‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 242 sur 286 · LIVRE VIL GH AP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VIL GH AP. IV

mais surtout dans les combats où des myriades de dangers se présentent de tous côtés par la projection des traits, etc., et qu’il convenait que chacun possédât le vêlement précieux dont on a surtout besoin [pour la vie] future'. « C’est pourquoi, [disait-il], je ne supporte pas d’engager [le combat] en compagnie de païens. »

Il mourut le 3 de tésri II (novembre) de l’an 678 des Grecs. Il vécut 45 ans. H commença à régner à l’âge de 7 ans; il fut empereur avec son père pendant 13 ans, et seul pendant 25 ans*. H regretta d’avoir fait des serments au prêtre

arien, Eusèbe, à propos du testament [d dans la foi*. — Fin.

Constance, fils de Constantin, déclina vers l’hérésie des Ariens, à cause du testament de son père, qui lui avait été remis par un prêtre arien ’. Il commença par enlever les églises aux Orthodoxes et les donna aux Ariens.

Il déplorait le trouble qui avait eu lieu dans l’Église et disait; « La faute en est à ceux qui ont prononcé cette parole de « consubstantiel® au Père » qui ne se trouve point dans les Écrilures et qui a divisé les prêtres entre eux. » Il accusait Athanase et ceux de son opinion®.

Constantin, qui régnait à Rome', persévérait dans la confession orthodoxe, comme son père, et il fit revenir Athanase à Alexandrie".

Les Ariens se réunirent et se mirent à se plaindred’Athanase auprès de Cons-

son père] et d’avoir introduit la division

Après la mort de Constantin le Victorieux, le prêtre arien ne livra pas le testament au fils aîné, mais bien au cadet, ayant reçu de lui la promesse de persécuter quiconque confessait le Christ consubstantiel au Père. — Ce prêtre allait constamment près de lui. Voyant que son esprit fluctuait, comme l’eau, de tous cotés, il séduisit un eunuque de haut rang" et lui inculqua l’esprit arien. L’impératrice et ses eunuques étaient aussi ses auditeurs; et le schisme envahit toute la contrée d’Oi lent

La contrée occidentale était en paix, car le fils aîné de Constantin qui y régnait demeurait ferme dans la foi. Il envoya délivrer Athanase et le fit retourner à Alexandrie en disant : « Notre seigneur Constantin était lui-même disposé h le

1. 11 m.auque deux ou trois mois dans le texte. La phr.ise traduisait littéralement le grec : ou 5r\ gvcxa, /p-»! êxa<TTOv tt)v àÇtôxT»)TOv èxîcvr)v (ttoXt)v, t;; 3tc ixâ).c(TTa àv èxsivto tco 6s6(xs0a (Theod. , 111, in). — 2. SocR., 11, xLvii. — 3. Theod., 111, i.

4. Ce prêtre est appelé Eusèbe (ci-dessus, 1. 8). Philostorge affirme (11, 16) et d’autres iudices confirment que Constantin remit son testament à Eusèbe, év. de Nicomédie, qui le baptisa. Cf. Le- BEAU, Hisl. du Bas-Empire (éd. Saint-Martin), I, 384 sqq. — 5. Le syr. traduit ici par « fils de la nature » ; cf. p. 272, n. 6. — 6. Theod., 11, iii, s. f. — 7. Lisez ; « en Gaule ». — 8. Cf. Theod., II, ni; SocR., Il, II, ni; Jac. Edess., ad anu. 13.

