‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 128 sur 286 · LIVRE V. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAP. V

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race et par le pays; ils virent aussi qu’il était partagé entre plusieurs et troublé en lui-même faute de concorde. En effet, les uns régnaient en Macédoine, les autres en Épire, ceux-ci en Thessalie, ceux-là en Thrace, d’autres en Asie, d’autres en Egypte, d’autres en Syrie. Ceux qui étaient en Syrie et qui paraissaient voisins étaient surtout occupés à la guerre contre les autres rois des Grecs. Quand les peuples qui avaient été jadis soumis à l’empire des Perses comprirent ces choses, la plupart s’éloignèrent des Grecs, se donnèrent la liberté, et chacun d’eux se constitua une royauté indépendante.

D’abord, ceux qui étaient dans la région des Parthes, dont les Modes s’étaient emparés, après avoir été soumis aux Grecs pendant 74 ans, se constituèrent un roi nommé Arsace, en l’année 62 du comput des Grecs. Comme celui-ei fortifia beaucoup leur empire, tous les rois ses successeurs sont surnommés Arsacides; de leur nombre fut Barzapharnès ‘ qui envahit la Syrie et la Palestine du temps d’Auguste le Romain et d’Hyrcan le Juif.

Pareillement, le peuple des Hyrcaniens qui sont près des Parthes, y)lus au nord, en voyant l’autonomie des Parthes, se constituèrent aussi en royaume indépendant. Tantôt ils s’unissaient contre les Grecs avec les Parthes, et tantôt ils s’élevaient contre ceux-ci.

Les Arméniens, stimulés par ceux-ci, se constituèrent aussi un empire dans la Grande-Arménie, jns(|u’à la mer 77' Caspienne, dans les montagnes ap[)elées Caucase et certaines parties de l’Ihérie, c’est-à-dire de la Géorgie*. Neuf rois d’une même race régnèrent parmi eux : Khosrau, Tartad, Khosrau, Tiran, Asaq, Pâph, Orostat, Asaq, Balânasaq. — Ensuite quand le second empire des Perses eut de nouveau prévalu, de peur que les Arméniens ne se convertissent et ne s’unissent à l’empire des Romains par le christianisme, ils les opprimèrent parla guerre et les soumirent, au point d’anéantir complètement leur puissance. Ils ne laissèrent pas môme un seul des soldats qu’ils virent, mais ils les prirent tous pour eux comme esclaves. C’est ainsi qu’en Arménie commença l’empire des Arméniens, et ainsi qu’il finit.

Dans le pays de Mésopotamie, appelé Osrhoène, en l’an 180 selon le comput des Grecs, avant que la royauté des Grecs de Syrie, qui dura 40 ans, ne fût détruite, alors que régnait à Alexandrie Ptolémée Évergète, le VIP des Lagides, sur la Syrie ; Antiochus Sidétès, et sur les Juifs ; Simon, frère de Jonathas, défaillit la race de ceux qui étaient à Édesse et qu’on appelait Syro-Macédoniens; ils étaient descendus d’Édesse de Macédoine avec Alexandre le Grand et avaient rebâti Orlîoë, qu’ils nommèrent Édesse du nom de leur propre ville. Comme il ne se trouvait là personne de race grecque pour soutenir et garder la dignité de l’em-

1. Uapi;af âpvir,;. Cf. Jos., Ant., XIV, xui ; Bell. JaJ , I, xiri. — 2. Ms : Gouvzùn.

pire des Grecs de Syrie, le peuple qui s’y était implanté autrefois, et qui était de racearaméenne, prévalut: s’étant aussi affranchis de la suzeraineté des Parthes, ils établirent à Edesse pour roi un d’entre eux nommé Abgar. Il était courageux, fort et expérimenté à la guerre. Lui, et ses enfants après lui, dominèrent jusqu’à la frontière' de Babylone pendant 380 ans, depuis l’année 180 des Grecs jusqu’à l’année 560 du même coinput. Ces rois d’Edesse régnèrent aussi sur le pays des Arméniens jusqu’à’ ce que ceux-ci se fussent eux-mêmes constitué un roi. Plusieurs s’appelèrent de ce nom d’Abgar, parce qu’ils étaient pris d’affection pour ce grand Abgar PL Les Edesséniens et leurs rois tombèrent sous le joug des Romains en l’an 477 du comput des Grecs, la 7® année de Lucius, empereur des Romains, alors que ce Lucius fît la guerre avec les Partbes, les vainquit et les soumit. Ils furent sans roi et leur royauté cessa totalement [78] en la 5® année de Philippe, empereur des Romains, en l’année 560 du comput des Grecs. La rovauté leur fut enlevée du temps d’Abgar Soros ; en effet, les Romains chassèrent celui-ci, parce qu’il avait voulu se révolter contre eux ; ils établirent Aurelianus, fils de flabesai, comme gouverneur, au lieu de roi, et leur imposèrent [un tribuP de servitude. — Ainsi finit la royauté des Edesséniens a|»i'ès avoir subsisté, commeje l’ai dit, 380 ans, en l’année 560 dos Grecs, la h*" de Philippe. mille ans après la fondation de Rome.

Eusèbe ne fait point mention de ces choses, mais il dit en abrégé ceci ; » A Edesse régna Abgar, homme probe, comme dit AfricanusL » 22 ans avant que le rovaume d’Edesse ne prit lin, en l’année 538 des Grecs, la première année d’Alexandre, fils de iNlamma, alors que d’autres empires commençaient à jiaraitre dans les pays d’Orient, le dernier empire des Perses s’éleva subitement, se fortifia, domina jusqu’aux limites de l’Inde, et mit tin à tous les royaumes de ces contrées. Cet empire s’éleva donc en l’année 538 des Grecs, et soumit tous les rovaumes, je veux dire : les Parthes, les Hyrcaniens, les Caramaniens \ les Mèdes, ceux qui sont dans la Margiane, ceux de Hérat, les Houzayè, les Chaldéens, les .Assyriens. Alors ces rois puissants commencèrent à envahir les contrées de la Syrie et de la Mésopotamie, (pti étaient sous le joug des Romains, pour les piller et les dévaster. Eusèbe fait aussi mention de cela en passant, quand il écrit que le roi Sapor II envahit la Syrie, la Cilicie <>l la Cappadocc L Tous ces empires s’étaient élevés en ces temps-là dans les conti-ées de la Grande-Asie, sans parler de ceux des contrées de l lnde, ni de ceux du nord, dans les contrées de la Sérique qu’on appelle Turkestan®. — Fi/i de ce chapilre.

1, tore : Uoa-xA. — 2. Lire ; — 3. H. a. 2234; Arm. 2235. — 4. Ms. : Qadmatwyi". — 5. 11.

il. 2275 — (i. Txsiislii, (|no jp suppose une corruption pour Turkestan (ou Sinislant.

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