LIVRE VII. CHAP. I
nous avons fait commencer ce livre au commencement du monde ‘ ; et jusqu’ici nous avons compilé ce volume en le recueillant d'écrivains anciens, comme Eusèbe et autres. — A partir d’ici^ et désormais, nous compulserons et nous ajouterons dans ce volume les écrits de ceux qui les ont fait commencer à cette époque, avec l’aide du Seigneur qui nous soutiendra Amen!
Commencement du livre de Théodoret ;
Les peintres marquent sur les tablettes et les parois’ le souvenir des choses qui ont eu lieu, pour le plaisir de ceux qui regardent. Les écrivains emploient au lieu de couleurs les paroles qui composent leurs livres \ — Et après d’autres choses [il dit :] Alors que les tyrans eurent disparu, que Constantin commença h régner, et que l’Église [122] florissait dans la paix, Satan suscita un autre genre d'erreur. Auparavant, la créature était adorée à la place du Créateur; maintenant, dans sa jalousie, il trouva des hommes pervers pour dire que le Créateur a été créé et fait“.
Dans sa lettre “à Eusèbe [de Nicomédie, Aldus nomme] ceux qui acceptaient sa doctrine: [Eusèbe] de Césarée,Theodotus [de Laodicée], Paulinus de Tyr, [Atha-
de Zeus : cinquième de la semaine; celui de Belati : ' eroubta'^ \ et celui de Clironos : sabbat II abolit les noms des étoiles donnés aux jours, pour que les chrétiens ne soient pas induits en erreur ®
Silvestre convertit Constantin PC père de Constantin le Victorieux, car il était païen et aussi lépreux^. 11 aimait les chrétiens par intérêt''^, et il recourut au nom du Christ comme à un médecin, pour en être soulagé. Ce qui d’ailleurs arriva. Le Seigneur lui montra en songe les saints apôtres Pierre et Paul qui lui dirent : « Fais venir le grand prêtre Silvestre, qui est caché [122] dans la montagne, et il te guérira. » Quand il s’éveilla de son sommeil, il entendit la voix des mères pleurant leurs enfants qui étaient emmenés pour être mis à mort; car les païens lui avaient dit : (( Tu seras purifié dans le sang de jeunes enfants. » Il eut pitié d’elles et ordonna de ne pas tuer [ces enfants .
Dieu aussi eut pitié de lui. L’empereur trouva saint Silvestre et lui fit connaître la vision qu’il avait eue. Silvestre ayant reconnu que les Apôtres lui étaient apparus le conduisit à l’église et lui montra leurs images. En les voyant, il
1. Le texte paraît légèrement altéré, mais le sens est certain. — 2. Noi->o. — 3. Rétablir l’ordre des mots : lB,so Uota. — 4. Theod., //ïa/. eccL, I, i. — 5. Thkod., I, tt, passim. — 6. Theod., I, v. Nous suppléons, d’après le grec, les quelques mots qui manquent dans notre ms.
7. Nom par lequel les Syriens désignent le vendredi. — 8. Lacune de quatre lignes dans cette colonne. — 9. ün sait que la légende de la lèpre est rapportée à Constantin, et non pas, comme dit notre auteur, à son père. V, les Actes de S. Silvestre cités plus haut. Le texte grec correspondant à cette légende est eu partie reproduit par Siegfkied et Gelzer, Eusebii canonuni epitonie, etc,, pp. 81-83, — 10. La phrase est obscure. l.,ittér ; crat ei amor prxcarius erga Christianos .
naslus] d’Anazarba, Grégoire de Berytus' et Aetius de Lydda.
Jean d’Asie confirme aussi ces choses au commencement de son Livre, quand il dit : « Comme le Mauvais ne pouvait supporter la paix de l Eglise^ ce serpent tortueux fit d’Arius son instrument et trompa beaucoup de gens pour leur faire dire que le Fils, consubstantiel au Père, est une créature et a été lui-même créé comme i’uue des créatures. Arius, ayant d’abord été chassé de l Église par Pierre, évêque d'Alexandrie, pervertit l’esprit de ceux dont l’intelligence était enveloppée dans les ténèbres de l’erreur :
Mûri de Chalcédoine, Eusèbe de Nicomédie et autres.
A cette époque, il y eut un violent tremblement de terre, et beaucoup de maisons furent renversées à Alexandrie et en d'autres lieux; il fit périr beaucoup de gens*.
Ces misérables adhérèrent donc à Arius et firent naître une hérésie pernicieuse. Par eux le Mauvais attaquait les chrétiens. Il trouva encore des ministres pervers dans Meletlus’ et ceux de son parti. Celui-ci était évêque du temps de la persécution de Dioclétien. Il sacrifia^ et fut privé [l‘23] de son rang; à la fin, il succomba : plusieurs s’attachèrent à lui, et il fut proclamé chef de l’hérésie; et de temps en temps ceux-ci se joignaient aux partisans d’Arius.
Il y avait aussi une autre maladie dans l’Eglise : le désaccord au sujet de la fête
confessa que c’étaient ceux qui lui étaient apparus. C’est pourquoi il crut et reçut le baptême. Il tomba de sa chair quelque chose qui ressemblait à des écailles de poisson. Environ 12.000 hommes des païens reçurent le baptême en même que lui, sans compter leurs femmes et leurs enfants.
Ce Constantin, qui était lépreuxet qui fut guéri en recevant le baptême, n’est pas celui à qui apparut la croix dans le ciel, mais son père. L’impératrice Hélène était la femme de ce Constantin le lépreux, qui fut guéri, et la mère de Constantin qui vit la croix. Tous les deux furent Instruits par clleL Comme ils portaient le même nom, l’erreur s’est introduite. D'après ce qui est écrit, nous devons distinguer les personnages et faire savoir aux lecteurs qu’il y eut en ce temps trois empereurs, l’un après l’autre, qui furent appelés d’un même nom : Constantin U*', qui fut guéri de la lèpre par le baptê.iie; son fils Constantin, qui vit la croix [123] dans le ciel, qui bâtit Constantinople et réunit le grand synode de Nicée ; et le fils de celui-ci, qui est Constantin III.
Silvestre de Rome vécut depuis le temps de Dioclétien, le persécuteur, jusqu’au temps de ce Constantin III.
Au temps de la persécution il y eut à Rome une grande famine; et Dioclétien ordonna de chasser et de faire sortir de Rome ceux qui étaient [originaires] de Palestine. Silvestre instruisit les chré-
1. Ms. : de Nlrytos. — 2. Celte phrase paraît avoir été déplacée. — 3. Meletius d’Égypte. Cf. Tiieod., I, IX, XXVI. — 4. Corr, ;
~j. Le :ns. porte « par lui »; ce qui peut s’entendre de S. Silvestre.