‹ Chronique de Rimouski [microforme] (volume 3)Chapitre 15 sur 71 · OL · texte numérisé non relu

OL

# pour n'etre aperçu d'échoueraussitot, ils firent passer

‘leur chaloupe par dessus une chaussée de cauillous, les

‘ennemis étant passés ils remirent leur bateau à

l'eau pour parfaire leur voyage, ayant eu charge

“ du dit sieur de Roquemont qu'étant à l'ile Saint

Barnabé d'envoyer un caneau à Québec pour savoir

l'état auquel nous étions, s’il était vrai que les An-

‘ glais nous eussent tous pris ct tués, comme les suu-

‘ vages leurs avaient donné à entendre, et lui devait

demeurer à la dite Ile, distance de Tadoussac de 18

lioues, attendant le cançeau : Que le dit sieur de

toquemont (1) venant à la vue de l'Ile il ferait de

certains feux dans ses vaisseaux qui seraient faits

‘semblablement sur terre pour signal qu'ils ne

. . . “, «6 ‘ seraient point ennemis.

L'Ile St.-Barnabé servit de refuge, pendant de lonwucs années, à un jeune français bien connu jusqu’à L LI LI 6 nos jours sous le nom d’Hermite de l'Ile St.-Barnabe. à LE “ Un jour d’autoinne, rapporte le père Charles “, 6 [ (1) Le sieur de Roquemont avait été envoyé, comme on le sait, par le roi à la tête d’une flotte française pour porter | secours à Champlain et à la petite colonie qui se trouvait pr depuis longtemps sans provisions. Ayant fait rencontre de got l'amiral Kerth, le combat s’engagea et dura plus de six heures. au Les navires français, criblés de boulets, amenèrent pavillon et

se rendirent à l’amiral.

“ Lepage, en 1728, arrive ici un étranger, marin, d'en- “ viron vingtet un ans. Il s'appelait Toussaint Cartier. “ Pendant plusieurs années il avait servi dans la marine ‘ française. Seul échappé au milieu d'une atffreuse

“tempête qui avait englouti son vaisseau, il avait

fait vœu, présume-t-on, de passer le reste de ses

‘jours sur la première ile qu'il découvrirait en

‘remontant le St.-Lauront, et de consacrer à Dicu

| Ke:

“tous les moments d'une vie miraculeusement con- «zh | Th “ sorvée, (1) Pit L “ A la vue de l'Ile Saint Barnabé, il s'écria : 1e: 1 4 $ 3 [a f ‘ Sur cette île sauvage,” 12 C4 1 f ‘ Ferai mon hermitage.” 2.00 Q . , , 2 “ Mon grand père, seigneur de St. Barnaheé, l'ac- : if ° e . . , «| 1 ‘eucillit comme un père. Il lui permit de faire di | “nn

“ autant de défrichement qu'il voudrait et de jouir de & l'ile comme d’un patrimoine. L'Hermite s’y bâtit en “ effet vis-à-vis de l’église une maison en colombage, de 35 pieds sur 20, avec solage et cheminée en pierre : “ se prépara un jardin d'assez grande dimension et le

cultivait ainsi que le reste du terrain qu'il avait

(1] M. J.C. Taché, dans son intéressante histoire de l’hermite, prétend que ce jeune homme avait traversé la forêt de Ristigouche à Métis en passant par le lac Matapédiac, et nous dit aussi que personne n’a jamais su et personne ne saura d’où il venait.

“ defriché, Pour lui aider dans ses derniers ouvrages Len] }

il appelait quelques gens de Rimouski, qu'il récréait

toujours aux repas du midi par la narration de quel-

‘“ ques-unes des aventures dont il avait été témoin ou

acteur dans ses nombreux et lointains voyages.”

# L'après-diner, il se retirait régulièrement dans si

“ petite maisonnette, et partageait le reste du jour

“entre la prière et la méditation. Il ne venait à

“ terre ferme d'ordinaire que lors des visites du mis-

‘ sionnaire, le père Ambroise, avec qui il était très

‘intime. [ne permit jamais aux femmes de visiter

* son île.

‘Un matin, c'était le 29 janvier 1767, nous ne

vines pas de fumée à la cheminée de l'IFermite, je

fus envoyée par mon grand-père pour en connaitre

‘li cause; un jeune homme de mon âge m'accompa-

nait, Nous le trouvons étendu sur Île plancher, “son chien econche sur lui, lui léchait la figure : “apporté à la maison seigneuriale, il ÿ mourut dans Ta nuit du 50. Son corps fat dépose dans la cha- ‘© pelle, à la grande porte de laquelle il avait demandé,

“ par humilité, d'etre inhumé.”

Nous lisons au Registre des Sépultures de l’année

“ L'an mil sept cens soixante et sept, le trente de

ée

janvier, est décédé en cette paroisse de Saint-Germain de Rimouski un nommé Toussaint Cartier, âgé d’environ soixante ans, habitant de la dite paroisse, après avoir reçu les sacrements de Pénitence, d'Eucharistie et d'Extréme-Onction. Son corps a été inhumé avec les cérémonies ordinaires dans l'Eglise de cette pa-

roisse, le dernier jour du mois de janvier.”

“ En foi de quoi j'ai signé le jour et an que dessus. (Signé) ‘PÈRE AMBROISE.”

On voit encore aujourd’hui les restes des fondations de sa demeure, et la fontaine qu'il creusa de sa main. Cette fontaine, à quelques arpents de sa maison, fournit toujours une eau douce et saiutaire. On aperçoit encore dans l’intérieur les parois de pierre qu'il y plaça pour conserver, durant l’été, une eau fraiche et pure. Il y a quelques années, on goûtait encore du fruit des gadeliers et des groseilliers de son jardin ; mais des bouleaux d'un pied de diamètre couvrent le terrain sillonné par sa charrue, et qui lui produisait d'abondantes récoltes de blé et de pois.

Dans l'automne de 1755, une frégate française conduisait des troupes à Québec. Une nuit de tempête vint la briser au Gros Mécatina, sur les côtes du Labrador. L'équipage, composé d'environ trois cents hom-

mes, ayant pu recueillir une partie de la voilure et des

hs fÂiAiis

CERT

DNMINI CREED PE LE ]

Des ….-——

Page 1