LIVRE VI. GHAP. II
établit Jésus, fils de Damai*. Annianus était de la secte des Sadducéens*.
Premier livre de Josèphe^ . — Celui-ci écrivit deux* livres sur les Juifs, sept sur la guerre des Romains, et deux Disputes contre Appion, avec lequel il alla, ainsi que le Juif Philon, pour calmer Gaïus, Il est aussi l’auteur d’un [ouvrage] contre Justus de Tibériade, et de 62 lettres au roi des Juifs Agrippa ^ Ses ouvrages furent placés dans la bibliothèque de Rome, et après sa mort on lui érigea une statue en signe d’honneur. Il écrivit en langue grecque et en langue romaine, comme il l’atteste lui-même, et il est digne de fol. 11 dit dans son premier Livre : « Nous avons des multitudes d’ouvrages qui ne sont pas d'accord entre eux; mais nous avons 22 Livres que nous croyons divins. De ceux-ci, il y en a 5 de Moïse dans lesquels sont contenues la Loi et la tradition sur l’oriirlne
de l’homme, et la succession [des faits] jusqu’à la mort de Moïse, pendant l’espace d’un peu moins de trois mille ans. Depuis la mort de [99] Moïse jusqu’à Artaxerxès, roldes Perses, les Prophètes venus après Moïse ont écrit ce qui se passa de leur temps en 13 Livres. »
Josèphedit" que le peuple de l’Église
(décembre) mais tout le monde [est d’accord pour dire] qu’ils furent couronnés en même temps. Paul eut la tête tranchée par le glaive et Pierre demanda à être crucifié la tête en bas.
A Rome, le premier évêque après Pierre fut Linus" pendant [11] ans'',
A Jérusalem, après Jacques, vint le 2®; Simon, fils de Cléophas®, son cousin, pendant 42 ans *'*.
[A Alexandrie], Marc l’Evangéliste prêcha le premier et fonda un sanctuaire. — Le premier évêque qui lui succéda fut Annianus, pendant 22 ans'*. — Annianus mourut en l an 4 de Domitien et eut pour successeur, à Alexandrie, Billus'-.
En l’an2dugouvernement de [Titus Anaclet siégea à Rome, pendant 12 ans; il mourut et Clément occupa le siège
Celui-ci est l auteur d une grande lettre, (|ui est reçue [dans le canon et qu’il adressa au nom de l’EoHse de Rome, à Corinthe, à cause du trouble qui avait Heu là
Jean l’Apôtre demeura jusqu’au temps de Domitien et fut relégué à Patmos"*.
Irénée et Hippolvte de Boçra attestent que l’Apocalypse est de lui, et qu’il l’écrivit du temps de Domitien'”.
A Évodius '*, qui fut le premier évêque
1. AaiivaTo;; ms. : Ramai. — 2. Jos., Antiq., XX, vitt ; ’’Avavoç. — 3. Eus., H. ix-x. — 4. Sic
ms.; lire : vingt. — 5. Cf. //. j?., III, x, .s. où le sens est tout autre. — 6. Les paroles sont d’Eusèbe, H. E., III, v.
7. Lire : «aoaiA., — 8. H. a. 2084; le nombre des années manque dans notre ms. Nous mettons 11 ans d’après E. et BH. — 9. H. a. 2080 ; Arm. 2077. — 10. 5ïc ms. ; pour le nombre des années comp. la liste donnée ci-dessous, p. 167. — 11. H. a. 2078; Arm.^2077. — 12. H. a. 2100 : Ahilius \ Arm. 2099. Sync. AlucXio;, Eus. ’AêiXto;. — 13. Je pense qu’il faut lire ainsi d’après H. a. 2096. Le ms. porte : En Van 42 de son gouvernement. — 14. H. a. 2108; Arm. 2103. Cf. H. E., III, XV. — 15. II. E., III, xvr, XXXVIII. — 16. Lire ; cg jj £ ^ xviit. — 18. II.
E., III, xxii.
de JéruRalem eut une vision avant ia guene dos Romains, et <ju'ils s’on allèrent habiter dans la Pérée, dans une ville appelée Pclla, alin <pie le cbàtiihenl tombât seulement sur les .luils. — 11 expose dans sa chronique que 3 OOO.OOO de .luifs étaient rassemblés Jérusalem' pour la fête de la Pâque, et y expièrent le meurtre do notre Sauveur, de ma nièie qu’ils lurent enlermés dans la même fête en laijuelle ils avaient enfermé le Christ.
La famine se fit sentir tout d’abord', au point qu'on ne pouvait plus dresser ouvertement la table. Ils liraient du feu et mangeaient la nourriture avant ([u'elle fût cuite. Cotte nourriture était lamentable; et il était dio-ne de larmes de voir ceux qui étaient forts arracher la nourriture ;i leurs compagnons cl ceux qui étaient faibles pousser des gémissements. Le tourment de la faim, en effet, fait triompbei' toutes les passions; et il n’v a rien qui détruise comme elle toute pudeur. Les choses par ailleurs dignes de respect (b'viennent en ce cas im'-pi isaldes.
Des femmes enlevaient la nourriture à leurs mai'is, des enfants à leurs pères, et, ce (pil est plus misérable (jue tout, lies mères ;i leurs propres petits enfants Quand on vovait quehpie part une porte fermée, c'était [le signe que ceux ipii étaient à l’intérieur prenaient quelque
[OîllJ d Antioche, succéda le 2'’ : Ignatius.
Jean, après avoir été six ans en exil à Patmos, revint à Ephèse. Clément d’Alexandrie* écrit’ que Jean, étant revenu de Patmos à Ephèse, parcourait les environs. Il alla jusqu’à une ville peu éloignée et consola les frères qui s’y trouvaient par ses enseignements. Il vit parmi eux uu jeune homme robuste et de belle ligure. Il fut pris d'affection pour lui et dit à l’évêque de l’endroit : « Je te confie ce frère en face de l’Église et du Christ. » L’évêque accepta et promit. Ensuite Mean retourna h Ephèse.
L’évêque prit le jeune homme chez lui, l’instruisit et le baptisa. Mais par la suite, perverti par de mauvais compagnons, ce frèreabandonna l’Église] organisa une bande de brigands et se fit leur chef. Au bout de quelque temps, saint Jean revint, et envisageant l’évêque, lui dit : « Reuds-moi le dépôt que je t’ai confié avec le Christ. » L’évêque fut étonné; il pensait qu'il réclamait quelque argeiit. Alors l’apôtre lui dit ouvertement : « Je réclame le jeune homme que je t’ai confié. » L’évêque pleura ^ et dit : « 11 est mort devant Dieu! 11 est parti et est devenu un brigand. » En entendant cela, saint Jean déchira ses vêtements; il se frapjia la tête en disant : a llél as! hélas! Tu as abandonné l’âme de ce jeune homme dans la montagne®. » Et il cria ; « Amenez-moi une mouture
1. lob., Bell, jinl . , \I, cilé il ;i près l'ius,, //. III, vt.
2. I.ire : — 3. l);ins le Iraité : Tiç ô 'Taitôixsvo; 7i>,o'j<tioc ; mais l’auteur cite d’après EusÈbe,
II. F.., III, xxm. — l.acune de quatre lignes dans le ms. Nous suppléons le sens d’apres Eusèbe. 5, Lire ; 1^= . — 0. Tel est le sens de notre ms., mais le texte doit être corrigé d’après la version syriaque do \ Ilisi. ercl. d’Iiusèbe qui porte : Rog» IU,i e. : « Quel bon gardien
j’ai laissé à l ame de ce jeune homme! ».