‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 160 sur 286 · LIVRE VI. CH A P. II · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CH A P. II

nourriture. Aussitôt ils brisaient les portes et emportaient la nourriture; les vieillards se lamentaient et les femmes, la chevelure en désordre, s’elTorçaient d’en cacher un peu]'. Les perturbateurs enlevaient les enfants [100] pour un peu de nourriture; ils les levaient en l’air et les brisaient’ contre la terre. Ils obturaient’ l’urèthre avec des vesces, et enfonçaient dans l’a nu s des bâtons pointus *. La faim se faisait sentir dans toutes les maisons et dévorait le peuple. Ils tombaient et mouraient si nombreux qu’on ne pouvait les ensevelir . Ceux qui étaient tourmentés pour mourir regardaient, les yeux secs, ceux qui les avalent précédés dans la mort. Un profond silence et une nuit funèbre enveloppaient la ville. Les voleurs étaient plus funestes que toutes ces choses; ils spoliaient les morts et dépouillaient leurs corps de leurs voiles. Tout d’abord ils avalent prescrit d’ensevelir les morts dans le trésor public. Lorsqu’on ne pouvait plus les ensevelir, on les jetait par le mur dans les fossés, Titus, en passant, voyant les fossés remplis de morts et le pus découlant des corps, soupira et leva les mains, prenant le Dieu du ciel à témoin qu’il n’était pas l'auteur de cette calamité. Ils mangeaient les ceintures qu i étaient autour de leurs reins, les chaus-

et un homme pour me montrer le chemin. » Oubliant sa vieillesse et ayant pris avec lui quelques hommes, il alla à la montagne. Il fut pris par une bande de voleurs, les compagnons du jeune homme. Il leur criait^ : « Je suis venu pour cela; conduisez-moi h votre chef. » Quand le jeune homme vit le saint, il fut pris de confusion et se mit h fuir. Saint Jean [100] se mit :i sa poursuite et lui criait : « Pourquoi fuis-tu devant ton père, mon fils ! Aie pitié de ma vieillesse ; ne me fatigue pas; ne crains rien. Tu as encore l’espoir du salut. Moi-même je rendrai compte pour toi, si tu te convertis, et même je suis prêt h mourir pour toi comme Notre-Seigneur est mort pour nous; je donnerai mon âme pour toi. » En entendant cela, le jeune homme jeta son sabre et se prosterna sur le visage. Le saint s’approcha, le prit dans ses bras et le baisa h la tête. Il l’amena h l’église. Il priait dans les larmes, les jeunes continuels, les prières assidues, et il finit dans la pénitence.

Papias, dans son enseignement, fait mention de Jean l’Evangéliste, et peu après il ajoute : « Et Jean, le prêtre. » Par là, il est notoire qu’ils étalent deux [de ce nom] à cette époque; leurs tombeaux étaient tous les deux en Asie. On pense (jue l'Apocalypse et les deux

1. Lacune de quatre lignes qui peut être ainsi complétée d’après la version syr. d’Eusèbe : l-L’iSS. oo« |,»»»o • oo« ,^3] iCi^astjo X>,io ovi» Ul vpovi»] tow

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— 2. Lire ; (et non : — 3. Lire : ^.3» (et non : — 4. Pour les forcer à livrer

leur nourriture.

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