‹ Chronique des ducs de BourgogneChapitre 39 sur 142 · CHAPITRE CGC · texte numérisé non relu

CHAPITRE CGC

Comment les estas délibérèrent envoyer ambassade devers le duc Charles de Bourgogne pour le amollir.

Nient-moins pour fuir encore les dangiers de la guerre le plus longuement que l'on pourrait , et pour mettre appaisement eu ceste très difficile question qui estoit entre ces deux frères pour ce partage , fust avisé en cc&tui parlement et conclu , que mesmes les trois estas de ce royaulme, à leurs communs frès, envoieroient notable et pesante ambassade devers le duc de Bourgogne , comme principal porteur et conforteur demonseigneurCbarles de France , et en qui plus pendoit le fort de ceste question ; et en leur nom lui seroit signifié le bault et notable devoir que le roy avoit signifié devant eulx par toutes manières de remonstrances et de sages paroles que ung roy peut faire pour le bien et salut de son royaulme, mettant. devers ly également son tort s'il y pôoit estre comme son droit, et soi accusant non estre sage assez, pour deffinir d'ung si bault affaire comme cestui esloit , ne

quelque lion droit qu'il y pooit avoir , sans s'en submectre en la consultacion du général corps de Fraqce ; lui seroit signifié aussi l'avis et le décret de toute l'intégrité de ce royaulme , qui là avoit esté déclairé et prononcié en la présence du roy, et promis et juré de le maintenir et de le bouter oultre , en confortant le roy en cestui endroit, quand l'opportunité s'y trouveroit; et que nullement le roy ne pouvoit décliner de sa roideur, en cestui .refusé partage, ne eulx, ne pied de eulx y consentir ne y prester conseil , sans mesprendre envers honneur et droiture. J)ont pour tant mieulx lui imprimer et faire sentir la pité de ce très agu et estroit affaire , et dont tout ce noble royaulme pendoit en péril d'ung grant mal, fust avisé de le faire approcier et persuader par toutes nobles remonstrances et avertences , comme premier per et doyen des pers de France , le plus, puissant membre de la couronne , et aveucques richesses et puissance sans nombre. Si estoit-il en jeusne eage , jugié et congneu abonder en sens et en verlu sur tous aultres princes ; par quoi l'espoir devoit estre en eux; et considéré aussi qu'il estoit du royal tronc, et que la couronne , par possible , pooit tourner sur lui , que par pilé du royaulme et de la royale dignité, il lesseroitung peu doucement couler ceste alliance prinse aveucques monseigneur Charles de France , et trouveroit voie et manière de l'amollir et faire estre content de raison et de souffisanl partage , tel que

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duit à ung fils et frère du roy : et par cestui moyen et le roy et sqn royaulme, et eulx tous poroient estre affrancis des dangiers de la guerre et des ruines et tribulacions qui, à cause d'elle, se poroient movoir et essourdre. Et furent eslus et députés pour ce faire , l'évesque de Langres , messire Guillaume Cosinot , et au I très bons personnages, desquels et de leur relacion je ferai le conte de brief cy-après , quant ils seront arrivés à Bruges, et là pu ils s'acquittèrent devant le duc de ce qu'ils avoient en charge.

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