‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 184 sur 286 · LIVRE VI. GHAP. IX · texte numérisé non relu

LIVRE VI. GHAP. IX

La femme qui habitait pr?;s de lui, après l’avoir enseveli, prit Por qu’il avait amassé et acheta l’enfant dont nous avons parlé et qui s’appelait Corbicus.

Après l’avoir instruit dans ces livres elle mourut. Lui prit la fortune et les livres et vint h Lapet. Là il se fit appeler Mânî et il séduisait beaucoup de gens à l’aide de ces livres. Il les donnait comme chrétiens, Voyant qu’il marchait dans les doctrines des Nazaréens, ils le firent prêtre. Il devint interprète des Kcrltures et disputait contre les Juifs et les païens. Parmi ceux qui étalent avec lui il envoya Adæus prêcher dans le Beit Aramayê, et Thomas [Ü8] dans l’Inde.

Quand ils revinrent et lui firent savoir que personne ne les avait reçus, il abandonna la doctrine des chrétiens et se proclama le Messie et l'Esprlt-Saint. 11 réunit douze disciples; il souffla sur eux, et ils partirent pour séduire le monde. 11 dit [qii il y a] un dieu dans la Lumière, [qu’il appelle le Bien]' et qui occupe les réglons orientales, occidentales, septentrionales et supérieures. L’autre, qu’il nomme le Mal, est dans la Matière; il occupe les régions australes et inférieures. La Matière ayant été troublée, ses en fants s’insurgèrent les uns contre les autres : [ce sont] les démons, le feu. Peau et les

comme il est mlsdans celui-ci; et encore parce que l’écrivain n’était pas familiarisé avec la langue grecque, mais se sert de temps en temps d’un langage barbare. « Je ne refuse pas d’admettre, dlt-il, que l’auteur a eu une révélation divine et le don de prophétie*. »

. . . Nous écrivons les histoires des choses qui se sont passées de notre temps. — Il dit aussi* à propos de Paul de .Samosate qu’il se servait de la reUglon comme d’un nécroce. Il se conduisait avec un esprit arrogant et orgueilleux, qui convient aux dignités mondaines'. Il s’était établi un tribunal et un trône non comme il convient aux disciples du Christ, mais bien aux juges séculiers.

Quand il rendait un jugement quelconque 118] il frappait des mains sur sa cuisseQ et frappait du pied sur sou tribunal.

A cette époque, le 20'^ évêque® de l’Eglise de Rome fut Eutychlanus, pendant 8 mois; et après lui, le 27®, Gains, pendant 17 ans,

A Antioche était le 18® évêque, Cyrillus '.

A Alexandrie, le 15® évêque futTheonas, pendant 19 ans*,

A Laodicée était Euseblus. Il eut pour successeur Anatollus qui était célèbre

1. Il y a ici une lacune de quelques mots que je restituerais volontiers ainsi : lov^ [^b] I®®'

2. Eus., loc, cit., : toÙtio ôÏ ’A7toxd).yJ/iv (/.sv lupaxlvat, xa\ yvùxt'.v sIXïiçÉvai xa't 7:popr|Tï:av, oCx avT£p5).La phrase qui suit est mutilée au début. — 3. II. E., VII, xxrx-xx.v. — i. Le passage semble avoir souffert : xa\ ours û']<T)Xà çpoveî xai ùitspripTai xodpuxà àÇttip-aTa yitoSuôiiÆvo; H. E., Vil, xxx. — 5. Ajout. : [owûÿx i.wo,*1.3 (BH., CUr, eccl., I, 57; itxiuv àï tr, ‘/stpï xôv g/;pôv). — li H. a. 2298 ; Arm. 2296. Notre ms. porte par erreur : le 22e et le 23°. — 7. H. a. 2297. — 8. H. a. 2299 , Arm.

idoles. En se poursuivant les uns les autres, ils arrivèrent jusqu’au ciel, lieu de la Lumière, et ils voulaient mélanger leurs ténèbres avec la Lumière et avec le Bien. Quand Dieu les vit, il les enchaîna en cet endroit'. Il prit une parcelle de la Lumière, et la jeta vers la matière. Celle-ci, l’ayant absorbée, v demeura attachée. A cause de cela Dieu fut contraint de créer le monde.

Ils disaient qu’Adam et Eve provenaient de Séqla, le prince de la Matière, et de NabrôëD. Ils disaient que le soleil et la lune sont des barques qui reçoivent les âmes des hommes et tout ce qu il y a de Bon mélangé avec la Matière, et le font monter au lieu de la Lumière, jusqu'à ce que la Lumière soit purifiée du mélange avec le Mal ; et alors, Dieu livrera la Matière au feu, avec les âmes de ceux qui n’ont point cru en Mânî, et elle seraL.. Ils disaient aussi (jue le mariage vient du Mal, et ils niaient la résurrection. Ils disaient que les âmes changent successivement de corps; que tout est animé : même la terre et les eaux; que Notre-Selgneur n'a pas pris un corps [ 119] et une âme, mais qu’il s’est manifesté et a soull’ert en apparence. Ils enseignaient qu’il y a 25 dieux qui ont 12 femmes, et d’autres mystères aussi honteux.

dans l’enseignement de la philosophie.

Ils étaient tous les deux d’Alexandrie et ils étalent considérés comme des maîtres dans les sciences sacrées et profanes*.

Avant eux était Socrate, et après eux fut Iheodotus, qui justifia son nom et son titre d’évêque par ses œuvres; il était très versé dans l’art de guérir le corps, et il n avait point son pareil dans la médecine de Lânie. 11 faisait paraître une grande charité; il s’affligeait et souffrait avec ceux qui étaient dansle besoin, pour leur utilité

A cette époque florlssait aussi Theoteenus*’ de Césarée de Palestine, par sa doctrine remarquable. 11 eut pour successeur Agapius’ qui prenait grand soin des pauvres qui étaient dans son diocèse. De son temps florissait Pamphyllus, homide illustre et philosophe de vérité; il était prêtre de l’église de cet endroit*.

A cette même époque florlssait aussi Meletius % évêque de l’église du Pont, qui brillait dans l’enseignement de la philosophie et de la religion. Ce Meletius [119] était appelé mel Atticæ par les liommes instruits, et il justifia pleinement son nom.

A Byzance, le 21® évêque fut Domitianus, pendant 23 ans.

Acette époque, Cosmas et Damianus "

1. Le nis. peut se lire : tOol « il incendia », ou : VûoI « il honora », niais il faut corriger ;oo| « il lia ». — 2. Théodore Bar-Khouni appelle les parents d’Adani et d’Eve et (I’ognon, op.

cit., p. 130). — 3. Les deux mots suivants ne donnent jias de sens satisfaisant.

4. Cf. II, E., VII, XXXI. — 5. Ibidem, — 6. Ms, : Théotofjos, — 7. 0£ÔTexvov... ’AyÔTrioç 6ta6£/ê-ai (ihid,), — 8. II. E,, VII, XXXI. Pour S, Pamphile, cf. Jlcia Sanctorurn, l'*’ juin. — 9. Eus., Il, E,, VII, XXXI. M£).£tio;. — 10. Lire : '.û-lN 1»=» ; xb (xèXi tÎ); ’Attix7|;. — 11. Sur les SS. Cosme et Bamien, v. Acta iiant.,21 sept.

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