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par l’intermédiaire d’Eusèbe. Peut-être y a-l-il lieu de faire une exception, au moins partielle, pour les chroniqueurs Africanus et Anianus d’Alexandrie. La Chronographie du premier fut composée en 221 ; celle du second en 412. Georges le Syncelle les utilisait largement à la fin du viii® siècle. Toutefois l'existence d’une traduction syriaque n’est pas prouvée, et Michel a pu tirer les passages étrangers à Eusèbe d’une autre chronique où ils étaient cités*, peut-être de la partie maintenant perdue de Jacques d’Édesse,
D’ailleurs, en ce qui concerne Eusèbe lui-même, il paraît hors de doute que Michel n’a pas composé directement les six premiers livres de sa Chronique sur les ouvrages indiqués. Il s’est borné, croyons-nous, à remanier une compilation déjà existante, en la complétant par des additions, notamment par des emprunts plus nombreux au Chronicon. Des résumés syriaques d’Eusèbe existaient bien avant Michel. Nous en possédons encore plusieurs à l’état fragmentaire*. Il suffit de comparer le texte de la chronique anonyme éditée par M. Brooks sous le titre de Chronicon maroniticum' avec celui de Michel pour se convaincre que ce dernier dépend absolument de ce chronicon, ou tout au moins, si celui-ci n'est lui-même qu’une adaptation, de la chronique dont il est dérivé*.
Les données d’Eusèbe ne suffisaient pas à remplir le plan de l’auteur. Il les a complétées à l’aide d’emprunts faits aux sources syriaques et principalement à Jacques d'Edesse,
Cet évêque est mort en 708". Parmi ses ouvrages figure un Chronicon rédigé en vue de rectifier et continuer celui d’Eusèbe. Conçu sur le même modèle, il comprend une partie expositive et un canon ou série de tableaux chronologiques*. Michel les a insérés en entier dans la suite de son ouvrage. Il a
1. AlricauuB est cité 13 fois. 11 y a trois citations iadirectes (t. I, p. 120, 169, 191). Cinq sera* blent provenir d’Eusèbe : p. 46 et 57 (cf. Chr., I'* p., ch. xvi) ; p. 79 [Chr., ad ann. 12i0), p. 108 (Dém. évang., VllO, p. 109 [Chr., ad ann. 1572) ; les autres sont de simples références à des chillres qui pouvaient facilement être fournis par une Chronographie quelconque ayant fait usage d'Africanus. 11 en est de même pour les sept citations d'Anianus relatives à l'âge des patriarches bibliques. — 2, Edités par E. \V. Brooks, Chronica minora [Corpus Script Christ. Orient , Scriptores Syri ; ser. 111, t. IV). — 3. Op. cit,, traduction, p. 35 et suiv. — 4. Comparer, par exemple, Michel, t. 1, p. 138, col. 2, avec le Chronicon maroniticum, p. 45,1. 17 et suiv. ; Michel 1, p. 143-14 4 (col. 5) avec Chron. maron., p. 46, 1. 25 et suiv. ; les notices de Michel sur Paul de Samosate (I, p. 196), sur Màni (p. 198), sur Apollinaire (p. 275), avec celles du Chron. maron., p. 47, 53; etc. — 5. Sur ce personnage, bien connu dans la littérature syriaque, yoirWKiOHT, Syriacliterature, p. 141 ; B. Duval, La littérature syriaque, 3* éd. p. 374. — 6, Ce qui reste de la Chronique de Jacques d’Edesse a été publié et traduit par E. W. Brooks [Corp. Script. Christ. Orient. Scriptores Syri, Sériés 111, t. IV. Chronica minora).
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