‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 10 sur 286 · INTR · texte numérisé non relu

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Jean d’Antioche n'est autre que Jean Malala*. Les deux citations mises dans la Chronique de Michel sous le nom de Jean d’Antioche (cf. t. Il, p. 149, 182) répondent parfaitement au texte de Malala (éd. de Bonn, p. 382, 385, 389, 420). Il faut observer toutefois que la première est faite par Jean d’Asie. 11 est donc possible que Denys l’ait connue seulement de seconde main. Mais la chronique de Malala a pu aussi être traduite en syriaque, ou tout au moins largement utilisée par un chroniqueur syrien connaissant le grec. De cet auteur sont probablement tirés les récits concernant Remus et Romulus (t. I, p. 82-85 ; cf. Malala, éd. de Bonn, p. 175 et suiv). Des recherches minutieuses permettraient sans doute de reconnaître d’autres emprunts.

Le passage de Denys (cf. t. Il, p. 497) relatif à Daniel fils de Samuel, originaire du Tour 'Abdin, son grand-père maternel, n’implique pas que celui-ci ait été l’auteur d’un livre d’histoires ; il peut s'entendre d’un témoignage oral'.

Michel déclare (t. III, p. 116) qu’à partir de l’année 843, il n’a plus trouvé d’autre guide qu’Ignace de Mélitène.

Ignace, moine du couvent de Mar Aharon, neveu par sa mère du patriarche Athanase VI, fut sacré évêque de Mélitène par son oncle en 1061^ et mourut en 1094. Il connaissait le syriaque et le grec, était versé dans les sciences profanes, et, à l’exemple de Jacques d’Edesse, s’adonna à des traductions (cf. t. III, p. 165-166).

Sa Chronique commence à l’époque de Constantin. 11 écrivit en abrégé. Pour ce qui concerne les empereurs des Romains, il tresse seulement la trame de l’histoire. Il ne s’occu pe ni de l’empire des Arabes, comme fit Denys, ni de celui des Turcs (cf. t. III, p. 112). Il établit la succession du sacerdoce uniquement pour les patriarche.^ jacmbites d’Antioche et ne se préoccupe pas des autres nations, si ce n’est occasionnellement. Ses principales sources sont Jacques d’Édesse et Denys de Tell-Mahré qu’il assure avoir copié souvent mot à mot ; et il a ajouté, dit-il, beaucoup de choses tirées des chroniques grecques [ibid., p. 115).

La majeure partie des documents insérés dans le livre XIII, et dans le livre XV jusqu’au chapitre vu, représente donc une portion de l’œuvre d’Ignace. La partie précédente, depuis Constantin jusqu’à la mort de Théophile, a été insérée (( tout entière » dans les chapitres antérieurs.

Cependant, en dehors de sa préface (t. III, p. 115), Ignace n’est cité expres-

1. Saint Jean Damascène cite également la Chronologie de Malala sous le nom de Jean d'Antioche ’lojâvvo'j ’AvT'.o/eia; toO xa'i MaXd'/x (Potr, gr., t. XCIV, col. 1369). — 2. La traduction que j’ai donnée n’est pas exacte; le texte porte littéralement : « Has qiiidem historias accepi e Daniele, Pic... » — 3. Pour la date, incertaine à quelques années près, voir t. III, p. 164, n. 3.

INTKOÜUCTION

sèment que deux fois ; la première (t. I, p. 239) à propos de Constantin, la seconde à propos du siège de Nisibe parSapor [Ibid., p. 266). Nous croirions volontiers que tout le récit concernant l’histoire profane de l’empire byzantin vient d'Ignace qui l’aurait compilé des chroniqueurs grecs

Le livre XIV, tout entier consacré à l’origine des Turcs, ne peut donc être l’œuvre d’Ignace. Nous en ignorons la provenance. Si on prend à la lettre le passage où il est parlé de l’invasion des Arabes (t. III, p. 1.53), on peut fixer la date de la rédaction vers l’an 1140. Michel n’avait alors qu une quinzaine d’années. J’inclinerais à attribuer le récit à Basile d’Edesse.

Il n’est pas possible de savoir si le long passage de la Chronique locale de Lazare de Sergisyeh, écrite en 1024 (cf. t. III, p. 127, n. 5), est cité directement ou par l’intermédiaire d’Ignace. Michel dit bien qu’il a fait des additions à cet auteur, mais en ce qui concerne l’histoire profane, pour la série des califes.

Le patriarche avait assurément à sa disposition des monographies de couvents, comme celle-ci ou celle de Bar Gagî (t. III, p. 126), et aussi des biographies, comme celle de Jean bar 'Abdoun (cf. ibid., p. 137j.

