‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 246 sur 286 · LIVRE VÏI. GHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VÏI. GHAP. IV

alla trouver Aetius, et tous les deux donnèreut naissance à une hérésie et furent appelés Eunomiens' .

Les évêques réunis au nombre de 160 à Séleucie, se divisèrent*. Georgius’ et 32 autres formaient un parti; Georgius de Laodicée et le reste des autres [formaient] un autre parti.

Les premiers, au lieu de dire le Fils « consubstantiel », le disaient « semblable’ au Père ». Et quand on leur demandait en quoi il est semblable, ils répondaient : « Par la volonté, et non par l’essence. » Or, quelqu’un peut dire :

« Comment appelez-vous vos Pères, ceux d’Antioche, puisque vous reniez leur doctrine? Ceux qui se réunirent à Nicée ont fixé ce terme de « consubstantiel »; et il convient absolument de les nommer Pères; car ils les précèdent par le temps; et ceux d’Antioche ont reçu d’eux le sacerdoce. Si ceux d’Antioche ont déshonoré leurs Pères, ceux qui suivent les parricides se trompent. Comment ont- ils reçu comme véritable l’ordination de ceux dont ils rejetaient la foi comme fausse. Car si ceux-là ne possédaient pas l’Esprit-Salnt, qui est communiqué par l’ordination, ceux-ci n’ont pas non plus reçu le sacerdoce. »

A cette époque florissait le jeune ['Aôd]^ entraîner par la doctrine des Daiçauiles.

rent à l’empereur d’envoyer chercher le livre de leur définition. Le saint n’ayant pas voulu le donner, l'empereur s’irrita. 11 envoya de nouveau en disant : « S’il ne donne pas le livre, qu’on lui coupe la main droite » ; mais il prescrivit en secret à l’envoyé, de ne pas faire cela. Quand Euseblus eut lu la lettre de l’empereur, il présenta sa main droite et sa gauche, en disant : « Je ne donnerai pas le livre qui est la condamnation de l’impiété des Ariens. » L’empereur en apprenant cela fut frappé d’admiration. Les persécuteurs sont parfois contraints d admirer leurs adversaires à cause de l’excellence leurs actions’.

Le 35“ évêque de Rome fut Damasus, pendant 19 ans®.

Alors florissait en Mésopotamie, par sa saintedoctrine, le docteur Mar Ephrem ; et dans la vie religieuse : Abraham

Qidounaya et le vieillard Julien®.

Abraham d’Edesse mourut; les Edesséniens prirent de force Barsê, évêque de Harran, et ils le mirent à la tête de l’église de leur ville

A cette époque mourut aussi Vologèse de Nisibe". — Fin.

à Edesse. 11 était archidiacre, et se laissa Ils® admettaient des Apocalypses et des

1 . Theod., II, XXIX. — 2. SooR., II, XXXIX. — 3. D’Alexandrie. — 4. Sjioto:. Sock., II, xi.. — 5. Le nom est donné parBH, C/ir. eccl, I, 102. 11 s’agit bien de A-j5aîo; (Theod., IV, x ; Epini. Hæres. LXX, n. 3). Théodore Bai-Khouui (Pognon, Coupes de Khouahir, p. 123)écrit: — 6. Dans le ms. il y

a : O qui acceptaient » et la phrase se rapporte aux Bardesaniles , mais d’après le texte de Théodore [loc, cit.'j, il s agit des disciples de 'Audai qui avait composé de nombreuses apocalvpses.

7. Theod., II, xxxii. — 8. Jac. Edess., ad ann. 29. — 9. Cf. p. 271, 297, 298. — 10. Cf. p. 203 et 270. Selon le Chron. edess. (n“ xxii), Abraham mourut en 672 (361) et Bai-sè fut intronisé la même année (n® xxix). — 11. Cf. p. 270, n. 10.

Actes. On trouve aussi dans leurs livres qu’il n’y a point de résurrection; que les anges* * ; que sept Directeurs ont fait le monde*.

A cette époque Georgius, l’arien, infligeait beaucoup de maux aux Alexandrins. C’est pourquoi ils furent tous enflammés de zèle et le firent périr dans le feu. D’autres disent qu’ils le lièrent sur un chameau sauvage et qu’il fut mis eu pièces ; d’autres enfin disent qu’il fut massacré par les partisans d’Athanase. C’est à son propos que Julien, au commencement de son règne, écrivit des reproches aux Alexandrins et leur dit’: «Peut-être direz-vous que la colère vous a induits en erreur?» — Ce chapitre est aussi fini,

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