‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 11 sur 286 · CHROS. MICHEL LE STRIES · texte numérisé non relu

CHROS. MICHEL LE STRIES

ISTR.

CHRONIOUK Db: MICHblI. LE SYRIEN

La divergence entre la disposition actuelle et celle de l’original semble imputable à Michel fils de Barçauma, (copiste du manuscrit d’Orfa ; car Moïse de Mardin laisse entendre qu’il avait reproduit l'autographe de Michel page à page : « Selon le plan préposé à la disposition de l’ouvrage, [le patriarche Michel] sépara les événements ecclésiastiques et. autant que possible, les condensa dans la colonne supérieure; (il plaça) la succession des empires dans la colonne du milieu, les choses accidentelles et les prodiges dans la colonne

inférieure Toute histoire ou traité que le patriarche écrivit dans toute

la largeur de la feuille, nous l’avons, nous aussi, écrit maladroitement feuille par feuille, afin de ne pas le couper et de ne pas troubler le lecteur. Les événements rapportés en abrégé ont été séparés en colonnes, selon la disposition de l’ouvrage, et divisés en chapitres

On ne peut donc douter que Moïse ait voulu conserver la disposition primitive. Je n’oserais cependant garantir, malgré ses paroles, quTl ait réussi à reproduire l’autographe si rigoureusement qu’une page ou une colonne n'empiétât pas sur l’autre.

Du manuscrit d’Edesse, il n’a été pris jusqu’à ce jour que deux copies. L’une fut faite en 1887 pour Mgr Ephrem Rahmani, aujourd’hui patriarche des Syriens catholiques. Ce prélat en avait annoncé à plusieurs reprises la publication ; mais il n’a jamais donné suite à ses projets*. L'autre copie, celle que je publie, fut exécutée pour mon propre compte en 1899. Elle reproduit le manuscrit d'Orfa, page par page et ligne par ligne.

Chacune de ces deux copies présente des fautesL 11 n’est guère possible qu’un copiste, si attentif soit-il, transcrive près de sept cents pages in-folio sans aucune distraction. Il ne faut pas croire cependant que toutes les erreurs qui se rencontrent dans le texte soient imputables à la négligence des copistes. Un certain nombre d’entre elles, et des plus grossières, se trouvent dans le manuscrit d’Édesse*; la servilité avec laquelle elles ont été reproduites dans nos copies est un indice du soin apporté à leur exécution.

L’autographe même de la Chronique, ou ce qui en subsiste, se retrouvera peut-être quelque jour dans une obscure bibliothèque du Tour 'Abdin. Nous ignorons en quel lieu précis Moïse de Çùr lit sa copie, dans la seconde moitié du xvi* siècle. .Assurément, le manuscrit n’était pas en la possession de Moïse, qui n’aurait senti, dans ce cas, aucun beoin de s'astreindre à le copier. Peutêtre l’avait-il emprunté à la bibliothèque de Mar Bar-Çauma. Michel l’y laissa à

1. Tome II, p. 3r)6-'ïô7. — 2. Cf. Joiirn. axiat., I.\‘ série, I. III (1894), f>. 135; et H. Pognon, Inscriptions mandaïtes des coupes de Khouabir ^ p, 12, n. 1. — 3. Cf. ci-dessous, p. lu, n 3. — 4. Elles devaient même se trouver pour la plupart dans la copie de .Moïse de Mardin.

INTRODUCTION

sa mort. Un de ses successeurs, le patriarche Ignace David, l’emporta avec lui à Roumqalah, où il mourut en 1252. Par son testament, il le léguait au monastère de Bar-Çauma*. C’est la seule mention authentique que nous ayons de cet autographe. Vers la même époque, Barhébréus l’a certainement eu sous les yeux; l’ouvrage était alors exempt des mutilations qu’il avait déjà subies lorsqu’il vint aux mains de Moïse de Mardin. Selon son propre témoignage, Barhébréus composa sa Chronique principalement à 1 aide des livres qu’il avait à sa disposition dans la bibliothèque de la ville de Maraga (province d’Adherbaidjan), quatre-vingts ans après Michel ; donc vers 1276. La bibliothèque de Maraga dut servir à Barhébréus surtout pour compléter l'histoire profane, pour l’époque postérieure à Michel, et pour l’histoire des diocèses Orientaux; mais pour la période antérieure, en ce qui concerne l’histoire religieuse, la Chronique de Michel està peu près l’unique source de Barhébréus*. 11 estpermis de croire que ce dernier avait pris une copie de l’ouvrage, ou en avait fait le résumé systématique qui forme sa propre Chronique, lorsqu'il dut abandonner son siège épiscopal d’Alep par ordre du sultan de Damas. Il se réfugia alors au couvent de Bar-Çauma, vers 1255, époque où le manuscrit de Michel venait d’être restitué au monastère, après la mort du patriarche Ignace David.

§ IV. — Les Vehsio.ns.

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