‹ Chronique de Rimouski [microforme] (volume 3)Chapitre 3 sur 71 · RARE TN · texte numérisé non relu

RARE TN

& d'environ soixante lieues de l'fsle Royale, pour y 4 û “ instruire les sauvages qui S'Y trouvaient alors en Le

Ca .

‘assez grand nombre. J'y fis connaissance avec un

nommé Arguimaut, vieux jongleur mikmaque qui

“ y était alors fixé avec toute sa famille, et plusieurs

autres vicillards qui avaient depuis peu, reçu le

baptème, mais qui n'avaient pas encore été reçus à

“ Ja communion ; je luy fis à luy et aux autres, cette

“ question :

“ Que faisiez-vous, mes enfans, avant l’arrivée des

Européens dans ce païs-ey ? quelles étaient vos acen-

pations ? à quov cmployiezvous particulièrement

votre temps le

[me répondit au nom de tous. * Mon Pere.

avant votre arrivée dans ces contrees-ev qui sont cette terre où le Grand Dieu nous à fait maitre, et où nous sommes Crus comme les herbes et les abres que tu vois, notre grande ocenpation etait de chasser à toute sorte de bétes, et nous nourrir de leur chair, et de nous couvrir de leurs peaux ; de chasser au gibier soit petit soit grand, de choisir entre tous es gibiers Les plus beaux et les mieux garnis en plumage pour nous en faire des ornements de tète. Nous ne tions de bètes et de gibiers qu'autant qu'il nous en fallait pour manger en un jour, le lendemain nous recommencions, Mais ne pense pas que nos chasses fussent comme aujourd’hui pénibles et laborieuses ; il ne s'agissait alors que de sortir de nos cabanes quelquefois avec nos

flèches et nos dards, quelquefois sans flèches et sans

dards et à une très-petite distance de notre village

nous trouvions nos besoins. S'il ne nous plaisait pas dans certains jours de manger de la viande, nous allions aux lacs et aux rivières qui se trouvaient le plus à proximité du lieu où étaient nos cabanes, où bien à la côte la plus voisine, ct là nous y attrapions

du poisson de toute espèce dont nous nous nourris-

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sions. C'était particulièrement langutlle que nous aimions le plus comme encore anjourd'hui nous l'aimons davantage. [Il nous était indifférent de manger toutes ces sortes de viande cuites ou crues; nous Îles mangions plus souvent crues que cuites, et pour tirer party des plus coriaces, quand nous n'en avions que de ectte espèce, nous les coupions, déchirions par lunbeaux, et les pilions sur de grandes pierres larges cet plattes; par ce moven nons les machions et les avalions plus facilement; quant au poisson à chair dure, tel qu'est l'esturgcou et 1e Hétan, nous le laissions un peu se corrompre, après quoy nous le mangions comime les autres viandes, Dans nos assemblées du soir, nous nous régalions de viandes roties au feu, et ce feu nous le faisions en froissant fortement et longtemps dans nos mains du bois de sapin pourri extrémement desséché par le soleil. Si quelquefois nous ne pouvions nous en procurer aussi vii que l'aurions souhaite, nous allions à la cote prendre de ces cailloux blancs qu's'y trouvent en quantité, chacun de nous en prenait deux qu'il frottait rudement l'un contre l'autre sur le sapin pourri pulvérisé; alors nous avions jimmanquablement du feu, et notre manière de conserver ce feu surtout dans l'hyver, était de donner Île soin

aux femmes de notre chef de guerre, de l'entretenir

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