a voulenté d'estrç en aucun iîeu assez prouchain, il le peut faire, comme à Reims, à Laon ou a Noyon. Si supliera au Roy ledit seigneur de GaucQurt, de par nosdiz seigneurs, en toute humilité, qu'il lui plaise estre content dudit lieu accoustumé entre Gravelinghes et Calais , et aussi que ladicte joiumée fa tiengne audit premier jour de may prouchain, ou cas que l'en ne porroit obtenir devers le Roy d'An^etenpe prorogacion d'icelle journée, de laquelle chose monseigneur d'Orléans et madame de Bourgoingne feront voulentiers diligence, puisque c'est le plaisir du Roy,
PIÈCES JUSTmCAUVES. 51
moiennant que ou lieu dessusdit n'ait aucun changement; aultrement ilz ne s'en voulc&oient point chargier, car ilz savent de certain que le Roy d'Angleterre n'en feroit rien$ et se tendroit ledit traictié de paix pour rompu de la part du Roy.
Item^ dira 'que à nosdiz seigneurs samble chose nécessaire que le Rby, avant son partement pour aller à Tartas, laisse povour et instructions soufBsantes pour monseigtieor d'Qrl^ns, madame de Bourgoingne et moniseigneur de Brelaigne, et aussi pour autres tels de son sang et de son conseil qu'il lui plaira, pour tenir ladicte journée du premier jour de may, se on ne peut obtenir prorogacion d'icelle, ou se on l'a obtenue, pour la tenir au jour d'icelle prorogacion; lesquelz qui seronfià* ladicte journée pour le Roy contendront de entretenir lès matières le plus longuement qu'ilz pourroilt, sans y procéder trop avant, en attendant le retour du Roy et l'effet de ladicte journée de Tartas. Et semble que en tout événement, sans comparoison, eiit trop plus expédient pour le Roy entretenir ladicte journée que la rompre. Si suppliera au Roy que tààsi le lui plaise faire^ avant son partement pour àier audit lieu de Tartas, et que diligemment ledit seigneur de Gaucoml signiffie et face savoir à nosdiz spigneurs le bon plaisir du Roy en ceste partie, ainsi que besoing en est, considéré la briefveté du temps entre cy et ledit premier jour de may.
Item^ touchant monseigneur d'Alençon et la place de Nyort,'dira que, posé que ainsi fust que en ycelle place y eust aucuns habitans suspects ou chargiez d'avoir accointance à ceulx des places de Guyenne estans delà la Charante, touttes voyes y povoit le Roy
«2 GHRONIÇUE DE MATHIEU lyESCOUCHY.
pourveoîr par les faire pugnir ou bannir, ou autrement, que ainsi de^poillier mondit seigneur d'Âlençon de ladicte place^ qu'il lui avoit vendue à rachapt de xxn" v^ escus. EÎ lui estant ainsi despoillié, lui retenir ce qui lui est deu , contre son gré , et sans lui bailler autre seureté, samble chbse de voulenté, et dont nosdiz seigneurs sont bien desplaisans ; mesmement que cet exploit a esté fait, eulx estans en ceste ville, non obstant que le Roy eust fait dire qu^ estoit content de leur assemblée, et que pendant ycelle ne se feroit aucune nouvelleté au préjudice d'eulx ne d'aucuns d'eulx. '^>
Et du surplus parieront les ambaxeurs de no^z seigneurs qu'ilz envoieront devers le Roy en toute diligence.
{Collection de Bourgogne^ Toi. XQX, p. 445. G>pîe extraite des archiTes de la Chambre des comptas de Dijon.)
vm
Mars 1442.
Mars 1442.
Instructions pour les ambaxeurs que noz seigneurs, assemblés à Nevers, envoyèrent devers le Roy.
Premièrement, après la presentacion des lettres que yceulz noz seigneurs escripront au Roy, et les recommandacions en la manière acostumée, pour lear créance, diront comment il la pieu au Roy envoyer naguières par devers eulx, audit lieu de Nevers, très révérend père en Dieu Tarchevesque et duc de Rains^ chancellier de France, et messire Loys de Reaulmont.