La mort d’Ignace de Mélitène (1094) coïncide à peu près avec le début des Croisades. Le reste de la Chronique, depuis le chapitre vu du livre XV (t. III, p. 182), constitue la partie oiï le travail personnel de Michel a été le plus considérable.

Pour les livres XIX XXI, qui rapportent les événements contemporains du patriarche, et surtout ceux auxquels il fut mélé, nous n’avons pas à rechercher les sources de ses informations. Mais il n’a pu rédiger les livres XVI-XVIII uniquement d’après la tradition orale. Peut-être indiquait-il ses sources dans quelque note disparue par suite des lacunes du manuscrit. On pourrait bien admettre qu’il ait trouvé dans les archives du patriarcat les éléments de l’histoire eclésiasti(|ue. Mais d’où viennent les données concernant l’histoire profane?

Une de ses sources fut l’évêque Basile d'Edesse (mort très âgé en 1172). Il le cite expressément à propos des Comans (cf. t. III, p. 207), et lui emprunte un résumé de l’histoire d’Edesse (I. XVII, ch. vu). Basile, qui était déjà évêque de Kaisoum en 1135 (cf. t. III, p. 142), a pu sans grande dilficulté écrire les événements qui ont suivi la mort d’Ignace de Mélitène.

Michel a eu aussi entre les mains deux Clhroniques rédigées par des évêques contemporains, Iwannis de Kaisoum et Denys bar Çalibi.

Jacques bar Çalibi, qui prit le nom de Denys lorsqu’il fut créé évêque de Marache parAthanase Vlli, en 1145, fut transféré au siège d’Amid par Michel, et

1. Ceci est coafirmé par Barhébréns; il dit que le récit de la mort de l'empereur Nicéphore a été reproiuit par .Michel d'après Ignace (éd. Bedjan, p. 192).

CHRONIQUE ÜK MICHKL LE SYRIEN

mourut en 1 171 (cf. t. III, p. 344). Dans la liste considérable de ses œuvres, donnée par Asseraani etaugmentée par Wriglh ne figure aucun ouvrage d’un caractère strictement historique. Le passage cité textuellement par Michel (t. III, p. 257) ne permet pas de douter qu’il ait composé une Chronique. .'\près avoir projeté de la faire commencer à l’origine du monde, il se borna, dit-il, à écrire (( les choses qui se sont passées de nos jours, et celles-ci, autant que possible, en peu de mots et brièvement. »

D’après cela, il est difficile de rapporter à cette Chronique la liste des Apôtres et des Disciples mise sous le nom de Bar Çalibi (t. I, p. 147-151). Les trois autres extraits cités par Michel (t. III, p. 265, 272, 300) concernent la prise d’Edesse par Zangui, et sont tirés d'écrits théologiques qui donnèrent lieu à de vives controverses lors de leur apparition (cf. ibid., p. 268-269).

Iwannis, évêque de Kaisoum, qui portait d’abord le nom d’Élias, reçut la consécration épiscopale en 1143 et mourut en 1171 (cf. t. III, p. 256, 343). Ce prélat, un des plus influents dans l’Eglise jacobite sous le pontificat d’Athanase VIII, jouissait d’une grande réputation de science. Michel le chargea de se rendre, en son nom, près de l’envoyé de l’empereur Manuel, lors des tentatives d’union entre les Eglises grecque, arménienne et syrienne (cf. p. 335).

Cette mission suppose qu’il connaissait la langue grecque.

De la Chronique d'Iwannis, nous ne savons que ce qu’il en dit lui-même dans la préface citée par Michel (t. 111, p. 256) : « Nous voulons faire connaître quelques-uns des nombreux événements qui nous sont arrivés et nous arrivent

en ces années et nous avons réuni ce volume de Chroniques, d’ouvrages

nombreux et variés. »

Il est difficile de dire exactement dans quelle mesure Michel a eu recours aux ouvrages arabes. Un seul chapitre (le dernier du livre .W) est donné expressément comme ayant été traduit de l’arabe.

Des six Appendices ajoutés à la Chronique, le troisième est le plus important , La notice des patriarches d’Antioche est, à peu de chose près, la répétition de la Chronique. En examinant les listes des* évêques sacrés par chaque patriarche on constate : 1* que ces listes suivent l’ordre chronologique des consécrations ; 2* qu’elles sont complètes ’.

