‹ Chronique de Ramon MuntanerChapitre 150 sur 165 · CHAPITRE CXXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXXVI

Comment En Raymond Marquet et En Be'ranger Mallol «e trouvèrent le jour de la bataille avec l’amiral, qui leur livra toutes les galères dont il s’c'tait emparé ; comment ledit amiral prit vingt-cinq galères du roi de France, qui se trouvaient à Roses , et comment il attaqua et prit Roses.

Après cela, l’amiral prit la route de Roses. Le jour où la bataille fut livrée, En Raymond Marquet et En Béranger Mallolse réunirentà Tamiral. Celui-ci leur confia toutes les galères qu’il avait prises, leur dit de passer par Palma et Sainl-Féliu, d’y prendre tout ce qu’ils y trouveraient de navires, et d’emmener le tout ^ Barcelonne, avec les galères, et de se hâter, car pour lui il irait à Roses, pour s’emparer de tous les navires qui y seraient, de toutes les provisions de bouche qui avaient été mises à terre, et des vingt-cinq galères; qu’enfin il ne partirait de Roses qu’après s’en être rendu le maître.

En Raymond Marquet et En Béranger Mallol , exécutèrent les ordres de l’amiral. Ils allèrent à Palma et à Saint-Féliu ; ils prirent tout ce qui s’y trouvait de navires; ils débarquèrent, et à Saint-

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Féliu , ils brûlèrent toutes les provisions qu’on y avait déposées. Ceux que le roi de France avait , rais en cette ville prirent la fuite. En Raymond Marquet et En Béranger Mallol expédièrent dix hommes, par différents côtés, au roi d’Arragon , pour lui apprendre cette bonne nouvelle. Ils avaient ordre d’aller ensuite à Barcelonne et dans toute la contrée; ce qu’ils firent; après quoi ils dirent : « Nous attendrons ici l’amiral , quoiqu’il » nous ait dit d’aller à Barcelonne ; il vaut mieux » que nous y entrions avec lui , et qu’il jouisse de » la gloire qu’il mérite. »

Ils firent ainsi, et donnèrent par là u n grand témoignage de leur honnêteté. En Raymond Marquet et En Béranger Mallol ayant quitté l’amiral , celui-ci prit le chemin de Roses; les habitants crurent que c’était leur flotte ; et les vingt galères se mirent en mouvement et allèrent au-devant , en poussant de grands cris de joie.

, L’amiral fit arborer le pavillon français , afin de mieux les attirer en mer , et afin que les hommes ne pussent pas se retirer à terre. Lorsqu’ils furent près les uns des autres , l’amiral fit abattre ce pavillon et hisser celui du roi d’Arragon. A cette vue, les ennemis voulurent prendre la fuite ; mais l’amiral En Roger de Luria fondit sur eux. Que puis- je vous dire? L’amiral prit vaisseaux et gens. Ensuite il entra au port de Roses, où il trouva bien cent cinquante bâtiments , vaisseaux ou navires, dont il s’empara. Il débarqua sur le rivage,

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OÙ étaient cinq cents cavaliers français et un grand nombre d’équipages qui s’y étaient rendus pour transporter les provisions. Il les attaqua etles défit. Il y périt plus de deux cents de ces cavaliers ; le reste s’enfuit à Gironne, avec tous les gens qui purent les suivre. Là, ils trouvèrent le roi de France, qui avait déjà reçu de mauvaises nouvelles, et ceux-ci lui en apportèrent de pires.

L’amiral attaqua la ville de Roses, la prit et la mit en bon état, à cause des grands approvisionnements qui s’y trouvaient. Il prit la route de Barcelonne, et trouva à Saint-Féliu En Raymond Marquet et En Béranger Mallol, qui lui dirent comment ils l’avaient attendu ; il fut très satisfait, et il envoya tous les navires, galères, vaisseaux et barques à Barcelonne , voyant bien qu’il était maître de la mer et qu’il n’avait absolument rien à craindre.

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