Item y et lesquelx monseigneur le chancellier et messire Loys de Bes^mnobt ont Rmtostré à hoz diz sei§:neurs plusieurs choses de par lé Roy, et en effect leur ont touchié de nii poii^s : le premier, que au Roy plaisoit bien lasamblée d'entre ^uU^ et en estoit bien % content, et avoit escript à mons^q^eur de Bretagne pour y venir; le segont, du mariag^ de ^monseigneur Charles d'Ajou, conte de Meinne et àh IVÏortaing, avecques madamoiselle de Guelres; le^ tiers , des grans biens qu'ilz disoient devoir ehsuyr dudit mariage au bien de tout ce Royalme , ,sanz aultrement les déclarer; et le quart, de la conclusion prinse de par le Roy d'aler en sa personne tenir la Journée acordëe devant Tortas en Guieiâie, aujpremier jour de may prochain, et y mener monsè^neur le paulphin, disans que pour ceste cause le eonvenoit partir au commencement du présent mo^s de mars, et toutes voys s'il santoit les choses ^ien* piropôsées, H seroit content de venir jusgi^ à Bourges, poufveu que ce feust brefment, eo|;|lemetit cpe son dit voiage n'en feust retardé, lequel il ne romproit pour riens.
Item^ et pour ce que touchant ledit mariage et les H^ grans biens que l'en dit en devoir ensuyr, lesdiz F'*^ idonseigneur le chancellier et messire Loys n'avoient pdflnt fait de declaracion, leur fut requis de par noz diz s^gnlturs de déclarer quelles chozes en particullier le jpU>y ^t ledit monseigneur Charles desiroient et dem^ndoient afin de parvenir audit mariage, et auxy quelz bienz ilz entendoient devoir ensuyr d'icellui mariage au bien de ce Roy aime.
Item , que par yceulx monseigneur le chancellier et messire Loys, touchant ledit mariage, ont esté
54 CHB0!nQI7E DE MATHIEU DTSOOUCHT.
(aîctes les ouTerfures et demandes qui s'ensuyvent : INremièrement, de là somme de ti° m31e liddes pour mie foySy en aident content; secondement, que du radiât des TÎUes et terres d'Amiens, Saint Quentin , la conté de Pontieu et aultres seignouries delà la rivière de Somme, ballees à monsôgneur de Boui^ingne par le traictié de la paix fait entre le Roy et luy, montant vcelluv rachat à nn^ mille escuz d'or, feut prinse et rabatue, du consentement de mon dit seigneur de Boui^oingne , la somme de cT escus, pour convertir en ravancement dudit mariage; tiercement, que mon dit seigneur de Bourgoingne donnast, en oultre, à Teuvrt? d'ycelluy mariage, ce que le Roy de Secille iuy doit snz ses pays de Bar et de Lorrainne, à cause du traictié de sa délivrance , montant , en principal , à nn" mille et vi* escuz, ou environ ; et quartement , que audit monseigneur Charles feussent ballées les contés d'Auxeurre et de Gien suz Loyre; et pour ce que aiisdiz monseigneur le chancellier et messire Loys fut remonstré de part noz diz seigneurs lesdictes overtures et demandes estre bien grandes, à la fin se sont arrestés et restrains à cT riddes pour une fovs, et aux dictes contés d'Auxerre et de Gven.
liemj et au regart des grans biens qu'ilz avoient dit devoir ensuyr dudit mariage au prou(Bt de ce Royalme, ont déclaré qu'il ensuyvroit l'amistié et appaisement des seigneurs du sanc royal Tung ^vecques l'aultre et leur reunion envers le Roy, et après vraysemblablement se ensui\Toyent de ce pluseurs aultres grans biens, comme ilz disoient , sans auldnement les voloir déclarer.
liem^ et que sur toutes lesdictes choses remous-
PIÈCES JUSTIFICATIVBS. 55
trëes et dictes de part le Roy à noz diz seigneurs, a esté faicte response par eulx auxdis monseigneur le chancellier et messire Loys : premièrement, touchant le premier point de leur assamblée , que noz diz seigneurs ycy assemblés sont sy prochains parens du Roy, et leur touche sy près le bien de ly et de son Royaulme, que tant pour le bien de luy et de la chose publique d'icelluy son Royalme que pour leur interest, ilz se po voient bien assambler et estre et convenir ensamble, quant il leur plaisoit, et toutes voys de ce que le Roy en estoit content, ilz estoient joyeulx et leur plaisoit bien .
