‹ Chronique de Ramon MuntanerChapitre 82 sur 165 · CHAPITRE LXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXIII

Où l’on raconte que le combat entre les deux rois devait avoir lieu à Bordeaux, de cent contre cent, devant Édouard, roi d’Angleterre ; comment le bruit de ce combat fut re'pandu dans tout le monde ; comment le roi Charles demanda , en attendant , la suspension des hostilite's , ce que refusa le roi d’Ârragon.

Quand les choses furent aipsi arrêtées, aucun des rois ne cessa pour cela ses dispositions guerrières. Le roi Charles fit dire toutefois au roi d’Arragon, qu’il avait pensé que chacun d’eux étant du sang le plus noble , ils ne devaient pas se battre avec un nombre d’hommes au-dessous ^ de cent pour chacun, et qu’il l’avait ainsi résolu. On pourrait dire alors que dans les deux camps , se trouvaient parmi les deux cents champions , les deux plus valeureux chevaliers du monde : cela fut donc ainsi convenu. Ensuite le roi Charles fit dire

Crrohiques. T', y . — R. Muntakkh. /.

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à son adversaire qu’il croyait que le roi Edouard d’Angleterre ' , était celui qui était le plus propre à remplir leurs vues , étant le plus juste des rois , et un bon chrétien ; qu’il possédait la ville de Bordeaux , voisine de leurs royaumes respectifs ; que le combat pouvait y avoir lieu ; et que , sous peine de trahison , ils devaient être rendus au jour fixé à Bordeaux et au camp ; que ce prince et cette ville étaient ce qui lui paraissait être le plus convenable ; toutefois , que si le roi d’Arragon trouvait quelque chose de mieux, il n’avait qu’à parler; s’il l’approuvait , qu’il en fît le serment devant ses envoyés, et qu’il en ferait autant en présence des siens.

Les envoyés se rendirent auprès du roi d’Arragon, et exécutèrent leurs ordres. Le roi d’Arragon ayant pris connaissance de ces propositions, les approuva , trouvant que le roi Charles avait bien fait de choisir ce nombre , cet arbitre et cette ville. Il n’y contredit en. rien ; et il acquiesça auxdites propositions ; seulement , il exigea en outre , que le roi Charles fit , ainsi que lui , le serment de n’amener que le nombre de combattants désignés , sans nulle autre force quelconque , toujours sous la même peine. Cela fut accepté par le roi Charles, et ils confirmèrent toutes choses par serment. Ainsi -furent réglés le nombre des champions , le

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