9. TtpojTÔTVJTioi; t£)v xotTiüVüJv toO pao-déioi; aiyoOxo;...EùaiÉi«v; (Socr. II, ii). — 10. Socr, îî, ii ; Theod. Il, ni.

tance, attendu qu’il était revenu à son siège par l’ordre de son frère Constantin. A cause de cela, Constance voulut le chasser ; Athanase l’apprit et s’enfuit h Rome. 11 fut accueilli par Julius Julius convoqua les Ariens. Ils ne vinrent point h Rome; mais ils s’assemblèrent à Antioche, au nombre de 90 évêques etprêtres ; ils établirent des canons, déposèrent de nouveau Athanase, et créèrent a sa place Eusèbe d’Emèse, [originaire] d’Édesse, qui, [13o] par la suite, fut reconnu comme partisan de l’hérésie de Sabellius et des Chaldéens Ils le déposèrent et mirent à sa place l arlen Grégoire’. Celui-ci envoya une lettre de mépris h Julius, pour avoir rétabli Athanase et Paul L

Les Orientaux se réunirent de nouveau h Philippopolis ^ et rejetèrent le terme de « consubstantiel ».

Quand l’église que les partisans de Constance bâtissaient h Antioche, et qui était en forme de rotonde, fut achevée, les évêques ariens s’étant réunis pour en faire la dédicace, il y eut subitement un violent tremblement de terre, et toute cette église s’écroula

faire revenir, s’il n’avait pas été saisi par la mort. » Athanase fut reçu en grande pompe et avec joie par les Alexandrins. Cependant les Ariens l’accusaient d’être rentré dans 1 église sans (ju’un concile d’évêques l’eût jugé et justifié''.

Tandis qu’Athanasc occupait son siège, Eusèbe mourut et il eut pour successeur Acacius, son disciple, le même qui écrivit [13o] la vie de son maître”.

A cette époque mourut Jacques deNlsibe°: il eut pour successeur Babou, et après Babou, [vint] Vologèse

A Rome, après Julius, qui exerça pendant ir)ans,vintLi!)erlus,pcndant8ans'‘.

A Antioche, il veut desévêques ariens :

Euphronius*% Placitus ”, pendant 4 ans; Stephanus, pendant 5 ans; Leontius, pendant G ans; Eudoxius, pendant 3 ans.

Tous ceux-ci étaient ariens. Ensuite Meletius fut évêque à Antioche”, et Paul revint pendant 2 ans; ensuite vint rhérétl(|ue Macedonius, pendant 5 ans.

A Jérusalem, après Maximus vint Gyrlllus, pendant2ans”,etll futdéposé.

A Edesse, après Habsal et Barnai, vint Abraham, et ensuite Barsê*®.

1. Cf. SocR., II. VIII ; Theod., II, iv. — 2. Socr., II, ix ; cl. Theod., II, iv, — 3. Socr., II, x. — 4. Ev. de Constantinople. Cf. Socr., II, xv. — 5. Ms. ; Pompolis ; èv «ftXtuitou TtôXei (Socr., II, xx). — 6. Socr., II, viii, s. in.] x, s. f. Cf. ci-dessus, 1. 8.

7. Socr., II, rv. — 8. Socr., II, iv. — 9. En 649 des Grecs, selon le Chron. edess., n® xxvii. J AC. Edess. ad ann. 14. — 10. Voloj^èse mourut en 672 des Grecs (360) selon le Chron. edess. (n° xxiii) ; Babou n’est pas mentionné dans le Chron. Néanmoins son existence est attestée par divers documents. Cf. Bickell, Carmina Nisihena, 13, 2; 179; Hallier, p. 98. — 11. Socr.. II,xxxiv, s. f. Jac. Edess., ad ann. 25. — 12. Ms.: Enphrenus. — 13. BH. l’appelle Flaccillus [Chr. eccl., I,

83), qui est la bonne leçon, comme le montre Valesius, not. in Socr., II, vm. Socrate donne : ÜXcix'.'coî, Tliéodoret : *I>Xay.ÉVTio;, Sozomène : IlXeixyjTo;. — 14. Lacune d’une dizaine de mots, où il était sans nul doute question des évêques de Constantinople. — 15. Cf. Socr., II, xxxviii ; Theod., II, xvi. Cidessous (p. 275, I. 9) : 12 ans. — 16. Cf. p. 203 et p. 277, n. 10.

Page 1