LIVRE VIL CHAP. IV
Constantin, le frère aîné de l’empereur, étant venu dans les contrées de son frère Constance, lut tué dans un combat par les soldats de Constant' . — Constance proclama César, Gallus, son parent*, et l’envoya à Antioche. Comme il entrait dans la ville, le signe de la croix apparut dans la région orientale, à l’instar d’une colonne de lumière.
Constance s’empara de tout l’Orient et de Constantinople, la capitale *.
Quand le César Dalmatius fut tué parles soldats, les deux frères Gallus et Julien*, enfants de Constantinus le frère aîné®, étaient sur le point d’être mis à mort avec lui; mais Gallus échappa au massacre par la maladie, et Julien à cause de sa jeunesse. Ensuite Constance ordonna qu’ils fussent élevés dans le village de Mâqêlî®, à côté de Césarée de Cappadoce. Tous les deux devinrent lecteurs. Ils bâtissaient une église à Mar Mammès. Or, le côté que bâtissait Julien s’effondra et tomba, signifiant d’avance sa propre chute". Gallus, ayant été fait César par Constance, se révolta contre l’empereur. L’empereur envoya tuer Gallus® et fit mettre Julien en prison. [137] Ensuite l’impératrice Eusebia demanda à l’empereur de l’envoyer à Athènes pour y étudier les sciences®. Là il étudiaitavec le grand Basile, Grégoire, son frère'" et Grégoire le Théologien". Basile en voyant les mœurs perverses de Julien prophétisa et dit qu’il deviendrait païen.
L’empereur, à cette époque, bâtit une ville dans le pays de Séleucie, et l’appela Constant ia]. — En Mésopotamie, il agrandit et acheva Amid qu’il appela Augusta'*. A Telia, qui s’appelait auparavant Antipolis " il donna le nom de Constant[ia] ".
Constant régnait à Rome depuis six ans quand le tyran Magnentius s’éleva contre lui, s'empara de toute l’Italie et de l’Afrique, et rVetranio]'® fut proclamé empereur à Sirmium'®.
1. Sic ms. Ce passage est la trad. de Socrate, II, v. Restituer le sens : « Constantin, le frère aîné de l’empereur Constance, étant venu dans les états de son frère Constant, fut tué par les soldats de celui-ci. » — 2. àvé^/iov èauroO. Socr., II. xxviii, s. fine. — 3. Constance reçut Constantinople en 337, lors du nouveau partage de l'empire après le meurtre de Dalmatius. — 4. Ms. : Julius. Les écrivains syriens confondent souvent les noms : Julius et Julianus. — 5. Sic ms.; mais il faut lire : « de Constantius, son frère aîné ». Cf. Socr., III, r. — fi.èv MaxIXXo), Sozom., IV, ir. — 7. Sur le martyr S. Mammas ou Mammès, cf. Acta Sanct, 17 août. Les Actes syriaques ont été édités par Bedjan, Acta Mari, et Sanct., t. VI, p. 431 et 445. Pour le fait rapporté ici, cf. S. Grég. de Naz., P. Gr., t. XXXV, col. 552. — 8. Jac. Edess., ad ann. 28, aj. ; « en l’an 666 ». — 9. Theod., III, ir; Socr., II, xxxiv. Cf. Sozom., IV, n. — 10. Grégoire de Nysse. — 11. Grégoire de Nazianze. — 12. Cf. Jac. Edess., ad. ann. 21, 22; Clivon. edess., n° xix ; Rallier, p. 96-97. — 13. Lire : Antoninopolis. Ces formes contractées se rencontrent assez souvent dans les transcriptions syriaques, Cf. Rallier, Chr. edess., p. 97. — 14. Ou Constantina. Cf. Chron. edess., a” xx; Jac. Edess., ad ann. 27. — 15. Lire ; U-sM (Jac. Edess., ad ann. 19). — 16. Cf. Socr., II, xxv.
Constant périt par la perfidie des soldats. Le jeune fils de son frère, qui lui aussi s’appelait Constantin, et régnait depuis trois ans avec son oncle, périt aussi avec lui. Constance, en apprenant tous ces événements, partit rapidement, vainquit Magnentius et le tua. Il tua aussi Nepotianus' qui était de la famille des empereurs et avait pris le parti de Magnentius’.
Le jour du combat dans lequel les deux tyrans furent tués, une croix apparut dansle ciel, dans la région de l’Orient, au mois de ’iyar(mai) del’an 663 desGrecs’.
Constance entra à Rome en triomphée
Quand il revint [138] à Constantinople, il institua Julien César, et lui donna pour femme Hélène, sa sœur, qui est appelée Constantia^
Macedonius, qui était devenu évêque de Constantinople, voulut transférer le corps du grand Constantin de l’église des Apôtres dans une autre église*. A ce propos le peuple se révolta et il y eut de nombreux massacres au milieu de la ville. L’empereur Constance, en apprenant cela, fit déposer Macedonius et institua Eudoxius. Il remédiait à un mal par un autre.
En ce temps-là, les Juifs de Diocésarée de Palestine massacrèrent les Romains. On envoya contre eux des armées qui les détruisirent. Il est écrit’ que Gallus, le frère de Julien, détruisit les Juifs, s’enorgueillit, se révolta, et fut tué dans l’île de Phlanon", où il s’était enfui.
Ensuite, Julien, après avoir été institué César, fut aussi envoyé contre les Barbares de la Gaule ; il s’illustra beaucoup par ses victoires; il grandit, acquit de l’influence, fut exalté et s’enorgueillit. Il fut même proclamé empereur par les soldats qui étaient avec lui. L’empereur Constance, en apprenant que Julien avait vaincu les Barbares et avait été proclamé empereur par les troupes, fut ému et inquiet. Il s’empressa de se faire baptiser par Euzoius d’Antioche, et marcha contre le tyran ; mais il termina sa vie à Mopsucrène, entre la Cilicie et la Cappadoce *.
Quoique Constance n’admit pas le terme de « consubstantiel », parce qu’il avait été trompé, cependant il confessait parfaitement le sens de ce mot, [139] car il confessait que le Verbe de Dieu était le Fils véritable, engendré du Père avant les siècles, et il blâmait ouvertement'* et anathématisait ceux qui l’appelaient une créature. — Il fit une autre chose digne de louange". Au moment où les troupes engageaient le combat contre Magnentius, il leur conseilla de participer aux mystères " en disant que l’on doit toujours s’attendre à finir sa vie.
t. Ms. : Nepolilis. Cf. Socr., II, xxv. Nepotianus fut tué par les partisans de Magnentius. Jac. Edess., ad ann. 19. — 2, Ou : « qui s’était élevé en même temps que .Magnentius ». — 3. Cf. Jac. Edp.ss., ad ann. 27; Ckron. Pasch., P. Gr., XCII, 729. — 4. Cf. Amm. Marcell., xvi, 10. — 5. Socr., III, t; cf. II, xxxiv. — 6. Socr., II, xxxvni, — 7. Socr., II, xxxviii-xxxix. — 8. nîp'i ‘l'Xâvtova. — 9. Socr., II, xLvii. — 10. Théod., III, iit; avxcxpy; ànEx/ipuTTî. — 11, Ibid. — 12. De recevoir le baptême.