Le premier point résulte des dates indiquées en divers passages de la Chroni-

1. Syriac Literature^ 2* éd , p. 246. — 2. Complètes en ce sens que Michel a donné des listes intégrales. Il est évident que plusieurs noms ont été omis par les copistes, puisque le nombre des évêques mentionnés ne concorde pas toujours avec le nombre des consécrations attribuées à chaque patriarche dans le texte de la Chronique. Nous avons pu restituer plusieurs des noms disparus. Les listes conservées dans un ms. de Cambridge permettent d’en ajouter quelques autres. Voir ci-après Additions et Corrections .

INTUOnUCTION

XXX Vil

que. Le second de la nature de ces listes. Elles ont été, sans aucun doute, copiées par Michel sur le pontifical ou rituel de consécration à l’usage du patriarche. On avait coutume d’écrire ainsi dans le livre liturgique le nom des évê(]ues consacrés. Les listes commencent au patriarcat de Gyriacus, vraisemblablement parce que le pontifical employé par Michel datait de cette époque. M. Pognon a contesté l’intégrité de nos listes, en s’appuyant sur un argument très spécieux*. Plusieurs évêques dont le siège dépendait de la juridiction patriarcale étaient présents, dit-il, à la consécration de Michel, et cependant ils ne figurent pas dans les listes antérieures. C’est une erreur. Ces évêques avaient simplement changé de siège; ils sont inscrits dans les listes d’ordination avec leur premier litre épiscopal ’.

Comme on le voit par l’énumération que nous en avons laite, tous les auteurs syriens utilisés par Michel appartiennent a la confession jacobite. Il n a donc pu songer à les modifier intentionnellement ou à les interpréter tendancieusement. Sa religion même lui faisait un devoir d’en reproduire avec fidélité le sens et l’esprit. Nous constatons, par l.i comparaison du texte de la Chronique avec les sources conservées, qu’il en est bien ainsi. Nous n’avons aucune raison de croire qu’il en est autrement dans les parties (jue nous ne pouvons contrôler.

Le travail de l’auteur a consisté, pour tout ce qu’il ne rapporte pas d’après sa propre expérience, à résumer les documents qu’il avait entre les mains et a les coordonner. C’est ce qu’a très bien vu Moïse de MardinV

§ 111. — Le manuscrit.

On ne connaît actuellement qu’un seul manuscrit syriaque de la Chronique de Michel. 11 est conservé à Orfa (Edesse), dans l’église des Jacobites, dédiée aux saints apôtres Pierre et Paul.

Ce manuscrit a été exécuté en l’année 1909 des Grecs, 1598 de notre ère, par un moine nommé Michel, fils de Barçauma, originaire du village de ’Ourbîs (ufc-djQii.) près de Gargar.

Des notes marginales, dans lesquelles le copiste se recommande aux prières des futurs lecteurs, rappellent son nom et la date.

Ainsi, la note du fol. 143 se termine par les mots ; « Ceci en l’an 1909 ».

1. Inscriptions sémitiques (Paris, 1897), p. 47. — 2. Les références sont données dans les notes de notre traduction, t, III, p. 480. — 3. Comp. la Remarque de ce copiste, t. II, p. 356.

CHRONIQUb: DE MICHEL LE SYRIEN

Une note du folio 295, résumée en une ligne par notre copiste, est ainsi libellée :

«^«1 )J«é. v» )wi&t

• 11-1^ »o«o . ILu^ao j^sA^ o»a>^ Lox^^ao^oo

« Que celui qui lit prie*charitablement pour le tiébile pécheur Michel, fils de Barçauma, de Ourbis, qui a écrit (ce livre), selon le pouvoir de sa faible force. Ceci eut lieu en l’an 1909 des Grecs astucieux et corrompus *. »

Des notes plus brèves, omises dans notre copie *, répètent le même nom ;

Fol. 301 : JU j « Que quiconque lira, prie

pour le pécheur Michel qui a écrit. »

fol. 317 ; li ^ « Achevé le mercredi de la Passion,

12 avril » ( 1598).

Fol. 339 : • '^..JLa-.ao o«» JUjj « Que celui qui lit

prie pour celui qui a écrit, qui est Michel de 'Üurbis. »

Fol. 351 ; . cato» JUjj );rû» « Que celui qui lit prie

pour le pécheur Michel qui a écrit ceci. »

Fol. 366 : jt>} ^ ^ « A écrit le plus relâché

des moines, Michel fils deBarçauma. »

D’après une note marginale consignée sur un Evangéliaire daté de l’an 1594 de notre ère. appartenant à l’église de Séwérek, Michel, fils de Barçauma, était moine dans le couvent de S. Abhai ^

