CHAPITRE SECOND
La Chronique de Michel le Syrien.
Nous traiterons dans cette seconde partie de notre introduction du plan, des sources, des manuscrits et des versions de la Chronique. On s’accorde à reconnaître dans l’oeuvre du patriarche Michel un des plus précieux monuments de la littérature historique des Syriens. Une bonne moitié de la Chronique a été compilée à l’aide d’ouvrages aujourd’hui perdus. La Chronique de Barhébréus, source orientale presque unique de nos informations pour l’histoire religieuse de la Syrie du vu® au xii® siècle, n’est elle-même qu’un abrégé systématique de Michel, pour toute cette période. On peut voir, par la comparaison des deux ouvrages, combien de faits et de détails intéressants ont été omis par l’abréviateur.
§ i. — Plan et objet de la Chronique.
La Chronique de Michel fut terminée en 1195‘, trois ans avant la mort du patriarche. Elle commence à l'origine du monde.
L'ouvrage est divisé en XXI livres partagés en chapitres. La matière est traitée avec plus ou moins de développement en raison de l’intérêt que les événements présentaient pour les Syriens, surtout au point de vue religieux, et selon l’abondance des documents que l’auteur avait à sa disposition.
Il y a malheureusement quelques lacunes assez considérables dans le texte tel qu’il nous est parvenu.
Plusieurs appendices complètent la Chronique. On trouve :
1° Une suite de tableaux récapitulatifs ; sorte de table méthodique contenant :
a) la série des grands-prêtres juifs et, à partir de l'ère chrétienne, la succession des évêques de Rome, d’Alexandrie, de Constantinople et d’Antioche; —
b) la série des rois des différents empires.
2® Un résumé de l’histoire des empires syriens, dirigé contre les Grecs.
3® De courtes notices sur chacun des patriarches jacobites d’Antioche, depuis Sévère (512) jusqu’à l’auteur. A partir du Cyriacus (793) on donne, pour chacun d’eux, la liste des évêques qu’il a ordonnés, avec l’indication de leurs sièges. Ces listes comprennent près de 950 noms, en majeure partie inconnus par ailleurs.