‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 259 sur 286 · LIVRE VII. CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII. CHAP. VII

les malades qui yont recourssont guéris.

Quand Barsê fut sorti d’Edesse, les loups y entrèrent pour la dévaster ; mais ils ne purent nuire enrien*. Ils saisirent quatre-vingts clercs qu’ils envoyèrent en Thrace, où ils furent bien traités. Quand l’empereur apprit cela, par le préfet, il prescrivit de les séparer deux par deux etde les disperser*. [ISO] C’est pourquoi il envoya Eulogius et Protogénès, à Antinoë de Thébaïde.

Eulogius, renfermé dans sa cellule, persévérait constamment dans l’office,

Protogénès ayant appris les signes* et s’étant exercé à écrire facilement, se mita enseigner aux enfants les psaumes de David*. — Un jour, un des enfants tomba malade : il alla le visiter ; et l’ayant pris par la main. Il le fit lever, guéri. Alors son nom devint célèbre et quiconque avait un malade le lui amenait. Mais il refusait de les aider tant qu’ils étaient païens; et, quand ils se convertissaient, il les conduisait h Eulogius qui les signait par la prière et la croix; ce qui lui était désagréable parce que sa prière en était Interrompue, Néanmoins, il les bap-

reur donna des ordres]* : et Athanase revint pour la cinquième fois, et II dirigea l’Église jusqu’à sa mort*.

En ce temps-là, brillaient par la doctrine Athanase et Mar Èphrem, avec ses disciples Zénobios’ et Abba*.

Dans le désert [brillaient] : Macarius®, qui guérit une femme qui avait été changée en cavale ‘®.

Macarius d’Alexandrie, qui alla au jardin de Jannès et de Mambrès à qui une hyène apporta un vêtement de peau, et qui ne cracha jamais à terre depuis qu’il eut revêtu l’habit'*.

Palladius, disciple d’Évagrius, qui parcourut le désert** et recueillit les histoires des moines ; puis il devint évêque d’Héliopolis,pendantdeuxans“. [ioO] Il dit que, tout d’abord, il alla trouver le moine Malchus, qui avait été emmené en captivité par les Arabes et qui habitait à côté d’Antioche. Puis, il se rendit en Égypte et habita dans la montagne de Nitrie. Il vit là deux mille moines.

En l’an 4 de Valens, mourut Abraham Qidounaya, le 14 de kanoun I"' ** (décembre).

1. Theod., IV, XVII. — 2. Theod., IV, xvm. — 3. Theod. ; và Eùvo\j(xiou Ypât^tiaTa ueTiatBevfiévoî xa'i Ypdtçeiv el; Ta-/oç r|(rxi(]u,lvoc. Au sujet de la leçon rà Eùvo[iîou, voir la note de Valesius ; je suppose qu’il faut lire : toO vo[j.oO. L'éditeur ne semble pas avoir observé que Protogénès voulant faire l’école aux enfants avait dû commencer par apprendre lui-même la langue et l’écriture du pays. — 4. Litt. ; « les cantiques », AauïTixà; (leXtoSta;.

5. Le texte peut être complété ainsi : ,...U9o ,û9o iaoaAoo|j)l.| • tSi» (cf. BH., Ckr.

eccL, I, 101). — 6. SocR., IV, xin. — 7. Cf. âssemanf, Bibl. or., t. I, p. 168; t. III, p. r, p. 43. — 8. Ihid., I, 144; III, 171; Cf. Duval, Litt. syriaque, p. 337. — 9. Dit VÉgyptien. Cf. Socr., IV, xxm, — 10. Cf. la version syr. du Paradisus Patrum, éd. Bedjan, p, 63, — 11. Paradisus Patrum, éd. Bedjan, p. 69. — 12. Ibid., p. 79. Le texte édité dit ; « depuis qu'il eut reçu le baptême ». — 13. Ou « les couvents » (?). — 14. Pour tout ce qui concerne Palladius voir l’excellent ouvrage de D. Butler, The Laiisiac History of Palladius. Londres, 1898. — 15. En l’an 678 (cf. Wright, Catal. syr . mss., col. 947). Cf. ci-dessus, p. 271, 277. Les quinze hymnes de saint Ephrem sur Abraham ont été édités par Lamy, S. Ephræmi kyinni et sermones, t. III, 749-845.

lisait, les guérissant de leurs infirmités spirituelles et corporelles. On admirait beaucoup Protogénès à qui avait été donné le don de guérison et qui en attribuait le principal honneur à Eulogius; et on pensait que la vertu de cet Eulogius était plus grande que celle de son compagnon. — Quand la tempête fut calmée et qu’ils voulurent retourner dans leur pays, tout le peuple fut fort affligé de leur séparation*.

