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Mais, mes amis, vous n'oubliez pas qu'il est une autre patrie, encore plus noble, encore plus belle, la patrie céleste, et que, pour en faire la conquête, il faut soutenir des combats quelquefois bien rudes contre les passions et les tentations. Jeunes gens de Rimouski qui formez cette belle compagnie volontaire, vous êtes l'espérance de cette paroisse ; son avenir est en grande partie entre vos mains. Tout en vous montrant soldats braves et intrépides, soumis et disciplinés, vous avez surtout à cœur d’être constamment des chrétiens fervents, des catholiques exemplaires, Ayez confiance dans votre évêque, donnez-lui votre affection ; il veut être pour chacun de vous, un père plein de sollicitude ct d’indulgence.
Vous avez bien voulu, mes enfants, taire allusion à l’intérèt que j'ai pris aux progrès de l’art militaire dans l'institution que je dirigeais. C'était un devoir pour moi, un devoir d'état, un devoir de patriotisme : car j'avais vu avec satisfaction, chez notre jeunesse si vaillante, cette ardeur guerrière qui distinguait nos pères et qui semblait sommeiller depuis quelques années, Puissiez-vous n'avoir jamais occasion de la déployer sur un champ de bataille ! Mais, à votre tenue si remarquable, à votre apparence si martiale,
je ne doute pas que si la patrie vous appelait jamais à
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sa défense sous vos chefs habiles, vous ne fissiez hon-
neur à voire pays et à votre nom.
“ La bienvenue venait d’être donnée à Monseigneur par la population qu'il allait désormais guider vers le jugement de Dieu. Il ne lui restait plus qu’à se rendre dans la salle du réfectoire, pour assister au banquet qui l’y attendait. Les écoliers, dirigés par le goût distingué de M. l’abbé Colfer, avaient contribué eux-mêmes à l'érection des dômes de verdure qui décoraient l'entrée du collége et à son ornementation ; la salle du repas était merveilleusement décorée, ses murs offraient à l’œil de délicates peintures à fresques, exécutées par un des élèves, M. Bouillon, un véritable artiste, celui-là, et, au milieu de toutes ces fécries, le doyen du clergé du nouveau diocèse, M. l'abbé Marceau, s’avançcant au nom de ses confrères, félicita Monsei-
gneur de son élévation à l’épiscopat.
Le clergé à Sa Grandeur Monseigneur Jean Langevin, Evêque de Rimouski.
‘ Monscigneur,
“ En ce jour solennel, où tous les cœurs semblent venir à vous pour vous féliciter de votre heureuse
arrivée au milieu de nous, il n’est pas moins flatteur
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qu'honorable pour moi, d’être, à cause de mon âge avancé, chargé de présenter à Votre Grandeur les hommages ct les vœux du clergé de Rimouski ; et le tribut de vénération que nous nous empressons de vous rendre, n’est qu'une faible expression de notre zèle et de nos désirs. Quelle satisfaction pour nous, quel bonheur pour la paroisse de Rimouski et pour tout le peuple de recevoir aujourd’hui, au milieu des acclamations et des bénédictions publiques, son père, son évêque ; un évêque tel que St. Paul le demandait dans la ferveur de la primitive église, qui, par ses vertus, son zèle pour notre sainte religion et sa science, a été jugé digne et très-digne, par tous les Evèques de la Province, d’être élevé à la gloire de l’épiscopat, et d'occuper le nouveau siége épiscopal de St.-Germain de Rimouski !
‘ Oui, Monseigneur, c'est cet esprit de piété et de zèle pour le culte de Dieu qui vous à conduit aujourd'hui au milieu de nous, pour prendre possession de votre nouveau diocèse, et, comme le bon Pasteur, pour y conduire et paitre le troupeau qui vous a été confié. Vous serez donc pour nous le modèle de toutes les vertus, que vous ne cesserez de nous recommander. Vos paroles, toujours dictées par la bonté ct la sagesse,
seront pour nous des oracles. Et notre vénération et
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notre confiance vous répondent d'avance de notre souscription. Heureux, Monseigneur, si nous pouvons nous flattor d'obtenir votre approbation, et d’avoir part à votre estime, autant que nous sommes jaloux do la
mériter.
