XX VII
«mprunté textuellement à la première section de Jacques, la majeure partie du ch. XIV du livre IV et le ch. v du livre V de la Chronique.
Une partie notable du chapitre iv du IV® livre est formée d’un résumé de la Vie des Prophètes, attribuée à S Épiphane. Michel a utilisé ici directement une <les recensions de la traduction syriaque de cet opuscule*.
D’autres ouvrages apocryphes ont été mis à contribution. La Chronique d’Asaph citée (t. I, p. 22-30) à propos des patriarches antérieurs à Abraham, est une composition fabuleuse, d’origine juive, dont on retrouve des traces dans la littérature arabe. Celles de Ménandre le mage et de Zamardos (t. I^ p. 22-24), de l'assyrien Qomabaros (p. 30), d’Aroud [Arwad?] le cananéen (p. 24), appartiennent à un cycle encore mal connu de légendes orientales*.
Comme préface à l’histoire du sacerdoce et à la série des grands-prêtres de l’Ancien Testament, Michel cite des extraits du Pseudo-Aréopagite et de Jean, métropolitain de Dara*, contemporain de Denys de Tell Mahré (ix® s.).
La liste sacerdotale est ensuite établie d’après les chroniques de Jacques d’Edesse, d’Andronicus et de Jean de Litarba.
Andronicus nous est connu par une brève notice d’Elie de Nisibe : « Et diebus Justiniani, qui regnare cœpil anno 839 Alexandri, composuit Andronicus chronographus Chronicon quod congruit cum chronico Aniani [dans la version arabe ; Eusebii] in supputatione festorum, sed quoad numerum annorum patriarcharum neque cum chronico Aniani, neque cum chronico Eusebii congruit* *>. Elie mentionne plusieurs fois la chronographie d’Andronicus : la dernière citation se rapporte à l’an 646 (=: A. D. 335), ce qui donne à supposer que l’ouvrage s’arrêtait à Constantin.
Michel l’a utilisé pour toute la série des grands-prêtres, en le comparant avec Jacques d’Ëdesse. Il a dressé(cf. t. III, p. 427) une double liste parallèle d’après chacun de ces auteurs. Il semble donc avoir utilisé directement Andronicus. L’usage qu'en a fait Elie de Nisibe, un siècle auparavant, confirme cette conjecture. L’ouvrage est entièrement perdu; il avait pu être traduit par Jacques d’Edesse; car ni Elie ni Michel n’ont consulté les sources grecques dans le texte original.
Jean le stylite, moine du couvent de Litarba, près d’Alep, est un contemporain de Jacques d’Edesse, avec lequel il échangea des lettres. Il survécut à son savant correspondant, puisqu’il poursuivit son histoire jusqu’à l’an 726
1. Sur les recensions syriaques, cf. Rub. Duval, Lu littérature syriaqU'^, 3'-' éd. p. 83. Pour le grec, voir Gelzkr et Th. Scherman, Prophetarum vitæ fabulosæ (dans la colleclionTeubner). — 2. Cf. A. WiKTH, Üie Orienlaliscke Chroniken^ p. 217 (Frankfurt, 189«). — 3. L'ouvrage de Jean de Dara est conservé dans le ms. syr. tOO du Vatican. — Opus ckronologicuin, iuterprelatus est I. B. Chabot (Corp. script. Chr. Orient.; Scriptores Syri, ser. III, t. VIII, p. 111).
(cf, t. Il, p. 500). D’après la préface de Denys de Tell-Mahré {ibid., p. 358), son travail doit être rangé parmi les Chronographies. Semblablè à celui de Jacques d’Edesse pour le plan, il en différait souvent quant aux dates, à en juger par les endroits où leurs deux opinions sont rapportées conjointement.
