LIVRE VII
Avec l'aide du Seigneur qui a réglé dans l’espace de sept jours le cycle du TEMPS, JE COMMENCE LE LiVRE SEPTIÈME QUI COMMENCE A l’aN 5817 DU MONDE.
CHAPITRE PREMIER. — Sur le commencemeul du règne de Conslantin le Victorieux.
Constantin le Victorieux' régna avec son père Constantin’ pendant 3 ans, comme nous Pavons montré dans le Livre précédent, — Après la mort de son père, il commença à régner [seul], en l’année G23 des Grecs, en l’indiction 8", l’an 5817 depuis Adam, et selon d’autres 5813.
Jean d’Asie dit, au commencencement de son livre, ({ue Constantin avait abandonné récemment le culte des idoles, de même que son père s’était déjà converti au culte de Dieu, comme le montre l’histoire de Sylvestre de Rome’.
Ignace de Mélitène commence en parlant ainsi : « Quand Constantin le Victorieux commença à régner, Maximianus, Diocletianus, Maxentius et Severus régnaient déjà. Tous les quatre persécutaient les chrétiens. Severus étant mort, les Romains attribuèrent l’honneur au grand Constantin, et proclamèrent César Licinius ([ui était son beau-frère, le mari de Constantina ', sa sœur. [12‘J[ Il associa celui-ci à l’empire en la 7" année [de son règne]. Cet impie Licinius persécutait les chrétiens en secret. Ensuite il se révolta même contre l’empereur. Constantin marcha contre lui et le tua. Après lui surgit Martinus* qui fut aussi tué
En Pan 2 de Constantin. Sabhoui , (ils de Ilormizd, commença à régner sur les Perses, pendant 70 ans’.
Constantin marcha à la guerre contre Maxentius ((ui était à Rome.
Il pensa en lui-même et se dit : « Le culte des idoles et les sacrifices ne peuvent
1. Le syriaque traduit le grec Nixr)Tï|; du protocole officiel de Constantin. — 2. Constance
Chlore. — 3. Pour tout ce qui concerne les Actes de S, SiU'estre, leurs différentes recensions grecques et latines et la mutuelle dépendance de celles-ci, cf. Duohesne, Le Liber Ponlificalis, t. I, p. ci.v et suiv. Il existe aussi deux recensions syriaques dont l’une a été publiée par Land [Anecdota syriaca, t. III, p. 46 sqq.). C’est d’après cette version qu’a été rédigée une homélie de Jacques de Saroug sur le Baptême de Constantin (publiée par Frotingham, Real, Acc. dei Lincei, 1881). — 4. Constantia. ^ 5. Lire : Martinianus. — 6, Comp. ci-dessus, p. 201, n. 5. — 7. Le ms. porte en lettres ; « trois ans ». L’original devait porter le chiffre : (=70) que le copiste a lu : (— "l).
servir à rien à ceux de la maison de Dioclétien. » Et il prit la résolution d’adorer le Dieu qui l’aiderait dans le coml)at. Ayant levé les yeux au ciel, au milieu du jour, il vit une croix, à l'instar d’une colonne de lumière, et sur elle des lettres (jui disaient : « Par celle-ci tu vaincras » Ceux (|ui étaient avec lui virent aussi cette vision. Pendant la nuit, le Christ lui a|)pariit et lui dit : « Fais-toi une image] à la ressemblance de celle qui t’est apparue. » — Au matin il se leva et fit ainsi. Dès lors commença la coutume de faire marcher la croix devant les armées romaines*.
Quand le combat eut lieu, le tyran fut vaincu. Maxentius lui-méme se noya dans le fleuve. Tiberios est le nom du fleuve, qui est le Danube’.
La femme de Constantin était fille de Dioclétien et s’appelait DiocletiaL Elle aussi avait cru dans le Christ et avait été baptisée’.
Constantin le Victorieux |123] restaura® Ryzance en la 3e année de son règne. Il r agrandit de quatre milles. Il l’acheva et l'embellit de superbes édifices et de richesses de toutes sortes ; il y transféra, de Rome, l’empire ; et il l’app(da, de son nom, Constantinopolis. A cause de cela, on lui attribua des honneurs, on l’appela Libre ’ et ses habitants « affranchis ». Il y bâtit l’église d’Irénè cl une autre [en rhonneur] des Apôtres®.
Quand Constantin parut comme seul empereur’, il apporta tout son soin aux choses divines. Il bâtissait des églises en tous lieux Il rasait tous les temples des idoles. Il fit une loi pour qu’aucun païen ne fût admis dans la milice.
Sache bien, ô lecteur, ami de la vérité, ou qui as souci de l’exactitude, que plusieurs chroniqueurs font coniniencer leurs écrits au coniniencement du rèoue
de Constantin renipereur fidèle, coninie Socrate et Jean d’Asie, et aussi Théodoret, qui est en dehors de notre religion et Ignace de Mélitènc. Pour nous.
En ce temps, Silvestre de Rome changea les noms par lesquels les païens appelaient les sept jours du cycle temporaire'-. Il appela le jour du Soleil : premier de la semaine ; celui de la Lune : deuxième de la semaine; celui d Arès :
troisième de la semaine; celui d’Ilcrmès ; quatrième de la semaine; celui
I. Grec : èv toOtoi v'Ix-ï. — 2. Cf, l^os., Vita Const,, I, xxvm-x.vxi ; Socr., I, ii. — tJ. Sic. — 4. BH ; Diocletiana . — 5. Sic dans les .Ictcs de S. Sylvestre, Constantin avait épousé l'austa, lille de Maximiaiuis Herculius. — (î. Cf. ci-dessus, p. 88. — 7. Ou : « Noble ». Bit. dit simplement : « il afTi’anehit ses habitants ». Le sens est j)eut-ctre ((uc les habitants lurent exemptés d impôts.
8. Cf. Socr., I, xvi. — 9. Auioeratnr. — 10. Socr., 1, xviii.
II. Litt. : « hors de notre maison ». Théodorct est regarde comme nestorien par beaucoup de .lacobites.
12. La.nü, Anecd. syr,^ 111, p. ÜO. Cf. Duciieske, Ae f.iber Poutificalis, t. 1, j>. cxii.