& Il est bien vrai que ce n’est pas sans regret quo nous avons été séparés de l’archidiocèse de Québec, là où nous avons nos sympathies, nos amis, et la maison charitable qui nous a donné notre éducation, mais surtout nos vénérables Evêques, de qui nous avons recu l’onction sacerdotale, et dans les mains desquels nous avons tant de fois renouvelé nos promesses cléricales et reçu d'eux le baiser d'amour et de paix.
“ Mais rendons grâces aux soins aimables d'une providence attentive et bienfaisante, qui veut bien consoler notre douleur, en nous accordant un nouveau Pontife selon le cœur de Dieu et selon le nôtre, qui a eté formé, comme nous, par les dignes prélats que nous regrettons et qui en sera au milieu de nous une
image vivante.
“ Soyez donc le bien venu, Monseigneur ; si le commencement d’un nouveau diocèse vous parait pénible et difficile, nous espérons cependant que
celui de Rimouski vous donnera quelque consolation.
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Vous trouvez ici une magnifique Eglise qui sera votre
cathédrale, un collége qui déjà promet beaucoup par le zèle et l’activité de ses jeunes fondateurs, et qui prospérera davantage sous votre direction, un couvent bien fondé qui fait honneur aux citoyens de Rimouski et aux dames chargées do l'Education des élèves. Vous trouverez un peuple bien formé, qui s’est toujours montré docile à la voix des vénérables pasteurs qui l'ont conduit jusqu'à présent dans les voies du salut, un clergé, excepté l’humble serviteur qui vous parle, jeune et vigoureux, et assez nombr'eux à présent pour les besoins de votre diocèse, et qui s'efforcera, j'espère,
d’alléger votre fardeau.
“ Puissent, Monscigneur, ces vifs sentiments d’amour et de confiance nous mériter toujours l’honneur de votre bienveillance et de votre protection ! Puisse le ciel exaucer nos vœux et prolonger au gré de nos désirs votre règne et vos années, pour la gloire de
Dicu et notre bonheur.
« Messieurs les membres du clergé de Rimouski,
“ Parmi les adresses que je reçois à l’occasion de
ma promotion à ce siége épiscopal, aucune ne saurait
m'étre plus agréable que celle de mon vénérable clergé. Rion, en effet, ne peut autant réjouir le cœur d’un évêque, que d’entiendre ceux qui doivent ètre ses collaborateurs et ses auxiliaires dans la grande œuvre du salut des âmes, l’a ssurer de leur respect et de leur confiance, et faire de; vœux ardents pour le suecès de son administratien. Plût au ciel, Messieurs, que je ne méritasse les élo; ses que vous me donnez avec tant de bienveillance et ‘le délicatesse, par la voix de votre digne et respectable, doyen ! Mais ils ne me font que mieux comprendre ce qui me manque.
“ Les hommes (lu monde n’envisagent souvent que l'extérieur des choses. Apercevant l’'évêqueenvironné de beaucoup de pr>mpe et de splendeur, l’objet de bien des hommages et des égards, ils se laissent prendre à ces dehors brillan {s, et s’imaginent que l’épiscopat est une position toute d'honneur et digne d'envie. Mais vous, Messieurs, vous, hommes de Dieu, hommes de foi, vous voyez d’u n œil bion différent, la situation du Pasteur chargé de la conduite de tout un diocèse. Vous sentez qu'à ‘côté de l'honneur est la responsabilité, l'immense, l’.pouvantable responsabilité. Sans doute, il faut compter sur le secours de Dieu, et c'est bien là le seul, l’uniique motif d'encouragement. Ah !
Messieurs, comme (le charitables Cyrénéens, aidez-moi
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à porter la lourde croix qui vient de m'être imposée. Travaillons tous ensemble à nous sauver en sauvant nos frères.
“ Vous rogrettez avec raison d’être soustraits à la douce, à la paternelle direction de votre bien-aime Evèque de Tloa. Personne cependant n’a plus de raison de le regretter que moi-même. Combien je suis peu préparé à le remplacer vis-à-vis du clergé cet des fidèles ! Mais adorons les décrets de la Providence, acceptons généreusement les services qu’elle nous demande, et tâchons, par notre fidélité à nos devoirs réciproques, de mériter qu’elle ne se serve de nous que
pour procurer la gloire et le bonheur de son Eglise.
‘ Il était bien naturel que les élèves vinssent après les maîtres, et l’on jugera avec quelle heureuse modestie et quelle exquise délicatesse, les traits princi-
paux de la carrière de leur prélat furent rappelés.
