‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 260 sur 286 · LIVRE VU. CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE VU. CHAP. VII

xius de Constantinople l’ordonna. Eiinomius alla jusqu’à dire : « [Dieu ne sait rien] ‘ de plus que nous par sa nature. Il sait seulement de lui-même ce que nous savons nous-mêmes ; et tout ce qu’il a* se trouve aussi en nous sans différence. » Sa doctrine impure et détestable ayant été dévoilée, il fut chassé par les habitants de Cyzique.

L’empereur Valens ne cessait de persécuter les Orthodoxes; pour ce motif, il y eut une grande famine dans toute la contrée de Phrygie®.

Valens, étant venu h Antioche, faisait noyer les Orthodoxes dans le fleuve Oronte

Il vint à Edesse pour voir le martyrion de l’apôtre Thomas. Une grande foule y était réunie. Valens, voyant qu’ils n’adhéraient pas à sa croyance, frappa de sa main le préfet*. Le préfet, ayant été offensé, manda que personne ne vînt à l’église, pour qu’ils ne soient pas massacrés. Le lendemain, quand le préfet et les soldats vinrent au temple pour exécuter l’ordre de l’empereur, il vit une femme pauvre qui traînait son fils derrière elle et s’empressait de fendre la foule. Le préfet [132] l’interrogea : « Où vas-tu? N’as-tu pas entendu dire que le préfet venait avec les soldats

Evagrius®. Valens l’ayant appris envoya en exil Evagrlus et Eustathius qui l’avait ordonné®.

Quatre-vingts prêtres se réunirent pour aller trouver l’empereur et procurer la paix aux églises; tandis qu’ils s’avancaient dans des barques, sur la mer, [151] l’empereur ordonna de mettre le feu aux barques, et les prêtres furent brûlés®.

Vers cette époque, saint Grégoire de Nazianze fut ordonné par les évêques orthodoxes, pour qu’il prît soin des fidèles qui étalent à Constantinople®. — En effet, à cette époque, lui-même, ainsi que le grand Basile de Césarée de Cappadoce, Grégoire de Nysse, et Pierre de Sébaste s’illustraient fortpar leur doctrine'®. — Pierre brillait par les œuvres vertueuses".

Valens fit amener le grand Basile à Antioche et lui dit, comme pour le tenter ; « Si ta croyance est véritable, prie pour mon fils Galates, afin qu’il guérisse. » Le saint répondit : « Si tu crois comme mol, et le fais baptiser par les adhérents de la fol véritable, il guérira. » — Comme les Ariens le baptisèrent, il mourut".

Tandis que Valens disputait avec le grand Basile, Démosthène, le cuisinier ",

1. Aj , : H ^>0 >0.» (BH., Chr. eccl,, I, 101). — 2. Le contexte demande

qu’on lise comme dans le grec « tout ce qu’il sait », tout ce qu’il a de science. — 3. Socr., IV, xvr. — 4. Socr., IV, tr, — 5. Socr. ajoute ; « parce qu’il ne les avait pas exilés».

6. Socr., IV, xiv. — 7. Ihid., xv. — 8. Socr., IV, xvi; J\c. Edess., ad ann. 53. — 9. Socr., IV, XXVI, c. m, — 10. Le passage est tiré de Jxc. Edess., ad ann. 51. Cf. Socr., IV, xxvt, s.f.\ Theod., IV, XXX. — 11. C’est-à-dire : « dans la vie monastique », cf. ci-dessous, p. 301, 1. 30. — 12. Socr., IV, XXVI. — 13. Tùv PadtXtxùv 7tp(3(7tiTi0oû(j,fvo; oiliuv (Theod., IV, xix, d'où est tiré l’épisode); tw èn'i Küv ci-j/oiv T£Tay[iév<» xai TÔ>v (Aarséptov ôtp/ovTt (Grec. Nyss., Contra Eunomium, I; Patr.gr., t. XLV, col. 293), Castrensis sacri palatii. (Vales.)

pour mass.Tcrer le peuple? «Elle répondit : « C’est pour cela que je cours avec empressement, afin que moi et mon fils que voici nous méritions le martyre. » — Aussitôt le préfet retourna faire savoir à l’empereur que ce peuple était disposé h mourir pour la foi de Nicée; par ses paroles et ses Instances, «:11 apaisa la colère de l’empereur; et ce préfet, Modestus*, qui avait reçu de Valens l’ordre de tuer les Édesséniens, les sauva. On raconte de lui une foule de belles choses.

A cette époque, on trouva en Phrygie* des Novatiens, des Sabbatiens et des Collyriens’ qui faisaient la Pâque avec les Juifs : alors, Damase de Rome et Pierre d’AlexandrIeles excommunièrent et les anathématisèrent, de même que l’hérétique Eunomius, qui ajouta à la multitude de ses impiétés en disant que le baptême devait se faire par une seule immersion, et non pas au nom de la Trinité, mais bien par la mort de Notre-Selgneur Jésus-Christ.

Ils anathématisèrent aussi les impurs Messaliens dont l’hérésie s’est prolongée jusqu’à nous. — Amphilochius d’Iconium s’éleva vigoureusement contre eux, ainsi que Letoius * de Mélltène.

Quand Pierre fut chassé d’Alexandrie et que l’arien Lucius, qui avait été expulsé de Samosate, y fut entré, Pierre

se mit h accuser le saint. Ce faisant, il pécha par la parole et commit un barbarisme. Basile sourit et dit ; « Voici que nous voyons Démosthène ignorant. » Et comme II se mit h le menacer, le saint ajouta : (' Ton office est de prendre soin des condiments des sauces et non de réformer la doctrine divine ; car ton entendement est fermé h la vérité. «

Plus tard, quand Valens voulut exiler Basile, son calame se brisa trois fois dans sa main. — Quand l’empereur vint à Césarée,il voulut livrer les églises aux Ariens; mais il en fut empêché par les prodiges que Dieu opéra par le grand Basile. [lo2] Il fut saisi d’admiration et d’affection par la grande sainteté et la charité de saint Basile. Et à cause de cela, il lui abandonna même des villas pour subvenir aux besoins des pauvres L Basile et Grégoire furent maintenus à cette époque comme les fondements de la foi. A cause de leur grande vertu, seuls ils ne furent point jetés en exil pendant la persécution. Dès leur jeunesse Ils furent envoyés à Athènes et y apprirent les sciences profanes; à Antioche, ils furent les auditeurs de Libanlus, étudièrent la rhétorique et devinrent philosophes® ; puis ils quittèrent le monde, et préférèrent la vie monastique ; ils apprirent l’interprétation de rpicriture dans les livres d’OrIgène. Me-

1. Corr. : Cf. Theod., IV, xvn ; Soz., VI, xviir. — 2. Cf. Socr., IV, xxvm ; V, xxi. —

3. Au sujet (le cette secte nous lisons dans Théodore Bar-Khouni ; « Chaf^ue année, à un jour fixé, ils offrent une sorte de gâteau (xoUjpa) au nom de Marie, et à cause de cela ils furent appelés Collyriens » (I’oonon, Les Coupes de Kliouahir, p. 139). — 4. At)tÔio;; ms. : Lêtjnos.

5. Tiieod., IV, XIX. — Ci. à^ioi toO (joçoTTsOeiv xpiOevreç (Socr. IV, xxvi).

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