‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 250 sur 286 · LIVRE VII. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE VII. CHAP. V

pays de l’IIellade et appela un magicien à son service Le magicien évoqua le démon, qui vint. Julien, pris de peur, se signa du signe de la croix adorable, et les démons s’enfuirent. Le magicien lui dit : « Les démons ont horreur de la croix. »

Après cela, ayant triomphé h la guerre, il crut fermement que les démons lui avaient donné l’empire, et il commença h favoriser les païens. Il adora ouvertement les idoles, persécuta les chrétiens, et permit aux Juifs de rebâtir leur Temple à Jérusalem. Lorsqu’ils tentèrent de le rebâtir, le feu du ciel descendit sur eux ; on vit des anges qui Irappaient et tuaient les Juifs. A cause de tels prodiges, ils ne purent rebâtir fie Temple].

A Gaza et h Ascalon, villes de Palestine, les païens osèrent ouvrir le ventre des prêtres et des femmes vierges : ils les remplissaient d’orge et les plaçaient devant les ppres pour qu’ils les dévorassent’.

A Sébaste de Palestine, ils ouvrirent aussi la châsse ,142] de Jean-Baptiste et livrèrent ses ossements aux flammes ‘.

Les païens s’emparèrent aussi'' d’un diacre nommé Cyrille, qui avait brisé les Idoles de Ba’albek du temps de Constantin ; ils lui ouvrirent le ventre, et mangèrent son foie. Aussitôt, leurs dents tombèrent, leurs langues se pourrirent, et ils furent privés de la vue ; ils se trou-

tyre, Athanase s’enfuit. Il parle luimême de sa fuite, dans son Discours apologétique, en ces termes® ; « S'il est honteux de (uir, celui qui poursuit pour tuer est encore plus vil. Il est écrit de fuir : massacrer, c’est transoresser la loi. Quiconque était angoissé fuyait Saül et se réfugiait près de David L Que faire, quand on voit Jacob fuir devant Esaü ; Moïse s’éloigner de devant Pharaon, et David de devant Saül ? Que ceux qui nous reprochent de fuir, considèrent Elle fuyant devant Achab et Jezabel, et les enfants des prophètes qui se cachèrent dans une caverne.Les Apôtres eux- mêmes s’éloignaient par crainte des Juifs, et Paul fut descendu dans un panier par le mur. Le Verbe du Père lui-même a dit : « Quand Ils vous poursuivront dans une ville, fuyez dans une autre* » ; et : « Que ceux qui seront en Judée s'enfuient dans les montaernes’ ». Le Christ lui-même a

pris la fuite, de même qu’il soulTrit la faim et la soif pour nous ‘®, et quand on voulutle lapider, il s’éloigna ; mais quand l’heure de sa passion fut venue, il ne se cacha point. De même aussi les martvrs se sauvaient devant les persécuteurs, mais quand ils étalent pris. Ils souffraient courageusement le martyre. » [142] Ainsi écrit saint Athanase dans son Discours apologétique.

Il revint de nouveau de cette fuite et fut reçu avec joie h Alexandrie. 11 chassa les Ariens de l’église.

1. Iheod,, III, m. — 2. Littér. ; qui adstaret sihi. — 3. Theod., III, vu. — i.IInd. — 5. A Ba.Tlbek ; Theod., toc. cit.

6. SocR., III, vin. — 7, Corr. : ,*ol»=o. — 8. Matth., x, 23. — 9. Matth., xxiv, 16. — 10. Ce passage traduit mal le grec :ô Aoyo;, Sc’ ’ôgà; yevouîvoç avOpuTio;, î^toviievoi; w,- thaeî; xp'j8r|Va'..

valent réunis dans les places publiques pour confesser involontairement , par leur alfllctlon, la puissance divine.

Un homme nommé Marcus qui avait aussi renversé des idoles du temps des empereurs chrétiens, s’enluit quand les païens revinrent au pouvoir. Ayant appris qu’on en avait saisi d’autres h sa place, il revint. Ils n’eurent point pitié de lui, comme d’un vieillard, mais ils le dépouillèrent, le frappèrent, lui brisèrent les membres et le jetèrent dans une écurie- infecte. Puis ils le firent remonter et le livrèrenth des enfantspour qu’ils le percent de leurs stylets. Ensuite, ils le jetèrent dans un filet, l’oignirent de miel et de garum * et l'exposèrent h la chaleur du soleil pour qu’il fût tourmenté par les guêpes. Ils lui disaient’ : ou de rebâtir le temple des idoles qu’il avait détruit, ou de fournir les dépenses pour sa reconstruction, llsdescendirent même jusqu'à lui demander de donner quelque petite chose; mais il n’y consentit point ; il leur disait : « Vous êtes des gens terrestres, recherchant les choses de la terre ; pour moi, je suis du ciel et je recherche les choses célestes’. » A la fin ils le relâchèrent en admirant sa constance.

Lucifer de Cagliari®et Eusèbe de VerceiU revinrent de l’exil'. Lucifer vint à Antioche et établit Paulinus évêque pour les orthodoxes*. Eusebius se rendit à Alexandrie prèsd’Athanase *“;il proclama que la Trinité est une seule nature “. Dans un synode tenu là, ils disputèrent sur la nature et la personne”; ils dirent qu’il ne convenait pas de se servir de ces termes en parlant de Dieu ; oùaîx n’est pas même employé dans les Livres saints ; l’Apôtre" s’est servi du mot û^ôaxaaiç, à cause des nécessités dogmatiques. Ils montrèrent que ces termes doivent être employés dans un sens différent, pour la réfutation de l’opinion de Sabellius, afin qu’on ne pense pas que la Trinité est une seule personne appelée de trois noms. Nous disons que les sages ont défini diversement la substance; mais si la substance est limitée '* par une définition, comment peut-on employer ce terme en parlant de Dieu qui est infini? Evagrius dit" ; « Dieu est simple ; tandis que toute chose a un genre**, ou une espèce *\ ou une différence *® ou un accident**, ou quelque chose de composé de ceux-ci. Dans la Trinité on ne trouve rien de cela. Qu’on adore donc en silence

1. Évêque d’Aréthuse ; Theod., III, vu. — 2. Theod. : elç 'j7tov6[j.ou; ouawSec;. — 3. Le syr. transcrit exactement le grec ytlpo;; la saumure n’étant pas de nature à attirer les mouches, je pense qu’il faut entendre qu’on jeta d’abord de la saumure dans ses plaies pour raviver ses douleurs et qn’on l’oignit ensuite de miel. — Lire : oow — b. Le grec est imparfaitement rendu. Théodoret

dit qu’ils l’avaient suspendu en l’air, mais qu’il se moquait de ceu.x qui le regardaient, xa'i ëXeyev aÙTO'j; [j.;v eîvai xa'i Imysiov:; ' èauiôv Sè iil/ioXbv xat |j.£TÉ6)pov.

6. Lire : AoOxiçep p.èv KapâXtov. — 7. Lire : Bpexé>>.a)v. — 8. Sock., III, v. — 9. Socu.,

III, VI, ■ Theod., III, v. — 10. Socr., III, vu. — 11. Le sens n’est j>as douteux d’après le grec. — 12.itep'i ovaia; xa'i ûuocTâaeid;. — 13. Ms. : les Apôtres-, le grec fait allusion à saint Paul [Ilelir., i, 3). — Lire ; — 15. Cité par Socrate, loc. cit, — 16. yévoç. — 17. et8o;, — 18. Siaçopâ. —

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