Jean est cité une fois, à propos de l’hérésie des Trithéites (t. II, p, 260). On peut se demander si ce passage ne serait pas tiré d’une de ses lettres, car il dépasse les proportions des notices qu’on trouve ordinairement dans les chronographies. Les autres citations (t. 1, p. 20, 54, 57, 66, 68, 106, 110, 125) se rapportent presque toutes à la chronologie des grands-prôlres juifs ; l’auteur suit fidèlement Eusèbe {ibid., p. 66, 68).
Nous voyons par là que la chronique de Jean de Litarba commençaità l’origine du monde. Michel dit (t. Il, p. 500) l’avoir « résumée ». De fait, il n’a pu y puiser que des détails de minime importance, à ajouter aux autres documents qu’il avait entre les mains. 11 l’a utilisée directement, depuis le début jusqu’au chapitre xx du livre XI.
A partir de l’ère chrétienne la « succession du sacerdoce » se poursuit, avons-nous dit, par les listes épiscopales des sièges patriarcaux de Rome, d’Antioche, d’Alexandrie et d’Ephèse. Ces listes sont établies d’après Eusèbe.
Pour la seconde section (livre Vil et livre VIII jusqu’au ch. vi) l’auteur se réfèreà Socrate età Théodoret*. La matière est réellementfournie presqueexclusivement par ces deux historiens. La notice des évêques des principaux sièges est empruntée à Jacques d Edesse; et il en sera ainsi dans la suite de la Chronique lorsque les listes de Zacharie paraîtront incomplètes. Le récit de l’Invention de la Croix est tiré d'un apocryphe syriaque^; les légendes relatives à S. Silvestre et au baptême de Constantin sont empruntées à Zacharie le Rhéteur®. Nous ignorons par quel intermédiaire les noms des évêques qui ont souscrit aux conciles de Nicée et de Constantinople ont passé du grec dans notre Chronique.
Il n’est pas douteux qu’il a existé des traductions syriaques de Socrate et de Théodoret. Loin d’affirmer que Michel a utilisé directement ces traductions, je pense qu’il a, comme pour Eusèbe, résumé ou coordonné, selon son propre plan, une histoire déjà rédigée d’après ces sources.
Michel prétend (t. I, p. 240) que VHistoire ecclésiastique de Jean d’Asie, partagée en trois sections, commençait à Constantin. Cette assertion est contredite par le témoignage de Jean lui-même qui affirme (3® p., 1. I, ch. iii) avoir commencé à Jules César et conduit son récit, dans les deux premières parties, jus-
1. T. I, p. 2'i0 ; t. Il, p. 28. — 2. Les récits syriaques concernant l'invention de la Croix ont été réunis et publiés par Ebh. Nkstle, De sancla cruce, Berlin, 1889. — 3. Selon l’usage courant, je désigne par ce nom la compilation entière, dont une partie seulement est tirée de Zacharie.
INTRODUCTION
qu’à la 7« année de Justin II (572). La troisième, que nous possédons presque intégralement, va de 572 à 585*.
On peut se demander si Michel a eu réellement entre les mains les deux premières parties. Il cite, il est vrai, des fragments de la seconde; mais ce sont précisément les fragments qui se retrouvent isolés dans un manuscrit du Bristish Muséum, différent de celui qui contient la troisième partie*. D’autre part, Michel qui a cité, au moins brièvement, les préfaces de ses auteurs *, et même celle de la troisième partie de Jean*, n’a rien rapporté de la préface qui devait se trouver en tête de l’ouvrage; sa première allusion au texte (t. I, p. 242) est relative à Arius et constituait vraisemblablement le début delà seconde partie. La question ne pourra être résolue qu’après la publication intégrale de la Chronique attribuée à Denys de Tell-Mahré renfermant de nombreux emprunts aux deux premières parties de Jean d’Asie, qui suivait probablement lui-même Eusèbe, Socrate et Théodoret.
