LIVRE VIL GllAP. IV
L’aricn Leonlius, qui blâmait Athanase d'avoir pris la fuite, fréquentait assidûment une femme [nommée] Astolina'; voulant faire disparaître la réputation qu’on lui faisait, il coupa lui-même ses testicules [137], et continua à fréquenter cette femme. Cet homme fut établi évêque d'Antioche par les Ariens, pendant le trouble qui régna dans 1 Eglise.
A Constantinople, Macedonius, qui occupait 1 église par ordre de l’empereur, persécutait^ tous ceux qui admettaient l’expression de « consubstantiel » ; il pensait comme Arius au sujet du Fils, et il osa parler encore plus mal de l’Esprit-Saint L
A Alexandrie, l’arien Georges outrageait les vierges, tuait les vieillards, n’épargnait paslesjeunes gens, était sans miséricorde pour les femmes, et chassait en exil les évêques et les prêtres parce qu’ils n’admettaient pas Arius
A Antioche parut le diacre Aetlus qui pensait comme Arius*. Il avait été élevé à Alexandrie; il revint à Antioche, dont il était originaire, et fut ordonné diacre par Leontius. II forgeait des arguments tirés des Catégories d’Aristote et exposait des raisonnements diaboliques dans de nombreuses lettres; c’est pourquoi il fut appelé athée ®.
A cette époque, un édit de l’empereur réunit un synode à Milan’. Environ trois cents Occidentaux s’y rendirent : les
chambreextérieure et Vincentius* [137] dans la chambre intérieure. Quand la courtisane entra, Euphratas s’en aperçut et demanda : « Qui es-tu? » Elle répondit; et en entendant la voix d’une femme, il fut troublé, parce qu’il pensait que c’était un démon. Il appela les serviteurs qui se levèrent, vinrent saisir les soldats et la courtisane, et les enfermèrent. Lejeune homme prit la fuite.
Le matin, ayant été conduite devant l’empereur, la courtisane avoua et fit connaître le jeune homme qui l’avait appelée. Lejeune homme, qui s’appelait Onagre'^, ayant été pris, fut flagellé avec les soldats, et Ils confessèrent que c’était Stephanus qui leur avait donné des instructions. — Stephanus fut chassé de l’Église
Quand la perfidie des Ariens à l’égard d’Athanase eut été dévoilée devant l’empereur, celui-ci se rendit aux instances de son frère et fit revenir Athanase.
L’empereur demanda à Athanase de concéder aux Ariens une église à Alexandrie; car son esprit était perverti par l’hérésie d’Arlus. Athanase répondit :
« Je demande, de mon côté, qu’on donne, à Antioche, une église où puissent se réunir ceux de notre confession. » L’empereur voulut faire ainsi, mais les Ariens ne le lui permirent pas, disant qu’il ne convenait pas de donner une église à l’un ou l’autre des deux partis ". Atha-
1. SocK., II, xxvi; EÙ(jto).Î(i) ovo|j.a ; Theod., II, xxiv : ECxTioXia. — 2. Lire ; (et non —
3. SocR., II, xxvti ; cf. Theod., II, vi. — 4. Socr., II, xxviii ; cf. Theod., II, xiv. — 5. J\c. Edess., •T(I ann. 30. — ô. Socr,, II, xxxv. — 7. Socr., II, xxxvi; J\c. Edess., ad ann. 25.
8. De Capoue. — 9. ''Ova^po?. Le texte est sans doute à lire : BH. a : ; Evagrius,
— 10. Theod., II, x, — 11. Theod., II,xri. Cf. Socr., II, xxiii,
Orientaux, h cause de l’éloignement, vinrent en petit nombre. Les Orientaux réclamèrent qu’on déposât Athanase, mais les Occidentaux n’y consentirent pas.
Certes, si Athanase était déposé, toute la fol périssait. Le synode fut dissous. — L’empereur ordonna de nouveau aux Occidentaux de se réunir h Rlminl [et aux Orientaux h Nicomédle] ' ; mais dans l’intervalle cette ville ayant été renversée par un tremblement de terre, ils s’assemblèrent h Séleucie. [138] Les partisans d’Arlus souscrivirent au symbole de Rlminl; mais les évêques ne le reçurent pas. L'empereur ayant défendu aux évêques de s’éloigner, et ceux-ci étant partis chacun dans son pays sans permission, il en fut vivement irrité et donna raison aux partisans d’Arlus*.
Ensuite Llberius de Rome quitta son siège et fut exilé'.
Peu de temps après Leontius d’Antioche mourut, etEudoxlus de Germanicla prit son siège par ordre de l’empereur
L’empereur réunit de nouveau un synode de 150 [évêques] à Séleucie*. Euseblus, Eudoxius et Aetius montèrent trouver l’empereur et accusèrent le synode. Eudoxius donna h l’empereur un volume dans lequel il était écrit : « Ceux qui sont produits différemment sont aussidifférents dans leur nature ; par conséquent le Fils est différent du Père. » Quand on connut qu’Aetius l’avait écrit.
nase revint donc h Alexandrie pour la deuxième fois, et y fut reçu avec grand honneur par tout le monde.
Mais après la mort de l’empereur Constant, les Ariens irritèrent de nouveau l’empereur Constance contre Athanase en disant : « C’est lui qui a été cause de la guerre entre toi et ton frère. «L’empereur or donna qu’ Athanase fût de nouveau chassé et lapidé ; Il envoya Sebastlanus avec des soldats pour le mettre h mort*. Athanase raconte [138] lui-même sa fuite. Il dit ’ : « Les Ariens s’empressèrent d’aider les soldats pour les exciter contre moi, et me désigner au cas où ils ne me reconnaîtraient pas. 11 faisait déjà nuit, et quelques gens du peuple étalent en veille, attendant l’aurore®. Alors, les officiers® arrivèrent, avec leurs soldats, au nombre déplus de cinq mille, et entourèrent l’église de manière que personne ne pût échapper.
Pour moi, je pensai qu’il serait honteux d’abandonner l’église et le peuple'*, au milieu de ce tumulte, pour ne pas m’exposer davantage au danger. Devant tout le monde, je m’assis sur mon trône ; j’ordonnai à un des diacres de chanter les psaumes, et au peuple de lui répondre par cette sentence : Parce que ses miséricordes sont éternelles Le général entra, et ses soldats entourèrent le sanctuaire, pour s’emparer de moi.
Les clercs et le peuple nous suppliaient de fuir. Pour moi, j’étais ré-
1. SocR., II, XXXVII, XXXIX. — 2. SocR., II, XXXIX. — 3. Ihid. ; J\c. Edess., ad ann. 27. — l^, Jac. Edess. ad ann. 30; Socr., II, xxxvii. — 5. Socr., II, xxxix; Theod., II, xxvi.
6. Theod., II, xiii. — 7. Ihid. — 8. Ou plutôt ; VOffice, npoaôoxtotJiév/i; ovivâÇeta?. — 9. Le grec dit ; <j aTpaTr,>,(xTTi;. — 10. Lire : Iva-vi».©. — 11. Ps. cxxxvi.