Item , et au segont point du mariage, leur a esté respondu et dit que noz diz seigneurs et chascung deulx y ont très bonne volunté, et leur samble la chose bien sortissant au regart.des personaiges ; mais touchant les ouvertures et demandes qu'ilz avoient faictes , icelles sambloyent bien excessives , en leur remonstrant comment madame Katherine de Fyance, fille du Roy, mariée à monseigneur de Charoloys, n'en a point ^lant heu; et commept feu madamoiselle Katherine de Bourgoingne, seur de mondit seigneur de Boui^oingne, qui fut mariée au Roy Loys de Secille, aisné frère dudit monseigneur Charles, et chief de Tostel d'Anjou , n'en eust point tant, et s'il ne eust point de terre. D'aultre part , comment madame la princesse de Vienne et madame la duchesse d'Orléans, niepces de mondit seigneur de Bourgoingne, qui estoiènt et sont sy liaultelment mariées , n'en avoient pflânt JLant heu, et auxi n'avoient point heu de terre.
Item, et quant aux terres que lesdiz monseigneur le chancellier et messire Loys avoient demandées,
56 CHRONIQUE DE BfATHIEU D'ESCOUCHY.
leur fut dit et remonstré comment elles appartenoieol à monseigneur le conte d'Estampes : c'est assavoir, la conté de Gien, de son b^itage; et celle d'Auxerre, par don et transport que mondit seigneur de Bourgoingne ly en avoit pieça fait; par quoy on n'en po- Yoient en riens disposer sans ycelluy monseigneur d'Estampes, en la main duquel, considère qu'il l'estoit et est de la mason de France et du sanc du Roy, auxy prochain ^t en parel degré que ledit monseigneur ÇharlélK, elles estoîent bien seans.
Ilem , et au surplus leur a esté dit que jà soit ce que mondit -seigneur de Bom^oingne eust trouvé monseigneur le duc de Guelles , son nepveu , bien enclin audit mariage, toutes voyes encores ne sa voit-il sa volenté outtreement, ne combien il vouldroit donner à sa fille en mariage ; et auxy ne savoit s'il avoit et^ cores envoyé sa dîote fille par devers madame de Boui^oingne, sa conipàigne, non obstant que monseigneur d'Orliens, ainéy qnHi disoit, avoit heu nouvelles de par delà que monîdit seigneur de Guelles avoit envoyé sa dicte fille à Brucelles; mais au regarl -^ k de mondit seigneur de Bourgoingne , ^il n'en savent encores riens; et se einsy estoit, il pensoit que môtt- "" L dit seigneur de Guelles aiurpit • signifia et fait savoir sa volenté en ceste matière, par ses gens, qu'il auroient amené ycelle sa fille, et esperoit mondit seigneur de Bourgoigne en avoir brefment nouvelles* ^
liemy et avecques ce, par nos diz seigneurs a esté remonstré audiz monseigneur le chancellier et messire Loys comment monseigneur de Bretagne^ n'es-* toit encores venus; sanz lequel, en ceste matière n^ en autre, il ne seroient point en volenté de riens oon-
PIÈCES JUSTinCATIVES. 57