Alors même que Michel aurait utilisé ces historiens par l’intermédiaire de Jean ou d’un autre chroniqueur, il ne lui était pas interdit, d’après les procédés littéraires familiers aux Syriens, de les indiquer comme ses propres sources.
Michel déclare" qu’il commence à utiliser Jean d’Asie et Zacharie le Rhéteur à partir du chapitre vn du livre VIII; il n’y a, en réalité, qu'une faible partie du texte qu’on puisse attribuer à ces auteurs dans la suite du livre VIII.
Au chapitre vu, les notices épiscopales viennent seules de Zacharie ; le reste est emprunté aux Actes du pseudo-Goncile d’Ephèse dont la version syriaque est conservée, en partie, dans des manuscrits du British Muséum *.
Les chapitres viii et ix pourraient appartenir partiellement à Jean d’Asie. Bien que le nom de Zacharie paraisse dans le titre du chapitre x, les dix premières lignes seulement sont tirées de la compilation mise sous le nom de cet auteur; la suite vient des Actes du Concile.
Le chapitre xiv et dernier du livre parait être l’œuvre de Michel lui-même. L’auteur semble avoir voulu établir un parallèle entre Bar-Çauma de Nisibe, le nestorien, et Bar-Çauma l’ascète, le grand saint des monophysites. Le récit
1. Sur l’auteur cf. J. Land, Johannes Bischof von Ephesos, der erste Syrische Kirchenhistoriker (Leide, 1856). L’ouvrage a été édité par Ciireton (1853), traduit en anglais par Payne-Smith (1860), et en allemand par Schônfelder (1862). — 2. Édités par Land, Anecdota Syriaca, t. II, p. 289-329 ; 385-391. — 3. Préface de Théodoret, 1. 1, p. 241 ; de Zacharie le Rhéteur, t. II, p. 37 ; de Jacques d’Édesse, t. I, p. 253 ; de Denys de Tell Mahré, t. II, p. 357 ; d’Ignace de Mélitène, t. III, p. 114; d’Iwannis de Kaisoum, t. III, p. 256 ; de Denys bar Çalibi, ibid., p. 257. — 4. Tome II, p. 292. — 5. T. Il, p. 28. — 6. Cf. t. II, p. 25, n. 2. Ces textes ont été nouvellement réédités par J. Flem.ming [Abhandl, der K, Gesellschaft der Wissenschaften zu Gôllingen, Bd. XV ; 1917).
concernant le premier a été fourni par Denys de Tell-Mahré La notice du second, par les Actes de ce personnage*.
Ce même livre VIII renferme encore deux documents étrangers aux sources habituelles de l’auteur : les Plérophories de Jean de Maiouma (chap. xi), et les Tmémata de Jean de Philoponos (chap. xiii). Jean de Maiouma, originaire de la Palestine, d’abord moine à Antioche, devint le disciple de Pierre l’ibère et lui succéda comme évêque de Maiouma (près de Gaza). Il écrivit son ouvrage polémique vers 515. Michel n’en présente qu’un résumé. Le texte intégral, conservé dans un manuscrit de Londres, a été publié par M. Nau*. En comparant avec l’original l’abrégé inséré dans la Chronique, on peut se rendre compte de la manière dont Michel usait des textes.
Des lettres apocryphes des Juifs à Marcien et de Siméon le Stylite* à Léon, analogues pour les tendances aux historiettes des Plérophories, sont ajoutées au chapitre xii, tiré de Zacharie.
