‹ Chronique des ducs de BourgogneChapitre 5 sur 142 · CHAPITRE CCLXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXV

Comment Liégeois vindrent assiégicr Huy pour ce qu'il ne contribuent

aux tailles.

Encoure estoit le duc Charles en Brusselies , et estoit le mois d'aoust l'an soixante-sept, quantnouvelles lui vindrent que ceux de Liège estoient partis dehors de leur ville, à bannières levées et à grand affustement d'engins et d'artillerie pour assiéger la ville de Huy , laquelle se tenoit et s'estoit toujours tenue pour l'évesque encontre la cité. Et pour ceste cause, et pour ce qu'elle s'estoit toujours maintenue ferme et franche audit évçsque ,

le duc Philippe Tavoit tousjours affrancie de toutes amendes et réparations que le pays de Liège devoit faire à ly et à l'évesque son neveu , sans riens y compartîr ne contribuer.

Or esloient les amendes grandes etinnuniérables que le pays devoit porter alors pour satisfaire au duc Philippe ; et avoient ceux de la cité baillé leurs plus grands et les plus notables de leur ville en ostage , jusqu'au parfait du traitié et de ce qu'il portoit ; et dont jà , pour faire le premier paiement qui fut porté en Brusselles, Liégeois avoient esté constraints et si près pris que de faire une partie de leur paiement de vasselle et des chaintures et menuetez de leurs femmes. Dont quand ce vint , et que ire les movoit à regarder leur servitude, et que ceuxde Hui estoient et vivoient francs et à leur paix , et non volans en rien contribuer à leur domaige et perte , prîndrent une aigre indignation contre eulx, et comme gens capiteux et pleins de fureur jurèrent , par le sang que Dieu spita, ils y contribueroient bon gré maugré, et les iroient courrir sus. Et de fait y allèrent et assiégèrent la ville et l'évesque dedans; et fremèrent leur siège bien et puissamment , et s'y tindrent grand pièce.

Dont , quant le duc le sceut , avecques ce qu'il avoit des autres affaires assez sur mains , si portail à dur cestui; et lui sambloit bien que* c'estoit ung cas d'oultraige fait tout à propos pour lui donner des affaires ung sur aultre. Mes à tout il

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pourverroit, ce disoit ^ en temps et lieu , et s'en cheviroit bien, comme il fit mortellement et glorieusement. Ce vous apperra bien cy-après , là où à ceste cause il disposera de son armée sur Liège, par tel effort que la ruyne est ensievie depuis perpétuelle , ce qui fait à plaindre.

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