La copie fut exécutée pour la bibliothèque de ce couvent, non pas sur le manuscrit autographe, mais sur une première copie, alors récente, faite sur l’autographe par Moïse de Çaura; « c’est-à-dire que le vénérable Moïse de Çaura a copié sur l’exemplaire écrit de la main dé Mar Michel lui-même, et moi j’ai copié sur cette copie ». Ainsi s’exprime le scribe, à la fin de la note reproduite p. 295 de notre texte

1. Selon l'habilude invétérée des scribes orientaux, au lieu de transcrire cette note, mon copiste la remplacée par une autre ainsi conçue ; « La transcription de l’original du manuscrit (a été faite) en l'an 1909 des Grecs. » — 2. Pour le même motif. Le copiste avait de la répugnance à mettre : « Priez pour Michel qui a écrit ceci », en marge d’un texte écrit par lui-même. — 3. Sur ce couvent, aussi appelé Sebélata « Echelles », voir H. Pognon, Inscriptions sémitiques, p. 117. — 4. J’ai interprété le texte de cette note (trad., t. Il, p. 221) comme si la première partie devait être attribuée au patriarche Michel, et la tin seulement au copiste. Je pense maintenant que la note entière est de Michel fils de Barçauma. Eu outre, des deux vocalisations dont l’adjectif était

susceptible, j'ai choisi à tort Çouraya « de ’l’yr », au lieu de Çauraya « de Çaura » (auj. Çôr, dans le Tour 'Abdîo).

INTRODUCTION

Moïse de Çaura n’est autre que l'évêque, plus connu sous le non» de Moïse de Mardin, qui fut envoyé au pape Paul III, par le patriarche jaoobite Ignace, vers 1548 L’identification, qui n’est pas douteuse, est attestée par une autre note marginale du manuscrit d'Orfa, non reproduite dans notre édition. A pro[)os de la remise à l’empereur Romain du voile du Christ, conservé à Edesse*, le copiste a mis en marge (fol. 277) les lignes suivantes :

I 7-v ]L<|y ; jLioj ootf . oot ô yo«

JLa>o»o . JlX^..ooo ^ LvKa-I?

« L’écrivain de ce livre, c’est-à-dire de celui que nous copions, qui est Moïse de Çaura, dit : Moi. de mes yeux, j’ai vu le voile envoyé par Notre-Seigneur a Abgar le précoce fidèle, et la lance avec laquelle ils ont percé Notre-Seigneur, et une partie du bois de la Croix, dans la grande Rome, dans l'église des saints apôtres Pierre et Paul. »

Le folio 10 porte cette signature :

ooti Ilo^l Looo^oo UA.I

(( Au nom de l’Être éternel, c’est-à-dire de l’essence Toute puissante, Ignace, patriarche d’Antioche, qui est Matthieu". »

Et à la suite se trouve, écrite de la même main, une note en carsouni ainsi conçue* : (> En l’an 2102 des Grecs (1791) le calife de liagdad vint aux environs de Mardin. Boungeagh® fut pillée, et un des soldats s'empara de cette Chronique. Un individu du village de Kalout al-Emraât* la lui acheta, et après sa mort ses enfants l’ont donnée au couvent de Deir ez-Za 'farân. Or, ayant été informé par Mgr Abdoullah’, lors de sa visite, (|u’elle appartenait au couvent de S. Abhai, nous la lui avons rendue ; car, il n’y a pas de diflerence entre Deir ez-Za'f’arân et le couvent de S. Abhai. Le 15 oct. 21 22 (1810). »

Nous ignorons par suite de quelles circonstances le manuscrit restitué au couvent de S. Abhai fut transporté à l’église d’Édesse peu d’années après. Toujours est-il qu’il s’y trouvait en 1849, et peut-être même dès 1826. Un effet, parmi des signatures de lecteurs, apposées à la dernière })age, on remarque les deux suivantes :

1. Cf. Biùl. orientalis, t. I, p. 535; Andrea* Müllek, Symholae syriacae, Berlin, 1673, |

W. Wright, Calai, of syr. Mss. in the British Muséum, p. ilG. — 2. Cf. trad., t. III, p. 123. — 3. 1782-1811. Cf. Barhbbr., Chr. eccl., I, p. 85t. — 4. Traduction et notes du R. P. Barsôm. — r>. Localité des enrirons de Gargar. — 6. Village près de .Mardin. — 7. Iwannis Abdoullah, métrop. de S. Abhai (1800-1835).

CHKOMQrK DE MICHEL LE SYRIEN

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« Examiné par le métrop. Ibrahim Timothée Qodsi, le 1*' nov. de l’an 21.S8 des Grecs {= 1826).