Jean Philoponos, auteur des TiJ-Zjixaia et d’un autre ouvrage polémique intitulé A’.aivrjn^ç, florissait vers le milieu du vi® siècle. Michel l’appelle en un endroit (t. 11, p. 121) « grammairien d’Alexandrie ». Nos T[j.Y;pLaTa sont incontestablement l’ouvrage signalé par Photius [Bibl., cod. LV), qui par ailleurs identifie l’auteur avec Jean grammairien d’Alexandrie, chef des trithéites, contre lequel écrivit Sévère d’Antioche. Cet autre Jean est souvent appelé dans notre Chronique a Grammaticus » '. Je n’ai pas d’argument décisif à opposer à l’identification faite par Photius et acceptée par Krumbacher [Bizant. Litteratur) \ mais Jean Philoponos est cité sans un mot de blâme par Michel et par Jacques d’Édesse, tandis que le « Grammaticus » est anathématisé presque à chaque citation. Il est vrai qu’il ne s’agit pas du même ouvrage; néanmoins ce lait semble de nature à jeter quelque doute sur l’identité des auteurs. La présence à la môme époque de deux personnages du nom de Jean, et tous deux « grammairiens », n’a rien d’invraisemblable dans une ville comme Alexandrie. C’est une question à étudier.
1. Un passage de Michel (t. II, p. 124) pourrait créer quelque difficulté au lecteur non prévenu. Il y est dit que l'histoire de Bar-Çauma de Nisibe (vers 48.4) « est longuement écrite dans l’ouvrage de Denys de Tell Mahrê x qui ne commence qu’en 582. Cela doit s’entendre du récit contenu dans les lettres échangées entre le patriarche Athanase (593-631 J et les moines orientaux. Elles sont, en effet, insérées dans la Chronique de Denys. (Cf. t. Il, p. 413, 435). — 2. Cette biographie existe dans plusieurs mss. syriaques, en particulier en tête du superbe ms. add. 12174 du Brilish Muséum. Ce volume porte, au fol. 45‘2 verso, une attestation de la main deMichel, constatant qu’il a été écrit pour le couvent de Bar-Çauma et déposé dans la bibliothèque au mois d’octobre 1196. — 3. Patrologia orientalis, t. VIII, fasc. t; la traduction française du même auteur avait déjà paru dans la Revue de l'Orient chrétien, 1898-1899. — 4. Éditées par Ch. Torrey ; cf. t. II, p. 92, n. 2. — 5. Cf. l. II, p. 163, 255, 316, 330, etc. Voir l’index.
INTRODUCTION
Le livre IX, conformément aux indications de Michel, est tiré de Zacharie et de Jean d’Asie, Nous avons renvoyé en note au texte correspondant de ces deux auteurs, et nous avons donné les références des notices épiscopales à la Chronique de Jacques d’Edesse. Malheureusement, les trois ouvrages nous sont parvenus mutilés. Aussi reste-t-il de l’incertitude sur l’attribution de quelques passages.
Cependant des documents étrangers à ces auteurs ont aussi été utilisés par Michel :
Dans le chapitre v, l’Encyclique de Léon l’Ancien, et la Lettre d’Amphiloque de Sidé à Léon, dont le texte grec est inconnu ; elles peuvent provenir l'une et l’autre des Actes des Conciles. Dans le chapitre xxi, l’Histoire de Sévère, résumée d’une biographie. Au chapitre xxin, les notices sur Habib de Paitar et surZéora, d’après l’ouvrage de Jean d’Asie intitulé de Beatis orientalihus. Le « Récit expositif » du chapitre xxvii est probablement l’oeuvre de Michel. La majeure partie du chapitre xxx doit provenir des Actes du v® concile œcuménique. Je ne saurais dire l’origine de la liste des hérésies renfermée dans ce même chapitre. La notice sur Ahoudemmeh résume une biographie de cet évêque *. Le chapitre xxxiv peut provenir du livre XI (aujourd’hui perdu) de Zacharie.
La troisième partie de V Histoire ecclésiastique de Jean d’Asie correspond aux vingt premiers chapitres du livre X de Michel ; mais celui-ci a complété sa Chronique à l’aide d'autres sources. Les Actes du synode de Damianus (ch. xiv), et la lettre de ce patriarche insérée dans le chapitre xvi, viennent de Cyrus de Batna,et il en est probablement de même de l’édit de Justin (chap. iv).
