‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 156 sur 286 · LIVRE VI. GHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE VI. GHAP. I

et l’envoyèrent aux pauvres qui étaient à Jérusalem, comme il est écrit dans les Actes

Jusqu’alors la Thrace avait été gouvernée par des rois; elle devint province

A cette époque llorissaient Simon le Magicien, Gérinthe • et Ménandre.

Le sage Phllon rencontra Pierre h Rome lorsqu’il y prêchait^. Philon, outre une quantité d’ouvrages, écrivit aussi sur les moines qui étaient de son temps dans la contrée d’Egypte. Il les appelle mnihonê ei il nomme les femmes solitaires et religieuses : mnihonioto'^ . Il dit que ce nom leur a été attribué, soit parce qu’ils procurent du soulagement à ceux qui viennent les trouver par les guérisons et délivrent les îimes des passions mauvaises comme les médecins délivrent les corps ; soit parce qu’ils servaient Dieu dans la pureté de leur vie et de leurs œuvres; soit qu’il leur donne lui-même ce nom, soit qu’en réalité, comme il le dit, les premiers [fidèles] aient été ainsi appelés, car le nom de chrétien n’était pas encore connu partout. Ils se dépouillaient des biens et des ornements du monde, comme l’enseigne le livre des Actes® [disant que] ceux qui étaient convertis vendaient tout ce qu’ils possédaient et le distribuaient. — Philon dit aussi qu’aucun d’eux ne mangeait quelque chose avant

comme le Père ; aux Samaritains, comme le Fils, et aux Gentils, comme l’Esprit. Il niait la résurrection des morts. On lui érigea une statue h Rome’, car il avait séduit beaucoup de gens par ses sortilèges.

On rapporte que quand Pierre monta à Rome , il dit au chien qui était à la porte de Simon ; « Va dire à ton maître que Pierre est arrivé. » Quand on vit le chien qui parlait on fut saisi d’étonnement. Simon dit ; « Ne vous étonnez pas. » Sur son ordre on lui amena un taureau. Il s’approcha et parla dans l’oreille du taureau qui creva.

Tandis que tout le monde était dans l’étonnement, Pierre s’avança, il pria et le taureau revint à la vie.

Simon, par l'opération du démon, se mit à voler dans l’air ; Pierre l’invectiva : il tomba et se brisa.

D’autres disent qu’un des grands étant mort, on l’apporta. Simon l’appela le premier, et il ne se leva pas. Ensuite Pierre ayant prié, le mort se leva, et Simon prit la fuite. Cyprlen, le père du mort ressuscité, reçut Pierre dans sa maison.

La reine Protonice, femme de Claudius, crut à la doctrine des Apôtres et alla à Jérusalem. Elle s’enqult de la Croix et confia cette affaire à l’évêque Jacques. Quand elle entra dans le Sépulcre à l’instant même sa fille tomba et

1. Act,^ XI, 29, 30. — 2. H. a. 2064; Arm. 2062. — 3. Lire ; ioooû'J.*;»o. — 4, Eus., H. E., II, xvir. — 5. Ces adjectifs sont dérivés du verbe **.i, quievit. Ils traduisent imparfaitement le texte original d’Eusèbe : ôepans'jTà; aêroy; xai xà; ctuv aùxoti; yuvaïxa; ÔspaTtîuxptSa; àTcoxaXeï(i0a! çridi. — 6. Act. Apost., IV, 34-35.

7. Erreur qui a pour base, comme l’on sait, le texte de Justin, que notre auteur cite icüpar l'intermédiaire d’Eusebe (//. E., II, xm).

le coucher du soleil. Ils jugeaient que l'étude de la philosophie ‘ convient à la lumière, et le soin du corps aux ténèbres. C’est pourquoi ils donnaient tout le jour à la philosophie et une petite partie de la nuit aux nécessités du corps. Il y en avait qui ne mangeaient que tous les trois jours, [07 d’autres le sixième ou le septième.

A cette époque" un séducteur égyptien vint en .ludée et entraîna à sa suite 30.000 hommes; après les avoir promenés dans le désert, il les amena sur la montagne des'Ollviers et de !ii il voulait entrer par la violence à .lérusalem. Félix, ayant pris les garnisons des Romains, vint engager le combat; l’Egyptlen prit la fuite et beaucoup de gens périrent.

— C'est pourquoi le tribun disait ;i PauD ; U Serais-tu donc cet Egyptien qui est parti il y a quelques jours conduisant au désert cinq mille hommes? »

A cette époque il y eut une sédition des Juifs à Césarée ["de Palestine ; une multitude d’entre eux périt*.

Il y eut une éclipse [de soleil , et un grand tremblement de terre à Rome

Néron tua Agrippine sa mère, ,ia sceur de son père Octavieysa femme, et beaucoup d’hommes illustres qu il fit massacrer à Rome.

mourut. Il y avait trois croix. Quand on plaça sur la morte celles des larrons, cela n’eut aucun résultat; mais quand la croix de Notre-Seigneur fut placée sur la morte, de suite elle se leva *.

Jacques l’apôtre “ayant été emprisonné à Jérusalem, [Hérode] envoya un bourreau [97] pour l’amener au tribunal.

Celui-ci l’avant amené et le voyant rendre témoisfnatre fut ébranlé et s’écria : « Moi aussi, je suis chrétien. » Comme on les conduisait tous deux au supplice, il demanda ii “ l’apôtre de prier pour lui ; alors, le bienheureux apôtre lui dit :

« Paix à toi, mon fils » et il l’embrassa Tous les deux furent couronnés au même endroit.

Le premier évêque qu’ordonnèrent les Apôtres, fut Jacques, frère de Notre- Seitrncu r

Paul ne fut pas molesté lorsqu il alla il Rome pour la première fois; la seconde fois il y périt '*.11 atteste lui-même*“qu il n'avait personne avec lui dans sa première défense, si ce n’est Aristarchus qu il appelle ; « mon compagnon de captivité » ; et qu’il fut c< délivré de la gueule du lion », c’est-à-dire de Néron. Lors de sa seconde défense, Luc était avec lui. Cela est connu de ce que Luc continua les Actes des Apôtres jusqu’à l’époque

1. lûU. : « la sagesse ». — 2. II. .n. 2069; Arm, 2067; cf. Eus., //. E., II, xxt ; Jns., BcU. Jud., Il, xiit. — 3. Act., xxt, 38. — II. a. 2071 ; Arm. 2069. — .6. H. a. 2073. — 6. II. a. 207'.; Ai-ni. 2071.— 7. Ualê-Bol; Arm, 2080.

8. I.e récit fabuleux de celte première invention de la \ .aie Croix est publié en syriaque ilans Xestli-, Do sfincifi iruce, Berlin, 1889; et dans Bf.d.i.\n, Acta Sanct. et Mart., III, 17.' et suiv. — 9. Cf. Eus., II. II, IX. — 10. spicalator, — 11. Lire ; ovi.» (ie;'.<:. .xyr. d’I7us. ; et non Cai»). — 12. I.irc ;ovû»Jo. — 13. II. a. 20'»8; Arm. 2019. — 14, I.ire : (et non yav). — 15. II Tim., iv, 17. — 16.

C(d., IV, 10.

Page 1