‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 234 sur 286 · LIVRE VIL CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE VIL CHAP. III

compte 98 ans, et depuis la 1™ année d’Ardesir jusqu’à l’an 19 de ISabhour, il y a aussi 98 ans *.

Ce Sabhour régna 70 ans, et l’an 20 de son règne devant [lOOj être inscrit le premier au commencement du Canon de Mar Jacques, il est clair que ce Canon doit présenter 50 des années deRabliour; puisqu’il commence 'pour les années des Romains] à l’année 21“ de Constantin, qui est celle de son 7® consulat et du d“ consulat de son fils Constantin César; et pour les années des Perses, à l’an 20 de ÿabhour, qui est le 9® roi du dernier empire des Perses, surnommé des Sassanides.

L’empereur Constantin, après avoir fait disparaître tous les tyrans par la victoire que Dieu lui donna, purilia l’Eglise de la lèpre de l’hérésie. Ensuite il tit grandir et exalta les chrétiens et les fit libres’. Il bâtit et restaura [les égliseSj ; il |)artagea et assigna des revenus’ aux monastères et aux églises, et aussi aux veuves et à tous ceux (|ui étaient attachés au service de Dieu*.

Il ordonna à Eusèlie et aux autres évêques de lui procurer les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament" et un comput convenable, d’après le calcul des mois solaires et lunaires, en vue de la Fête.

11 établit ses trois fils Césars : un en Occident, un en Orient, et l’autre dans le Midi. Son fils aîné s’appelait Constantin, du nom de son père, et le cadet Constance ; tous les deux persévérèrent inébranlablement dans la pure confession de leur père. Le plus jeune (jui s’appelait Constant déclina et devint arien pour le motifque nour ferons connaître plus tard®.

Le roi [181 des Perses, qui est Saljhour, excita une violente persécution contre les chrétiens de son empire’. A cause de cela, l’empereur Constantin envoya à Sabhour des messagers et des lettres ; et par le soin de Pempereur lidèle et l’aide que Dieu lui donna, la persécution des chrétiens cessa aussi dans l empire des Perses, après l accomplissement des luttes glorieuses que firent paraître les saints martyrs qui y furent couronnés dans le temps de la persécution®.

1. La somme des années fournie par le tableau mis en tête de ce chapitre ne concorde pas adequalement avec ces données. — 2. C’est-à-dire : « il les exalta, les anoblit, les lit sortir de l’ignominie ». — 3. Restituer; (Jac. Lntss., ad aun. 1.), &iàptt;v, diarium. Cf. Z. 1). M. G,,

LIV, 100. — 4. Jac. Edess., ad aun. 1. — 5. JOid, ; Sock., I, ix et Theou., I, xvi, rapportent la lettre de Constantin à ce sujet. — G. Cl. Sock., I, x.xxMir. 11 est à peine nécessaire de remarquer que cet exposé est inexact, et que ce lut Constance qui favorisa les Ariens, taudis que ses deux frères demeurèrent dans l’ortliodoxie. Les noms de ces princes sont souvent écrits en abrégé dans les mss. syr. : Const., ce qui est une cause de fréquentes confusions. — 7. Jac. Edess., ad anu. 13. — 8. La grande persécution excitée par Sapor contre les chrétiens de son empire dura avec de courtes interruptions pendant 3'J ans (340-379). Elle eommeuça après la promulgation de l'édit contre les chrétiens eu 340 (cf. Noelülke, Gesch. dur Persur ... aus Tabari, p. 411). Mais il y

A cette époque', un philosophe tyrien, qui s’appelait Meropius, s’en alla dans le pays des Indiens' et des Kousites avec deux jeunes gens, Adosius et Fruinentius, pour voir le pays et en faire la description. La paix qui existait entre les Romains et les Indiens fut rompue, le philosophe et ceux qui étaient avec lui furent pris en mer; les Indiens les tuèrent et il ne resta que ces deux [jeunes gens, qui furent donnés au roi. Ils grandirent auprès de lui, et il leur donna la liberté au moment de sa mort. Ils restèrent auprès de son fils qui régna après lui et obtinrent l’autorité dans toute la région de l’Inde, comme [autrefois] Joseph en Egypte. Ils bâtirent là une église aux chrétiens qui y étaient réunis. Ils instruisirent le roi et d’autres personnes. Alors, Frumentius s’en alla à Alexandrie et fit savoir à Athanase que les Indiens désiraient se convertir et recevoir le baptême; il lui demanda d'envoyer avec lui un évêque. Athanase dit : « Il n’y a personne plus propre que toi à les convertir tous de l’erreur. » Il le persuada, l’ordonna évêque et le renvoya. [132 ; Dieu fit par ses mains des miracles et des prodiges admirables. Il s’agit de l'Inde Intérieure; car l'apôtre Thomas avait prêché dans l'Inde Extérieure et chez les Parthes et Matthieu aux Kousites; mais ITnde Intérieure se convertit à l’époque de Constantin.

L’ibérie Intérieure crut aussi dans le Christ du temps de Constantin, de cette façon’ : Une femme chaste* fut faite captive par un Ibère de l’ibérie Extérieure qui est dans le voisinage du Pont-Euxin. Ceux-ci sont différents des Ibères de l’Espagne. 11 arriva que le fils de leur roitelet tomba malade. Sa mère le soignait de toutes façons selon leurs usages et il n’en était pas soulagé. Elle demanda à cette captive de lui rendre la santé parce qu’elle voyait ses œuvres saintes. Celle-ci l’ayant placé sur sa natte de poil dit : « Que le Christ (|ui a guéri beaucoup [d’infirmesj guérisse aussi cet enfant! » et à l’instant même il fut guéri. — Ap rès cela, la femme du roi tomba elle-même malade et eut recours à cette même captive. Elle alla la trouver et, pareillement, à l’instant elle fut guérie. Elle devint célèbre et prêchait à tous la foi dans le Christ-Dieu. Le roi lui envoya des présents. Elle ne les accepta point, mais elle dit : «Que le présent soit la promesse du roi de croire dans le Christ », mais le roi n’y consentit pas. (^ueh|ues jours

.avait eu déjà auparavant sous sou règne des persécutions locales et temporaires. Les Actes des Martyrs de Perse ont été écrits par Marouta, év. de Maipherkat, et publiés en partie par E. Asse- M.v.NT, Acla martyrum, t. I et II, puis par Bedja.n, Acta martyr, et sanct., t. II. Voir aussi Hoffmann, Auszüge aus syrischen Akten persischer Martyrer. Cf. Duval, La littérature syr., p. 129 sqcj.

1. Le récit est tiré de Socrate (I, xix). Cf. Theod., I, xxrii; Sozom., II, xxiv. — 2. Les autours syriaques, comme beaucoup d’anciens, désignent les Etbio])iens sous le nom d’indiens cl rii]tliio()io sous le nom d' Inde intérieure. — 3. Le récit est lii-é de Socrate (I, xx). Cf. Tmeou., I, xxrv; Sozo.m., II, \ii. — 1. D’après les traditions arméniennes le nom de cette femme était Nina, et celui du roi qu’elle convertit : Mirian. Cf. P.- A. Dauras, Sainte Nina ou Sainte Chrétienne, dans la Terre- Sainte, I. XVII (1900), p. 8G sqq. ; Lanci.ois, J). 120, note G.

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