‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 181 sur 286 · LIVRE VI. GHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VI. GHAP. VIII

rien innover en dehors de la tradition et de la coutume qui existe. » Et il y eut une querelle entre eux'.

A cette même époque, le prêtre Novatus disait qu’il n’y a point de pardon pour ceux qui pèchent après le baptême. — Il y eut à son sujet un synode de soixante-quatre évêques, à Rome, et ils l’excommunièrent*.

A cette même époque se fit connaître Sabellius dePtolémaïsde la Pentapole de Libye, dans le pays d’Égypte'*. Il disait qu’il n'y avait qu’une [110] seule personne dans la sainte Trinité ; et que cette même personne s’était manifestéecomme le Père aux Prophètes dans l'Ancien Testament; que dans le Nouveau, elle s’est Incarnée comme le Fils et a parlé avec les Apôtres sous la forme de l’Esprit-Saint. — Dionysius* d'Alexandrie écrivit contre lui.

A cette époque, Nepos ■'* parut dans une ville d’Egypte ; il enseignait comme les Juifs. Il disait que les saints auront sur la terre mille ans pour manger et boire.

A cette époque aussi, Paul deSamosate® abandonna la foi, et renouvela la honteuse doctrine d’Artémon’. Les évêques* Flrmilianus de Césarée de Cappadoce,

Alexandre de Jérusalem®, ainsi que Fablanus de Rome ’®, Fabius d’Antioche ", successeur de Babylas, Christophorus'® et beaucoup d’autres souffrirent le martyre du temps de l’empereur Decius qui était ennemi des chrétiens [et qui avait tué] l’empereur Philippe et son fils, qui étaient chrétiens.

De son temps, sept enfants s’enfuirent d’Èphèse et se cachèrent dans une caverne'*.

11 opprimait fortement les chrétiens pour les faire apostasier; et beaucoup apostasièrent par crainte. Quand Decius fut tué, la persécution se calma. Ceux qui avaient apostaslé vinrent h Rome [116] et demandèrent à faire pénitence. Novatlen" disait qu’il n’y avait point de rémission, et il fut appelé chel des Cathares.

Cornélius écrivit, à son sujet, à Fabius d’Antloche.en disant" :« Nova tien, poussé par le démon, est venu h 1 église de Rome. Alors qu’il gisait sur un Ht et était sur le point de mourir, il reçut le baptême par nécessité. Au temps de la persécution il nia en présence de plusieurs qu’il était[prêtre] [Plus tard], quand il offrait les mystères, il prenait [les mains] de celui qui s’approchait jusqu’à ce que

1. H. E., VII, III. — 2. H, ü., VI, XLiir, s. f. — 3. Sic ms. Cf. H. E., VII, vr. — 4. Lire : iooa.ooaja..i. — 5. H. E., VII, xxiv. Ms. : Néophitès (Nliuo;. Néittoxa). — 6 II. E., VII, xxvii. — 7. Cf. Eus., Æ'. E., V, xxviii. — 8. Cf. Eus., II. E., VII, xxviii-xxx,

9, Cf. Acta Sanct., 18 mars. — 10. Cf. Acta Sanct,, 20 janv. — 11. Cf. Eus., H. E., VI, xxxix. — 12. Acta Sanct., 25 juil. — 13. Allusion aux Sept-Dormants d'Ephèse. Nous retrouverons plus loin l’occasion de parler de cette légende. — 14. Le nom est transcrit d’après Eusèbe : Noovâvoç. Il s’agit de Novatianus que les auteurs syriens confondent souvent avec Novatus d’Afrique. Toutefois, c’est peut-être Novatus qui est visé dans la première phrase. — 15. II. E., VI, xuiir. — 16. upeaêÛTêpoi; eîvat (E.). — 17, Pour recevoir la communion.

Theotecnus ’ [de Césarée] de Palestine^ Grégoire de Néocésarée , Athénodore du Pont ^ et Alexandre de Tarse s’assemblèrent, ainsi que Nikomas d’Iconiuni, Maximus de Boçra et Hymenæus de Jérusalem. Ayant blâmé Paul, celuici chercha un refuge dans la pénitence, et le synode se sépara. Quatre ans après, Paul revint à son vomissement, les évêques * se réunirent pour la seconde fois et l’anathématisèrent, parce qu’il disait que le Christ est un homme ordinaire.

L’occasion de sa chute fut une femme juive nommée P Zénobie, que les Perses avalent établie sur toute la Syrie, quand ils vainquirent les Romains. Comme elle se complaisait beaucoup dans les doctrines des Juifs, le misérable Paul voulut lui plaire et il tomba dans l'hérésie d’Artémon. Des femmes attachées à Paul chantaient des psaumes en son lionneur.

On disait aussi qu’il était un fornicateur. — Quand il fut anathématisé par les évêques, il s’appuya sur cette femme qui dominait, grâce aux Perses, sur toute la Syrie*. Les évêques firent connaître son affaire à l’empereur des Romains, Aurelianus, qui, tout païen qu’il était, ordonna de chasser Paul de l’Kffllse. — Fin.

celui-ci jurât qu’il ne l’abandonnerait point pour se tourner vers Cornélius; car il désirait vivement l’épiscopat. 11 séduisit trois évêques qui lui imposèrent lesmalns en secret. «Nova tien prétendait que ce fut de force et malgré lui. C’est pourquoi Dionyslus lui écrivit’ : « A Novatien, mon frère, salut. Si, com me tu le dis, tu en es venu là contre ton gré, montre le en te retirant volontairement. Tu devrais tout supporter plutôt que de déchirer l’Eglise. Le martyre que l’on subit pour ne pas scinder l’Église n’est pas moins glorieux que le martyre que l’on souffre pour ne pas servir les idoles. Et, à mou avis, il est même plus parfait que ce dernier. Là, en effet, on est martyrisé seulement pour soi-même ; ici, on est martyrisé pour toute l’Église. Maintenant, si tu persuades et si tu forces les frères de revenir à l’unité, ton triomphe sera plus grand que tes péchés; si tu ne peux les convaincre, sauve du moins ton âme. Je prie pour que tu te portes bien et que tu adhères au Christ. — Fin.

Que le frère qui lit [ceci] prie pour moi !

1. Ms. : Theoctistos. Cf. H. E., VII, xiv. — 2. Lire : '-ûooioiûjIII. Ms. ; de Patros. — 3.

Ms. ; Alexandros et Tarsos. Eus. : "EXevo;. — 4. Lire ; l3a-£yott9|. — 5. I^e texte est ici altéré; en comparant les mots qui restent avec le passage parallèle de BH. [Chr. eccl., I, 57), je crois qu’on peut le restituer ainsi : oiOiaail I.ia6;L3i v.®! • f-aan Uûo| ov.*IX.t '^>9) |C5xi.o]

at)| ,0 Lioaoi ItoUI. — 6. Je n’ai pas besoin de faire remarquer l’inexactitude du récit qui attribue à l’influence des Perses le pouvoir de Zénobie.

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