dure. Et d'aultre part, leur a esté remonstré coqp<ment ilz ne faisoient point d'ouverture ne dectarç-. cion, fors en termes generaulx seulement, des grans biens qu'ilz disoyent devoir ensuyr dudit mà:^g0 pour tout le Royalme ; et toutes voyes il estoit bîWi " expédient, voyre nécessaire, de le faire fet de Savoir la bonne volenté et disposicion du Roy plus particulièrement; et puis que aultre declaracion n'eh vploieiÉ' faire, noz diz seigneurs en parieroient en^èijlble et auxy avecques mondit seigneur de Bretagne, quant il seroit venus, et sanz lequel, ou cas qu*9Cvendroify4ie voloient riens conclure en ces matières, ^t toux e% semble aviseroient à ce que leur sembleroit à déëla^ rer et à dire , ^remonstrer, «conseiller et réqueAr a» Roy, pour le bien de luy et de son Royabne^ A par leurs gens et ambaxadeurs notableâ^^ qu'ffl^nvoyeroient devers luy quelque part qu'il futçjjJW'^gnlfiroient ce qu'ilz aurofent einsy advisé ; alfScques auxy la response plus |^rtîculière toutibant ledit mariage, après qu'ilz auroient sceu la dolente de moqdîtv^î" gneur de Guelles, Sfïin que, touj^. ensemble et à une fojrs, l'en peust besoigner sur le tottR^K, -iS" ' ^r^' " 'Benij et pour ce que*ices iiguiti^es ^f*enneiit âucutig delay et que ce pendant la Jorpi^aoïbltlée'^pourt la paix générale de ce Royalme aproucne ; a(ip que le ^bien d'jEjpelle pi^^ <|9Î[^t tant fï<9cess4re, «e soit por 'xê délaye, dilsiÉpÉté, dH teis exi oMkince, nos diz seis, poui^^iA^r^lirid t4i^^ afTectpon qu'ilz ont au du'Roy èï^. saiÊpigpmye^et pour leur decbarge et acquit, ont fais remonstrer en oultre aux diz monseigneur I& cbancelliar et messire Loys le fait d'icelle paix'àssez au long ; et conmient pluseurs journées et
convencions en avoient esté tenues, du consentement et bon plaisir du Roy, qui tosjours avoit fait dire qu*ii y avoit très bonne volenté, et avoit sur ce fait assembler les trois Estas de son Royalme, et savoit bien ce que ilz ly avoient conseillié; et damièrement aToit este d'acort de reprendre jomée sur ce au premier jour de may prochain, sanz déclarer le lieu pour lors ; et combien que depuis il Tait déclaré ung des lieux de Chartres, de Dreux, de Pontoyse ou d*£yreux, toutes voyes, comme leur a esté dit, madame de Bourgoigne avoit receu lettres du Roy d*£ngleterre, par les quelles il declaroit qu'il ne changeroit point le lieu dez darnières convencions entre Gravelingues et Calaiz.
Ilenij et en conclusion, leur a esté requis par noc diz seigneurs que ces choses ilz veullent reoionstrer au Roy de part eulx, et comment ce seroît grant pitié se, par la dificulté du lyeu de convenir, ung si grant bien demouroit, et qu'il plaise au Roy, avant son partement pour aler à ladicte jornée de Tartas, y ordonner, et non soy arrester à ladicte dificulté du lieu, considéré que l'en n*y voit point d'interest pour Juy; et au surplus, leessier puissance soffisant pour ceulz de son sanc qui, de son plaisir, se sont par cy devant meslés de ceste matière ; et aussi ordonner et députer de ses gens, telz qu'il luy plaira, pour, avectfues Je»diz de son Royalme et soubgez, et sur ce lepr baller et leessier, avant son dit partement, instructions et pouvoir soffisant, tellement qu'il appere cleremqot à chascung que à luy ne tiengne que ledit Bien de paix ne ensuye et aviegne.
Itemj et au regart du quart point, touché par les*
PIÈCES JUSTinCATIVES. 89
diz monseigneur le chancellier et messire Loys, de Talée du Roy à Tartas et de sa venue à Bourges, ne leur a esté fait avant aultre response ; pour ce noz diz seigneurs s'en sont rapourtés et rapourtent à la volunté et bon plaisir du Roy.