‘“ Monseigneur,
Les représentants des divers ordres de la société viennent de vous exprimer à l’envi les sentiments de
bonheur que leur cause l’arrivée de Votre Grandeur
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dans ce nouveau diocèse : comme diocésains, nous avons applaudi de tout notre cœur à ces sentiments si justes, si légitimes. Mais, dans une fète de famille, après les ainés, vient le tour des cadets; c'est à ce titre que nous demandons la liberté d'approcher de Votre Grandeur; c'est comme élèves du collége de Rimouski que nous venons vous présenter nos hommages, et redire tout ce que nos jeun2s cœurs ressentent de vive allégresse, en ce jour mille fois béni, et
qui fera époque dans les annales de cette institution.
“Enfants d’une maison que nous aimons, nous ne pouvons demeurer étrangers à tout ce qui peut contribuer à son développement ; or, votre élévation à la dignité de premier pasteur de ce nouveau diocèse a fait briller sur cette jeune institution les premières lueurs d’une prospérité nouvelle, Commencée, il y a à peine cinq ans, elle ne s’est maintenue que par l'énergie, le zèle et le dévouement infatigable de celui qui a présidé à sa fondation, et par l’encouragement que lui a donné, dès son début, celui que naguère encore, dans notre reconnaissance, nous appelions notre père, et que l’archidiocèse de Québec est si fier d’avoir pour premier Pasteur. Aujourd’hui, il est heureux d’avoir encouragé cette maison, et plus heu-
reux encore de confier, entre des mains si habiles, ce
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grain de senevé qui doit, sous votre vigilance pasto rale, devenir un arbre vigoureux qui, nous l'espérons,
portera bientôt d'heureux fruits,
Nous avons remarqué, Monseigneur, en étudiant l'histoire, que la divine Providence prépare d'avance ceux qu'elle destine à de grandes choses. Elle les conduits, pour ainsi dire, par la main, jusqu'à l’entier accomplissement de ses décrets éternels, et c’est ce que nous voyons aussi en parcourant les differentes phases de la vie de Votre Grandeur, Destiné par Dieu à la sublime fonction de premier Evèque de ce diocèse, où vous auriez tout à organiser, il vous prépare à ce poste éminent par les diverses charges que vous avez enes à remplir, et où, qu'il nous soit permis de le dire, vos talents administratifs, vos vertus sacerdotales et civiles ont toujours brille du plus vif éclat : le vénérable séminaire de Québec, les paroisses de Ste. Claire et de Beauport, et surtout l’Ecole-Normale, sont les glorieux témoins de ce que nous avançons. Aussi, Monseigneur, soyez en persuadé, votre promotion à l’épiscopat n'a surpris personne, si ce n’est vous-même. Tous, dès que la division du diocèse fut un fait accompli, vous
désignaient comme devant être le premier Evèque.
“ Et ici, c’est bien le cas d'appliquer cet adage dont
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on abuse si souvent: ‘“ Vox populi, vox Dei.” Cette voix de Dieu n’a pas tardé à se faire entendre; elle s'est manifestée par le choix qu’a fait de Votre Grandeur l’Immortel Pie IX, qui occupe si glorieusement la chaire de Pierre, et qui sait si bien découvrir le vrai mérite, quelque soin qu’il prenne de se cacher! Vous êtes donc l’Elu de Dieu, l’oint du Seigneur. Hâtons-nous de vous dire comme tel: Benedictus qui
venit in nomine Domini,
‘ Sans doute, Monseigneur, l’Episcopat estun fardeau redoutable ; et si vous n’eussiez écouté que vos goûts pour la vie cachée, si l’obéissance au Chef-Suprème de l'Eglise n’eut pas été chez vous la première des vertus, vous eussiez refusé cette charge sublime; mais Dieu le voulait, ct dès lors vous avêz fait un généreux sacrifice de vos goûts et de votre volonté, comptant, avec droit, sur la protection divine et sur l'amour, le respect et l’obéissance d’un peuple qui vous appelait de ses
vœux.
Pour nous, Monseigneur, sur qui votre sollicitude pastorale voillera d’une manière spéciale, nous nous efforcerons de nous rendre dignes de cette faveur par la pratique constante des vertus, par notre application
à l’étude, par notre respect et notre amour filial.
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Nous en prenons aujourd’hui le solennel engagement.