A cette époque se répandit à Edesse l’hérésie des Messaliens*, par le moyen d’un homme appelé Eusèbe, et de ses disciples : Saba, Dadoes, Adelphus’, Hermas, et Siméon*. Ils furent surnommés Euchitæ et enthousiastes^ •, ils appelaient, en effet, TlSl] révélations spirituelles les songes et les opérations démoniaques '.

A cette époque, DIodore et Théodore’ embrassèrent la doctrine de Paul de Samosate.

L’empereur Valens institua h Cyzique un évêque nommé Eunomius*. Cet homme avait été le secrétaire de l’athée Aetlus. 11 connaissait les arguments des sophistes, mais ignorait les Ecritures^. Eudo-

La même année, mourut Julien Saba, le 15 de sébat‘“ (février).

En l’an 682, le 8 de haziran (juin), mourut Mar Ephrem “.

En l’an 683, mourut Athanase d’Alexandrie, après avoir exercé le ministère pendant 46 ans et avoir créé 284 évêques. Il fut jeté en exil cinq fois. Il mourut le 2 de ’iyar** (mai).

Après lui fut institué le 20® évêque de l’Eglise d’Alexandrie ; Pierre, pendant 7 ans ”.

Alors, sur l’ordre de Valens, l’arien Euzoïus se rendit en Égypte et emprisonna Pierre'*. Peu de temps après, Pierre s’enfuit près de Damase de Rome, et lui fit connaître tout ce qui était arrivé.

Ursinus'® qui avait été élu en même temps que Damase, reçut l’ordination en secret; enfin, le préfet le déposa et fit cesser le trouble *®.

A cette époque, Valens établit à Constantinople un évêque arien : Demophllus*’, à la place d’EudoxIus, qui mourut après avoir gouverné pendant 19 ans. — Ceux qui confessaient la formule « consubstantiel », se donnèrent pour évêque

1. Theod., IV, xviii — 2. Theod., IV, xr. — 3. Lire: lo»». — 4. Aa8ô/]; te xat SâSêa;,

xa'i ’ASIXyco;, xai 'Ep(jLàî xai Sypteoivrii;. — 5. E-j/itat. ’EvOuataoraJ (exaltés, possédés?). — 6. Sur cette secte, outre les sources déjà connues, voir Théodore Bar-Khouni, dans Pognon, Les Coupes de Khouahir, p. 139 — 7. Diodore de Tarse et Théodore de Mopsueste. — 8. Socr., IV, vti ; mais Théodore! rapporte, aVec raison, les faits au temps de Constance. Cf. ci-dessus, p. 276. — 9. 11 manque ici deux ou trois mots dans le texte.

10. Cf. p. 271, n. 5. — 11. Le 9 juin 684 (373) selon le Chron. edess., n» xxx, et J\c. Edess. ad ann. 51. La différence doit s’expliquer ici par une erreur de 2 ans dans le tableau chronologique. Sur la vie (Bedjan, Acta Mart. et Sanct,, III, 621) et les œuvres de saint Ephrem et sur les sources à consulter pour leur étude, cf. R. Düval, La litt. syriaque, p. 331 sqq. — 12. Jxc. Edess., ad ann. 47; Cf. Theod., IV, xx ; Socr., IV, xx. — 13. Ibid. — 14. Rest. : Théod., IV, xxt;

Socr., IV, xxir. — 15. Ms. : Severinus) restituer par simple transposition d’une lettre : Ursinus. .aDoi^iot. Cf. ci-dessous, j>. 302, n. 9. — 16, Socr,, IV, xxix. — 17. Cf Jac. Edess., ad ann. 47,

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