Item^ dyront en oultre lesdiz embaxeurs comment, après lesdictes réponses faictes aux diz monseigneur le chancellier et messire Loys par noz diz seigneurs, leur fut remonstré qu'ilz se donnoient grant merveille de ce que le Roy, par ses lettres qu'il avio^t envoyées à mondit seigneur de Bretagne, lu y avoît escript aler par devers luy, nonobstant que lesdiz monseigneur le chancellier et messire Loys leur eus-s sent dit et affermé que le Roy estoit content de ^, venue en ceste ville de Nevers, et ly avoit mandée par le seigneur de Gaulcourt que einsy le fefai^, et* pareillement Tavoit einsy dit et rappourté monltefgneur le bastart d'Orliens. --[y »#
Item^ et aussy leur fut parlé et touché de la nor
velleté naguières faicte à monseigneur d'AJepçon ,
touchant la pkce de Nyort, qu'il tenoit au Roy .en
gaige pour xxii"* et v* escu:^;|||(ar luy pçestez au Roy
pour le fait de sa guerre, sanz le sommAr ne requeriç
de riens et sans ly r^i^ke son argent^ non obsUànt que
^ledit bastart d'Orlîwis, qui avoit esté: d*vers ilei|ïU)y
* deux ou III foys poup ces matières, èust i^^ipourté /que
le Roy estoit content de l'at^ioUée de nos diz sei-
•c gneurs, et que ce pendant ne seroit faicte aucune no-
velleté en leur préjudice ne ^'a'ulcuns d'eulx.
Item^ et des quelles choses noz diz seigneurs ont aussy requis et prié lesdiz monseigneur le chancellier et messire Loys de informer le Roy et ly sup-
60 CHRONIQUE DE MATfflEU DTESœUCHY.
plier de par eulx qu'il y veuUe pourveoir : est assavoir, au regart de mondit seigneur de Bretagne, ly escripre et mander venir en ceste ville, tandis que noz diz seigneurs y sont, et à ceste fin ly baller conduit et seurté, se mestier fait. Et au regart de mondit seigneur d'Âlençon, faire remettre en ses mains ladicte place de Nyort, ou luy faire rendre et paîer content les deniers par lui prestes et balles au Roy sur ycelle place. Et pour savoir le bon plaisir du Roy sur les choses dessusdictes, a esté advisé que ledit monseigneur le bastart d'Orliens, lequel, comme dit est, a esté devers lui deux ou ni fois pour ces matières, y retourneroit avecques lesdiz monseigneur le chancellier et messire Loys.
Iterrij et que après le partement d'yceulx monseigneur le chancellier, messire Loys et monseigneur le bastart, noz diz seigneurs eu ensivant ce que dit est, • ont heu advis et deliberacion ensemble sur les choses
dessusdictes, et ont ordonné pour aler devers le Roy leurs ambaxeurs dessus nommés auxquelx ilz ont donné charge de dire et reraonstrer au Roy premiè- . rement les choses dessus narrées, et après le ipercier humblement de ce qu*il ly a pieu estre content de leur assemblée, en luy remonstra'nt la graîit amour qu*ilz ont à* luy et le grant désir et affection qu*il^ ont au bien de liiy et de sa segnprie.
liem^ et après condescendront lesdiz ambaxeurs à parler des matières principales pour lesquelles ite diz seigneurs les envoient devers le (^y. Et pn.^uj| rement, en continuant ce que de par eulx a estettovert aux diz monseigneur le chancellier et messire Loys, touchant le fait de la paix, remonstreront les»
• ■ fi
PIÈCES JUSTinCATIVES. ^ "^i
diz ambaxeurs Testât en quoy est ce Royalme, . à-cause de la guerre, et comment les églises en la plus . grant parties, sont destruictes et y cesse le divin sepvice ; les princes et les nobles parellement destruiz en la plus grant partye; et aussy les marchans, laboreurs et gens de toux estaz; et tellement que s'est grant pitië de Touir dyre et encores plus grande de le veoir; et tout pour le fait et occasion de la guerre.
Item^ remonstreront après le grant bien que c'est ;^ de paix, et comment toux Roy s, princes et seigneurs qui ont gouvernement de peuple le doivent tenir et gouverner en paix, et aussy comment toutes guerres se doivent fere afin de parvenir à paix ; aultrèment elles ne peuvent estre justes ne raysonnables , m^ifi^^. sont reprouvées et dampnables.