‘ Parmi les inscriptions qui décorent aujourd’hui cette salle, il en est une qui nous a vivement frappés : Habebitis hanc diem in monumentum ! Oui, Monseigneur, il sera pour nous à jamais mémorable le jour qui nous donne dans votre personne sacrée un protecteur, un ami, un père ; il sera mémorable le jour qui nous fait voir l’inestimable avantage de rencontrer. : dans cette enceinte, celui que cette maison est «i heureuse de considérer comme son fondateur ; il sera mémorable le jour qui nous procure le bonheur de connaître d'illustres prélats dont le front brille de la double auréole de la science et de la vertu, et qui, en ce jour, sont heureux de notre bonheur. Enfin, il sera mémorable ce jour qui nous permet d’unir nos voix à celles de tant de vénérables prêtres, et de vous dire avec eux, dans un concert unanime : Soyez heureux ! Vivez longtemps pour le bien de ia religion et le bonheur de ce diocèse ! Et, pour couronner dignement un si beau jour, daignez nous accorder une bénédiction spéciale, que nous vous demandons
instamment.
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Messieurs les élèves du collége de Rimouski,
‘ Ce n’est pas sans une vive émotion que Je reçois votre affectueuse adresse ; j'y reconnais les chaleureux sentiments de jeunes cœurs, que le contact du monde
n’a pu encore refroidir.
‘ Vous augurez, mes chers enfants, de mon arrivée au
milieu de vous, une êre nouvelle de prospérité pour
l’Institution où vous vous instruisez : j'ignore ce que
la divine Providence jugera à propos d'accorder de succès à mes efforts, mais je puis du moins vous promettre que je n’épargnerai rien pour assurer l'avenir de cette maison, pour y rendre les études de plus en plus fortes et solides, en un mot pour vous faire avancer d’un pas ferme et rapide, sous la sage conduite de vos maîtres, dans la voie de la science et de la vertu. Je n'ose m'engager à remplacer en tout, à votre égard, le saint et digne prélat qui a veillé, avec tant de bonté et de sollicitude, sur le berceau de cet établissement : le Seigneur ne repartit pas également ses dons ; mais, dans la mesure de mes forces, avec l’aide du ciel, je tâcherai de continuer son œuvre, je cultiverai avec amour l'arbre qu’il a planté, et prions tous ensemble
pour que Dieu lui donne l’accroissement,.
“ Dans votre adresse, vous rappelez ma carrière
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ite de vertu.
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passée. Il semble en effet que la Providence m'ait destiné à m'occuper spécialement de l'Education de la jeunesse, puisqu'elle a voulu que je vinsse à consacrer vingt années de ma vie à l’enseignement. Un tel passé & dù avoir une grande influence sur ma nature et mes goûts. Vous ne serez donc pas surpris, mes bons enfants, si, pour me délasser des travaux de ma charge pastorale, je prends plaisir à venir ici, de temps à autre, me reposer au millieu de vous, ou à visiter
les autres maisons d'éducation du Diocèse.
En ce jour où un éveque vient pour la première fois résider parmi vous, oui, mes enfants, je vous bénis dans :s études, je vous bénis dans vos parents et vos fainilles, je vous bénis dans vos projets et votre avenir. Puissiez-vous croitre chaque jour en âge et en sagesse
devant Dieu et devant les hommes.”
“ Comme on le voit, prêtres, hommes de robe, militaires, paysans, bourgeois, étudiants, tous s'étaient donné la main pour tomber ensemble aux pieds de Monseigneur Langevin, et reconnaitre en lui non. seulement les saints attributs de sa puissante di: gnité, mais encore sa science, sa modestie et son éncrgie au travail; sa jeunesse consacrée à l'étude
el aux rudes travaux du sacerdoce, son âge mür
consacre à une tâche favorite sans le nom de laquelle, son nom ne pout plus aller maintenant, l’éducation —sa vicillesse qu'il allait donner tout entière à la terrible responsabilité de l’épiscopat, tout cela semblait réagir puissamment sur la pensée de l’auditoire, et rien d'étonnant que des paroles de dévouement sublime et d’admiration si vraie soient tombées si spontanément de toutes ces âmes loyales. Les penséos s'étaient élevées à la hauteur des battements du
noble cœur auquel elles étaient destinées.