« En l’année 1849 du Christ, moi, le pauvre parmi les princes des prêtres, Philoxène Zaitoun, métropolitain, orijrinaire du Tour 'Abdin, du village de BeitNahlé, c'est-à-dire Anhœl, à côté du bourg de Midiâd, je me suis trouvé dans l’église des saints Pierre et Paul de la ville d’Édesse; du temps de Mgr Timothée Ibrahim Qodsi, métropolitain. Pan 2160 des Grecs, le 14 de Tammouz (juillet), l’an 1265 de PHégire. »

Le manuscrit d’Edesse forme un volume petit in-folio, composé de trenteneuf cahiers de dix folios chacun. Le texte devrait occuper 777 pages; malheureusement il y a six lacunes considérables, savoir :

Au début, lacune d’un feuillet dont il n’est pas tenu compte dans la pagination de notre copie*. Selon l’usage oriental le texte débutait au verso de ce premier feuillet.

Folio 10 verso, lacune d’une page.

Folio 43 verso, lacune dans les deux colonnes internes, qui font complètement défaut au fol. 44 recto.

Folio 175 verso, lacune de huit lignes, suivie d’une lacune d’un folio [f. 176; 5* du 18* cahier] .

Folio 328 verso [8* du 33® cahier], lacune de deux tiers de page, suivie d’une lacune de dix folios (329-338).

Fol. 340 recto [10* du 34« cahier], lacune d’un tiers de page, suivie d’une lacune de quinze |)ages (loi. 340 v - 347 c ).

En outre, il y a en d’autres endroits, surtout dans les dix premiers cahiers, des lacunes d’une ou deux lignes, ou même de quebjues mots, qui n’affectent parfois qu’u ne seule colonne. Nous les avons signalées en note. La plus grande (20 lignes) se trouve dans la première colonne du fol. 228 recto.

Un feuillet détaché et mutilé a été transcrit, sous forme d’annotation, au fol. 280 verso.

1. I.e foliotage de cotre copie répoad exactemeot à celui du ms. d'Orta.

miû4

Fac-similé de l'écriture du patriarche Michel le Syrien

(Brit. Mus. Atid. ins. 14599, I94 — Bibl. Nat. ms. syr. 64, fol. 224 v").

INTRODUCTION

Ce dernier fait montre que l’écrivain du manuscrit d’Orfa n’a rien voulu laisser perdre du texte de Michel. Les lacunes existaient donc dans le manuscrit qu’il avait sous les yeux. On peut même affirmer qu’elles existaient déjà dans le manuscrit autographe lorsque celui-ci vint aux mains de MoïsedeMardin. Les petites omissions de quelques mois résultent du mauvais état du texte. Or, la copie de Moïse de Mardin était encore récente* lorsqu’elle fut transcrite par Michel Barçauma ; elle ne pouvait présenter de semblables défauts que si elle les avait rencontrés dans son modèle.

Les lacunes considérables proviennent de la perte de feuillets ou de cahiers entiers. En examinant ces lacunes, on remarquera que le manuscrit d’Orfa ne représente pas l’original page à page, comme notre copie représente le manuscrit d’Orfa. S’il en était autrement, les lacunes devraient coïncider exactement avec une page. Avant le folio 11 nous aurions deux pages blanches, répondant à un feuillet disparu, et non pas seulement une. De même, la lacune des pages 86-87 de notre texte, qui répond à la perte d’un feuillet, devrait laisser deux pages entièrement blanches. Le texte qui occupe dans notre copie les trois pages 677-679 répond sans doute à deux folios, soit à quatre pages. Une preuve que la copie ne suit pas exactement la disposition de l’original nous est fournie par la transposition accidentelle d’une page qui a été copiée hors de sa place et se trouve insérée à tort dans le texte des folios 350-351’. 11 est évident que les trois colonnes de cette page devaient commencer sur une même ligne. Elle devait se présenter ainsi dans l'original :

jusqu’à

JlvïS>j> O JlloJL

jusqu’à

. O^A.OJ.2

jusqu’à

(37 lignes)

(5i lignes, dont 37 en colonne et le reste en large)

(3t) lignes)

Or, le commencement de chaque colonne se trouve maintenant placé au milieu d’une page, et à des niveaux différents. On ne doit donc pas attacher à la disposition actuelle du texte une importance aussi grande que je l’avais pensé tout d’abord. (Cependant, elle doit se rapprocher de la disposition primitive dans laquelle Michel s’était efforcé de mettre son texte en correspondance avec les tableaux chronologiques, tout au moins dans les six premiers livres de la Chronique.

1. Moïse la fil très probablement après sou retour de Rome, vers 1560. — 2. Cf. tome III, p. 346, n. 3 ; p. 347, n. 2; p. 377, n. 2, 7.

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