Iterrij remonstreront aussy comme par ceste manière les très crestians Roy s de France, prédécesseurs ' du Roy, ont le plus souvent, ou temps passé, fait et conduit leurs guerres : c'est assavoir, à fin de venir à paix, et par tractiez, accors, et appoinctemens amiables, ont prins yssue de leurs guerres, afin de doifebâr^. paix et repoux à leurs soubgièz, et dont diront estes grandement recommandés, et leur en est tosjourl bien ^venti et succédé, comme par l^^oniques et l'ystoy- ' res de ce Msans mencion peut clerement apparoir.
Item y et aussy est chose bien clére que" en continuaclitte de guerres avecques la destruction dfi peuple, qui s'^ai^suit du costé de ceulx quy font les guerres, ^mént àu^y bien souvent grains inconveniens et fortunes bien estranges qui ne sont point après à réparer ne amonder; et par le contraire, en fesant paix, suppousé que en aucung$ poins y eust choses qui sem-
6S CHRONIQUE DE BIATUIEU D'ESœUGBHr.
blent grevables ou dommagables, on y peut après bien trouver remèdes et provisions convenables^ el trop mieubc que es choses qui se conduisent en guerre; par quoy est chose tropt plus seure, sanz comparaison, d'entendre à paix par moyen de tractiez et accors amiables que par continuation de guerre.
Itenij et que pour ces consideracions et aultres causes raysonnables, le Roy dès pieça a esté conseillié d'entendre à paix avecques les Angloiz ses anciens ennemiz, et à ceste fin ont esté tenues pluseurs jornées et convencions entre Gravelingues et Calaiz, par le moyen d'aucungs du sanc du Roy, qui^ de son plaidr et consentement, s'en sont meslés; aux quelles journées et convencions le Roy a tosjours envoyé ses ambaxeurs notables, fournis de povoir soffîsant, et tellement que après pluseurs ouvertures et oblacions, d'une partie et d'aultre, finablement, par manière d'expédient, furent arrestés et mis en escript certains poins et articles telz qui semblèrent lors plus convenables et prochains du bien de paix, ou cas que ce seroit le plaisir et volentë des partyes.
llem^ et lesquelz poins et articles, ainsy mis et redigés par escript, furent appourtés au Roy par ses ambaxeurs quy avoient esté de par luy aux dictée/ jouméez et convtticions, et pour sur yceult avoir bon advis et deliberacion, einsy que bien aparèénbyt, forent mandés, de par le Roy, les segueurs de son lànc et aussy les gens dez trois Estas de soq Royalpn^^ por^ lesquelx ensamble furent vehux lesdiz ppins Ci^^|pticles ; et après que les matières dont font mencioo yceulx poins et articles furent ouvertes et debatues bien et longuement, et toutes les dificultez touchéeSi
PIÈiCES JUSTinCATIVES. 63
publiquement et devant toux les opUupns furfs^ dictes, et depuis faicte relacion au Roy d^^tout, einsy et par la manière que ceux qui presens y estoyent le sçavent et que il est bien en la bonne memoyre du Roy.
Item^ et combien que depuis aient esté tenues aucunes jomëes et convencions sur le fait de ladicte . paix, elles n'ont point sorty d'efiet; et au r^^ de la darrenière qui devoit estre tenue au moys de may derrain passe Tan mil un'' et xlt^ non obstant que le
Roy y eust envoyé ses ambaxadeurs qui furatif jqsques à Saint-Omer , et que aussy de la part d'Angleteife en fussent venus aucungs à Calaiz, comme Ten disoit; toutes voyes, ilz ne s'assamblèrent point au lieu acos-, tumé entre Gravelingues et Calaiz; et n'y fut riens plus avant fait et besogné pour lors.
