CHAPITRE II
Dans lequel l’auteur réclame l’auention de scs lecteurs sur.- la matière dont U doit parler, c’est-à-dire sur les faits et les prouesses de la maison d’Arragon.
Je commencerai par la grâce que Dieu fit au très haut seigneur roi En Jacques, par la grâce de Dieu , roi d’Arragon, Il était fils du très haut seigneur En Pierre , roi d’Arragon ' , et de la très hautedame madame Marie de Montpellier, qui fut une très sainte personne et aussi chère à Dieu qu’aux hommes. Elle était elle-même du plus haut lignage du monde , sortant de la maison de l’empereur de Rome, Persi par elle et par ses ayeux.
1 . Alphonse II possédait, au moment de sa mort, en i ig6, la souveraineté de l’Arragon et de la Catalogne, et celle du comté de Provence, du Béarn , du Roussillon,, de la Gascogne, du Bigorre, de Comminge , de Carcassone, de Béziers et de Montpellier. Pierre II, son fils aîné, hérita d’une grande partie de ses domaines , et épousa, en 1-206, Marie, fille de Guillaume, seigneur de Montpellier , et de cette même Eudoxie, fille de Manuel Comnène , empereu r de Constantinople, que son père avait dû épouser. A la mort d’Alexis, tué par Andronic, Mathilde avait pris le titre d’impératrice de Constantinople. ( V. Chron. grecque anonyme, t. 4. p- i64 Note. )