‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 223 sur 286 · LIVRE VIL CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE VIL CHAP. II

l’empereur leur procura à tous la nourriture et toutes les choses nécessaires, depuis le 20 de ’iyar (mai) jus(|u’au 19 de haziran (juin).

Comme des rhéteurs se combattaient mutuellement en paroles, et que plusieurs recherchaient les artifices du langage, un confesseur laïc ‘ prit la parole contre eux : « Le Christ et les Apôtres, |dit-iP, ne nous ont pas enseigné l’art ’ de [12d] la dialectique, ni les artifices nouveaux mais la foi simple qui est conservée par les bonnes œuvres \ •> Alors tous se turent.

L’empereur fidèle leur donnait à tous des avertissements ; il glorifiail ceux qui brillaient par la religion’, louait ceux qui étaient versés dans les saintes Écritures, et montrait que tous étaient les enfants d’une même foi®; il les sollicitait pour que la fête de Pâques fût célébrée uniformément par tous. — Un dimanche, il dîna avec eux, les évéques, les clercs et toute la nombreuse assemblée étant assis autour de lui. — Ayant pris de ceux qui les ajiportaient les libelles de l'écriminations des uns contre les autres, il finit par les mettre d’accord et jeta tous les libelles au feu L — 11 affirma avec serments : « Je couvrirais de ma jiourpre les ignominies des évêques et des prêtres*. «

La définition de la foi qui est actuellement prêchée dans les églises fut établie; les saints canons furent réglés, et on statua que la Grande fêle serait célébrée le dimanche après la Pâque ancienne. — Arius et ses partisans furent chassés; car l’empereur envoyait en exil quiconque n’admettait pas fexpression de consubstantiel et il honorait les autres.

Les saints évêques signèrent et confirmèrent le symbole de la foi. Ils écrivirent une lettre générale pour tous les paj s, pour faire connaître tout ce qui avait eu lieu. — L’empereur, de son côté, écrivit à Alexandrie et en Egypte au sujet de la déposition d’Arius, qui ne pouvait plus être admis dans 1 Église de Dieu Ainsi reçut son parfait accomplissement ce saint synode rassemblé dans l’Esprit-Saint, en l'an 20 de Constantin le Victorieux, l’an 642 des Grecs'*, la 3« année de la GGLXXVP olympiade, l’an 5833 depuis Adam.

La mère du Victorieux Constantin, qui est l’impératrice Hélène, à la suite d’un songe, monta à Jérusalem*. Elle la trouva depuis longtemps détruite. Elle eut

‘Note marginale : Le i’oya"e de V impéi-atricc Hélène à Jérusalem est antérieur au Concile.

1. Lire : Xaïxoî (Socr.). — 2. Corr. : ILauool (BH.). — 3. Gr, : o08k xévr;v ànàT/iv. Le tra-

ducteur paraît avoir lu ; v£av, au lieu de ; v.vr^{^. — 4. Socr., I, vtii; oomp. Rufin, Hist. eccl., I, iri. — 5. Idlt. : « la crainte de Dieu ». — (i. Le sens parait être, d’après les parallèles grecs, qu’il

les amène à la concorde. — 7. Corr. ; — 8. Pour éviter les scandales. Le sens est clair d a-

près Théodoret, H. E., I, xi, p. m, — ‘J. ôixoo-jcrto;. Les Syriens rendent ce mot par une locution qui signifie à la lettre : fils de la substance is) ou ; de l'essence ;^). — 10. Les

lettres sont rapportées par Socrate, I, rx. — 11. av:/». Le concile fut célébré en 325. Cf. p. 238,

n. 13. Pour ce qui concerne les Actes, voir Mansi, Amplissirna collectio, II, 635 sqq.

peine à retrouver le tombeau de notre Sauveur, parce que les Juifs avaient élevé dessus une statue d’Aphrodite afin qu’il ne fût pas connu des chrétiens. L’impératrice y entra le 28 de ’iyar (mai), et avec elle Silvestre de Rome. Elle tit une enquête près des Juifs. Leur chef qui s’appelait Judas fut jeté en prison. Au bout de [126] sept jours, ils lui montrèrent l’endroit. L’évêque en fut informé*. Ils renversèrent l’image impure, et on trouva le Sépulcre dans lequel il y avait trois croix et la tablette que Pilate avait écrite. Comme on ne savait pas [quelle était la croix du Sauveur], l’évêque de l’endroit fit approcher, avec foi, une femme qui était sur le point de mourir. Les deux croix des larrons furent placées sur elle, et elle ne fut pas soulagée. Puis, quand on approcha d’elle la croix de Notre- Seigneur, aussitôt elle tressaillit et se leva. — Ensuite l’impératrice fit bâtir un temple sur le Tombeau. Elle y fit placer une partie de la Croix et envoya le reste à l’empereur. Celui-ci la j)laça sur une grande colonne de pourpre, et il mil les clous dans le casque de sa tête et dans le frein de son cheval. Et la prophétie fut accomplie^

Hélène fit bâtir une église à Bethléem et sur le mont des Oliviers. — Elle vivait dans l’humilité, avec les femmes, et elle procurait de ses mains la nourriture aux vierges et aux pauvres L

Ici se termine Le livre d'Eusèbe^ parce qu'à celte époque finit sa vie.

[124] Avec Arius qui avait déjà été anathématisé auparavant par Pierre, déposé et expulsé d’Alexandrie, il s’en trouva aussi d’autres*, dans le grand concile qui se réunit à Nicée, qui ne confessaient point et n'admettaient pas l’expression de « consubstantiel » . C’étaient : Eusebius de Nicomédie, ’l'heognis de Nicée^. Mûri de Chalcédoine, 'fheonas'* de Marniariqa, Secundus de 'Akko. Ils

[124] Le 19® évêque d’Edesse fut Aitallaha ’.

A cette époque vivait Jacques, évêque deNisibe*, homme fameux parla doctrine des choses saintes et par les œuvres vertueuses, comme les bienheureux Apôtres.

Ces deux illustres personnages se trouvaient au saint concile de Nicée j parmi les évè<[ues| de la Mésopotamie,

1. Lire : toaam.a) o« ^LL], ■ — 2. Allusion à Z\cii., xiv, 20. — '.i. Le ch:ipilre par;ùt résumé du texte de Socrate (I, xvii) combiné avec les traditions orientales consignées dans les récits syriaques de l'invention d(' la Croix (cf. ci-dessus, p. 158, n. 8). Comp. en outre Eus., Vii. Const., III, xlii R. Duvai., Litl, syr., p. 111; Tixero.nt, Les origines de l'/iglise d'Edesse, Append.

4. SocR., I, MU, c. med. — 5. Ms. ; Youtu. Uest. : — G. Ms. ; Thomas. Socr., loc. cit. :

Wtôva;. Rest. : bolto.

7. Jac. Edess., ad ann. 1. En Go6 (Gr.) selon le Citron, edess., n» xiv. — 8. La vie de S. Jacques de Nisibc a été jiubliée en syriaque par Reuja.n, Acta Mart. et Sanct., t. IV, p. 262 sqq.

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