‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 221 sur 286 · LIVRE VII, GHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE VII, GHAP. I

de PAcjues. Les Orientaux voulaient célébrer la fête comme les Juifs, et les Occidentaux n’admettaient pas cela.

Arlus était versé dans le langage de la rhétorique et s’était appliqué à l’étude des doctrines profanes et des sciences phil osophlques. Il répétait et disait : « Si le Père a engendré le Fils, celui qui a été engendré a commencé à être; et de là, certes, il est manifeste qu’il y eut un temps où le Fils n’était pas *. » Et comme le feu prend d’une petite étincelle, son souffle se répandit et vola non seulement dans Alexandrie mais dans toute l’Egypte, dans la Libye, dans la Thébaïde, dans la Syrie, et dans de nombreux pays.

Alexandre, qui était en ce temps archevêque d’Alexandrie, réunit un synode à Alexandrie même ; il anathématlsa Arius, écrivit des lettres en tous lieux, et proclama sa déposition Mais le venin du crachat ’ d’Arlus ne fut pas totalement détruit.

Quand l’empereur vit ces choses, il en conçut une grande douleur. Il envoya d’abord des lettres à Alexandre et à Arlus en disant : « Tout d’abord il ne convenait pas que vous scrutassiez ces choses. Revenez à l’afTectlon de l’un pour l’autre et procurez à tout le peuple l’honneur de la charité ; courez vousmêmes l'un vers l’autre pour vous embrasser dans la paix; souvent, en effet, on trouve l’amitié plus agréable après l’inimitié. Rendez-mol aussi des jours

tiens qui devaient être chassés et ils demandèrent d’emporter avec eux les corps des apôtresPlerreetPaul, attendu qu’eux aussi étaient venus de Palestine. Il fit cela parce qu’il avait confiance que ce qui avait eu Heu du temps de Trajan arriverait i^de nouveau]^. Ce qui eut lieu en effet. L’empereur avant prescrit de leur donner les corps], quand ils s’approchèrent pour les remuer, toute la ville trembla jusqu'à ce qu’ils les remissent en place. La même chose eut Heu sept fois. Chaque fols qu’ils remuaient les ossements des Apôtres, toute la ville tremblait, et quand ils les remettaient à leur place le tremblement de terre cessait.

L’empereur et tout le monde ayant reconnu cela, on les laissa à ieur plaee ; et, à cause d’eux, les étrangers ne sortirent pas de la ville.

A l'époque du commencement du rè^ne de Constantin florlssait, en Arménie, Grégoire l’Arménien, qui faisait des miracles et de grands prodiges, comme les saints Apôtres®. Les .Arméniens furent convertis par lui du paganisme au christianisme. Ils crurent et furent baptisés, et ils reçurent l’ordination sacerdotale qui se transmet chez eux de Hun à l’autre. — Fin de ce [chapilre], par le secours de Jésus (pii est avec son Père dès le commencement. Puissions-nous être [avec lui\ et parvenir à le contempler!

1. SocR., 1, V. — ‘2. SocR., I, VI. — 3. Lire : — 4. Cf. Eus., Vit. Const., II, lxiv-lxxii;

mais Michel cite cet ouvrage par l’intermédiaire de Socrate (I, vir).

.5. Cf. ci-dessus, p. 17f). — 6. Sur S. Grégoire, apôtre de l’Arniéuie, suruomiué V llluminatciir, c(‘ Acta sanctorum, 30 sept.

tranquilles et des nuits exemptes de souci'. » — L’empereur leur écrivit donc ces choses et des choses semblables, cherchant à éteindre le mal. Mais quand cet empereur juste vit que ce mal se répandait par ses ministres, il rassembla le Synode œcuménique. 11 donna rendez-vous aux évêques de tous lieux pour qu’ils se réunissent à Nicée de Bithynie.

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