LIVRE VII. CHAP. VII
écrivit une lettre dans laquelle il expose l’impiété de Lucius *.
[Extrait] de la lettre de saint Pierre^ ; « Palladius était le nom [1S31 du tyran’ ; il professait le paganisme. Etant parvenu à la ville, il rassembla le peuple h l’église comme un homme empressé d aller soumettre les Barbares*. Alors furent commises des atrocités telles que quand seulement je veux en parler, leur souvenir me suffoque, et je répands des larmes; et je demeurerais longtemps dans cet état de souffrance si je ne réprimais ma douleur par la pensée divine. La foule étant entrée dans l’église de Theonas, au Heu des paroles graves*, ils chantaient les louanges des idoles, et, au lieu de la lecturedes saintesEcrltures, ils battaient des mains et proféraient des chansons ordurières contre les vierges saintes.
Ils déchirèrent les vêtements de leur chasteté; après les avoir dépouillées, ils les promenaient toutes nues parla ville; ils agissaient envers elles sans loi ni pitié. Si quelqu’un les blâmait ou plaignait les vierges, ils ne le laissaient qu’après l’avoir roué de coups. Beaucoup de ces vierges furent massacrées. Au milieu même du sanctuaire, ils dressèrent la tente® de jeunes’ débauchés qui avalent renié le sexe masculin et affectaient la nature féminine, qui s’étaient
letlus d’Antioche ordonna [diacre] * Basile qui ensuite devint évêque de Césarée et chassa du Pont les Eunomiens et les Ariens®. — Le père de Grégoire était évêque. Grégoire allait constamment à Constantinople, et affermissait dans la fol ses coreligionnaires ; quelque temps après, par le suffrage des évêques, il y fut établi évêque, pendant 10 ans*”,
A cause de tout cela Valens était irrité contre eux.
Quand le préfet demanda au grand Basile pourquoi il ne croyait pas comme l’empereur, Basile blâma la foi de l’empereur. Comme il le menaçait de mort, il répondit : u Je suis prêt, pour la vérité, à abandonner les liens du corps. » — Le préfet lui dit : « Réfléchis â cela. » — Basile reprit: « Je serai demain ce que je suis aujourd’hui**. » — [1S3] Le saint ayant été mis en prison, Domlnica, mère de l'empereur, dit h celui-ci qu’elle avait souffert, en songe, de grands maux, à cause de l’outrage fait à l’évêque**.
Une partie des ouvrages de doctrine du grand Basile et de Grégoire fut traduite en langue latine par Ruflnus. — Pierre, frère de Basile, imita sa vie religieuse, et Grégoire de Nysse son éloquence ”. Celui-ci acheva 1 Hexaéméron de Basile après sa mort; il composa
1. Theod., IV, XXI ; cf. SocR., IV, xxi, xxii. Jac. Edess., ad ann. 48, commet une confusion en donnant Lucius comme ayant remplacé Athanase lors de son cinquième exil. — 2. D’après Theod., IV, XXII. — 3. Préfet d’Egypte. — 4. D’après le grec ; «il se précipita sur l’église où le peuple était assemblé ». — 5. avx\ pYiparoiv (xepvtov. — 6. Gr. : dXYjvT] ; l’auteur ne semble pas avoir compris ce mot dans le sens de « scène ». — 7. Dans le grec : « un jeune débauché ».
8. Lire : .ai., d’après le grec. — 9. Socr., IV, xxvi. — 10. Ibid. — 11. eyw xa: <7^(iepov
xa\ aûpiov ü aÙTo; sip-t. — 12. Socr., IV, xxvi. Ms., incorrectement ; « aux évêques ». — 13. tb SibauxaXixbv toO Xôyou.
fardé le visage de rouge, comme l’ont chez eux les idoles, et qui étaient vêtus d’habits de femmes; et, sur l’autel où nous invoquions la descente de l’Esprit- Saiiit, ils leur firent exécuter des tours de danse en faisant des contorsions et en sautant, tandis qu’ils riaient euxmêmes impudiquement. — Ensuite, pensant que c’était là une légère impiété, ils découvrirent les membres de l’un d’eux, qui était connu pour son obscénité, [154] et le firent monter dans la chaire'. Il fit un sermon contre le Christ et leur tint des discours obscènes. — Pour moi, quand je vis ces choses, je sortis. »
Valons ayant chassé les chrétiens de l’église 2, ils se réunissaient au pied de la montagne,ayant h subirla pluie, [la neige, la gelée] ou l’ardeur du soleil. [L’empereur envoya des soldats pour les disperser]’. — Flavlanus et Dlodore* prirent soin d’eux et les instruisirent, tant que Meletius fut en exil.
Le moine Aphraate en apprenant ces choses abandonna sa cellule et alla au secours des saints pasteurs®. Comme il passait près d’un grand portique qui se trouvait le long du fleuve Oronte, il se trouva que l’empereur Valons regardait du haut du portique, et lui demanda :
« Où vas-tu? » Il répondit ; « Prier pour ton empire. » L’empereur reprit : « Tu
une oraison funèbre de Meletius, à Constantinople ®.
Grégoire de Néocésarée précéda ceuxci; il fut l'un des disciples d’Orlgène, [et fut] très versé dans les sciences profanes et ecclésiastiques; il fit des prodiges et des miracles’.
Il y eut un autre Grégoire qui parut à Alexandrie, et qui était arien*.
ALiberius de Rome succéda Damasus.
Il y avait un diacre nommé Arsenius; quelques évêques l’ordonnèrent en secret, et il y eut un schisme parmi le peuple; après plusieurs massacres, Arsenius abdiqua volontairement*.
Dans la ville de Milan, l’évêque étant mort, il y eut un grand trouble Le juge Ambroise, craignant [des excès, se rendit à l’église. Le peuple porta sur lui son choix] ", et les évêques le prirent de force et le baptisèrent; mais comme il refusait le sacerdoce, ils consultèrent l’empereur Valentinien à son sujet. Ayant reconnu que la chose venait de Dieu, il fut ordonné et apaisa les mécontents” de l’endroit.
A cette époque, à Antioche, le philosophe Themistius calma la colère de Valens par lediscours qu’il fit et danslequel il dit : « On ne doit pas s’étonner que les chrétiens soient divisés dans leur croyance. Cette division est petite en comparaison de la confusion des croyan-
1, 9p6vo;. — 2. D’Antioche. — 3. Nous complétons les quelques mots qui manquent d après Tiieod., IV, XXIV, d’où le passage est tiré. — 4. Ms. : Theodorus. Restituer : asooio»a*»j Theod., IV, XXV. — 5. Theod., IV, xxvi.
6. SocR., IV, XXVI, s. f. Ci-dessous, p. 31t. — 7. Socr.,IV, xxvii. — 8. ll/id. — 9. Ce passage est une répétition de ce qui a été dit plus haut, p. 298. Lire : Ursinus au lieu de Arsenius que porte le ms. — 10. SocR,, IV, XXX ; cf. Theod., IV, vu. — 11, Nous complétons d’après le sens, les quelques mots qui manquent d.ins le texte. — 12. Littér. : « les irrités »; gr. : ol SteoTÛTs;,