‹ Chronique de Ramon MuntanerChapitre 83 sur 165 · I. Édouard I · texte numérisé non relu

I. Édouard I

princes.

Je laisse cette affaire, pour vous entretenir de la renommée , qui en répandit le bruit par le pajs, et ensuite par tout le monde, si bien que chacun en attendait l’issue , sans oser se dire de quel côté se déciderait la victoire. Le roi Charles fit dire au roi d’Arragon que , s’il le jugeait convenable , ils conviendraient d’une trêve, jusqu’à l’issue du combat. Le roi d’Arragon lui fit répondre que tant qu’il respirerait , il ne voulait avoir avec lui , ni paix, ni trêve ; mais qu’il lui déclarait , qu’il lui ferait tout le mal qui serait en son pouvoir , et n’en attendait pas moins de lui ; qu’il devait bien savoir qu’il l’atteindrait bientôt en Calabre ; et que, s’il le voulait, ils n’avaient pas besoin de se rendre à Bordeaux , pour se comljattre. Le roi Charles entendant cela , vit bien qu’il n’était pas prudent à lui de demeurer plus long-temps en ce pays ; et cela par trois raisons : la première , qu’il avait perdu tout son pouvoir maritime , et ne pouvait recevoir des approvisionnements ; l’autre , qu’il n’ignorait pas que le roi d’Arragon voulait venir l’attaquer , ainsi qu’il l’avait ouï dire ; et l’autre , afin d’aller faire ses préparatifs, pour être rendu à Bordeaux au jour fixé. Il partit donc de Régol, se rendit à Naples, et de là à Rome , où il alla trouver le pape, laissant en sa place son fils Philippe. Je le laisse auprès du pape, et reviens au roi d’Arragon.

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