‘“ Pendant que toutes cos cérémonies grandioses s’accomplissaient, que ces joies et cos félicitations s’'échangeaient, l'heure du départ était arrivée. Monseigneur nous bénit une dernière fois, nous dit à chacun une de ces bonnes paroles, comme lui seul sait les trouver, et bientôt l’Advance, penchée sous unc forte brise de vent d'est, filait lestement vers Québec, où nous arrivâmes en vingt heures, après avoir débarqué sur la jetée, nos camarades de la Rivière-du-
Loup.
‘ Le temps, qui s'était maintenue froid et couvert pendant tout le voyage, s'était un peu remis au soleil. En ma qualité de frileux, je m'étais réfugié sur la
dunette, à la recherche d’un rayon égaré, une brochure
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du comte de Montalembert sous le bras, et ma pensée, arrêtée sur cette foule de prêtres qui encombrait le gaillard d'avant, s’amusait à se demander quel effet pourrait produire sur un libre penseur l’imposant spectacle dont je venais d’être témoin, lorsque tout à coup mes yeux tombèrent sur ce sublime passage de
Donoso Cortès, cité par son illustre biographe :
‘ Je suis purement catholique ; je crois et professe ce que professe et croit l’Eglisc catholique, apostolique, romaine. Pour savoir ce que je dois croire et ce que je dois penser, je ne regarde pas les philosophes, je rogarde les docteurs de l'Eglise ; je ne questionne pas les sages, ils ne pourraient me répondre. J’interroge toutes les femmes pieuses et les enfants, deux vases de bénédictions, parce que l’un est purifié par les larmes,
et que l’autre est embaumé des parfums de l’innocence.
‘ Si tous nos esprits forts avaient toujours présente à la mémoire cette magnifique définition de la foi, bien des fronts orgueilleux ne viendraient plus se briser sur le granit de la Chaire de Pierre, car ils sauraient bientôt que, tant que ces deux colonnes fondamentales, la piété de la femme et l'éducation chrétienne des enfants, seront appuyées sur les bases
inébranlables de l’épiscopat, le Christ sera avec elle,
Or, partout où descend le Crucifié, là est la
vérité.” FAUCHER DE SAINT-MAURICE.”
Voici l’acte notarié de la prise de possession :
“ Le 17 Mai 1867, le Notaire public, soussigné, par Mgr. Langevin, comme il appert par l'acte de consé-
cration, en date du premier mai dernier ; le clergé et
le peuple ayant été convoqués à la Cathédrale, le dit
Evèque Langevin s'est rendu à la Cathédrale prendre
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possession personnelle du diocèse, cathédrale et
evèêché de Rimouski, avec les cérémonies voulues,
accompagné de Mgr. Horan, Evèque de Kingston.
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“ A laquelle cérémonie furent présents Mgr.
Horan, Evèque de Kingston, le Vicaire-Général, le
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curé, Édouard Martin, maire municipal.”
“ [ci, suivent les signatures au nombre de treize.
(Signé) ‘“Ls. Gauvreau, N. P.”
Un des premiers soins de Mgr. de Rimouski, après son installation dans son diocèse, fut de demander à la Chambre Législative une explication de l'acte concernant l'incorporation des Evèques Catholiques Romains de cette province, sanctionné le 5 avril
é, par consécré et , le dit rendre ale et oulues.
on.
Mgr.
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cize.
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Voici cet acte :
“ Acte pour expliquer la section septième de l'acte douzième Victoria, chapitre cent trente-six, concernant l'incorporation des Evèques Catholiques
Romains de cette province.
“ Attendu que par l’acte douzième Victoria, chapitre cent trente-six, l'archevêque catholique romain de Québec, l'évèque catholique romain de Montréal, et l'évèque catholique romain de Bytown, ont été constitués en corporation avec certains pouvoirs et sous certaines restrictions, et que l'intention du dit acte était de pourvoir, par la septième section d’icelui, à la constitution en corporation des archevêques où evèques catholiques romains des diocèses qui seraient formés plus tard ; attendu que sur la foi du dit acte les évèques catholiques romains des diocèses de Saint- Hyacinthe, des Trois-Rivières et de Saint-Germain de timouski, ont de fait et de bonne foi pris et exerré et exercent encore les attributions de corporation telles que celles conférées pour: les dits diocèses de Québec, Montréal et Bytown, mais que des doutes se sont élevés sur la légalité de ces corporations ; et attendu qu'il est expédient de lever ces doutes et de déclarer
la légalité des dites corporations et de pourvoir plus
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