‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 243 sur 286 · LIVRE Vil. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. CHAP. IV

Jean d’Asie dit en parlant de ce tremblement de terre qu’il détruisit beaucoup d’endroits. La ville de Salamine, qui est en Chypre, lut renversée. La ville de Césarée du Pont fut engloutie, à l’exception de l’église qui s’y trouvait, et quelques hommes qui étaient à l'intérieur de celle-ci furent sauvés *.

En l’an 9 du règne des fds de Constantin, il y eut un autre tremblement de terre dans lequel Rome lut en grand danger pendant trois jours. Douze villes furent détruites en Campanie ^

Socrate dit : ’ [« Quand Grégoire entra] à Alexandrie, Athanase [s’enfuit] ; les Alexandrins dans leur fureur incendièrent l'église de Dionysius.

Alexandre de Constantinople mourut, étant âgé de 98 ans. Paul fut établi à sa place; mais l’empereur le chassa parce qu’il avait été institué sans sa permission, et il établit Eusèbe de Nicomédie. Ensuite, le peuple chassa Eusèbe et rétablitPaul. Alors, Paul fut de nouveau exilé,

A cette époque florissaient des docteurs exacts : Athanase d’Alexandrie ; Éphrem de Nisibe, à Edesse' ; et Eusèbe d’Emèse.

[Alors] vivaient les bienheureux Julien Saba et Abraham Qidounaya®.

[Alors] florissait aussi le sage Bouzilès, aussi le sage persan®, qui était orthodoxe et fit un livre de Démonstrations .

Socratedit^ que le grand Antoine, qui combattait ouvertementavec les démons , prolongea aussi sa vie jusqu’à cette époque. Le grand Athanase écrivit complètement ce qui le concerne®.

Dieu révéla d’avance à Antoine® la ruine que devaient causer à l’Église les partisans d’Arlus et les Melétlens

Saint [136] Antoine prédit que de grandes épreuves devaient arriver aux enfants de l’Église. Et comme ses disciples l’interrogeaient, il leur dit : « J’ai vu des mulets qui entouraient la table sainte et la foulaient" de leurs pieds » Après cela, les Ariens pressèrent de

1. H. ad aiin. 2360, dans la continuation du Ckron, d’Eusèbe ; Néocésarée. — 2. Ibid., ad ann. 2361. Kesl. : (?) . — 3. Il, xi ; cf. Sozom. , III, vtr.

4. Cf. Jac. Edess., ad ann. 27. — 5. Cf. ci-dessous, p. 277, 297, n. 15, et 298. Le Chron. edess., u» xxvm, rapporte la mort de Julien à l’an 678 (367) et mentionne Abraham (n“ xxi) à l’an 667 (356). V. les sources indiquées par Rallier, p. 100, 97. La vie d’Abraham a été publiée par Lamy, Analecta Rolland., t. X, et par Bedjan, Acta Martyr, et Sanct., VI, 465 ; celle de Julien Saba par Bedjan, op. cit., VI, 380. — 6. Par ces mots : a le sage persan » l’auteur entend désigner Aphraate. Le livre des Démonstrations a été publié en syriaque par WatcHT, The homilies of Aphraates, Londres, 1869, et reproduit dans le t. I de la Patrologia syriaca, avec une trad. lat. de D. Parisot. Il existe une trad. allemande de Bert (Texte and Unters uchungen, coll. Harnack, t. III). Pour une bibliographie plus complète, v. R. Düval, La littérature syr., p. 226 sqq. Wright pensait que le nom de Bouzitès désigne également Aphraate, et qu’il ne s’agit dans ce passage que d’un seul personnage. La construction de la phrase laisse quelque doute sur ce point (Cf. BH. Chr. eccl., I, 923). — 7, I, XXI ; J AC. Edess. ad ann. 16. — 8. La Vie de S. Antoine, traduite en syriaque, a été imprimée par Bedjan, Acta Martyr, et Sanct., t. V, p. 1 sqq. — 9. Ms. : à Antiochus. — 10. Lire : ^

.OOO.P. — 11. — 12. Cf. le texte édité par Bedjan, op. cit., p. 106.