Cyrus (Qoura) de Batna, postérieur à Jean d’Asie, écrivit, à Edesse, une histoire en quatorze livres, sur l’époque des empereurs Justin II (565-578) et Tibère II (578-582), jusqu’à la mort de ce dernier. L’auteur vivait donc vers la fin du VI® siècle. Nous n’avons sur lui aucun autre renseignement. Il est cité expressément deux fois (t. II, p. 325, 332), à propos de Damianus d’Alexandrie, Si nous en croyons la « Remarque a de la p. 358 (t. II), Michel l'a utilisé dans les chapitres i-xx du livre X, en même temps que Jean d’Asie. Tout ce qui n’appartient pas à ce dernier peut donc être attribué à Cyrus, sauf les brèves notices épiscopales, qui sont tirées de la Chronique de Jacques d’Edesse (cf. t. II, p. 309, n. 5-8; p. 352, n. 2., p. 353, n. 1.)
Au chapitre XXI du livre X, commence la partie de la Chronique composée à l’aide de documents qui ne nous sont pas parvenus autrement. Nous n’avons
I. Celte biographie, signalée t. II, p. 251, n. 3, a élé récemment publiée par F. Nau (Patrologia orientalis, t. III, fasc. 1).
plus là possibilité de contrôler le texte en le comparant aux sources originales : mais c’est précisément ce qui fait le prix de l'ouvrage de Michel.
Là où s'arrête Cyrus, commence Denys (cf. t. II, p. 358).
Denys de Tell-Mahré, élu en 818 pour succéder au patriarche Gyriaque, vécut jusqu’en 845. Il continua pendant son patriarcat très agité, les études qu’il avait commencées, alors qu'il était simple moine, d’abord au couvent de Qennesrîn, puis, après l’incendie de ce dernier, à celui de Mar Jacques de Kaisoum. Sa Chronique fut composée sur les instances d'Iwannis, métropolitain de Dara. Il en avait entrepris la rédaction avant d’être appelé au patriarcal (cf. t. III, p. 43).
L’ouvrage comprenait deux parties, en seize livres divisés en chapitres. Il embrassait un espace de 260 ans, depuis l’avènement de l'empereur Maurice (582) jusqu’à la mort de Théophile (842)*. Michel a fait un large usage de ce document et a dû le faire passer à peu près tout entier dans sa Chronique. Il forme le fond du récit depuis le chapitre xxi du livre X jusqu'à la fin du livre XII. En dehors des passages où Denys est nommé , d'autres fragments nombreux sont tirés de son livre*.
Dans sa préface (cf. t. Il, p. 358) Denys signale lui-même les ouvrages historiques qui sont à sa connaissance ou à sa disposition; il les classe en deux catégories, les historiens ; Eusèbe, Socrate, Zozime (Sozomène), Théodoret, Zacharie, Jean d’Asie, et Cyrus, et les chronographes : Josèphe, Andronicus, Africanus, Ananius, un certain Georges, Jean d’Antioche, Eusèbe. A ceux-ci, il ajoute Jacques d'Edesse et Jean de Litarba. Il range parmi les premiers un certain Daniel fils de Moïse, du Tour 'Abdin, Jean fils de Samuel, « de la contrée occidentale », c’est-à-dire de la Syrie, Théophile d'Edesse « un chalcédonien » et Théodore d’Edesse, propre frère de l’auteur.
Daniel fils de Moïse, est cité par Élie de Nisibe dans sa Chronographie aux années 122, 127 et 131 de l’Hégire (740-749 de l’ère chrétienne). Il appartient donc au vin® siècle.
Le syrien Jean fils de Samuel, nous est totalement inconnu. Il faut le ranger dans la catégorie des modestes compilateurs, qui s'attachaient à relater surtout les événements locaux, et dont les œuvres ont péri ou nous sont parvenues à l’état fragmentaire dans des manuscrits mutilés*.