Item^ et que depuis a esté accordée et priuse jornée sur ce, du consentement {les pafties, au premier jour de may prouchain mil cccc xui, et entendent les Angloiz que ce soit au dit lieu acostuméeiitie Gravelingues et Calaiz , et einsy la escript le Roy d'Angleterre à madame la duchesse de Bourgoigne y comme dit est dessus. *
Item y et en conclesion sur ce point, supplieront et requerront au Roy lesdiz ambaxeurs que , en continuant ;çt persévérant en bqp vouloir qu'il* a tosjours dit avoir au bien de paix, son plaisir soit de faire entretenir ladicte jomée, par luy accordée, au premier jmir de may prochain, et non soy arrester à la diffiéblté du lieu ; considéré que en ce ne peut avoir mterest ne préjudice pour luy; et que aultrement charge luy en pouroit estre «donnée , veu que les damières
jomées et convencions y oui esté tenues sanz aucin^ dangier ou empeschement , et que au contrère on ne dit point de cause raysonable par quoy en y doye faire changement; et en vérité aussi moult grand pitié seroity se par une telle dificulté la chose n'aloit avant.
Item, et aussy luy supplyeront que avant son partement pour aler à la jornée de Tartas, il luy plaise leéssier povoir soffisant pour ceuU de son sanc, c'est aj^savoir pour monseigneur le duc d'Orliens et madame la duchesse de Bourgoingne, qui, par son consentement , se sont nieslés de ceste matière y et aussi pour monseigneur le duc de Bretaigne, qui autrefoiz ,s'en est meslé, et derrenierement a esté le Roy d'acort qu*il s* en nieslast avecques mon dit seigneur d'Orliens et ma dicte dame de Bourgoingne; et aussi ordonner et députer autres de son sanc, s'il lui plait, et de ses gens, telz eten tel nombre qu'il luy plaira, pour, avecques lesdiz de son sanc, tenir ladicte jornée , et sur ce leur baller et laissier instructions et pov<Mr soflQsans, tellement que cliascung cognoisse et voye par effet le bon voloir qu'il l'fl,,au bien de ladicte paix; en quoy fesant, avecques le grant mérite qu'il acquera envers Dieu et honneur ou monde, il fera sw très grant prouffit et aura l'amour de toujb , especialment de ses soubgez ; et par le contrère^^ en «le non faisant, est à doubter de l'yre de Dieu el d'àultres inconveniens pluseurs, dont noz diz seigneurs, qui sont si prochains de ly et aux quelx, après luy et à monseigneur le Daulphin, la chose touchent le plus'f s'aquitent envers luy.
Itentj et encores sur ce point diront lesdiz aoi-
baièil'» tpie nouvellement^ nos diz seigneurs ont ygceu lettres du Roy, que leur ont apportées ledit flnonseîgneur le ba9tar# d'Orléans et le seigneur de 'Gaucourt, faisans mencion oomment le Roy avoit ouy le rapgglrt desdiz monseigneur le chancellier et messire Ldys^de Beaumont, et aussi dudit monseigneur le bastart, et qu'il avqtè chargé à iceluy monseigneur le basiart et au dit seigneur de Gaucourt dire son plaisir sur ce à nosdiz seigneurs. Et lesquelz monseigneur le bastart et Gaucourt ont dit, entre autres choses, que le Rôy estoit bien content de faire tenir journée à fin de paix avec les Anglois, par le moien desdiz monseigneur d'Orfeans et madame de Bourgoingne, qui autrepfois s'en estoient entremis, pourveu que ce feust en temps que le Roy peust estre assez prez du lieu où la convencion se feroit , telement que ses gens peussent aiséement et en brief temps aler et venir devers lui et d'un lieu à l'autre. Et pour ce que audit premier jour de may prochain, le Roy avoit entencion d'estre devant Tartas, et il ne se pouvoit muer, il vouloit et estoit bien son plaisir que mondit seigneur d'Orléans et ma dicte dame de Bourgoingne envolassent par devers le Roy d'Angleterre, et feissent tant que ladicte journée de paix feust continuée dudit premier jour de may prouchain jusques au premier jour du mois de septembre ou d'octobre ensuivans; durant lequel il seroit retourné dudit volage de Tartas, et, eu l'advis des seigneurs de son sang et de ceulx de son conseil, pouroit estre appoinctié du lieu de la convencion , et aussi aviseroit du lieu prouchain où il se tiendroit, et