[1361 et Macédoniiis, que les Ariens désiraient, entra. Trois mille personnes périrent h son entrée*.

A cette époque, Photinus% qui occupait le siège de Sirniium en Illyrie, donna naissance à une autre hérésie. Il était disciple de Marcellus qui avait été anathéinatisé. Or, il disait que le Christ est un homme ordinaire. L’empereur rassembla un synode à Sirmium, au sujet de Photinus George le Cappadocien , d’Alexandrie, qui avait été mis h la place de Grégoire*, s y trouva. Ayant constaté que Photinus professait les mêmes doctrines que Sabellius et que Paul de Samosate, ils le déposèrent. Ils établirent ensuite des définitions de la foi qui ne sont pas exactes; ceux qui blâmaient leurs prédécesseurs sont ceux là même qui firent trois symboles qui n’étaient pas d'accord entre eux!

Le mot cjj'la en grec, en latin substantia % se dit en syriaque itoiita

Les Ariens firent huit symboles de la foi, après celui de Nicée ; deux à Antioche, un en Gaule, puis celui qui fut envoyéen Italie par Eu[do]xius, trois autres à Sirmium, enfin un autre à Séleucie.

Peu de temps après ils en ajoutèrent d’autres, à Constantinople’. Ils firent ceux-ci pour détruire peu à peu la fol de Nicée.

nouveau l’empereur et l’irritèrent contre saint Athanase*. Celui-ci abandonna son siège et monta h Rome. Constant, en apprenant ces choses, ordonna de réunir un synode à Sardlque. Ils y confirmèrent la foi de Nicée, et ils maintinrent le siège à Athanase. Les Ariens ne cessèrent point leurs violences et ne vinrent pas même au synode L

Constant, qui était contrarié de la défection de son frère, choisit deux des évêques qui s’étalent réunis à Sardique et les lui envoya. Il lui écrivit pour l’exhorter à adhérer à la vérité, à se détourner des Ariens, et à faire revenir Athanase à son siège, puisque la calomnie dontil avait étél’objet étaltdévoilée

Quand les évêques parvinrent à Antioche , Stephanus , qui occupait le siège, ayant appris la cause de leur venue, prépara des embûches aux évêf[ues qui venaient ". On envoya un jeune homme impie appeler une courtisane :

« Ces étrangers, dit-il, [te désirent. » Il prit avec lui quinze] soldats qu’il cacha [dans l'hôtellerie]. Il corrompit [par l’argent] un de ses serviteurs qui, pendant la nuit, ouvrit la porte. Il fit entrer la courtisane , lui montra la chambre dans laquelle ces saints [évêques] étaient descendus, et sortit pour amener*'^ les soldats. Euphratas*’ dormait dans la

1. Soci: , II, VI, Vil, xn, xvi. — 2 Socr., II, xvai. — 3. Socr., II, xxix, xxx. — 4. Socr., II, xiv; cf. Jac Edess , ad, ann. 19. — 5. Uest. : — 6. Ce terme abstrait, dérive de « être »,

répond étymologitnieincnt à fj-jaia; néanmoins, pour ex[)rimer le terme de consubstantiel, on trouve dans notre Cbroniijuc même, à côté de l’expression ; i’’, et c|ucbjuefois ;

l-œol ;■=. — 7. Socr., Il, xtt, .s. f.

8. Tiieod. , II, IV. — 9. /hid., II, vi ; Jac. Edess, , ad ann. 16. — 10. 1 iieod. , II, viir, .s. ; cf, Socr.,

II, XXII. — 11. Tiieod., II, ix. — 12. >o9>. — 13. Évêque de Cologne.

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