LIVRE VIL CHAP. VIII
selon l’usage. L’évêque lui fit dire : « C’est la place des prêtres et non des rois, de même que le vêtement de pourpre appartient aux rois et non aux prêtres. » L’empereur reprit : « J’ai vu cette coutume à Constantinople. » — L’empereur, étant retourné à Constantinople, se tint hors de la balustrade pendant les mystères. Le directeur de l’église lui fit dire d’entrer, mais il répondit qu’Ambroise avait raison *.
A cette époque fut bâtie la ville de Res- 'ayna, en Mésopotamie, sur l’ordre des empereurs Gratien et Théodose*.
Ap rès le meurtre de Valens, les Barbares’ vinrent jusque sous les murs de Constantinople; Théodose sortit, les dispersa, [lî>6] les poursuivit et les soumit*.
Autant, en effet, les affaires de l’Église étalent troublées : autant celles de l’Empire*.
Mcletlus demeurait à Antioche et Paullnns“, qui y avait été institué, n’admettait pas que Meletlus fût proclamé en même temps que lui, parce qu’il avait été établi par les Ariens. Ensuite, ils convinrent que l’Évangile serait placé au milieu et qu’ils se tiendraient l’un «à droite et l’autre à gauche; ils statuèrent aussi
Quand Gratien et Valentinien son frère commencèrent à régner, les évêques revinrent de l’exil, chacun .à son église’. C’est pourquoi, Grégoire de Nazianze, qui gouvernait les Orthodoxes à Constantinople, eut une grande liberté, et, par la vigueur de son enseignement, par ses fidèles conseils, il dirigeait tout [136] le peuple et affirmait la vraie fol du « consubstantiel » *.
Les Èdesséniens revinrent et reprirent leurs églises®. Comme Barsê, leur évêque, avait fini sa vie en exil, dans un véritable martyre, Eulogius fut institué 24® évêque d’Édesse'®.
A Jérusalem, le 47® évêque fut Cyrille qui avait été exilé ".
A Rome, h l’orthodoxe Damase, succéda Siricius, pendant 16 ans**.
1. Tout ce long paragraphe est traduit de Théodoret, V, xviii.
2. Jac. Edess,, ad ann. 57; en 692 (380-81), selon le Chron, edess., n» xxxv. ©eoSoatoOTto),!; (Proc.
Bell, pers., II, 19). — 3. Les Goths. — 4. Cf. Socr., V, i ; il attribue cette sortie aux habitants. Au sujet de Théodose, cf. V, ii, et Theod., V, v. — 5. Socr., V, Prooemion. — 6. Ms. : Flavianus' sans doute par confusion, dans l’écriture, des deux noms : Paulinus, et : ifloaL.ix9, Flavianus.
Cf. ci-dessus, p. 275, n. 6.
7. Theod., V, ii; Socr., V, ii. — 8. Theod., V, vm; Socr., V, vt. — 9. Chr. edess., n“ xxxi ; U Au mois de ’iloul de cette année (684 =373) le peuple abandonna 1 Eglise d’Edesse, à cause de la persécution des Ariens » ; n° xxxiti : « Le 27 de kanoun I®' de cette année (déc. 378) les Orthodoxes entrèrent et s’emparèrent de l’Église d’Édesse. » Cf. p. 204. — 10. Cf. Theod., V, iv; Ckr. edess., n“ xxxit : « Au mois de ’adar de l’an 689 (mars 378) mourut Barsê; n® xxxiv ; « Mar Eulogius devint év. d’Édesse l’année même où Théodose le Grand commença .4 régner » (379). — 11. Cf. Theod. V, IX ; Socr., V, viii. Cf. ci-dessus, p. 270 et p. 275. — 12. Cf. Socr., V, n ; VII, ix.
que le siège de celui qui mourrait le premier vaquerait et que celui qui survivrait l'occuperait'.
Les Ariens occupèrent les églises d’Antioche pendant 40 ans, depuis l’an 5 de Constance jusqu’à la première année de Théodose^.
La mort de Gratien survint de cette manière : Andragathius% général de Maximus, se cachadans une litièreportée par des mulets et fit courir le bruit que la femme de Gratien arrivait. C’est pourquoi, l’empereur étant sorti sans se garder de l’embûche, ce tyran sauta sur lui et le tua‘.
Justlna, mère de Valentinien, avait été baptisée par les Ariens; c’est pourquoi, quand elle vint à Milan, elle voulut chasser Ambroise; mais le peuple ne le permit pas, et il y eut du tumulte. Silices entrefaites, la nouvelle du meurtre de Gratien étant arrivée, elle calma sa colère
A cette époque, l’empereur Théodose ordonna de ramener h Constantinople le corps de l’évêque Paul que les Ariens avalent étranglé à Cucusum®.
Tandis que l’empereur Théodose [lo71 marchait à la guerre contre le tyran Maximus, les Ariens répandirent le bruit que l’empereur avait été vaincu, et ils osèrent mettre le feu h la maison de Nectaire, l’évêque de Constantinople’.
L’empereur Théodose s’empara du
Synode des cent cinquante [cs’êques'^, qui se réunirent b Constantinople du temps de l’empereur Théodose, qui fut confirmé autocrator dans tout l’Orient, et qui confirmait la fol orthodoxe; qui approuvait la confession du « consubstantiel » , et qui rejeta l’erreur des Ariens, renversa leurs églises, chassa de la milice les soldats qui n’avalent pas consenti à mépriser l’erreur des Ariens; qui, par l’opération du Saint-Esprit, appela et réunit autour de lui, des quatre parties du monde, les hérauts de la fol orthodoxe.
En effet, cent cinquante évêques se réunirent en la 4' année de son rogne, qui est l’an 694 des Grecs*. La somme des années depuis le concile de Nlcée jusqu’au temps de ce synode est de 57 ans. — Les chefs de ce second synode furent : Meletlus d’Antioche, Timothée d’Alexandrie, le grand Cyrille de Jérusalem, Gréffolre le Théolooflen de Constantlnople même, et Grégoire de Nysse.
Ils anathématisèrent la doctrine d’Arius et quiconque y adhère, ainsi que Macedonius, qui avait succédé h Alexandre, h Constantinople, pour avoir osé dire que [137] l’Esprlt-Salnt est une créature et qu’il n’était pas égal au Père et au Fils.
Après avoir anathématlsé ceux-ci, ils confirmèrent la définition de la foi établie par le saint synode des 318 Pères, en y ajoutant quelque chose à propos du
1. Socu., V, V. — 2. La phrase paraît empruntée à Socrate (V, vu; s. f.); mais celui-ci parle de Constantinople et non d’Antioche. — 3. ’Avôpayâôto; ; ms., partout : Androgothias. — 4. Socr., V,xi. — 5. Itnd. — 6. èv Kouxo'jtitm, Socr., V, ix. — 7. Socr., V, xiii.
8. J AC. Loess., ad ann. r>8 ; Tiieou , V, vitr ; Socr., V, viii.