Théophile, fils de Thomas d’Edesse, appelé « maronite » par Barhébréus*,
t. Cf. tome lit, p. 1 1 1. — 2, Par exemple, l’histoire de la baleine (t. III, p, 85), ainsi que l’affirme la Chronique anonyme de Cple, dont l’auteur a eu aussi entre les mains l’ouvrage de Denys. — 3. On a des exemples de ces chroniques, devenues anonymes par la perte des premiers et derniers feuillets, dans les fragments édités par M. Bkooks [Chronica Minora, t. IV, série III du Corpus Script. Christ. Orxentalium) . — 4. Hisl. des Dynasties, édit. Salhânî (Beyrouth, 1890) p. 220.
INTKODUCTION
était, (Jit Denys, un « chalcédonien » qui « laissa frauduleusement de côté toutes les histoires dans lesquelles on fait mention de l’un des nôtres ». Aussi le patriarche n’a-t-il emprunté à sa Chronique que quelques fragments « parmi les choses exactes qui ne s’écartent pas de la vérité » (t. 11, p. 358). Théophile est l’auteur d'une traduction syriaque de l’Iliade et de l’Odyssée. On peut conjecturer que sa Chronique commençait à l’origine du monde, car l’unique passage cité par Barhébréus* met en concordance l’ère de la création avec l’ère des Séleucides, Le chiffre donné par Théophile : 5197 ans, est celui que Michel attribue (t. I, p. 116) à « quelques-uns parmi les Grecs »; mais en ce même endroit Barhébréus, dans sa Chronique ecclésiastif|ue, a aussi placé le nom de Théophile.
Théodose, frère de Denys, très versé dans la connaissance du grec et auteur d’une traduction syriaque des homélies de S. Grégoire de Naziance, fut ordonné métropolitain d’Edesse par Cyriaque. 11 mourut avant son frère, qui lui donna pour successeur un certain Cyrille (cf. t. III, p. 455) antérieurement à l’année 834’.
riîéodose est cité expressément une seule fois par Michel (cf. t. I, p. 255), à propos de la Chronique de Jacques d’Edesse. La dernière phrase de la note doit probablement être attribuée à Michel lui-même; autrement elle laisserait entendre que Théodose avait combiné une nouvelle chronographie avec Eusèbe et Jacques, ce qui d’ailleurs n'est pas impossible.
L’énumération de Denys appelle encore quelques observations.
Il range parmi les chroniqueurs un certain Georges surnommé mot
que la version arabe a servilement transcrit Si le mot est correctement
écrit’, il faut le considérer comme dérivé d'un nom de lieu, « originaire de », ou d’un nom de famille (peut-être arménienne?). Cet auteur inconnu doit être antérieur à Jean d’Antioche (fin du vi* siècle), d’après la place qu’il occupe dans l’énumération de Denys. Il est cité une seule fois par Michel t. I, p. 116). Dans le passage correspondant, Barhébréus l’appelle « prêtre », et il cite eh même temps Georges, évêque des Arabes ; ce qui exclut la possibilité d’identifier notre Georges avec cet auteur bien connu de la fin du vi* siècle*.
1. Ibid., p. 98. — 2. Cyrille fut ordonné avant Thomas de Tagrit ; or, celui-ci fut élu maphrien en 834, d’après Barhébréus (C/ir. eccl., II, col. 110). — 3. Barhébréus {Chron., p. 40) reproduit et complète le passage de Michel. Les deux éditions, de Bruns et de Bedjan, donnent la leçon a cupidus », qui paraît moins boune. — 4, La distinction est aussi affirmée dans un
ms. inédit de Berlin (cl. Sachau, Verzeichniss der Syrischen Handschr., II, p. 719); mais elle est vraisemblablement basée sur Barhébréus et n’ajoute rien à son autorité.
CHRON. HICIIEI. LS STKIRN