‹ Chronique de Rimouski [microforme] (volume 2)Chapitre 10 sur 45 · SR · texte numérisé non relu

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Nous trouvâmes un pays si rude, je n’arrivai qu'avec bien de la peine à notre gîte ; aussi ce fut le jour auquel je fis mon apprentissage de marcher en raquettes, et à traîner ma chapelle sur la neige. Toute cette fatigue fut tellement adoucie par les consolations du Ciel, pendant tout le chemin, que j'exprimai bien sensiblement le soin que Dieu prend de ses pauvres serviteurs, qu'il daigne appeler à ces endroits. Nous avons depuis décabané plusieurs fois ; Dieu a béni

nos chasseurs, et les appréhensions de la faim ayant

cessé, il ne nous est resté que celle des Iroquois, qui a

été bien grande dans l'esprit de nos Sauvages.”

“ Nous nous sommes arrètés un mois entier en un même endroit, n'osant sortir du fort qu'on y avait dressé. Les pistes des ennemis que nos chasseurs découvrent de temps en temps, quelques cris d’Iroquois qu’on assurait avoir entendus et l'assurance qu’un Jongleur, avec qui j'ai eu diverses prises, donnait que nous serions bientôt attaqués, nous ayant réduits en cet état. Ce fut là que ce méchant homme ayant voulu faire un festin ru’ils appellent agoumagouchan, je fus contraint pour interrompre une mauvaiso chanson qu'il avait commencée, de ramener

toutes les femmes et les petits enfants, que je fis prier »

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Dieu à haute voix, proche de l'endroit où le festin se ju faisait ; cela les surprit extraordinairement, ct les ll obligea à se taire, chacun s'étant retiré dans sa cabane.

ji Je m'informai d'un des initiés de ce qui s’y était

passé ; et lui, m'ayant avoué franchement que ce

Al partisan du démon, avait parlé au désavantage de la

AE prière, après avoir eu recours à Dieu, je fus l’attaquer |

| “ en présence de tous ceux de sa cabane, et lui ayant dit

qu tout ce que N. $. m'inspira, pour lui donner de l’hor-

| | reur de sa faute, j'eus la consolation de voir tous nos be || | chrétiens indignés contre lui. Je dis dans toutes les al | | | cabanes, que le démon se voulait servir de ce malheu- l': | | reux, pour les perdre. Ils ont tous conçu de l'horreur co EL contre lui. Ayant quitté ce poste, le premier jour de au na carême, nous sommes arrivés le quatorzième de mars, de sl: au bord de la Grande-Rivière, où nous sommes ar Li) demeurés depuis, attendant un temps favorable pour d’ Hal passer dans quelques Iles, pour y être à couvert des da | Iroquois, jusqu’à l’arrivée des chaloupes de Québec.” te

Relat. 1674. Ch. IL.

| il On voit par cette lottre qui ne manque pas d'intérêt, de | les souffrances auxquelles étaient exposés ces pauvres fl il Q . Q F ns j | il missionraires, dans leurs courses apostoliques. la ul) (Li Ce grand lac sur les bords duquel, ce saint prètre, pas- > fu Co!

| | sa les fêtes de Noël avec ses sauvages, est, croyons-nous, | 4 5 tal

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le Lac Métis qui se trouve à dix ou douze lieues de la

mer, dans l’intérieur des bois, f11.

Lorsqu’en 1759, la flotte anglaise remontait le fleuve, la majorité des habitants de Rimouski gagnèrent la profondeur des bois pour se soustraire à un ennemi plus haï que redouté. Cependant quelques uns des plus braves et des plus vigoureux allèrent se poser en embuscade à la Pointe au Père, sur les bords du fleuve. Après quelques jours d'attente, par une belle matinée, ils apperçurent une frégate de la flotte anglaise remonter lentement le fleuve et jettant

l'ancre à l’extrémite Est de l'Ile St. Barnabe, Une es-

couade sous les ordres d’un officier supérieur se dirige

aussitôt vers laterre pour examiner les lieux. L'offcier debout sur le devant de la chaloupe, commandait avec arrogance et semblait défier par sa voie acerbe et pleine d’acrimonie les paisibles habitants du licu, lorsque soudain il est frappé à la tête par une balle partie de

terre. Il s’affaisse sur lui-même et roule dans la mer.

(1) La tradition rapporte, parmi les sauvages, que sur une des Iles de ce lac, a été enterré, il y a déjà plus d’un siècle, les restes d’un missionnaire, noyé en revenant de ses missions et en route pour Québec. En employant ici le mot de mer en parlant du fleuve, on s’accommode à la manière populaire de parler, venant sans doute de ce que l’eau est salée dans le bas du fleuve comme sur les bords de la mer.

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Ses compagnons le retirent avec précipitation, (mais déjà il n’était plus,) et s’empressent de retourner à la frégate.

Une autre escouade fut envoyée en même temps sur l'ile St. Barnabé. Sur cette île vivait alors un hermite du nom de Toussaint Cartier, qui, sans inquiétude du bruit des hommes, était demeuré seul dans sa petite maison. Après quelques vaines recherches sur l’Ile, les Anglais la croyantinhabitée, regagnèrent la frégate

sans avoir découvert la maisonnette du pieux solitaire.

Le phare que l'on voit à la Pointe au Père fut construiten 1861, devint la proie des flammes en avril 1867 et fut reconstruit lamême année. Cette puissante lumière, par l'éclat de ses nombreux réverbères, est

comme une vigilante sentinelle pour avertir le vaisseau

étranger qu'il aura besoin d’un guide puissant et éclairé

s’il veut toucher heureusement au terme de sa course maritime. Près de 180 milles lui restent encore à faire pour jeter l’ancre dans le port de notre ancienne capitale, notre cher Québec.

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